SÉANCE DU SOIR
Hon. M. CARTWRIGHT-—M. l'Orateur, j'ai, avant l’ajournement, fait connaître à la Chambre mes vues sur la situation générale actuelle du pays. Je lui ai fait connaître mes raisons, qui me paraissent excellentes, pour supposer que le point culminant de la crise, ou, du moins, le point extrême qu'elle paraisse devoir atteindre, est probablement passé, et que nous avons tout lieu d'espérer que le revenu de cette année ne sera pas inférieur à celui de 1875-76. J'ai dit aussi que, n'eut été la diminution regrettable de la dernière récolte, je n'avais pas le moindre doute que les calculs du Gouvernement se seraient de tous points réalisés et qu’il nous aurait été facile de faire face à toutes nos obligations sans avoir recours à la désagréable nécessité d'augmenter l'impôt. Malheureusement, la Chambre le sait, la récolte de l’année dernière, loin d'être même moyenne, a positivement manqué ; et cette calamité, survenant au moment le plus critique d'une dépression commerciale sans précédent, a indubitablement renversé tous les calculs raisonnables et va, en toute probabilité, être la cause d’un déficit, quoique faible, dans le revenu de l’année courante. Je crois en somme que, toutes choses bien considérées, il est opportun que nous prenions des mesures pour combler ce déficit. On n'ignore pas que,—peu importe la manière dont on l'explique, peu importent les causes qui l’ont amenée, —la continuation de ces déficits compromettrait gravement notre crédit ; et pour plusieurs raisons il est clairement à désirer que le crédit du Canada soit maintenu aussi haut que possible. Or, il y a deux choses qu'il nous faut considérer dans un moment comme celui-ci. J'ai toujours soutenu que le Gouvernement de ce pays ne doit pas établir des impôts que les circonstances ne justifient point. Ce principe, j'ai eu occasion de le préconiser souvent l’année dernière, mais pour cette fois je me bornerai à l'invoquer. Il est évident qu’au milieu d’une crise il ne fut pas augmenter la charge déjà lourde du pays ; et dans les propositions que je vais faire à la Chambre, nous nous sommes efforcés autant que possible de ne pas perdre de vue la nécessité de faire face à un déficit et de vemanier le tarif de façon à ce que le reveuu ne soit point ou que peu diminué.
Eh ! bien, M. l'Orateur, d'accord avec l'engagement que j'ai pris vis-à-vis la Chambre l’année dernière, il est de mon devoir d'examiner la proposition faite par l'honorable député de Stanstead au sujet de l'impôt qui frappe actuellement le nétrole. A ce propos, je dois dire tout d'abord que c’est un impôt pour lequel je n'ai jamais eu une bien grande prédilection, que je n'aurais jamais établi de moi-même et qui m'a toujours paru donner prise à la critique, bien que les circonstances ne me justifiassent pas l’année dernière de toucher au tarif et peut-être de provoquer, pour l'amour d'un seul article, une longue suite de débats embarrassants. Le plus, je sentais glors, comme je sens encore aujourd'hui, que les raffineurs avaient aussi leur mot à dire dans cette affaire. J'ai compris que leurs plaintes n'étaient pas tout-à-fait dénuées de fondement, et surtout que celles qu'ils faisaient entendre contre les restrictions vexatoires qui présidaient nécessairement à la perception des impôts de l’accise méritaient l'attention du Crouvernement. La Chambre sait fort bien qu’il est impossible de percevoir un droit d'accise sans gêner la fabrique de telle sorte, que dans plusieurs cas celle-ci ne veut faire des améliorations et des expériences ; en effet, il est admis comme
rincipe fondamental que le droit d’accise pèse en proportion plus lourdement sur le fabricant que le droit de douane correspondant, Quant au montant de l'impôt, je constate, avec autant d’exactitude que je puis le faire, que la consommation de l'huile de charbon dans tout le Canada peut être évaluée à 8,000,000 gallons, mesure de vin, sur laquelle l’'u:nût est établi. Sur cette quantité, environ 5,500,000 gallons sont fabriqués en Canada, 800,000 à peu près sont importés et payent l'impôt, et d’après les calculs de mon honorable ami le député de Stanstead (qui ne différent pas beaucoup de ceux du ministère des Douanes), le double de cette quantité probablement a été importé en Canada sans payer de droits...,,....
