LIT
Quui, nous, catholiques, nous con-|mes qui sont toujours prêts à nous naissons tout ce qu'a fait et souffert le | accuser de fanatisme dès lors que nous divin auteur de notre religior pour | mettons quelque ardeur à défendre la l’établir, et le zèle des apôtres, des | religion ; ils ne sont pas toujours animartyrs, de l'Egiise entière pour la més contre le christianisme de cette propager et la défendre; et nous se- | haine qui distingue spécialement les rions indifférents aux erreurs qui con- | apostats ; mais ils sont d'une singulière tredisent les enseignements, objets de | indifférence aux questions religieuses;
notre foi ;, nous nous déclarerions to lérants pour les doctrines qui sont or-
sées à celles que nous croyons! Nots aisserions les ennemis plus ou moins
c'est ce qui explique leur penchant pour la tolérance. Peut-être même quelques uns de ces hommes se croient |ils catholiques; mais par préjugés,
déclarés de notre religion, répancre | par passion, ou par suite de l'influence
des principes erronnés, énoncer des | des fausses doctrines qu'ils ont reçues, assertions mensongères, attaquer l’E- | ils se sont formé des théories, des sysglise dans son sacerdoce et ses insti- | tèmes qui contredisent certains points tutions, insinuer, sinon-émettre direc-| des dogmes chrétiens ; ils ne se gêtement, des idées en opposition aux nent pas d'émettre des principes, des dogmes, à la morale, au culte que idées, des assertions qui attaquent
nous professons ; et de crainte d'être accusés de fanatisme, nousdonnerions | libre cours à ces atteintes diverses à | notre foi; nous ne leur opposerions pas une résistance énergique ; nous
plus ou moins directement la révélation. .
Ils admettent sans doute l'existence .d'un Dieu Créateur ; mais on dirait qu'ils se représentent l’Etre infini en
LU 1 «] L L} | La ne leur ferions pas une guerre ouver- | sagesse disant aux hommes : Honorez-
te, en réfutant toutes les erreurs, dé masquant toutes les intrigues et met:
tant en garde nos frères contre les divers moyens de perversion employés
| moi, ou méprisez-moi : aimez-moi, Ou soyez indifférents à mon égard ; cela ne mimporte nullement ; agissez comme vous voudrez ; faites le bien
contre eux? Non, non, il n’en peut! ou le mal, je n’en tiens pas compte.
être ainsi. Pour un catholique qui] comprend ce qu'est sa religion et connaît les devoirs qu'elle lui impose, la tolérance de l'erreur n’est pas possi-| ble. Partout où il la rencontre il doit la combattre, s’il le peut. Sans doute
uand elle est de bonne foi et l'effet
‘une ignorance excusable, il ne doit la réfuter qu'avec modération et cha-
L'absurdité est trop évidente ; aussi on dit : sans doute l’homme doit ado-
rer son Créateur, mais chacun selon
sa manière de voir.
Ainsi le sauvage qui adore un vilet hideux reptile, ou une pierre brute ; le payen qui se livre à mille infamies pour honorer ses idoles ; le Musulman qui croit que Dieu a révélé à
rité ; mais quand elle s'affirme avec] Mahomet toutes les absurdités du
un accent qui montre un esprit per-|
vertiet cherchant à pervertir: alors toût ménagement est une imprudence ; à l'audace du mensonge il faut opposer celle de la vérité qui, partout où elle est défendue, finit par prévaloir. Ma
Coran ; le Protestant qui méprise | l'Eglise et ne ferait nulle difficulté de | profaner l'hostie consacrée, et le Catholique qui regarde le Pape comme le Vicaire du Christ et rend son adoration à la divinité qu’il croit présente
gna vis est veritatis et prævalebit.”
