‹ Discours sur la théorie de la terreChapitre 8 sur 86 · PRÉLIMINAIRE. · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRE.

torrens des hautes montagnes. Lorsqu'ils sont gonflés par de grandes pluies, ils attaquent le pied des collines terreuses ou sableuses qu’ils rencontrent dans leur cours, et en portent les débris sur les terrains bas qu'ils inondent, et que chaque inondation élève d’une quantité quelconque : enfin, lorsque les fleuves arrivent aux grands lacs ou à la mer, et que cette rapidité qui entrainoit les parcelles de limon vient à cesser tout-à-fait, ces parcelles se déposent aux côtés de l'embouchure; elles finissent par y former des terrains qui prolongent la côte; et, si cette côte est telle que la mer y jette de son côté du sable, et contribue à cet accroissement, il se crée ainsi des provinces, des royaumes entiers, ordinairement les plus fertiles, et bientôt les plus riches du monde, si les gouvernemens laissent l’industrie s’y exercer en paix.

Les effets que la mer produit sans le concours des fleuves sont beaucoup moins heureux. Lorsque la côte est basse et le fond sablonneux, les vagues poussent ce sable vers le bord; à chaque reflux il s’en dessèche un peu, et le vent qui souffle presque toujours de la mer en jette sur la plage. Aïnsi se forment les dunes, ces monticules sablonneux qui, si l’industrie de l’homme ne parvient à les fixer par des végétaux convenables, marchent lentement mais invariablement vers l’intérieur des terres, et y couvrent les champs et les habitations, parce que le même vent qui élève le sable du rivage sur la dune, jette celui du sommet de la dune à son revers opposé à la mer.

Quand , au contraire, la côte est élevée, la mer, qui n’y peut rien rejeter, y exerce une action destructive. Ses vagues en rongent le pied et en escarpent toute la hauteur en falaise, parce que les parties plus élevées, se trouvant sans appui, tombent dans l'eau ; elles y sont agitées dans les flots jusqu’à ce que les parcelles les plus molles, les plus déliées, disparoissent. Les portions plus dures, à force d’être roulées en sens contraires par les vagues , forment ces galets arrondis, ou cette grève qui finit par s’accumuler assez pour servir de rempart au pied de la falaise.

Dunes,

Falaises.

Dépôts sous les eaux.

Stalacttes.

Eitophytes.

Page 1