LEE
ps .
dE dt ve .
® Ê trs A + . :
< , es .
se ?* Éx , .
se.
e Fe * à = e Ê
ka ’ L2 LE
J'éprouve en ce moment une glorieuse et vive satisfartion ; je vis bis noré d’être appelé à faire entendre ma parole devant un auditoire aussi distingué, et je suis heureux de pouvoir concourir au noble but de «l’Union Catholique,» celui d'élever et d'agrandir l'intelligence sous l’impulsion de Ja foi, véritable lumière du monde.
Sans nul doute on attend de moi des paroles qui aient pour objet la cause religieuse, à laquelle ceux devantqui je parle sont si dévoués, et que le prètre doit soutenir, non-seulement dans la chaire du temple, mais aussi dans toute tribune où il peut lui être donné
. de défendre les principes catholiques, |
qui en est le fondateur. Aussi dans la question dont j'ai à m'occuper devant vous, ce n’est pas le clergé, ni ceux qu'on désigne sous le nom de parti clérical, ou de «réaction, » qui sont réellement en cause : c’est la doctrine catholique elle même; c’est la foi à laquelle vous avez le bonheur d'être attachés.
Le sujet dont j'ai à vous entretenir, est celui que les adversaires du catholicisme traitent le plus volontiers ; il est l’occasion des plus grandes injures adressées à l'Eglise, et c’est dans les écrits ou les discours qu’ils font sur cette matière, que ceux qui sont en proie à la haine anti-sacerdotale montrent les plus violents accès de cette passion. L
La tolérance, —voilà le cri de guerre
dont le maintien contribue puissam- | de tous les ennemis de l'Eglise. I’acment au bonheur de la société pré-|cusation de fanatisme, de persécution, sente, en préparant celui de l’éternelle | d’entraves mises à l'intelligence, de
| perturbation violente de la société pour
Aujourd'hui la foi dont nous faisons | imposer des doctrines par la force ;
patrie.
“profession subit des attaques de tout genre. Une guerre acharnée est
décalrée à l'Eglise dans ses doctrines, dans ses institutions, dans son histoire. Lorsqu'on n'ose pas se poser en adversaire formel de son autorité, on cherche à ôter toute influence à ses mi- “nistres, en présentant leurs enseigne- “ments sous un point de vue odieux.
ais ces attaques portées contre ce u’on appelle le sacerdotalisme, re-
voilà l'arme avec laquelle on attaque sans cesse l’enseignement catholique.
Je ne sais s’il est aucune matière à l'égard de laquelle on ait émis plus d’assertions fausses et absurdes que celle qui est exprimée par le mot,de tolérance. Que de confusion d'idées, que de mauvaise foi, que d’injures à l'Eglise n’ont pas souillé la langue ou la plume de ceux qui ont employé ce mot! Il est toujours utile de répondre
tombent-directement sur l'Eglise dont|à ces mensonges et à ces insultes.
…le prêtre est l'organe, et sur le Christ | Voyez l'Eglise ; elle ne dit pas: Lais-
sez passer ces fausses doctrines, ceux qui les prèchent sont méprisables ; elles ont été déjà refutées et condam uées. Non, à chaque tête nouvelle de l’'hydre impie qui s'élève pour proférer une erreur, elle tire son glaive et la frappe imypitoyablement. de crois donc être auimé de son esprit en venantaujourd'hui défendre lessaines doctrines relativement au sujet d: la tolérance.
Dans le cours de cet entretien, j'aurai de temps à autre des distinctions à établir, pour empêcher la confusion
's'exerce dans l'ordre des idées, elle suppose un mal de l'intelligence, l'erreur. Nul ne dira jamais qu'il tolère la vérité. La tolérance prise | d'une manière absolue, n’est donc pas sun bien, elle ne peut être bonne que dans un sens relatif, On ne saurait l’admettre comme une loi générale; elle n'a sa raison d'être que comme exigée par des circonstances exceptiogneiles.
| Etablir la tolérance comme un ordre de choses normal pour la socié- |té, c'est proclamer le droit de l'erreur,
des idées, qui résulte de termes mal | c’est un hommage rendu au mal. La définis. Dès maintenant je dois dire | tolérance limitée peut sans doute être que je ne regarde pas du mème œil prèchée et défendue. Mais on sent tous les partisans de la tolérance. Les que, précisément parce qu’elle a touuns la prêchent, parce qu'ennemis jours un mal pour objet, quoiqu'il déclarés de l'Eglise, ils s'en servent | puisse en résulter un bien plus grand, comme d’une arme pour détruire son |elle demande à être soutenue avec empire en la rendant odieuse. C’est} précaution et mesure. Un zèle pasà ceux là, et à ceux là seulement que | sionné à l'égard de la tolérance n'est s'adressent les paroles sévères que |pas en général une expression du quelques fois je croirai devoir em-| désir de voir régner la vérité ; l’aposployer. D’autres, qui n’ont pas fait tolat de la tolérance n’est ordinaire uue étude spéciale de la doctrine ment que le prosélytisme de l'erreur. atholique sur cette matière, inclinent| Etablissons maintenant une distinc-
Cers la tolérance, par ce que, trompés | tion tout-à-fait essentielle et propre à Yar une apparence spécieuse, ils la jeter un grand jour sur la question. Proient propre à maintenir la paix et Il y a la tolérance des idées et celle Ca charité. Quant à ceux-ci, je ne des personnes. On peut combattre aurais avoir d'autre intention que de | avec énergie les paroles, les doctrines
Ses éclairer avec tous les égards dus d’un adversaire, sans attenter en aulà la bonne foi, qui peut avoir été cune façon à sa liberté, et blesser les séduite par l'erreur, mais qui ne droits qu'il peutavoir comme individu refuse pas d'ouvrir les yeux à la ou membre de la société. Une contra- Jumière. | diction n’est pas une persécution ; dire à un homme : vous êtes dans l'erreur,
IT. ce n’est pas porter sur lui une main
| violente. Eh ! bien, c’est le plus sou-
Tolérance —que signifie ce mot? vent l'étrange et ridicule confusion de | ces
Selon la définition qu'en donne Bäl-!
