IE EE EN ED ST
a re RE ES Eee
Re
permettez-moi de dire un mot de l’objection qu’il est por une trop forte somme. Il y aura deux réponses à faire à cette objection. Premièrement : —Ï]l faut qu’un emprunt soit considérable si l’on vent qu’il attire l’at. tention des capitalistes, Si vous lancez un emprunt de quelques centaines de mille louis, et que vous l’offriez aux enchères publiques, vous ne ferez que vous exposer au ridicule, Pour faire réussir un emprunt offert aux enchères publiques, il faut qu’il soit assez considérable pour engager les capitalistes à le rechercher. Secondement :—Il est désirable que le détenteur de l’emprunt ait intérêt à voir à ce que le prochain versement, lorsqu’il sera placé sur le marché, ne soit pas donné pour une somme moindre que celle qui a été obtenue pour le premier versement, Ceux qui ont souscrit cet emprunt figurent parmi les plus grands capitalistes du monde, et il n’est pas ‘à supposer qu’ils permettront que les deux prochains millions soient écoulés à un taux moindre que les deux premiers ; il sera de leur intérêt d'empêcher que la valeur des effets qu’ils possèdent déjà soit ainsi amoindrie. Nous avons donc obtenu ceci, en lançant la moitié de l'emprunt d’un coup, que des capitalistes influents ont acheté nos bons, et nous les avons placés dans la position d’avoir un intérêt à veiller à ce que notre prochain emprunt rapporte au moins uu aussi bon prix.
L’'Hon. M. HOLTON.—Un demi-million seulement se composait de nos bons. Le reste est un emprunt impérial.
L’'Hox. M. ROSE.—N on ; nous avons emprunté les deux millions sur les bons du Canada, sur lesquels $1,500,000 sont garanties par le gouvernement impérial.
M. MACKENZIE.—Le même argument, quant à ce que les détenteurs des premiers bons ne permettraient pas que l’émission subséquente soit placée à une moindre prime, ne s’appliquerait-il pas également si l’on n’avait émis qu’un million ?
L'Hon. M. ROSE.—Certainement non. Ils pourraient trouver leur intérêt à laisser amoindrir la valeur d’un million, afin d’obtenir les trois autres à meilleur marché. Mais la moitié de l’emprunt est maintenant entre les mains d'hommes dont l'intérêt sera de ne pas permettre une réduction des taux, lorsque la seconde moitié sera émise. [Ecoutez ! écoutez !]
J’en viens maintenant au point—et peut-être le seul point sur lequel on insiste sérieusement— qui a rapport à l’emploi temporaire de l’argent. Je ne me plains pas de ce que l’on demande au gouvernement de rendre strictement compte de sa conduite à ce sujet ; j'estime hautement une vigilance jalouse de la part du pays, qui se manifeste par la critique de la conduite du gouvernement dans une pareille matière. Elle
prouve l’existence d’une salutaire opinion publique, et la conscience, de
la part du pays, que lorsque le gouvernement emprunte de l’argent pour un vbjet particulier, il devrait être en mesure de voir qu’il sera réellement à sa disposition lorsqu'il en aura besoin. Et lorsque je réclame l'attention de la chambre aux explications que j'ai à offrir, ce n’est pas sous forme d’apologie pour ce qui a été fait, mais bien pour justifier complètement la conduite suivie par le gouvernement. Je tâcherai de faire voir qu'il aurait été excessivement blâmable s’il n’eût pas suivi cette ligne
de conduite, —s’il eût impruderament permis à cet argent de rester inactif, et négligé d'éjargner au pays le très fort montant d'intérêt qu’il paierait autrement,
Permettez-moi de demander d’abord si c’eût été une mauvaise application de ces fonds que de les placer dans les consolidés anglais, ou que de les Jaisser entre les mains de la Bavque d'Angleterre à un taux d'intérêt fixe ? Aurait-ce été une mauvaise application de ces fonds, si nous avions acheté des bons du trésor en Angleterre ; si nous les avions placés dans des effets sûrs au taux ordinaire de l'intérêt; ou si nous les avions employés à racheter nos propres bons par anticiprtion des paiements que nous aurons à faire à leur égard? Si nous avions adopté l’un ou l’autre de ces moyens de placement, aurait-on pu dire que l’argent était le moindrement détourné des fins pour lesquelles il a été emprunté? Or, qu'a fait en réalité le gouvernement? En premier lieu, nous demandâmes à nos agents en Angleterre d'obtenir le plus haut intérêt possible pour tout le montant luissé entre l:urs mains, et nous confiâmes une partie considérable des fonds aux MM. Bariog et Glyn, en les priant de voir à cequ'ils fussent prêtés sur les meilleures garauties compatib'es avec leur réalisation immédinte. Voyant que cela ne pouvait se faire avantageusement, nous en plaçômes une partie dans nos propres bons émis en Angleterre il y a nombre d’années, par anticipation à ce que nous avions à payer pour le fonds d'amortissement. Nous en plaçâmes ensuite une partie en bons des Indes, garantis par le gouveruement impérial à ciuq pour cent d'intérêt,
L’Hon. M. TOLTON.—Combien ?