UNE VOIX- En contrebande ?
Hon. M. CARTWRIGHT-—Comme l'honorable monsieur l'a dit: en contrebande. Je partage dans une grande mesure l'avis de l'honorable député de Stanstead lorsqu'il dit que la perte résultant au pays par cet impôt est positirement plus considérable que le montant de l'impôt luimême. On sait qu'aux droits qui donnent à la valeur de l’article une proportion aussi élevée que l'impôt actuel de l'huile de charbon, il faut ajouter une part considérable pour les nouvelles pertes qu’éprouve le consommateur avant qu’elle arrive à destination; par conséquent, en supposant une con-
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sommation de 8,000,000 de gallons, je suis porté à dire que l’aftirmation de l'honorable député de Stanstead, qu'une perte variant de $1,000,000 à $1,200,000 est subie par le pays, n'est pas très loin de la vérité. Quant à moi, je ne pense pas que la perte soit aussi grande ; mais, dans tous les cas, elle est très sérieuse pour le public. Le Gouvernement a donc mûrement étudié la question dans le but de diminuer les charges autant que possible, sans toutefois détruire complètement une industrie canadienne qui s'est developpée sous la protection des lois faites par l’ancienne Administration. La décision à laquelle nous en sommes arrivés est celle-ci: Nous proposons d’abolir totalement le droit d’accise et de diminuer, de 15 centins qu'il est actuellement à 6 centins, l'impôt sur le pétrole importé; par cette opération, je crois que le Canada gagnera 9 centins et plus sur chaque gallon des 8,000,000 qui sont aujourd'hui consommés. Si nous nous en rapportons aux calculs de mon honorable ami, le bénéfice qui en résultera pour la population s'élèvera à $1,200,000. A4 mon avis le Canada gagnera au moins $750,000, et, autant que je puis voir, la perte pour le revenu—car je crois que ce qui passe maintenant en contrebande paiera le droit—n’excédera que faiblement $8200,000.
Dans l’état actuel des choses, il nous est nécessaire de prendre un équivalent pour ce montant; et nous voulons en venir là en dérangeant le moins possible les intérêts actuellement en jeu et de manière que, si des temps meilleurs arrivent, l'impôt puisse être aboli aussi aisément que possible, C’est pourquoi, si nous donnons au pays le bénéfice d’une réduction de droits, variant de $750,000 à $1,200,000 suivant l’un ou l’autre des calculs que j'ai mentionnés, je crois que nous pouvons en toute justice lui demander de payer un droit additionnel d'un penny sterling ou deux centins par livre sur le thé: cela nous permettrait de rétablir l'équilibre. Mais il y a un certain déficit qu'il est très désirable de combler ; aussi nous avons à proposer à la Chambre certains autres changements qui, j'ose le dire, dérangeront aussi peu 13 courant du con:merce que les modifications qui nous apporteraient la somme de revenu désirable, Le principal changement se rapporte au malt et à la bière qui en provient. J’impose cette taxe avec une certaine répugnance, car je comprends que les Anglais ne tinnent pas à payer un nouveau droit sur la bière; mais, enfin, nous sommes certains que notre proposition est dans l'intérêt du pays Nous voulons établir une taxe de un centin par livre su: le malt et de trois centins (ou un peu plus) par gallon sur la bière, si elle est préparée aver
d’autres articles que le malt. Tel est le principal changement auquel nous uilons demander à la Chambre de consentir; mais il en est certains autres, suggérés par mon honorable ami le Ministre des Douanes, qu'il est désirable de faire : ces modifications ont surtout pour but d'obtenir la somme de revenu nécessaire, et, sauf sur un point, ne peuvent entrainer une nouvelle taxe sérieuse pour le consommateur, On a constaté, en percevant le revenu, que, sous l'opération du tarif actuel, il existe une différence considérable dans les droits perçus sur divers articles. Cela est dû à ce que les droits ne sont pas les mêmes dans tous les ports,—ce qui est préjudiciable à l'importateur honnète; puis, de toute manière, il en résulte une perte considérable pour le revenu. Nous voulons faire disparaitre quelques-unes de ces anomalies, et voici comment: