SIXIÈME PRINCIPE
La valeur échangeable d'une marchandise est déterminée par la quantité de travail employé à la produire.
Les frais de production se résolvent , comme nous avons vu , en salaires et en profits , c'est-à-dire , en travail et en capitaux ; mais les capitaux ne sont que le produit du travail. En sommant les quantités du travail employé à les produire , on peut donc dire, que les capitaux ne sont (|ue du
( i65 ) travail accumulé. Ce travail , à la vérilé , a été fait à diverses époques et en (divers lieux; mais on ne peut nier qu'il n'ait été fait. Tout capital est le fruit d'un travail quelconque. Il n'est donc nullement nécessaire de mentionner le capital à part, comme s'il étoit autre chose (quaiit à la production) que le travail lui-même. Donc , concluent les Ricardiens , le prix ( la valeur échangeable) qui ne dépend que des frais de production , n'est finalement réglé que par le travail productif (i).
Telles sont les bases du système que nous avions à cœur de présenter sous la forme la plus simple. Ce court exposé suffit pour faire saisir les traits qui le distinguent des opinions les plus généralement reçues avant l'époque récente oii ces principes prirent faveur. Mais quelque différence qu'on y observe , il est évident que l'ancien et le nouveau systèmes se touchent par plusieurs points; et, ce qui est assez remarquable, de célèbres sectateurs de l'une et de l'autre doc-
(i) Mill, Eléments ele. p-97.
( i66 ) trlne arrivent à des conséquences toul-à— fait semblables relativement à des questions résolues en sens contraire par d'autres écrivains non moins estimables. Ainsi, tandis que ces derniers ont manifesté des craintes sur la surciiarge du marché, Ricardo et les autres ont établi d'une manière indéfinie les avantages de la production de la richesse et ont nié la possibilité d'un excès à cet égard , ou d'une offre superflue de toutes les marchandises (i). Mais, sans nous arrêter à cette remarque , attachons- nous à développer les conséquences plus ou moins éloignées que les Ricardiens tirent de leurs principes, et qui, jointes à ceux-ci, constituent l'ensemble de ce qu'on peut appeler leur système. On sent assez qu'en les rassemblant ici , nous devons nous borner à celles qui, par leur importance et leur généralité, réclament une attention particulière. Il seroit infini et d'ailleurs superflu d'entrer dans j)Ius de détait.
(i) Unii'ersal <yhit. Ihid. p. 234. M. Say, qui n'est pas toujours d'accord avec Ricardo, l'esl sur ce point. 11 regarde comme irapossible V en<^orgeinen t complet du marclié. M. de Sismondi est d'un avis conlrai>'e.
( »67 ) Chapitre II. — Conséquences.