mès, il exprime à proprement parler!
la patience avec laquelle on supporte | une chose que l’on juge être mauvaise, | mais que l’on croit convenable de souffrir. Ainsi on tolère certains genres de scandales, on tolère tels et tels abus, en sorte que l’idée de tolérance se trouve toujours accompagnée de l’idée du mal. Tolérer le bien, tolérer la vertn serait des expressions monstrueuses. Lorsque la tolérance
deux ordres de choses qui fait le fond de ces déclamations que l’on entend répéter contre l'intolérance de l'Eglise.
Toute conviction, en quelque genre de cause que ce soit, est essentiellement intolérante. Dès lors qu’on est persuadé de la vérité d’une idée, si elle a tant soit peu d'importance, on cherche à la faire prévaloir, à l’imposer aux autres : on fait, selon la mesure de ses forces, une guerre intellec-
Ms
Ki
tuelle à quiconque soutient des prin |semblable de ne pas nous opposer, cipes opposés ; car on est convaincu | avec toute la forre qui serait en notre que laisser se répandre des doctrines | pouvoir, à toute dénégation de nos contraires à celles que l'on croit être | doctrines, à toute tentative faite pour la vérité, serait une tolérance tout-à-|affaiblir le respect à l'autorité de fait préjudiciable aux idées que l'on | l'Eglise, à toute erreur qui, en faisant soutient. Ne pas repousser avec éner- | perdre aux hommes la foi, les mettrait gie, quand les circonstances le per-! en dehors de la voie du salutet serait mettent, une opinion erronnée, c’est aussi la cause de perturbations s0un aveu de faiblesse ; ou si l'on croit! siales ?
que ceux qui entendent les argnments | Quoi! nous croyons qu'un Dieu est des adversaires, ne sauraient en être | venu sur la terre pour uous enseigner ébranlés et qu'ils auront toujours | les vérités nécessaires à notre bonheur assez de raison pour distinguer le vrai! éternel, que ce même Dieu fait homdu faux, alors'on fait preuve d'une | me a donné son sang pour attirer à naïveté qui va jusqu’à l'imbécilité. La ui les esprits et les cœurs; qu'il a tolérance des idées dans Le sens absolu | brononcé l'anathème conère quiconest contre la nature de l’homme. Qui- Que ne croit pas à son enseignement conque s’en fait le défenseur déclare | &t n'obéit pas à la loi qu'il a donnée qu'il ne croit pas à la vérité, ou qu'il | aux hommes, et qu'il a imposé à ses regarde l'erreur comme ne pouvant | ministres le devoir d'enseigner toutes être nuisible à l'ordre social. Dans | jes nations : « Docete omnes gentes. » l’un ou l'autre cas, c’est une bien | Nous voyons les apôtres parcourir le triste aberration mentale. monde au milieu des plus pénibles
fatigues, affronter la mort pour répan- | dre les doctrines de leur maître et faire cesser l'empire que les démons | l'exerçaient par l'idolâtrie ; nous voy- Si aucune doctrine, en quelque or- | ons douze millions de martyrs confesdre que ce soit, ne peut tolérer une | er, prècher, défendre la foi du Christ opinion qui la combat, les convictions | en répandant leur sang au milieu des religieuses doivent tout spécialement | Ljus atroces tortures ; vous voyonsles être animées d’un énergique esprit de | missionnaires quitter leurs parents, répulsion pour tout enseignement qui | Jeur patrie, tout ce qui leur est cher, les contredit. Gela tient à la nature | pour aller dans les contrées les plus même de leur objet, qui est le plus | lointaines, dans les îles perdues de: important pour l’homme ; car c'estson | l'océan, faire connaître Jésus-Christ à éternelle destinée. | de pauvres sauvages, et cela au milieu Nous, catholiques, nous croyons à | des plus pénibles travaux, des périls notre religion comme étant révélée les plus menaçants et souvent en s’exde Dieu même ; nous croyons que la posant à une mort cruelie. Nous foi à ses dogmes et la pratique de sa | voyons la longue suite des Pères, des morale sont d’une nécessité absolue | Docteurs, des apologistes, défendre pour le salt des hommes, du moins toutes les vérités catholiques avec un lorsqu'on est appelé à les connaître; | zèle, une science et une éloquence adnous croyons que l'Eglise à laquelle mirable. Nous voyons l'Eglise veillant nous appartenons a seule le droit sans-cesse à la conservation du dépôt d'enseigner la vérité en matière reli- | qui lui est confié.ne jamais laisser appa gieuse, que c’est en elle que les hom-| raître une hérésie sans chercher à la mes trouvent les moyens de leur | détruire, et donner à ses pontifes l’orsanctification, et que quiconque la | dre de préserver avec le plus grand combat attaque Dieu même qui l’a |soin les fidèles soumis à leur autoriétablie. Je Je demande, comment | té de toute doctrine propre à affaiblir nous serait-il possible avec une foi!la foi et les mœurs.