Nous voyons, par exemple, pour l’article du fil de coton et de lin, que les expressions employées dans l'Acte des Douanes rendent, en pratique, presqu'impossible pour les percepteurs d'établir une distinction entre les articles sujets à 10 pour cent et ceux qui sont sujets à 17} pour cent (et il est très douteux que l’on puisse amender l'Acte de façon à éviter ces différences d'interprétation), d'où il suit que le revenu éprouve des pertes considérables. Pour éviter à la fois cette injustice et :es pertes, nous proposons de placer tous ces articles sur la liste des articles non-énumérés, c'est-à-dire de les enleve r de la liste des 10 pour les inscrire sur celle des 17}; et je ne comprends pas trop comment la distinction a pu être faite dans le principe. Il se présente ensuite une question qui peut toucher de plus près mes honorables collègues de lu Chambre. Les autorités douanières ont eu des difficultés considérables à combattre au sujet de l'impôt qui frappe les cigarettes, et elles sont d'avis qu’en vertu de la loi actuelle cet article doit être sujet au même droit que les cigares; aussi nous voulons, en le plaçant sous le même chef que ces derniers, faire disparaître les doutes qui pourraient exister à cet égard. Comme, à l’époque où le tarif de 1874 fut présenté, plusieurs objections ont été faites contre l'injustice apparente de taxer les cigares de qualité inférieure au même taux que ceux de qualité supérieure, nous proposons de soumettre toutes les espèces de cigares à un droit spécifique de 50 centins pardivre et à un droit ad valorem de vingt pour cent : ce qui va permettre aux cigares de qualité inférieure d’être importés exactement au même taux que maintenant, et nous donner en même temps un peu plus de revenu. Sur les parfums, qui paient actuellement des droits différents, nous proposons d'établir un droit uniforme de 25 pour cent ad valorem; et comme c'est très certainement un article de luxe, je ne pense pas que la Chambre
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s'oppose sérieusement à cette modification. Nous proposons aussi d'enle ver de la liste des articles admis en franchise celui des tubes. La présence de cet article sur cette liste a occasionné beaucoup d’inconvénients et des pertes considérables au revenu. ÆEn pratique il est à peu près impossible de distinguer entre les différentes espèces de tubes ; c'est pourquoi nous proposons d'établir sur tous ces articles un droit de 174 pour cent. J'apprends aussi que pour les mêmes causes on a eu beaucoup d’embarras au sujet du droit qui doit être prélevé sur certaines parties des locomotives et les chaudières tubulaires. Je n'ai jamais pu comprendre pourquoi ces articles ont été inscrits sur la liste de ceux qui sont admis en franchise, et je ne vois pas pourquoi ils ne paieraient point 174 pour cent comme les autres articles non-énumérés et les autres espèces de tubes. Nous avons également constaté que l'importation des vins a été l'objet d'une contrebande considérable, et que toutes sortes de frais, tels que l'embouteillage, charriage, étiquette, emballage et autres choses de même nature sont portés aux factures, de telle façon que le vin se trouve réduit au-dessous de sa valeur réelle, C’est pourquoi nous proposons que le tarif soit modifié sous ce rapport, de manière à prévenir ces fraudes à l'avenir. Nous proposons aussi d’amender la loi relative aux colis, et en vertu de laquelle, je me. contenterai de dire (pour ne pas prendre le temps de la Chambre par la lecture de ses dispositions qui sont un peu longues), que, dans certains cas qui y sont énumérés, les colis contenant des marchandises sujettes à un droit spécifique doivent payer 174 pour cent, et ceux contenant des marchandises sujettes à un droit «d valorem doivent être pris à la valeur de ces articles sur le marché. Toutefois, ces matières pourront être mieux discutées en comité, lorsque viendront ces résolutions. Je dois dire que 24 pour cent par livre vont être placés sur le malt importé. La modification qui va être faite pour les colis a sa raison d'être dans les fraudes qui sont actuellement commises. Je ferais peut-être mieux de lire la résolution.
