Discours sur la nécessité de la force morale [microforme]
Je sens que l'assemblée à laquelle j'ai l'honneur d’adresser la parole n’est pas, à proprement parler, une réunion religieuse :
le siége que ‘occupe n’est pas la chaire sacrée, et nul de vous ne s’est rendu en ce lieu pour entendre un sermon.
Toutefsis, Messieurs, votre association s’appelle l'Union Catholique. Ce nom indique que la foi que vous professez est appelée à présider à vos travaux et que c’est à ses enseignements que vous demandez la direction, pour la carrière où vous devez mettre au service du public votre intelligence devenue puissante par de fortes et saines études, et vos facultés morales, vivement animées de lan our du bien.
D'une autre part, qui avez-vous appelé à élever sa voix au milieu de vous, pour faire entendre une parole, qu'inubitablement vous avez dû vouloir être une instruction ? C’est ua prêtre. Eh bien : le prêtre, il duit se sou: venir toujours de la mission divine qu'ilareçue. Docete. En tout lieu, en toute circoustence, il doit en accomplir le devoir. Dans ses divers rapports avec les hommes, quelques profanes qu'ils semblent être, il conserve toujours une arrière-pensée religieuse. Je dois veus le dire : défiez-vous de lui. Dans l’enscignement scientifique et littéraire qu'il donne, dans Îles conversations qu'il engage avec vous, dans le sourire affec:ucux par lequel il t5moigre ea bienveillance et sollicite la vôtre, il a un dessein caché. Nos ennemis le savent, et voilà pourquoi ils ont peur de nous partout. Oui, défiez-vous du prêtre ; il est un perpétuel conspirateur à votre égard ; en tout temps, en toutes occasions, il cherche à vous donner.
… quoi ?.. le venin de la superstition ct du fanatisme 2. Non, mais quelque saine doetrine, qui, en contribuant au bonheur de la vic présente, prépare celui de la vie future.
Eh ! bien, s’il en est ainsi, ne vous étonnez pas que, par suite de l'habitude de prêcher, je coinmerce cet entretien par une parole empruntée aux livres sacrés. lle viert de cet apôtre que le Christ a aimé plus que les autres, parce que, plus jeune, il avait plus de candeur, et uue âme plus ouverte aux Im-
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pressions de sa grâce ; apôtre qui, lui-même, selon une touchante tradition, a aimé singulièrement la jeuncese, Or, St. Jean, dans une de ses épîtres, a dit : Scribo vobis, juvenes, quià fortes estis Cette parole s’est présentée à :0n esprit, du moment que jai été appelé à l'honneur que je reçois et au bonheur que je goûte en ce moment.__.Oui, Ô mes jeunes compatriotes, je viens vous parler, parce que l’Union Catholique que vous avez formée et que vous tenez à affermir par ces réunions 80lennelles, indique chez vous une force morale dont je veux vous féliciter, et qu'en même temps je désire encourager, car je vois en elle le motif dela plus flatteuse espérance pour vos destinées personnelles et surtout pour J’avenir de notre commune et chère patrie.