‹ Discours sur la loi de l'instruction publique prononcee devant le Conseil LegislativeChapitre 3 sur 4 · INSTITUTRICES · texte numérisé non relu

INSTITUTRICES

L'insnffi'Sance de;s ^salaires die nos iuistii tuteurs et inistituitrioes, voilà véritablement le plus grand obstacle au l»iogrès die notre insitruction primaire. Comment vemit-ion que celle-ci se pei*fectionne si notre personniel enseignant reste &tajtionnaire an point de vue de la compétenoe ? Et comment veut-on que le ndvean die notre corps en;seignant is'élêve vsi sies membres ne tronvent pas dans la carrièire protVssoral© ime rémuimération suffisante ?

Nos imstituteuirs et inistitutriles ne ,sont pas suffisamment payés, voilà le cri que l'on entend de toutes parts. On ne petit songer à garder dans l'euiseigrîiement des insitituteuirs compétents, à quaitre-vingt piasitres par année, ni des institutrices compéteinitesi à cinquante piastres par année.

,Te liisais dernièrement à ce snjet un excefllent article dont la chambre me permiettra de lui donner un extrait :

"Je reoodis quelquefois des lettres d'inistitutrices. Celle» qui m'honorent de .denr confiance, jusqu'à me laisser pénétrer un pen dans l'inftimitô de lenir viie m'ont permis de coais-

tater dans rorgaanisation des écoles primaires un monde d'abus.

" S'il existe une classe de parias on d'esclaves au sain de notre civilisation sereiine, c'est bien celle dies pauvu-es filles qui se sont vouées à la i"àvrlère de l'enseignement.

" Je ne t.rouve personne à leuT compai-'er dans le nombre des mallienreux de tontes sortes sur (lesquelles s'exerce la.' conventiouneEe compaissiion publique. Les servantes de nos maisons sont d'eis rentières auprès d'elles et l'on ne peut s'empêeber de teli'citeir les jeunes filles de la campagne qui dansi l'obligation de gagner leur vjie cboisissent la meillieure part en sacrifiant un peu de licnr fierté l>our se mettre en service. A celleis-ià, il n'iest pas mal aisé de trouveir quelque bonne famille où elles seront tïaitées avec égard et chez qui elles jouiront des commodiés inconnues à la vile des campagnes. En outre, étant logées, nouiiTiies, blanchies, pour peu qu'eQles soient économes, il teur est possible d'éipargner la presque totalité des cent ou cent cinquante^ piastres que neprôsiente la somme annue'llie de leurs gages.

"Si, par exemple, deux sOeiuTS ont adopté chaciune Tun de oeis g>enres de vie, de quel oeil d'envie, ceU'e que son ambition a poussée à la conquête du diplôme, ne doit-elle pais regarder l'autre, plus riicbie qu'^eflle à la fin die l'année, sans avoiiir suibi l'épreuve de son métier ingrat, de ses accablantes responsabilités, die sies bumi:

liantes, de ses oru'eilles privatiions.

" Sait-on, en effeit, que le salaire d'une instibutrioe varie de soixante il cen't et quelqu'eis piastres ? Eit qu'à même cette miséa-able pitance elle doit pouTvoiiir à son habillement, à rontretlen de l'écolie et à sa nonrriture-<>u à sa disette sd l'on veut? C'est de la bairbarie et l'urgienee du cas me isGmbJlie appeJler l'interventioni, sinon de la " Société pirotectriee des femmets -et des «enfaintis ", au moins du gouvernement.

" De pareils honoraires, il faut l'admettre, c'est la gêne, sinon la misère.

Or. voilîl deux choses bien incompatibles avec la dignité de remploi d'institutrice, sans compter les risques habituels d'une vie misérable. Il faut plus que de rabnégation pour pOTsis ter dans une carrière auissi ingrate."

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