M. WOOD-—Comment allez-vous faire pour les marchandises admises en franchise? Ces marchandises vont-elles faire passer les colis également en franchise ?
Hon. M. CARTWRIGHT-—J'incline à croire que mon honorable ami a raison :—Oui, elles feront passer les colis en franchise, Nous avons aussi jugé à propos de modifier le droit sur l’ale, la bière et le porter importés des autres pays. Nous proposons de convertir le droit mixte ad
valorem et spécifique qui existe actuellement en un droit spécifique, et de fixer ce droit à 18 centins par gallon impérial pour l’ale et le porter importés en fût. Il y a un article que j'ai omis de la liste de eux admis en franchise, le fil de coton en écheveaux, de couleur et non-fini, No. 6; nous proposons de le biffer de cette liste pour l'inscrire sur celle des 10 pour cent. Le droit que nous voulons imposer sur les ales et porters est de fait une nouvelle distribution ; nous l’avons légèrement augmenté en raison du droit que nous proposons d'imposer sur le malt et la bière fabriqués dans le pays.
Maintenant, je vais couper court en disant quel va être le résultat clair de tout ceci :—D'un côté ie revenu va en retirer une somme considérable, probablement de #400,000 à $500,000, somme qui, je crois, sera suffisante pour combler le déficit qui aura probablement lieu l'année prochaine, même si nos importations restent au chiffre actuel ; de l’autre côté, nous mettrons fin à la funeste pratique de la contrebande qui commence à se répandre ; enfin, quoique d’une main nous prenions $400,000 ou $500,000 à la population par l'opération du tarif que je propose, de l'autre nous lui donnons $800,000 en abolissant l'impôt qui frappait le pétrole. En sorte que le résultat net sera, pour elle, non une augmentation, mais une dimi: nution directe et considérable de ses charges actuelles.
Quant au revenu futur que nous attendons de ces diverses sources; nous évaluons à environ $13,600,000 les recettes que nous apportera le droit des Douanes pendant l’année 1877-78; à environ $5,300,000 celles des droits d’accise qui, naturellement, vont être diminués par l'abolition de l'impôt du pétrole; et nos autres recettes, en substance, resteront ce qu’elles étaient l’année précédente, c’est-à-dire: Timbres, environ $250,000 ; Postes, $1,100,000 ; Travaux Publics, $1,750,000 ; et les diverses autres sources de revenu, environ $1,400,000,—soit un revenu de $23,400,000 pour l’année 1877-78. Ainsi donc, M. l'Urateur, la Chambre voit que le Gouvemmement s’en tient strictement à son programme et qu'il n’est nullement disposé à ajouter aux charges de la population, à moins que les exigences de la situation ne lui en imposent la nécessité, Et lorsque nous envisageons la dépression qui existe ailleurs, qui se fait sentir dans presque tous les pays civilisés, et notamment dans les Etats voisins, je crois que nous avons raison de dire à la Chambre que, quelle que rude que cette dépression ait été, nous n’en avons pas plus souffert certainement, et nous pouvons même noûs demander si nous en avons souffert autant que nos voisins.
