PREFACE DU TRADUCTEUR
JLi 'Angleterre présente en ce moment un système de finances qui mérite l'attention générale-, des principes nouveaux dirigent ses ministres dans la fixation des impôts. Ils ont déjà en partie secoué le joug des anciens préjugés sur le commerce. Ils l'ont aiFranchi de plusieurs prohibitions, de plusieurs gênes, que leurs devanciers avoient regardées comme indispensables. Il seroit bien à désirer quelles mêmes principes fussent adoptés sur le continent ; qu'on en vint partout à ne voir dans le commerce que des relations d'intérêt réciproque; et qne les nations ne se considérassent plus comme formant des corps à part animés de sentimens divers et contraires. Si l'on considéroit les choses sous ce nouveau point de vue, les différens peuples verroient leur propre intérêt dans une réci-
Disc- s- l'écon, polit» A
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procité parfaite de bons procédés ; dans une communication libre , franche et amicale entr'eux, et ils se réjouiroient en commun des progrès de la ppospérité générale. C'est en propageant les saines doctrines de l'économie politique; c'est en les rendant familières à toutes les classes de la société , que Ton arrivera à ce beau résultat. Lesgou vernans fourniront les moyens d'y parvenir ; et les gouvernés sauront jouir d'un si grand bienfait. Les premiers ne craindront pas d'appliquer des principes dont les heureuses conséquences auront été éprouvées ; ils oseront abandonner des systèmes surannés et vicieux. Les seconds gagneront avec le bien-être la tranquillité, avec l'aisance l'instruction ; ils goûteront en paix les heureux fruits d'un commerce libre et d'une communication sans gênes : et trouveront leur intérêt à maintenir un ordre d'où dépendra leur prospérité (i ).
(i) « La France a plus qu'aucun autre pays à gagner « par une liberté de commerce réciproque cntr'elle « et l'Angleterre. La nature des productions favori- « sées par son clima^; la proximité du grand dé<
Le brillant élat des finances de l'Angleterre lui a permis de connmencer à réaliser de si belles espérances. Déjà en 1828 le système le plus libéral avoit été proclamé. On avoit annoncé l'adoption de mesures iiouv elles sur l'industrie et les finances. Le commerce reçut déjà quelques facilités qu'il n'avoit pas obtenues jusqu'alors. On étendit à la plupart des marchandises manufacturées la permission d'entrepôt dans quelques ports de l'Angleterre; ainsi une nouvelle activité fut donnée au commerce maritime, et l'Angleterre put tous les jours plus commodément fournir le monde entier^ non-seulement de ses produits, mais encore de ceux de tous les autres pays.
« bouctié ^ue lui fournit l'Angleterre, les prix M avantageux, auxquels elle pourroit vendre, tout i( l'engage à désirer des communications plus libres « avec ses voisins. L'Angleterre de son côié perd « beaucoup en achetant plus loin, plus chèrement « et en moins bonne qualité les objets que la France « devoit naturellement lui fournir. Ces vérités ont été « développées par Adam Smith el finiront par deve- « nir des vérités populaires. ;> (Journal des Débats du premier Avril 1825.)
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Dans la session de 1824 1^ gouvernement, adoptant dans toute son étendue le principe de la liberté du commerce , dé • clara son intention de lever toutes les prohibitions qui l'entravoient, et commença par proposer une très-grande réduction des droits d'entrée sur les soies écrues; mais^à condition que toutes les soieries fabriquées dans l'étranger seroient admises, moyennant un certain droit. Cette dernière clause épouvanta les fabricans anglois, et ils obtinrent que l'exécution en fut ajournée pour le terme de deux années (i), pendant lesquelles ils ont le temps de se préparer à une concurrence avec l'étranger , à laquelle ils n'avoient jamais songé. I^es heureux effets de ces sages dispositions se font déjà sentir ; l'industrie dans cette branche a redoublé, et déjà la plupart des fabricans voient sans crainte approcher l'époque d'une concurrence, dont au premier abord ils avoient été alarmés.
Ils est curieux, sur ce point, d'examiner le rapport présenté à la cliambre des com-
[i) C'csl-à-dire, jusqu'au mois lie Juiilel i82(>.
mimes eu 182^^ par le chancelier de l'échiquier, et de le comparer avec ceUû qu'il vient de rendre dans la session de 1825. On voit que les résultats qu'il avoit prévus ont eu lieu; que les finances, loin d'avoir souffert de la diminution des droits, n'en ont été que plus belles cette année , et que c'est en grande partie à ce nouveau système que l'on doit attribuer cette activité extraordinaire dans les affaires mercantiles qui a fait prospérer et s'élendre les diverses branches de l'industrie et du commerce. C'est à l'étude de l'économie politique que l'on doit la précision de ces calculs ; c'est à la connoissance des principes, que l'on doit l'adoption d'aussi sages mesures. La prospérité des finances n'eut jamais été un motif suflisant pour les admettre. Jamais en efl'et on n'eut hasardé de faire de si grands changemens à un système établi , si l'on n'eût pas été convaincu, par des méditations préalables, que ces changemens étoient utiles et que les effets en étoient assurés. Sans le zèle qui s'est développé pour la science économique, ont n'eût point vu l'Angleterre ouvrir par degrés ses ports aux marchands étrangers; on n'eût point vu