Les idées que je viens d'émettre peuvent paraitre étranges, à nulle personne sans doute de cet auditoire catholique et éclairé, mais à des hom-
sous les symboles eucharistiques ; tous ces hommes aux cultes divers rendent un hommage égal au Dieu trois fois Saint. Du haut de son trône le Créateur dit à tous : je suis satisfait de vos actes ; qu’ils soient bons ou mauvais, inspirés par la vérité ou par l'erreur ; qu’ils expriment les idées les
lus opposées à l'égard de ma sainteté, lecture des livres qui la contien.
e ma justice, de masagesse, n’impor- | nent. NET
te, ils m'honorent tous également :| Il est un mot qui excite au plus continuez ceite bigarrure de cultes ; haut degré la colère des ennemis de quelque faux et même ridicules qu ils Le Res QAR ; C'est « l’Indexs puissent être, cela estun spectacle | à ss es déc amations dont il a été qui réjouit mes regards et satisfait l’objet sont aussi insensées que vio mon cœur. lentes.
Voilà comme doit parler le Dieu des| De tout temps l'Eglise a proscrit les tolérants. En vérité on ne concoit pas | :ivres pernicieux à la foi etaux mœurs. comment l'intelligence humaine des-| C'était un droit de légitime défense cende jusqu'à une semblable absurdi- | peur elle chargée d'enseigner aux té. Et ce sont ceuxqui soutiennent hommes les vérités qu'ils doivent cette inconcevable doctrine de la tolé- | croire, les vertus qu’ils doivent pratirance absolue en fait de religion, qui | quer. Mais au 16e siècle, à l’époque où prêchent si haut les droits de la rai-|le Protestantisme attaquait presque son en opposition aux exigences de la | tous les dogmes catholiques et émetfoi. La raison, ce n'est pas à eux à | tait des principes qui favorisaient tousoutenir ses droits, car elle ne leur |tes les passions, dans les livres que appartient plus. Oh! que de folies, | l'invention récente de l'imprimerie permettez-moi ce mot, exprimées de | permettaii de multiplier et de répannos jours au nom de la raison, de la | dre partout, l'Eglise crut devoir prentolérance ! dre une mesure appropriée aux périls
Eh ! bien, il faut venger tout à la | des temps, comme l'Etat, lorsqu'une fois la raison et la religion en récla-| épidémie se déclare, porte des réglemant contre toutes ces déclamations | ments sanitaires qui ne gêènent la qui égarent les esprits. liberté que pour conserver la vie.
Je le dis donc encore une fois.| D’après les prescriptions du Concile Point de tolérance à l'erreur, remar- | de Trente, des règles furent établies quez bien, je ne dis point aux person- | pour déterminer la proscription des nes, point de tolérance à l'erreur, | ouvrages dangereux, et on dressa un car elle est une chose exécrableet que | catalogue des livres qui devaient être Dieu hait. Le mot est de l'écrivain | prohibés. « Index» est le mot latin qui sacré. (Omme execramentum erroris | exprime cette liste indiquant les proodit Deus » (Eccl. 15. 13. | ductions hétérodoxes contre lesquelles
Eh ! bien, ce que Dieu hait, les on doit se mettre en garde. Une conhommes doivent le hair et le combat- | grégation de cardinaux fut instituée tre. Repousser l'erreur, c'est être ins-| pour examiner les publications suspiré de l'esprit de Dieu, c’est une |pectes et condamner celles dont le œuvre sainte et salutaire. C’est, je | danger serait reconnu. L'excommul'ai déjà exprimé, l’œuvre continuelle | nication est portée. contre tous ceux de l'Eglise, laquelle ne sai! garder au-| qui lisent, retiennent où impriment cun ménagement à l'égard des doctri- | des livres prohibés d’une certaine canes erronées. tégorie et celui qui lit un ouvrage quelconque mis à «J'Index» commet une désobéissance grave envers l’autorité ecclésiastique et peut être passible des censures portées par l'Evêque.
