EXTRAITS DU RAPPORT DU PROCÈS DELOUIS RIEL
[ Trad uction.]
Saint-Antoine, 21 mars 1885,
Aj ma jor Crosier, Commandant de la police montée à Carlton et à Battleford.
Major,—Les conseillers du gouvirnement provisoire de la Saskatchewan ont l’honneur de vous communiquer l£s conditions suivantes de reddition : Vous devez abandonner complètement la position où vous a placé le gouvernement canadien à Carlten et à Battleford, en même temps que toutes les proprié:és du gouvernement.
Si vous acceptez, vous et vos hommes serez libres, sur votre parole d'honneur de garder la paix, et ceux qui voudront laisser le pays seront fournis de voitures et de provisions pour se rendre à Qu’Appelle.
Si vous refusez, nous avons l'intention de vous attaquer, quand demain le jour du Seigneur séra passé; et de commencer sans délai une guerre d’exterminatiou contre ceux q.i se sont montrés hostiles à nos droits
MM. Charles Nolin et Maxime Lépine sont nos représentants avec qui vous devrez
traiter,
Major, nôus vous respectons. Que la cause de l'humanité vous soit une consolation dans les reRgre Que ‘a mauvaise administration du gouvernement vous aura causés. *
Luis ‘ Davin” Riez,
E1ovede.
: :Réné Pafenteau. Président. Jean-Baptiste Parenteau'
. Charleë Nolin. Pierre Heney.
‘Gabriét Dumont. Albert Delorme. ‘ Moïse Ouellette, Dam. Carrière.
Albert Monkman. Maxime Lépine.
Baptiste Boyer, Baptiste Boucher.
Donald Ross. David Tourond.
. Amable Jübin,
Ph. Garnot, Secrétaire.
"AUX MÉTIS, | AUX 'SAUVAGES, AUX MÉTIS ET AUX SAUVAGES DU FORT BATAILLE ET DES ENVIRONS,
:. Chers frères el cners parents, —D#puis que nous avons écrit, il s'est passé des choses “importantes. La police est venue nous attaquer. Nous l'avons rencontrée et Dieu nous “#*@ donné victoire. Trente Metis et cinq siuvages ont soutenu le combat contre 120 hommes, et après 35 où 40 minutes ils ont pris la fuite. Bénissez Dieu avec nous dn ‘succès qu'il a eu la charité de nous accorder. Soulevez-vous, faites face à l'ennemi, et, si vous l8 pouvez, prenez le fort Bataille, détruisez-le, sauvez toutes les marchandises ot les provisions et venez nous trouver... Le nombre que vous êtes peut vous pemmettre de nous envoyer un détachement de q'arante à cinquante hommes, Tout ce que vous ferez faitesle:pour l’amour du bon Dieu, sous la protection de Jésus-Christ, de la Sainte Vierge, de Saint Joseph et de Saint Jean Baptiste, et soyez certain que le foi fait des prodiges.
Louis Davin Riez, Exovede.
Chers parents et amis,—Nous vous conseillons de faire attention, tenez vous prêts à, tout, Prenez avec vous les sauvages, ramassez-les de tous côtes. Prenvz 1outes les mu- . nitiühs quëé vous pourrez, en quelques magasins que ce soit. Murmurez, grondez, menacez, soulevez les sauvages, mettez, avant tout, la police du fort Pitt et du fort Bataille dans l'impossibilité.
| ne A NOS FRÈRES LES MÉTIS ANGLAIS ET FRANÇAIS O1 LAC QU'APPELLE ET DES ENVIRONS.
Bien chers parents et amis, Si vous n’avez pas encorë appris, nous vous appréendrons
quelles sont les raisons pre portent à prendre les armes. Vous savez que, de temps
immémorial, nos pères#ônt défendu au péril de leur vie ce pays qui étäit le leur et qui est lénôtre. Le gouvernément d'Ottawa s'est emparé de notre patrie, voilà quinze ans qu’ils sé moquent de nos droits et qu'ils offensent le bon Dieu en nous accablant de mille et mille injustices. Les employés font toutes sortes de crimes. Les gens de la police montée scandalisent tout le monde par leurs mauvais discours et leurs mauvaises actions. Ils sont tellement corrompus que nos femmes et nus filles ne se trouvent plus en sûreté dans leur voisinage. Les lois d’honnêteté ne sont plus pour eux que des sujets de railleries.
0 mes frères et mes amis, tout nous invite à avoir confiance en Dieu, mais aujourd’hui que le mal est rendu à son comble, nous avons un besoin particulier de nous recommandsr à Notre Seigneur, Peut-être verrez-vous les choses du même œil que nous. On nous vole notre pays, et ensuite on le gouverne tellement mal que si nous laissons faire il nous sera bientôt impossible d'être sauvés. Les Métis anglais de la Saskatchewan sont avec noùs franchement. Les Sauvages nous arrivent et nous rejoignent de tous côtés. Achetez toutes les munitions que vous pourrez. Allez vous en procurer, s’il le faut, de l’antre côté des lignes. Tenez-vous prêts. N'écoutez pas les offres que le gouvernement d’Ottawa va vouloir vous faire, ces offres sont des otires de voleur, Ne signez pas ni papiers ni pétitions, fiez-vous sur le bon Dieu.
Les Métis français, membres du gouvernement provisoire de la Saskatchewan, se sont séparés de l'Eglise de Rome, et la grande masse au peuple en a fait autant. Si nos prêtres consentaient à nous aider. Jusqu'à ce jour nos prêtres ont refusé
d'abandonner Rome. Î Ils désirent nous gouverner dans un sens opposé à nos intérêts, et ils désirent conti-
nuer à nous gouverner selon les ordres de Léon XII. Chers frères en Jésus-Christ, pour l’amour de Dieu, venez à notre aide, afin que nos efforts contre Rome soient couronnés de succès, et en retour, nous ferons tout en notre
pouvoir pour assurer nos droits politiques.
Chers parents,—Nous avons le plaisir de vous annoncer que le 26 du mois dernier,
, Dieu nous a donné une victoire sur la police montée.
Trente-cinq Métis et quelques cinq à six sauvages Cris, ont rencontré cent vingt hommes de police et volontaires.
Grâce à Dieu, nous les avons défaits. Vous-mêmes, chers parents, soyez courageux. Faites ce que vous pourrez. Si ce n’est pas fait, emparez vous des magasins, des provisions et des munitions. Et sans délai venez ici en aussi grand nombre que possibl .
Envoyez-nous des nouvelles.
Louis # David ” Rrez,
Exovede,
Damase Carrière, Emmanuel Cha:‘npagne.
Pierre Heney.
Pierre Gariépy.
Albert Monkman, Ambroise Jobin.
Moïse Ouellette.
J, Baptiste Boucher.
Donald Ross, Baptiste Parenteau.
Maxime Lépine.
Charies Trottier,
La police montée se prépare à une attaque, elle se rassemble en force,’ aucun délai
ne devrait avoir lieu, Venez nous renforcer.