SUR
V dus avez fondé la république, il vous reste une grande tSc 8 à remplir , celle d’en consolider y existence, bious avons ]ur de ne poser les armes qu’en dictant à nos ennemis les conditions d’une paix glorieuse; un moyen infaillible, mais indispensable , pour obtenir cette paix au dehors , c’est de commencer par eta ir au dedans; pour l’établir dans l’intérieur, nous devons imiter e navigateur qui, après avoir été battu de la tempête, mociae ses manœuvres, à mesure que la houlle diminue et que les lames s anaissen ; car nous aussi ,nous sortons de la tempête ; nous devons c onc mettre graduellement en activité les loix qui assurent au peup e les bienfaits de la liberté , cicatriser les plaies dont la révolution a été l’occasion plutôt que la cause , ranimer toutes les affections douces et pures qui ressèrrent le lien social ; citoyens , rappi^cier les cœurs de tous les membres de la grande famille, c est gagne*.
une bataille. ,
J’ai eoncu quelques idées que je crois utiles au honneur de ma patrie; les taire , ce seroit trahir ma mission. Dans leur développement , j'examinerai , comme législateur , les causes et les remedes des troubles religieux qui ont agité, qui agitent encore iariance 5 je voudrois détruire tous les germes de division et empecuei 0
nouveaux déchiremens. ^
Si, d’après cette annonce, quelqu’un vouloit etouher ma xoix ? je croirois qu’il redoute la vérité ; s’il préiendoit me combattre par des divagations, dos déclamations, au moyen desquelles ors obtient des applaudissemens nombreux et faciles , il m’auroit donné la mesure de sa raison ; s’il exhaloit ces injures rebattues et aont , à l’avance , j’ai dressé la liste , je^ lui en céderois tout \ avantage ; je lui dirois : examine, non qui je suis, mais ee que je gis; jenems laisse pas subjuguer par des opinions de mode je cherche, nQl* à plaire, mais à être utile; discute les faits que j -allégué , te? principes que je pose; mais, si tu refuses de m’entendre , tur? l’oppresseur de ma pensée ; et , si tu ne m’entends jusqu a U conclusion, tu ne m'auras pas suffisamment compris. #
Le tribunal de cassation de la postérité s’avance, u jugera, noiï seulement la forme , mais encore le fond ; le teins entraînera U frnere des passions humaines et des systèmes faux ; mais la république effiu rester debout. Nous tendons au même résultat , 1 affermisse ment de la liberté : partons du même point % et r si dans la course
Î10US suivons quelquefois des sentiers diffère»* 5 embrassons - nous
en arrivant au même but. , . .
Le dogme de l’égalité, politique repousse toutes les distinctions ; ;j
il n’est qu'une caste , celle des citoyens ; et la seule chose qu’on puisse exiger d’un membre du corps social , c’est qu en tout et par-tout 5 il remplisse les devoirs d’un bon citoyen ; en cela consiste toute l’action des loix à son égard; dans cm peu de mots, nous traçons le cercle qu’elles peuvent parcourir et la limite qu’elles ne peuvent franchir. Un gouvernement qui se conduiroit ^ par d'autres principes , 11e seroit jamais que le régime cle la ty#ç*
ramiie. ’ .
ïl seroit possible cependant que Iss abus anti-sociaux, qui , avant l’établissement de la liberté , auraient dégradé quelques professions , eussent laissé leur levain dans l’aine d’une, partie oes individus voués à ces professions. Cette reflexion qui , du plus au moins , s’applique à l’homme de loi , de finance et d’église , nécessite , sans doute 5 un examen plus sévere, pour s’assuier de son patrioy tisme ; mais, en dernière analyse, il faut toujours en revenir a cette maxime ; quel que soit un individu , frappe- le , s il est mauvais. protège-Ie , s’il est bon .* le principe reste dans toute sa force , et les principes seuls peuvent nous sauver.
Ainsi crier sans cesse contre des castes qui n'existent plus , c est
les recréer par le fait. . . ,
ÏTarceler sans cesse des hommes qu’il est toujours permis^ cl incriminer , sans qu’ils puissent jamais répondre , c’est une lâcheté* Envelopper dans une qualification commune une classe entière d’individus , dont les uns ont été des pervers , et les autres . de, citoyens estimables, c’est une injustice. A
Déclamer sans cesse contre des hommes dont , . par-la meme , eu ulcère le cœur au-lieu de les rattacher à la république par l’égal il? des droits et le bienfait des loix , c’est une erreur ou un crime
unique.