, Non seulement l'Eglise ne laisse ! Il est à propos de faire remarquer que jaucune erreur sacs la nroscrire, mais | pour qu’un livre soit prohibé, il n'est “connaissant "comme elle infecte les|pas nécessaire qu’il renferme une esprits, elle veut en dérober la con-| hérésie formelle ; il suffit qu’il soit naissance aux fidèles; elle interdit | pernicieux sous quelque rapport. Ainsi “sous les peines les plus sévères la lun livre qui ne contiendrait pas de
propositions explicitement hérétiques, mais qui serait rempli de diatribes contre l'Eglise, propres à affaiblir le respect dû à son autorité, pourrait assurément être mis à « l’Index. »
Eh ! bien, l'Eglise est-elle à blamer pour cette prohibition de livres qui combattent ses enseignements ? Ori, disent les partisans de la toléran:g; car c’est mettre une entrave à la liberté de l'intelligence ! Mais si cette l'berté tourne pour un grand nombre d’esprits au détriment de la foi, doit-elle être laissée sans répression ?—Réfutez vos adversaires, si vous le pouvez, mais ne les empèchez pas de se faire entendre.—Ceia veut dire à l'Eglise:
Réclamez si vous le voulez, le droit de vous défendre, mais n’ôtez pas à vos ennemis celui de vous attaquer.
Admirable principe, en vertu duquel, l'autorité civile pourrait bien essayer à repousser une conspiration ourdie contre elle, mais seulement après que celle-ci se fut organisée et ent pris les moyens propres à assurer son succès—Réprimez ce qui vous paraît un mal, mais ne le prévenez pas.—Vous l’entendez cet axiome de la sagesse tolérante. Ainsi, pères et mères de famille, laissez lire à vos fils
et à vos filles tous les livres qui leur!
tombent entre les mains: laissez-les
écouter toutes les paroles que n’importe quel hbertin leur fera entendre.
S'ils font quelques fredaines vous.
pourrez leur faire la morale; mais n'allez pas dans ce siècle de tolérance établir l'Index dans votre maison; laissez à l'Eglise cette monstrueuse
atteinte aux droits de la liberté de |
l'esprit et du cœur.
Ainsi, médecins, n’essayez pas de proscrire à Ceux qui sont sous vos
soins l'usage de tels aliments, tout
préjudiciables que vous puissiez les juger à la santé; c'est attenter à la liberté du boire et du manger. S'il en résulte quelque maladie, eh ! bien, vous avez vos remèdes, essayez de guérir ; cela vous est permis. Et si la mort arrive, qu'importe, le droit par excellence qu'a l’homme de faire ce qu’il lui plaît aura été conservé.
Je défie quiconque combat le droit de l'Eglise de proscrire les livres qu’elle juge dangereux, de le faire sans émettre un principe qui mène à ces sottes conséquences.
Eh ! bien, toute doctrine qui force ses adversaires de reculer jusqu’à l’absurdité est triomphante de leurs attaques aux yeux de la raison.
L’Index est donc justifiable en principe ; l'Eglise qui l’a institué a, en cela comme en toute autre chose, sagement fait.
les honteuses aberrations de ces esprits qu'ont affaiblis l’incrédulité et l’hérésie, ne devous-nous pas regretter que l’'Index n'ait pas eu plus d’empire dans la société. Quels services il eutrendu
| à nombre de têtes an les préservant de la lecture de livres à ces maximes erronnées, qui ont eu surelles une si humiliante influence ? Que d’hommes dont l'intelligence et le cœur ont été dégradés pour avoir violé les pres- | criptions de l’Index! Aussi, en voyant quels effets désastreux la prohibition des livres inspirés par le génie du mal peut empêcher, je m'écrie au nom de la raison dont il sau*, ‘9
la dignité: Gloire ctreconr © ..:
| à Index et à l'Eglise qui l'a & ..
Les partisans de la tolérance diront peut-être : Nous ne vous refusons pas le droit de combattre les doctrines opposées à votre enseignement ; ce que | nous demandons, c'est que vous n’exiigiez pas que la force soit employée par l'autorité civile contre ceux qui ne partagent pas vos croyances religieuses ; c’est cette exigence que nous repoussons hautement; la tolérance que nous prêchons, c'est la liberté laissée à chacun de professer et de dé- | fendre la religion qui, lui plait.
| Je répondrai d’abord que très sou- | vent l'intolérance reprochée à l'Eglise | n’est autre chose que l’ardeur et le | zèle avec lequel elle soutient ses doctrines et combat ses adversaires par la discussion, et qu'à chaque instant on entend de violentes déclamations con-
Oh! quand nous voyons
ne ee nine à ren ge en dote 2 à 0 0 0 A € 6 AE M 0 US Em
‘tre « l'Index » IL importait donc de|cupe, la loi générale, le principe ab- ‘bien établir que c’est le droit et le de- | solu, le droit dans le sens rigoureux voir de l'Eglise de condamner l'erreur du mot, et la mise en pratique de la et de prendre tous les moyens d’em- | loi, l'application du principe dans tels
pêcher celle-ci de se répandre. D'ail- Jeurs les principes posés en traitant cette partie de la question serviront à Ja solution de celle dont j'ai maintenant à m'occuper, je veux dire, la tolérance politique.
