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dits
ET NERNRE
dirergence des crinions ne viendrait-elle pas, en ce cas,non des choses en elles-mêmes frappant l’intelligence de points de vue différents ou opposés, mais de l'esprit de parti ayant ser préjugés ou plutôt ses déterminations prises à l'avance? Est-ce qu'un bon citoyen, un vrai patriote, un catholique dévoué, lorsqu'il s’agit d’une question vitale pour les intéreis les plus chers de la société à laquelle il appartient, ne devrait pas se recueiliir en présence du devoir qui s’impose à lui, et se dire à lui-même avec une parole dictée par la conscience: Je renonce à toute prétention de parti, à tou préjugé contre les hommes pour considérer la mesure soumise à mon jugement avec cette liberté d’esprit et de cœur qui permet à ia vérité de se montrer avec la clarté de l'évidence. Alors quelquefois une réflexion impartiale fera jaillir une lumière qui changera lec idées ; il faudra renoncer à une opinion soutenue auparavant avec plus ou moins d’ardeur. La voix du devoir répétera un mot fameux : Brüûle ce que tu as adoré et adorc ce que iu as brûlé. Et l’âme forte et dévouée fera généreusement le sacrifice imposé sur l'autel ac la religion et de la patrie, objet de son culte et de son amour.
Je suis flatté des applaudissements avec lesquels vous accueillez ces paroles. C’est un heureux présag d'union. Si toutefois au fond de quelque cœur s'élevait ce murmure : renoncer à son parti c’est un déshonneur, je di-
rais: je puis l’admettre si c’est par un vil intérêt,par une légèreté qui cède au moindre vent, par une détermination quelconque qui n’est pas l'effet d’une honnête conviction. __-mais, non, mille fois non, si la vérité, apparaissant après une mûre réflexion,montre qu’on s’égare dans une voie fatale. Renoncer alors à son parti, c’est de la force, c’est de la grandeur. c’est de l’honneur. Il y a un mot qui indique un changement et qui, loin de flétrir, honore ; c'est celui de conversion, et ce n’est pas seulement dans l’ordre spirituel qu’il en est ainsi,
Pour n’en citer qu'un exemple dans l’ordre
politique, je vous rappellerai Burke, se séparant de Fox et de son partiet faisant admirer de la postérité les larmes qu’il répand sur ami qu’il quitte, et le support éloquent qu'il donne à une cause qu'il avait combattue. Un grand honneur s’est attaché à son nom parer qu'il ya£u chez lui une grande force.
J’ai maintenant à assigner à 1» force que vous avez à déployer dans votre carrière sociale un caractère propre à en assurer le succès, je veux dire la modération. Tenez fermement aux principes ; ne cédez rien de 7os justes droits ; exprimez partout avec énergie vos convictions, mais mettez la mesure dans votre langage ; bannissez-en l’injure qui blesso et amène nécessairement unc plus grande opposition. Que l’urbanité, caractère glorieux de la race française, se montre dans tous vos procédés. L'indignation peut avoir, je le sais,
à s'exprimer quelquefois : mais qu’elle sache cenendant s'imposer des limites. En général, la dignité et le calme accompagnent la véritable force ; la violence n’est assez souvent, au contraire.que l'expression e la faiblesse d’une cause. Dans ure réunion mémorabie où il s’agissait des !: ‘érêts du pays gravement menacés, une pa:… ie digne d’être sans cesse rappelée fut prononcée, malheureusement en vain par le grrnd citoyen (l’'Hon. D.B. Viger,) dont J'ai déjà prononcé devant vous le nom :
‘“ La modération n’est pas plus de la faiblesse que l'énergie n’est de la passion.” Qu'il me soit permis d'ajouter : la modération est une force parce qu’elle est une victoire sur la passion.
Cete force que réclament les besoins de otre société n’a pas à se montrer seulen.ent dans cette parole, dans cctte action, dont je vous aifait voir l'importance et la salutaire efficacité.
Tous ne sont pas appelés à ce qu’on appelle la vie publique ;tous cependant ont à servir la grande cause de notre nationalité. La conduite d’un citoyen qui demeure fidèie aux principes d’un pür et sincère patriotisme, la conservation dans les familles de ces mœurs qui distinguent notre race en l’honorant: la libéralité qui vient en aide aux institution. publiques de religion, d'éducation, de chsrité, ce patriotisme ; voilà des moyens très puissants d'atteinire ie but que tous, dans ieur carrière 80-
ciale, doivent avoir en vue. Mais on sent que tout cela ne peut procéler que de cœurs aux fortes et nobles pulsations.
Massieurs, j'ai dit l'importance de la cause qu'il vous faut servir, et j'ai fait voir quelle force de dévouement cet d'action elle demandait de vous. J’ai cru devoir vous faire entendre ces graves enseignements, parce que l'avenir d'une société dépend toujours de la direction donnée à la jeunesse ; c’est l’âge où la vie preud un cours qu'il est ensuite presqu'impossible de détourner de la pente qu’il s’est faite. J’emporte la douce persuasion que mes paroles ont trouvé un écho dans vos cœurs, et que, selon les circonstances de votre position et dans la mesure de vos forces, vous travaillerez au développemeut de notre foi et de notre natioualité en ce pays si cher à notre affection.
Que chez vous, et chez tous ceux que, comme vous, l'intelligence perfectionnée par léducation appellera plus tard à diriger notre société, le dévouement de l'esprit et celui du cœur conspirent en faveur de ses intérêts, et le triomphe lui est assuré. Elle est maintenant trop nombreuse pour périr, si on sait la défendre.
La Providence a mis à notre disposition un grand avantage dont sont privés tant d’au-
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2e Lots à tnt ri Été
tres peuples. Nous avons la liberté ; servons-nous en pour la cause du bien ; assez d'autres ne l’emploient que pour la diffusion de doctrines qui font mourir les âmes et dépérir les sociétés.
Le zèle de la volonté sera secondé par cette force que l’esprit reçoit d’une haute et saine instruction. Ozanam a dit : ‘* L’épée des temps modernes,c’est le savoir.” Les maisons d’éducation, voilà les arsenaux de la patrie ; là se préparent les armes avec lesquelles se défendent nos droits. Notre société saura apprécier leur influence salutaire, repousser tout ce qui pourrait leur porter atteinte, aider à leur développement, et favoriser toute œuvre tendant à rendre plus élevé, plus large, plus efficace, ce bienfait d’un puissant et salutaire enseignement qui fait la force et la gloire de la patrie.
La religion qui a tant fait pour notre Pays ne saurait ralentir son zèle à son égard ; elle travaillera à sa prospérité spirituelle et matérielle avec toute la puissance dont elle dispose, et elle encouragera, et bénira vos efforts.
Eh ! bien, Messieurs, la religion, l’éducation, le patriotisme, la liberté, l'union et une grande forse qui mette tout cela en mouvement, voilà ce qui doit opérer le salut de la cause sacrés qui nous appelle ; ces éléments de notre bonheur, de notre gloire nationale, je lea tronve déià mis en action au milieu de
vous ; je vous en glorifie, et m'en félicite pour mon Pays.
Aussi, après vous avoir salués avec une vive reconnaissance pour votre indulgente attention à mes paroles, je ne détourne mes yeux de vous, que pour jeter sur l’avenir un regard plein d’espérance.
bises listés