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propice pour négocier l'emprunt. L’on pensait que vers la fin de l’été— et l'événement a justifié cette prévision—plusieurs gouvernements européens demanderaient des emprunts: la Suède sept ou huit millions, la Russie deux emprunts de chemins de fer, et l'Egypte un emprunt considérable. Nous savions que, sous quelques mois, ces gouvernements se présenteraient comme emprunteurs, et nous avons cru de notre devoir, vu l’état particulièrement favorable du marché monétaire, de ne pas perdre de temps à placer notre emprunt ; et la meilleure défense que l’on puisse faire de la démarche du gouvernement est peut-être que pas un seul de ces gouvernements européens, qui sont depuis venus sur lu marché de Londres, n’a pu placer son emprunt à des conditions aussi favorables que le nôtre, tandis que nos agents nous ont dit que nous n’aurions pas pu répéter l'opération, à aucune époque, aux mêmes conditions. (Ecoutez, écoutez !)
Permettez-moi de démontrer ce fait en mentionnant plus particulièrement l’un de ces emprunts : celui qui a été négocié par le gouvernement russe, qui, pour la stricte intégrité, l'honneur et l’honnêteté dans les transactions, n’est surpassé par aucun gouvernement sur les marchés monétaires du monde entier, car il est si po. ctuel dans ses paiements que, durant toute la guerre de Russie, il a payé l'intérêt sur ses emprunts en Angieterre, en or, bien qu'il fut alors en guerre avec ce pays. Son honneur comme gouvernement n’a jamais été terni, et ses ressources, quofqué encore très imparfaitement développées, sont très grandes. Eh bien ! durant les quelques derniers mois, le gouv2rnement russe a lancé sur le marché de Londres ua :r.:"runt de sept millions. N: 18 savons qu'il y a encore en Angleterre la même pléthore d’argent qui existait lorsque notre emprunt fut négocié, mais les emprunts étrangers ne sont pas aussi ea faveur. Il est impossible d’en dire la raison ; vous ne pouvez persuader à des hommes, qui ont de l'argent à prêter, de toujours regarder du même œil la même catégorie d’effets publies ; un jour ils seront disposés à serrer les cordons de leur bourse et à refuser un placement qu'ils seraient heureux d’accepter dans un autre temps. Dans quel état la Russie a-t-elle donc trouvé le marché monétaire, et dans auelle condition l’aurions-nous trouvé nous-mêmes si nous nous y étions présentés en ce moment? Voici la réponse à cette question, telle que je la trouve dans l’Economist de Londres du 17 avril :—
& C’est (l'emprunt russe) un emprunt à 4 pour cent, de £11,110,000 nomiualement, mais il est émis à 63. en sorte que le gouvernement russe n’emprunte réellement que €7,000,000. Il offre de payer pour ceï emprunt, en réalité, 6x pour cent, ou un peu plus, sans compter les avantages qu’auront les souscripteurs d’ajourner les versements de leurs souscriptions, et les tirages au moyen desquels ils recevront, dans 82 ans, 60 pour cent de capital de plus qu'ils n’auront souscrit.”
Je crois que si l’on examine les conditions auxquelles plusieurs grands emprunts ont été négociés, depuis que nous sommes allés sur le marché, l’on y trouvera une justification suflisante de la démarche adoptée par ce gouvernement. (Ecoutez ! Ecoutez!)
Après avoir ainsi répondu à l’objection que l'emprunt était prématuré,
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