Je ferai aussi observer qu’on emploie une confusion de termes à dessein de dénigrer l'Eglise lorsqu'on répète qu'on ne doit point imposer la!
croyance par la contrainte, et lorsqu'avec ce principe on fait de longues | tirades contre le fanatisme catholique. | Je l’admets sans la moindre difficulté; la violence ne doit point être employée ponr imposer la foi; on ne peu passer de lincrédulité ou de ‘hérésie au catholicisme que par un acte de l'intelligence et de la volonté, qui est l’effet de la grâce. Mais quand donc l'Église a-t-elle exigé une profession de foi repoussée par l'esprit et le cœur ? Elle ordonne au contraire à ses ministres de s'assurer de la parfaite sincérité de ceux qui demandent à entrer dans son sein, avant de leur conférer le baptème. Je repousse donc comme une calomnie l’accusation plus ou moins directe portée contre elle d'imposer ses doctrines par la violence et d'exercer son domaine, .non par la persuasion, mais par une contrainte qui fasse de ses sujets des esclaves.
Cette observation faite, j'entre dans le point capital de la question de la tolérance.
L’Eghse a-t-elle le droit d'exiger que l'autorité civile emploie la force dont elle dispose pour empêcher de se répandre l'erreur qui lattaque ? Les
artisans de la tolérance s'écrient:
Non. Nous, Catholiques, nous devons dire hardiment : Oui.
. Voilà ce me semble la question Do ement posée, clairement définie.
… Toutefois je me hâte de dire qu'ilya Encore ici une distincuon tout-à-fait importante à faire. Il y a deux choses à considérer dans le sujet qui nous oc-
Rings"
cas particuliers. Qui ne comprend
qu’une loi peut Ôtre juste en elle | même, et que cependant, à raison de
circonstances de temps et de lieux, elle ne puisse être appliquée sans pro:
duire un effet qui nuise au bien même pour lequel elle a été portée.
N'est-ce pas un axiôme qu’il n’est guère de règle sans exception, mais que l'exception ne détruit pas la règle ?
Je reviendrai plus au long sar la distinction que je viens d'exprimer, mais il importait de la signaler maintenant.
Posant ma thèse dans un sens ab.
solu, je dis: La doctrine qui prétend qu'il n’est pas permis d'employer la force pour détruire l'erreur et que
| celle-ci a le droit de s'exprimer par-
tout librement, est ui e doctrine absolument fausse, contraire à l’enseignement catholique et conduisant à des conséquences absurbes et fatales à la société.
Ecoutons quelle est sur la question de la tolérance civile la doctrine de l'Eglise que nous reconnaissons être l'organe de Dieu lui-même. Dans l'Encyclique «Quanta cura» le Vicaire de Jésus Christ s'exprime ainsi:
«Il ne manque pas aujourd'hui d'hommes qui, appliquant à la société civile l'impie et absurde principe du «naturalisme,» comme ils l’appellent, osent enseigner que la perfection des gouvernements et le progrès civil exigent que la société humaine soit constituée et gouvernée sans tenir plus de compte de la religion, que si elle n'existait pas, ou du moins sans faire aucune différence entre la vraie reiigion et les fausses.
«De plus, contrairement à la doctrine de l’Ecriture, de l'Eglise et des Saints Pères, il ne craignent pas d’affirmer que le meilleur gouvernement est celui où l’on ne reconnaît pas au pouvoir l'obligation de réprimer par des peines légales les violateurs de Ja
religion catholique, si ce n’est lorsque la tranquilité publique le demande.