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M. l'Orateur, les Etats-Unis nous ayant été cités comme un modèle et un exemple de politique fiscale, je tiens à faire connaître à la Chambre les résultats de cette politique qui y est en vigueur depuis grand nombre d'années. En premier lieu, cumme les importations de notre pays ont subi dans ces dernières années une diminution extraordinaire et sans précédent, il est bon de savoir quel a été le partage des Etats-Unis pendant la même période. En 1873 les importations brutes américaines, telles qu’accusées dans le rapport trimestriel du Chef du Bureau des Statistiques, ont été de 8663,000,000 ; l’année suivante elles sont tombées à $595,000,000, à $553,000,000 en 1875 et à $476,000,000 en 1876,—c'est-à-dire qu’en trois ans elles ont subi une diminution d'environ $200,000,000, soit près d'un tiers. Et je regrette d'ajouter que cette baisse continue encore ; car je constate que pendant le trimestre expiré en septembre 1876, les importations n’ont été que d'environ $102,000,000, contre $127,000,000 pendant le trimestre correspondant de 1875. ÆEh ! bien, M. l’Orateur, on voit par ces chiffres que, quels que soient les malheurs dont notre pays a pu être frappé, nous ne sommes pas, en somme, plus mal que nos voisins qui ont joui des avantages d’une politique fiscale, laquelle, d’après quelques honorables députés, est la panacée de toutes les infortunes commerciales qui peuvent fondre sur un pays. J'ajoute que si nous voulons poursuivre cette ahalÿse plus loin, que si nous déduisons des importations que je viens de citer celles d'articles comme le thé, le sucre et le café, ainsi que lingots et espèces, et si nous faisons la même déduction de nos propres importations, nous constaterons que la diminution qui est survenue aux Etats-Unis est encore plus accentuée, en proportion, que la nôtre. Et avant d'en finir avec ce sujet, il n’est pas hors de propos de signaler le fait que les exportations que nous avons faites en 1875-76 ne soutiennent pas une comparaison désavantageuse avec celles des Etats-Unis dont on nous a tant parlé. Je constate en effet qu’en 1876 ces dernières se sont élevées à $644,000,000 inscrites en valeurs mixtes, comme c’est l'habitude de nos voisins, sur lesquelles environ $525,000,000 en or ont été inscrites comme produits des Etats-Unis. Or, sur ces $525,000,000, je constate qu'au moins $493,- 000,000 (représentant une valeur d'à peu près $440,000,000 en or) sont le produit des matières premières suivantes : farines, $132,000,000 ; coton (brut), $193,000,000 ; provisions de toutes sortes, environ $90,000,000 ; huile et pain de lin, $38,000,000 ; tabac, environ $23,000,000, et à peu près $12,000,000 de produits forestiers, —tandis que divers articles comme le cuir, le vif-argent, le suif, les houilles, le bétail, ete, y ajoutent $40,000,000 de
plus. C'est-à-dire que les exportations provenant des fabriques américaines, réduites à une valeur en or, sont d’un peu plus de $53,000,000 ou 854,000,000,—ce qui, proportionnellement au chiffre de notre population, est beaucoup moins que les exportations provenant des fabriques du Canada, lesquelles s'élèvent à environ 85,320,000 pour les mêmes sortes d'articles. S'ily a eu une avantage, il a été pour le Canada qui exporte autant, en proportion de sa population et de son étendue, que les Américains, nonobstant la protection paternelle dont ceux-ci jouissent depuis si longtemps. Et si, M. l'Orateur, déduction faite des articles tels que le numéraire et les lingots, nous comparons nos exportations brutes de cetie annéelà avec celles des Etats-Unis, nous arrivons à ce résultat:—Nos exportations, après avoir fait les réductions nécessaires, sont d'environ $72,500,000, contre les leurs d’à peu près $575,000,000 en or: en d'autres termes, les exportations per capita du Canada sont d'au moins un tiers plus considé. rables que toutes les exportations des Etats-Unis ; même je ne sais trop si la proportion n’est pas plus élevée. Il faut se rappeler que la diminution des importations aux Etats-Unis s’est produite dans une proportion infiniment