‹ Discours sur la théorie de la terreChapitre 6 sur 86 · PRÉLIMINAIRE, XIII · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRE, XIII

Examinons maintenant ce qui se passe aujourd'hui sur le globe; Examen des À : À à À causes qui agis— analysons les causes qui agissent encore à sa surface, et déterminons

sent encore au-—

l'étendue possible de leurs effets. C’est une partie de l’histoire de la jourd’hui à la

terre d’autant plus importante, que l’on à cru long-temps pouvoir ane dsobeexpliquer, par ces causes actuelles, les révolutions antérieures, comme on explique aisément dans l’histoire politique les événemens passés, quand on connoit bien les passions et les intrigues de nos jours. Mais nous allons voir que malheureusement il n’en est pas ainsi dans l’histoire physique : le fil des opérations est rompu; la marche de la nature est changée ; et aucun des agens qu’elle emploie aujourd'hui

ne lui auroit sufli pour produire ses anciens ouvrages. Il existe maintenant quatre causes actives qui contribuent à altérer la surface de nos continens : les pluies et les dégels qui dégradent les montagnes escarpées, et en jettent les débris à leurs pieds ; les eaux courantes qui entraînent ces débris, et vont les déposer dans les lieux où leur cours se ralentit ; la mer qui sappe le pied des côtes élevées, pour y former des falaises, et qui rejette sur les côtes basses ‘ des monticules de sables; enfin les volcans qui percent les couches solides, et y élèvent ou y répandent les amas de leurs déjections. Partout où les couches brisées offrent leurs tranchans sur des faces Éboulemens.

-abruptes, il tombe à leur pied, à chaque printemps, et même à chaque orage, des fragmens de leurs matériaux, qui s’arrondissent en roulant les uns sur les autres, et dont l’amas prend une inclinaison déterminée par les lois de la cohésion, pour former ainsi au pied de l’escarpement une croupe plus ou moins élevée, selon que les chutes de débris sont plus ou moins abondantes; ces croupes forment les flancs des vallées dans toutes les hautes montagnes, et se couvrent d’une riche végétation quand les éboulemens supérieurs commencent à devenir moins fréquens ; mais leur défaut de solidité les rend sujettes à s'ébouler elles-mêmes quand elles sont minées par les ruis-

seaux ; et c’est alors que des villes, que des cantons riches et peuplés

Alluvions.

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