Partant de cette idée absolument fausse du gouvernement social, ils n'hésitent pas à favoriser cette opinion erronée, fatale à l'Eglise catholique et au salut des âmes, et que notre prédécesseur d’heureus: mémoire, Grégoire XVI, « qualifiait » de «délire,» que la liberté de la conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme, qui doit être proclamé par la loi et assuré dans tout Etat bien constitué; et que les citoyens ont droit à la pleine liberté de manifester hautement et publiquement leurs opinions, quelles qu’elles soient, par la parole, par l'impression ou de toute autre manière, sans que l'autorité ecclésiastique ou civile puisse la limiter, Or, en soutenant ces affirmations téméraires, ils ne pensent ni ne considèrent qu'ils préchent la « liberté de la perdition.»
Les propositions erronées que le Souverain Pontife signale dans le passage que je viens de citer, il les anathématise en ces termes : « Nous les repoussons en vertu de notre autorité apostolique, les proscrivons, les condamnons, et nous voulons et, ordonnons que tous les enfants de l’Eglise catholique les tiennent pour réprouvées, proscrites et condamnées. »
Peut-il y avoir une réprobation plus explicite et plus énergique de la tolérance civile de toutes Les erreurs reli.
gieuses ? Aussi à tout soi-disant catholique qui veut aujourd'hui s’en déclarer l’apôtre, iln’y a qu’à dire: Si vous êtes un enfant de l'Eglise, rétractez vos paroles ou du moins taisez-vous.
Et s'il continue à parler, il faut Lu | infliger cette humiliante alternative :
Vous n'êtes qu'un apostat déguisé digne de toute notre indignation, a si vous vous croyez catholique en soutenant ce que l'Eglise condamne, vous ne savez ce que vous dites et ce que vous faites. Vous ignorez les éléments de votre religion, et au lieu d’endoctriner les autres, retournez à votre catéchisme.
Cependant je dirai autre chose.
Sans doute tout esprit doit se soumettre a: jugement de l'Eglise. Quand celle-ci a prononcé, elle a terminé par sa sentence tout débat inteJleciuel pour ceux qui reconnaissent son autorité divine. Mais elle n’hésite jamais à justifier ses doctrines aux yeux de la raison ; elle donne toujours des démonstrations qui font adopter sans peine ses enseignements par toute intelligence droite et éclairée.
L’Égtise n’a rien à craindre de la raison, qui vient de Dieu comme la révélation, et elle sait qu'entre ces deux expressions de la vérité divine, il ne saurait y avoir opposition.
Voyons donc comment nous, catho liques, en adhérant à la doctrine de l’Église sur la tolérance, nous lui rendons un hommage raisonnable selon le mot de St. Paul: «rationabile obsequium vestrum» et comment par conséquent les fauteurs de la tolérance absolue sont désavoués par la raison au nom de laquelle ils osent parler.
L'homme est né pour la société :
c’est en elle qu’il trouve la conservation de sa vie, le développement de ses facultés corporelles et intellectuelles, l'exercice de ses aptitudes, la satisfaction de ses désirs, le bonheur.
qu'il peut éprouver dans sa carrière .
terrestre. On le voit, Dieu en créant!
l'homme, l'a fait pour la société ;:
celle-ci est donc d'institution divine.
Mais Dieu, infiniment sage, n’a pu vouloir la société, sans vouloir ce quil seul peut la conserver, c’est-à-dire, une organisation à laquelle préside!
une autorité qui y maintienne l’ordre.
Sans cette autorité, quelle qu'en soit] la forme, c’est 14 guerre en perm?2:l nence entre les hommes; c’est la’
| violation de tuus les droits par la puis-!
sance brutale; c’est pour le genre!
humain l'état des animaux dont les!