plus faible per capita qu'en Canada, et qu'aujourd'hui, pendant que les Etats-Unis, avec tous leurs avantages, n'exportent pas beaucoup plus que $11 ou $12 par téce, nous exportons, nous, dans une proportion d’au moins $18, et pendant qu’ils n’importent que dans une proportion de $10 ou $11, le Canada, même à une époque de grande dépression, importe pout à peu près $22. Ainsi, M. l’Orateur, notre commerce général est au moins deux fois aussi grand que celui des Etats-Unis, et non-seulement nous ven: dons et achetons plus qu'eux, relativement à notre population, mais encore le faisons-nous à des conditions plus avantageuses ; car la balance de commerce en faveur des Etats-Unis dont on parle tant, bien que pouvant témoigner de leur lent rétablissement, peut être aussi et est probablement l'indice qu’ils paient pour les articles qu’ils importent beaucoup plus que ceux-ci ne valent ; elle peut encore signifier, et elle signifie probablement, —comme on le prétend ouvertement pour l'exportation de certains articles fabriqués, —qu'ils encouragent un commerce artificiel aux dépens du contribuable américain. Eh ! bien, si nous comparons le résultat de notre politique fiscale avec celui de la politique fiscale américaine, je dis hardiment que ces chiffres et ces faits prouvent que nous n'avons pas lieu de redouter la comparaison. Pour ce qui est de leur marché national, j'ai déjà dit et je répéte ici que le nombre des personnes employées dans les fabriques des Etats-Unis n'est pas plus grand, relativement à le population, —si
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même il est ausi grand, —que celui des fabriques du Canada. Et non-seulement elles n'emploient pas plus de travailleurs, mais encore elles ne leur donnent pas, pour le présent du moins, un sou de plus; même je doute beaucoup que les gages rapportent plus aux Etats-Unis qu'en Canada. Quant à la condition des classes ouvrières, les membres de cette Chambre savent fort bien que s’il y a (comme c’est malheureusement le cas) une dépression au Canada, cette dépression est encore plus considérable aux Etats-Unis; et que s'il y à aujourd'hui des gens sans emploi dans nos grandes cités, à New-York seulement il y a, dit-on, un cinquième ou un sixième de toute la population mâle adulte qui demande de l'emploi et vit aux frais du public. Je n'ai jamais douté un seul instant qu'une population aussi intelligente, aussi entreprenante et aussi industrieuse que celle des Etats-Unis, une population qui possède des ressources naturelles sans rivales, ne dût naturellement devenir une population manufacturière trèsimportante ; mais je doute beaucoup que, sous certains rapports, elle prenne le bon moyen d'arriver promptement à cette fin. Je crois qu’elle aurait mieux réussi et dans ses exportations et dans ses importations, soit des articles fabriqués, soit de la matière première ordinaire, si elle avait adopté un système analogue à celui que nous possédons aujourd’hui. Si l’on considère la gêne extraordinaire que le Canada a eu à souffrir, j'incline à croire que nous avons raison de nous féliciter, lorsque nous nous rappelons que nous avons eu à lutter contre une dépression générale sans exemple, qui a influé sur nos clients autant que sur nous-mêmes, et qu’une moisson plus que médiocre n'a fait qu'augmenter au moment même où nous avions à effectuer des dépenses spéciales pour nos travaux publics ot à faire face à des échéances considérables. Je crois que nous devons féliciter le pays d'avoir traversé une crise aussi dangereuse sans subir de pertes très sérieuses. Je tiens pour certain que l'équilibre va être rétabli. Notre crédit s’est soutenu et plus que soutenu, puisque, nonobstant notre déficit et les embarras dont nous avons été chargés, nos effets publics ont obtenu un prix plus élevé que jamais ; et à moins qu’un malheur comme le dernier qui nous a frappés nous arrive encore l'été prochain, nous pourrons résister à la tourmente. Si nous sommes désappointés, le Gouvernement connait son devoir et il est prêt à le remplir. Le Canada possède encore, intactes, d'amples ressources qui lui permettent de faire face à ses engagements ; et, bien que j'espère ne plus être obligé d'ajouter encore à la charge publique, cependant, je suis certain que si le service venait à l'exiger, la population du Canada ne permottrait pas que son crédit soit affaibli. M. l'Orateur,
