MORT
ment vos idées ; et soutenez-les, non pas sans doute avec l’ardeur de la dispute, mais tout en conservant l’aménité des hommes de haute société, avec une assurance, une fermeté qui imposent la considération pour votre personne, et amènent l'adhésion à votre parole.
Agissez dans les réunions où les travaux de l'intelligence ont à se produire, et où la discussion est ouverte pour d'importantes questions. Rendez-vous y maîtres, si vous le pouvez, par l’autorité d’une parole reconnue comme éclairée et dont l'ascendant ne sera pas sans devoir quelque chose au mérite d’une conduite honorable.
Agissez devant le peuple: tenez à l'éclairer, à le mettre dans la voie droite malgré tous les obstacles. Il est des hommes qui usent de la maxime du plus grand ennemi qu’aient eu la vertu etle mérite : “Mentez, il en reste toujours quelque chose,” et dont la bouche ne s'ouvre que pour tromper et inspirer les mauvaises passions ; vous, faites entendre hardiment la vérité, dans un langage ferme et modéré tout à ia fois ; exprimez vous avec une dignité qui en impose, et votre parole peu-à peu répandra la lumière ; tôt ou tard elle triomphera selon cet axiôme chrétien :
Magna est vis veritatis et prevalebit, la force de la vérité est grande et elle prévaudra.
Agissez, si les circonstances vous le permettent, et à plus forte raison si elles l’'exi-
gent, sur un théâtre plus élevé, dans les grandes assemblées politiques qui décident des intérêts de la patrie. Ne repoussez pas la voix qui vous y appelle, quand vous sentez que vous pouvez y être utile. Là surtout il faudra défendre avec la plus grande hardiesse la grande cause qui vous sera confiée. Toute parole honnête dans la personne de celui qui la profère, digne dans l’expression avec laquelle elle se présente, énergique dans son accent indiquant la persuasion, et lumineuse par les vérités qu’elle exprime, a toujours un salutaire effet ; elle est d'autant plus convainquante qu’elle sort d’ux cœur qui paraît plus convaincu.
Mais le talent ou l’occasion de la parole ne sont pas donnés à tous; votre intelligence enrichie par l'éducation aura un autre mode d'expression, un autre moyen de propagande en faveur de la vérité, une autre arme pour défendre la foi catholique et la nationalité canadienne. Quelle west pas la puissance de la plume? Servez-vous en pour répandre la lumière et former vos compatriotes aux sentimens généreux, et par Îles journaux, et par des brochures, et par des livres, agents puissants d’un zèle éclairé mis au service de la plus sainte et de la plus noble cause.
Je n’entends pas borner à la polémique vos travaux intellectuels ; je conçois des œuvres littéraires où elle n’apparaîtrait nas, et qui,
cependant, par les nobles sentiments qu’elles exprimeraient, exerceraient une influence salutaire sur notre société, entretiendraient l’amour de la patrie par les glorieux faits de son histoire qu’elles rappelleraient, et par le mérite de la composition et la beauté de la forme jetteraient sur leurs auteurs un éclat qui rejaillirait eur le pays. Une saine et brillante littérature serait un des éléments les plus puissants de notre nationalité.
Qu'’elle a d'influence la parole ou la plume d’un seul homme ! Voyez-vous ces orateurs et ces écrivains de la société laïque qui, en France, ont défendu avec tant d'éclat la religion, la morale, les principes qui doivent régir l’ordre social, qui n’ont laissé aucune erreur sans réfutation, aucune injustiçe sans réclamation ; qui ont ramené tant d’esprits à rendre hommage à la religion et à ses doctrines, à l'Eglise et à ses institutions, et ” “ti l’influence se fait sentir jusque dans notre société, car qui de vous n'a dû à quelques-uns de leurs écrits un affermissement dans sa foi, et un encouragement à la professer et à la défendre ? Ces hommes ont attaché à leur nom une gloire qui rejaillit sur leur pays, et, ce qui est plus flatteur pour leur cœur de catholiques, sur l'Eglise dont ils ont été les éloquents et intrépides apologistes.