plus faibles et les plus doux sont:
dévorés par les plus forts et les plus féroces. Il faut donc un pouvoir qui protège les droits de tous et réprime
les injustices et les violences. On ne |ce droit en portant la peine de mort saurait concevoir la société sans ce |contre quiconque attente à la vie de pouvoir, 1l lui est absolument néces- | ses semblables ; si naguère certains saire ; il vient donc aussi de Dieu, | petits états, cédant trop facilement aux l'auteur de la société. Quelque soit | déclamations de quelques insensés le mode ar lequel il est conféré, dès | ont abrogé cette peine, on les voit se Jors qu'il est constitué légitimement, | hâter de la rétablir, en considérant il faut lui obéir. Si l'autorité n’est quel jeu font de la vie de l’homme as reconnue comme d'institution | ceux qui ne conservent plus d'autre ivine, les hommes n’ont pas à s’y | morale que celle des intérêts du temps soumettre cornme à un ordre de choses | et de la satisfaction des passions. voulu par la Providence pour le bien! L’homme:a droit à ses propriétés, essentiel de la socicté ; alors il n’y a et partout les sévices du pouvoir se pas d'autre pouvoir dans celle-ci que | faisant sentir au brigand et au voleur, celui qui est imposé par la force ; il imposent le respect au bien d'autrui. ‘n'y a pas de liberté ni de justice.| L'homme a droit à sa réputation ;
Ceux qui obéissent parcequ’ils y sont contraints, ne sont plus que des esclaves. Chaque fois qu’ils le peu vent, les hommes sont toujours en droit de secouer un joug sous lequel nul devoir ne les force à se courber ; et ainsi la société n’aura pas d'autre alternative que l’asservissement ou Panarchie. | La raison se soulève contre une doctrine qui amène ces conséquences ; elle dit dans les mêmes termes que l’Apôtre : il ne saurait y avoir de pouvoir, ayant droit de commander les hommes s’il ne vient de Dieu : “ Non est potestas nisi a Deo” (Rom. 13.) La raison ajoute avec St. Paul : Les hommes n’ont pas à se soumettre seulement par la crainte des colères “pouvoir, ce qui serait l'esclavage, mais pour suivre la voix de la conscience, qui fait un devoir de reconnaitre une autorité sans laquelle l’ordre social n'est pas possible : “ Subditi estote non solum propter iram, sed etiam propter conséientiam. ” (ibid.) Maintenant quelles sont les attribu- » tions de cette autorité établie par Dieu?
. Elles ne peuvent être assurémentque t pour le bien de la société. La révéla.
-tion le dit encore comme la raison.
Mini >r Deiin bonum”. Le pou- -V@ir civil est constitué pour assurer >Aux hommes le juste exercice de leurs foits en eripêchant qu'on y porte atte.
s L'homme à droit à la vie ; et aussi i &raison de tous les peuples a protégé e 4
ets Ex
du |
| l'autorité punit celui qui la blesse ; et ceux mêmes qui se rendent coupables contre l'Eglise et ses ministres de dia- |tribes propres à leur faire perdre le respect des fidèles, s’empresseraient d’en appeler aux tribunaux de la moindre chose qu'ils croiraient être une atteinte à leur renommée.
L'homme a droit au respect pour sa pudeur et partout où une attaque à la | morale est commise sous ce rapport, il y a des châtiments pour le punir.
Le pouvoir qui protége tous ces droits, en vertu de l'institution divine, doit également rendre justice à la fa.
mille,et aussi il maintient les droits du père sur l'enfant et les droits récipro ques des époux.
Il se forme dans la société des associations dans des buts divers. Dès lors qu'elles ne nuisent pas à l’ordre pu- | blic, le pouvoir leur accorde une exis-
tence légale en vertu de laquelle elles peuvent se soutenir et exercer des | droits dont la violation permet le recours à la justice.
| Ainsi le pouvoir doit protéger le | droit à la vie, à la propriété, à la ré- | putation, au respect de la pudeur et | aussi le droit des familles et des asso- | ciations qui ont un but utile.
Il est un antre bien, de l’ordre le plus élevé, nécessaire à l’homme, touchant à ses plus graves intérêts : c’est la vérité, et la vérité dans la sphère la
plus importante, je veux dire la vérité religieuse. Eh ! bien, il sera permis à qui voudra le faire, d'enlever aux hommes la possession de la vérité par des sophismes, par des mensonges, par tous les moyens qui peuvent pervertir les esprits, lesquels ne peuvent être tous préparés à sentir la fausse'é des assertions qu’ils entendent ! L? foi sera arrachée desesprits et des cæ 1'setl’au torité civile n'aura rien à voir à cette atteinte portée au droit que possède l'homme de jouir de la vérité ! Mais la vérité, c'est l’objet mème de l’intelligence qui n’esi créée que pour ia percevoir ; c'est ie fondement de l’ordre en tout état de choses: c’est quand il s’agit de la religion.,le moyen du salut éternel. Le prédicant de l'erreur est un voleur qui enlève à l'intelligence son trésor ; c'est un assassin qui donne la mort à l'âme. Qu'importe, il faut le laisser faire, le pouvoir civil lui donne pleine liberté de tromper, de séduire, d'enlever la foi, d'exposer le salut de millions d'hommes!