permettez-moi de dire que si nous avions pu prévoir, en 1874, la situation que je viens de faire connaitre ; si nôus avions pu prévoir que dans l'espace de deux ans nous aurions eu à lutter simultanément contre une diminution d'importations s'élevant à $35,000,000 sur un chiffre de $127,000,000, contre une mauvaise récolte, contre une dépression de quatre années con. sécutives aux Etats-Unis, et qu’au milieu d'une crise de cette gravité j'aurais eu à aller trois fois sur les marchés de Londres pour y négocier des emprunts jusqu'à la concurrence de $45,000,000,—j'aurais dit qu'il nous serait entièrement impossible de nous en retirer le quart aussi bien que nous avons fait. Sans doute il nous faut prendre encore beaucoup de précautions, et, avec de la prudence, je ne crains pas ie résultat, Je compte, et j'ai droit de compter, avec une certaine corfiance, sur une amélioration constante, quoique graduelle, dans un jeune pays comme celui-ci. C'est presqu’une condition de notre existence nationale, et elle n’a jamais trompé les calculs raisonnables. Je prétends que l'inflation qui s'est produite en 1872-73 et 1873-74 et la réaction qui l'a suivie ont été, toutes deux, excesaives ; et qu'il serait impolitique de croire que nous allons rester longtemps dans l’état actuel, de même qu'il était impolitique de prendre cette grande inflation comme base de calcul pour contracter les énormes engagements dont je vous ai rendu compte ce soir. Si le pays veut, comme je le crois, réparer l'extravagance et les folies du passé par un travail ardu, il n'y à rien à craindre, et le Gouvernement va s’efforcer de donner l'exemple d’une conomie raisonnable et prudente. J'admets que ses calculs reposent sur les probabilités qui, dans l’ordre ordinaire des choses, servent de base aux prévisions humaines. Je n’entends pas dire, M. l'Orateur, que je puis mettre le pays à l'abri des conséquences d’une mauvaise récolte ou de malheurs de cette nature. Nous pouvons avoir une autre mauvaise récolte, la depression peut se prolonger aux Etats-Unis, ou les honurables députés de l’Opposition peuvent remonter au pouvoir. Un malheur n'arrive jamais seul, et il peut être suivi d’un autre plus grand'encore ; mais, M. l'Orateur, ceci à part, je crois que nous nous éloignons petit à petit des temps difficiles, et s’il ne nous est pas possible, —comme la chose est évidente, —de sortir avec plus ou moins de danger de ia situation où nous sommes, les pertes que nous avons subies sont, toutes choses examinées, beaucoup moins considérables que celles auxquelles nous devions nous attendre, J'espère avec un certain degré de confiance que, dans mon prochain exposé financier, je serai en mesure d'annoncer à la Chambre que le déficit actuel
uation ‘espace nution )0,000, es conté j'auier des il nous ien que de précompte, lioration , C'est s trompé »duite en [X, EXCCSngtemps e grande agements e le crois, ,ilnya ple d'une osent sur | base aux e je puis u de malrécolte, la éputés de re jamais l'Orateur, mps diffiente,—de mmes, les beaucoup attendre.
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M. l'Orateur, j'ai l’ , j'ai l'honneur de pro poser que vous quitti i et que la Chambre se forme en Comité des Voies et no Ébiss
Cote des offets canadiens à 4 0/.—De l’Economist.
Valeur, moins intérêt dû.
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sur les cotes affichées Décembre 1876.
Date. Affaires.
1876 |Emprunt négocié
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Lise des opérations en effets du Canada à 4 0/0 (ancienne émission) prise à la Bourse, du 16 Novembre au 31
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DERNIÈRES opérations faites en 4 0/° Canadiens (quatre pour cent.) De l'Znvestors’ Manual, depuis Janvier 1875 jusqu'à ce jour,
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