Je les ai entendus la plupart de ces hommes, jeunes alors, dans des assemblées du même genre que celle-ci, préluder aux tra-
vaux qui ont fait leur gloire et leur mérite ; j'ai assisté à des réunions d'un genre moins publie où ils s’entretenaient ensemble sur les moyens à prendre pour faire triompher la cause de leur religion et par là même celle du bonheur de leur pays. Là, j'ai entendu Lenormand, Ozanam, Gabourd, Riancey et plusieurs autres encore. J'ai dit Ozanam : ah!
je ne prononce ce nom qu'avec une affsctueuse émotion ; j'ai eu le bonheur d’être en rapports assez fréquents avec cet homme dont l'âme était encore plus belle que l'intelligence, qui attirait encore plus l'affection à sa personne que l'admiration à sa parole ou à ses écrits ; à qui ron seulement la vérité doit une savante et éloquente apologie, mais aussi la charité une fondation qui est une des merveilles de notre siècle. Oui, je suis heureux de le dire, je l'ai vu, je l’ai aimé Ozanam, ce modèle si pôr, si accompli du dévouement au service du vrai, du beau et du bien, et je lui ai entendu dire cette parole qui va si bien en cet*e circonstance : savoir s'appliquer et se contraindre, c’est le secret des affaires et le grand art de la vie humaine.
J'ai aussi vu cet homme qui a mis au service de toutes les libertés de l'Eglise une éloquence qui lui assure une place parmi les plus grands maîtres de la parole et dont le suffrage vient d’honorcr votre association ; j'ai vu M. de Montalembert dans un saloa ou étaient réunis plusieurs Evêques aviser avec eux sur les
SE
WW Otme (D OO O0 4 !
\# se
+ nm pes
ARE PRE RARE RAS SE is
D lotion dise A et ALI"
moyens à prendre pour faire triompher les droits sacrés de la religion, et reccvoir d'eux, pour ainsi dire, cette mission de parler qu'il devait remplir d'une manière si glorieufe pour lui et si utile à l'Eglise. Et n'est-ce pas lui qui, à là: ge de vingtans, cnnmençant sa carrière ora- Loire dans la chambre des Pairs, dans ce procès de la liberté d'enseignement cù il montra toute la force dont il devait faire un si éclatant usage, disait : ‘* J’ai de bonne heure äonné à ma foi mon cœur et ma vie. Ma vie-__. une vie d'homme, c’est bien peu de chose ; mais Ce peu de chose consacré à une grande et sainte cause, peut grandir avec elle ; et quand on fait à une cause pareille l'abandon de son avenir, il ne faut fuir aucune de £?8 conséquences, aucun de ses dangers.”
Que ces paroles, Messieurs, cncouragent vos travaux en vous faisant voir toute limportance qu'ils peuvent avoir.
À l'œuvre done encore ure fois,mais s’il faut Ja force pour commencer, il la faut pour poursuivre. La voix du repos vous criera Souvent : arrête, c’est assez. Les nombreux adversaires que vous aurez à combattre, feront sans cesse retentir à vos oreilles l’invective, défigureront vos paroles par le mensonge, et répandront sur votre vie publique et même privée le venin de la colomnie. Mépri:z et continuez...
Mais je vois briller un or qui s'offre à vous en disant : Prends et tais-toi, prenez garde : cet or ternit l'honneur, il y a des noms qui payent
cher les salaires Jes charges dont ils sont revêtus. L’ambition peut amener le désir de di-
gnités qui nuisent à l'indépendance d’une ac-
tion vouée à la cause de Dieu et de la patrie. Ne vous y laissez pas tromper ; la gloire d’un titre ne saurait valoir celle qu’attache à une réputation une carrière honorable cà l’on a combattu pour les plus nobles intérêts ; le titre passe ct le nom reste. Sans doute il est des circonstances où le service public n’exige pas des services personnels portés trop loin ; la conscience et l'honneur savent bien alors faire porter un jugement pratique auquel la voix de la société ne saura t donner su désaprobation.
Messieurs, la force que rotre foi et notre patrie demandent, elle a un autre obstacie à vaincre; je l’ai Aéjà signalé, c’est celui de la désunion entre des hommes animés du même esprit, tendant au même but. Il est sans doute difficile en tout ordre de choses d’amener une parfaite unité de vues sur les moyens propres à faire réussir une œuvre ; mais enfin sur des questions d’un intérêt aussi grave que celle de la conservation de notre religion et de notre nationalité, est-ce qu'il peut y avoir une telle différence dans les principes et dans les conséquences pratiques immédiates, Pour qu'un accord ne puisse avoir lieu ? La
LA nt an be m6 RE Aa à av en ou ab a DR
fi cs hiatsaie
anis dde
à À LL. 7 + L LL 2 À °.
a der ob f tni abt dad e