L'Ilon. M, ROSE —Je vais vous donner les chiffres à l'instant. Nous plaçâmes une partie du résidu en bons du trésor du Canada. qui sont des effets que je puis et vais démontrer être parfaitement sûrs, —parce que je snis prêt à admettre qu’il était du devoir du gouvernement de vuiller à ce que les produits de l’emprunt fussent placés en sûreté, hors de l’utteinte de toute éventualité quelcouque, en ua mot qu'ils fussent en ausi grande sûreté que s’ils eussent été placés en bons du trésor anglais, daus là Banque d'Angleterre, ou laissés entre les mains des MM. buriog et Glyn. Je consens volontiers à soumettre la question à cette épreuve. Si, comme on l’a dit, nous n’avivns fait de l'émission de l’emprunt intercolonial qu’un simple prétexte pour obtenir de l’argent dans le but de faire honneur à nos engagements, j'adm:ts que dans ce cas le gouvernement aurait été extrêmement blâämable. Mais bien que nous fussions endettés à des montants considérables envers différents créanciers, nous ne nous trouvions pas dans le cas d’être pressés pour aucun paiement. Nous devions au gouvernement d'Outario un demi-willion de piastres. Mon honorable ami le trésorier de cette province ne nous a-til pas instamment priés de garder cet argent entre nos mains? La Banque de Montréal n’aurait-el.e pas été disposée à demeurer notre créancière ? Les détenteurs de nos bons 7 pour cent qui arrivaient à échéance, offraieut de prendre en échange des effets de la Puissance à 6 pour cent, et désiraient vivement les obtenir. ÆEn un mot, nos créanciers tenaient à
restur nos créanciers, et le gouvernement n’était aucunement pressé pour le paiement de ses obligations. [Ecoutez ! écoutez !]
Lorsque nous placâmes une partie de cct emprunt dans nos propres bons du trésor pour faire face à ces obligations, c'était simplement parce que nous regardions cette opération financière comme avantageuse peur nous. Et lorsque j'en viendrai à dire à la c'aambre ce qui a été réellement fait de l’argeut. je suis persuadé que ceux qui sont le plus jaloux de l'honneur du pays, conviendront avec nous que cet honneur n'a pas été le moindrement atteint, Toute la question roule sur ceci:—si vus admettez que nous aurions pu laisser l'argent à la Banque d'Angleterre, ou le placer dans les consclidés, ou le laisser entre les mains des Baring et Glyn, ou le placer dans quelque autre banque ici, alors vous n'avez ou’à vous enquérir si les effets dans lesquels nous l'avons réellement placé sont tels qu’ils offrent la plus ample garantie que l’argent sera à notre disposition lorsque nous en aurons besoin pour les travaux du chemin de fer. Si nous eussions été embarrassés, et si nous eussions prélevé cet argent dans le but de nous tirer d’embarras, j'admets volontiers que notre conduite aurait pu être blâmée. Mais nous n’étions nullement embarrassés. Notre position était celle-ci :—par le résultat d’une opération que la chambre admettra, je pense, n'avoir pas été prématurée, ni faite sur une trop grande écheile, nous nous trouvions en possession d’une forte somme d'argent, et nous avons cru de notre devoir, comme vos serviteurs fidèles à qui vous confiez l’administration de vos affaires, de veiller à ce que l’argeut fût fidèlement et avantagousement employé. [Ecoutez ! écoutez !]
Mais l’on peut faire une autre objection, et nous dire:—Pourquoi n’avezvous pas ‘ajourné le paiement des versements sur cet emprunt à un ou deux ans, de manière à faire entrer l'argent à mesure que vous en auriez eu besoin ?—Je répondrai à ceci: que pas un seul capitaliste de Londres ne souscrirait à un emprunt s’il n’avait la faculté de faire ses versements dans un tems raisonnable ; il ne consentirait pas à ajourner l’cbligation de payer sa souscription pendant un certain nombre de mois ou d'années, parce que durant ce tems il pourrait survenir de tels changements dans le marché monétaire que tous ses calculs se trouveraient dérangés. (Ecoutez ! écoutez !)
Nous avons donc à considérer le produit complet de cet emprunt, s’élevant à $10,283,003, comme étant à la disposition du gouvernement le 13 avril dernier.
Nous plaçâmes dans le fonds d'amortissement intercolonial, à 6 pour cent, —ce qui réduisait notre dette d’autant......$ 270,500 Nous remboursâmes l’ancien emprunt impérial pour la cons-
truction des canaux, portant 4 pour cent d'intérêt... 681,333 Nous remboursâmes les avances faites par MM. Baring et
Glyn, portant 5 pour cent d'intérêt... 983,562 Nous remboursâmes le prêt de la Banque de Montréai,
portant 7 pour cent d'intérêt... ssssessssesessess 23000,000