Mais voici l'Eglise ; c'est une société que Dieu a fondée; il lui a donné l’ordre d'enseigner toutes les nations, de faire connaitre Dieu et son Christ.
de sauver les âmes. Eclairer les es-
rits, sanctifier les cœurs, c'est son roit. Eh! bien, l'autorité politique regardera l’hérésie et lincrédulité comme ayant le mème droit qu'elle a
à se faire entendre, elle ne leur inter-|
dira pas la parole; elle les laissera insulter l'Eglise, combattre ses doctrines, empècher le bien qu’elle est chargée de produire ! Renan viendra dire à la face du monde : Jésus est un imposteur. Proudhon vomira ce blasphème: Dieu est le mal. Et un gouvernement entendra ces abominations, il verra ravir à la société qu'il régit la religion, que le Christ a établie en repandant son sang, que des millions de martyrs ont confessée par l'effusion de leur sang à eux aussi— et lui qui est établi de Dieu pour le bien, pour l’ordre, il n'aura aucune répression à employer contre ceux qui conspirent ainsi pour détroner Dieu sur la terre !
Mais dira-t-on : l'esprit humain est libre, l'erreur ne lui est pas imposée par la violence, il peut se défendre contre elle; rien n'empêche l'Eglise de réfuter ses adversaires.—C'est donc supposer que toutes les intelligences sont capables de distinguer l'erreur de la vérité en toutes occasions; qu’il est impossible au mensonge, au sophisme de jamais prévaloir dans les esprits :
que les passions favorisées par certaines hérésies, ne peuvent produire des préjugés qui aveuglent et portent l'in.
telligence à nier une vérité qui ten-
drait à combattre des penchants désor.
donnés. C'est en un mot, être réduit à ne répondre que par une absurdité.
En vertu du principe par lequel on défend la tolérance pourquoi ne diraiton pas à celui qui se plaint que sa réputation est blessée : défendez-vous, réfutez la calomnie. vous en avez la liberté, mais ne demandez rien à la justice civile.
On dit encore: Mais l'erreur peut être involontaire, elle n’est point une faute ; la punir est injustice.
Je réponds : l'erreur, en fait de religion, est beaucoup plus souvent volontaire qu’on ne le pense, du moin:
dansles classes instruites, et je ne suis guère disposé à admettre cette bonne foi à l'égard de ceux qui prêchent en opposition aux doctrines catholiques qu'on ne combat ordinairement, lors qu'on les connait, que par entètemen:
de préjugés ou par une passion coupa ble. Quoiqu'il en soit, le principe qu’or (28 doit pas empêcher l'erreur de st
‘épandre parce qu’elle serait de bonn:
foi, est encore une de ces idées qu:
| repousse le sens commun.
Quoi ! laisseriez-vous votre bien a!
pouvoir d’un autre parce que celui« le retient—crayaut faussement qui
formé, répète des assertions menson gères et nuisibles qui peuvent fair
pas de parler! | Voilà laconséquence de votre prit cipe.
lui appartient? Un homme mal in.
* » ; 4 # tortà votre réputation, à votre con w merce. Et sous prétexte qu’il ne le fa pas avec malice, vous ne l’'empêcherem
Si celui qui prèche l'erreur est de| bonne foi, ne le punissez pas comme coupable d’un crime, mais empêchez | le de continuer sa prédication, parce | qu'elle ‘est un mal; elle trompe les!
intelligences, elle perd les âmes, elle!
attaque l'Eglise, elle s'oppose au règne de Dieu.—Voilà encore comme parle la raison.