Persécuter quelqu’un, uniquement parcs qui! est financier, cidevant noble, avocat, procureur ou prêtre, celte conduite est digne fl’un roi.
Mais les opinions religieuses........ Une opinion quelconque
est le résultat aes opérations de l’esprit; ces opérations ne peuvent être modifiées que par le raisonnement; une opinion cède à l’éclat de la lumière, jamais à la violence; vouloir commander à la
Îîensée , c’est une entreprise chimérique , car elle excède les forces lurndaes ; c’est une entreprise tyrannique , car nul n’a droit d’assigner les bornes de nia raison.
Dès" qu’il* m’est permis d'avoir des pensées, je. puis les y mettre, jé puis en faire, la réglé de ma conduite ; le culte extérieur , qui en est une suite , est une faculté de droit naturel et parallèle à la liberté de la presse ; lui porter atteinte, ce seroit anéantir la base du contrat social. La manière de poser une question suffit quelquefois pour la résoudre. Celle qui concerne la liberté du culte peut être posée en ces termes : » Peut-on- exiger d’un membre du q corps SQciql d'^gircs qcroiisi que ceux d'un bon citoyeji*.? »
ïts gouvernement ne doit adopter, encore flnofiis salarier' , aucint culte , quoiqu'il reconnoisse dans chaque individu te droit d’avoir Je sien. Le gouvernement ne peut donc, sans injustice, refuser protection, ni accorder préférence à aucun. Dès-lors il ne doit se permettra su discours^ ni acte^ qui 5 en outrageant ce qu’une partie de la nation ré\ ere tiouiîeroil l'harmonie , ou romperoit l’égalité politique. Il doit les tenir tous dans .sa juste balance et empêcher qu’on ne les trouble, et qu’ils ne troublent.
Il faudroit cependant proscrire une religion persécutrice , une religion qui n a miettroit pas la souveraineté nationale , l’égalité ia liberté, la fraternité dans toute leur étendue ; mais dès qu'il cons te qu un cuti q ne les blesse pas, et que tous ceux qui en sont sectateuis jusent iioéni •* aux dogmes politiques , qu’un individu «oit baptisé ou circoncis, qu’il crie Allah ou Jehova , tout cela est hors du domaine de la nolitique.
^ Si meme il étoit un homme assez insensé pour vouloir , comme c ans 1 anaeeme Lgy pte , adorer un leguine et lui enger un autel >011 na p -s. eu oit U y mettre obstacle , car ce qui n’est pas défendu.
\cl. 1 * 3 * pciii’ia. Et certes , je me garderois bien de troubler u u j u ff dans s i synagogue ^ un musulman dans sa mosquée , un bidons dans, sa pagode ; ce seroit violer un des plus beaux de leurs droits cemi ci- honorer l'e-tre suprême à leur manière. Si je me trompe 5 dirait aïois le citoyen, tu dois me plaindre et m'aimer ; instruis-
moi 5 mais ne persécute pas. Que t’importé d'ailleurs ma croyance pourvu que, confondant mon intérêt dans l’intérêt national/ par mes efforts réuni* à ceux de mes frères la liberté prospère et la république triomphe!
à s’expatrier , porter ailleurs notre commercé et nos arts • et les annales de sa b rance ne seroient pas souillées par les dragonades et
les massacres des Cévennas.
C est par une conduite opposée que la Hollande s’éleva au plus haut degîb de richesse. Baltimore et les catholiques qui l 'accompagnèrent aans le Mary nmd , s’empressèrent dé consacrer solemnellemenl le» maximes de la tolérance. C’est sur léur adoption quei'Amé-
1 ? ou oi-oo un , avec tes aenris e
sanglantes ce I anneu monde, qu’elle a élevé gnr édifice nouveau.
Appel ras i'cxpéi yuce du passé a la direction du présent : or Pexpérioiice de- tous les siècles , de tous les peuples , prouve nu’en froissant les idées religieuses , on leur*donne plus de ressort , et, suivant
4 'expression du philosophe Forster, on accroît leur élasticité. lu peisutsioii ou l’amour-propre rendent plus chère une croyance q n conte des îourmens $ la persécution en isolant lés hommes et i. opinions , les entoure d'une vénération favorable au prosélytisme tï multiplie le nombre de ceux qui veulent se dévouer au martyre*
*e gouvernement - est conirahit d’avoir uuse action forcée