NEO RE TERRE
sommes exceptionnelles que j’ai énumérées, et qui rentrent de temps en temps à part des revenus ordinaires du pays, puissent amplement suffire à récupérer l'emprunt intercolonial ? [Ecoutez !] A cet égard, je n’ai pas cru nécessaire de mentionner nos crédits spéciaux, car j'admets qu'il est du devoir du gouvernement, lorsque l’honneur du pays est en jeu, de veiller à ce qu'il »’y ait aucun doute que les fonds seront à sa di-position quand il en aura besoin.
Nous avons, il est vrai, un crédit de €5C0,000 sterling à la Banque de Montréal, et de £250.000 sterling chez MM. Bariogs et Glynn, mais je n’éprouve aucune hésitation à dire qu’il n’y a pas la moindre possibilité que nous en ayons besoin pour cet objet, car les revenus spéciaux dont j'ai parlé seront plus que suflisants pour récupérer le montant, sans avoir à recourir à nos banquiers. [Ecoutez !]
Je viens de faire voir à la chambre comment il a été disposé des produits de l'emprunt intercolonial. J'ai fait l’éaumération de l'actif sur lequel nous comptous et qui suffira amplement, quand besoin sera, pour récupérer l’emprunt, outre les $975,750 qui nous resteront ; or, je le demande, quelque honorable membre voudrait-il affirmer maintenant que l’honneur et l’intérêt du pays n’ont pas été également sauvegardés ?
Si, cependant, nous avions laissé ces dix millivns en Angleterre à 1 pour cent d'intérêt, tandis que nous payions 7 à la Banque de Montréal, et à d’autres créanciers 5 et 6 pour cent, comment aurions-nous pu demander à la chambre de justifier cette manière d’administrer nos fonds publics ? Ne nous aurait-on pas justement condamnés comme coupables d’avoir délibérément méconnu l'intérêt public, en faisant ainsi preuve d’une injustifiable défiance de nos propres ressources, en mettant en doute notre honnêteté et la suflisance des funds spéciaux sur lesquels nous avions droit de compter pour faire honneur aux emprunts que nous avions contractés ? Po
Craigrant de lasser la patience de la chambre [cris de : Non ! non !] je me hâte de passer à une autre partie de mon sujet.
L’Hon. M. ANGLIN—Avant que l'honorable monsieur n’aille plus loin, j'aimerais à lui entendre dire d’après quel principe il réunit aux recettes des premiers neuf mois de l’année courante les $436,666 versées
our le règlement de la dette du chemin de fer Grand Occidental ?
L'Hon. M. ROSE.—C'est facile à expliquer. Ces recettes sont une partie de l’arriéré de l’intérêt du prêt. Nous ne mettons au compte du revenu aucune partie du capital de ce prêt. [Ecoutez ! écoutez !]
Avant de soumettre à la chambre mes estimations détaillées de la dépense et du revenu de 1869-70, je me permettrai quelques courtes observations sur le condition du pays, et cela parce qu’il est avéré que la somme du revenu sera, dans une certaine mesure, dépendante de cette condition, qui influe considérablement sur les recettes douanières et de l'excise—les principales sources sur lesquelles nous devons compter comme revenu.
L’on a dit que la condition du pays est mauvaise, au point de vue commercial et autrement, que le commerce est languissant, que nos marchands souffrent de la gêne, que les habitants quittent le pays pour
chercher zilleurs du travail, que nos manv factures sont stagnantes, et que le pays est si loin d'être prospère que l’ou y entend même des murmures d'un mécontentement politique.
On à même allégué que cela était dû à l'absence d’un marché américain pour nos produits. Eh bien! quelque d'savantigeuses que soient LL: circonstances où nous nous trouvons, je crois qu'il u’est pas difficile de démontrer qu’elles sont surtout le fait d'une seule cause, c’est-à-dire, un commerce excessif, des importations excessives. Elles sont dues, à un degré très prouoncé, à l'absence du marché auquel nous étions habitués pour l'écoulement de nos produits naturels de l’autre côté de la frontière.
Je ne veux pas fatiguer la chambre en déroulant devant elle de nombreuses statistiques, mais il est certains indices qui frappent tellement que je croïisqu’ils convaincrontn’importe qui que notre condition générale est bonne, quelque grande aue soit la dépression subie par quelques intérêts particuliers, ct que nous continuons à suivre ja même voie progressive qu'autrefois, sinon avec rapidité, du moins d’un pas ferme. L Ecoutez ! écoutez !]
Nous avons des faits en :smbre suffisant pour nous convaincre que la grande masse de notre popuaiion agricole est à l’aise et que nous n'avons rien à craindre dans les circonstances actuelles.
Le découvert dans le revenu des douanes même est dû à une cause qui, quelque embarassante qu’elle soit pour nous qui délibérons ici, n’est pas tout-à-fait à déplorer ni sans offrir des avantages équivalents comme compensation. Ce découvert pourrait être attribuable, soit à la pauvreté, soit à un sentiment croissant de prudence ; mais il n’a pas pour cause la pauvreté, car la récolte de l’année dernière n’a pas, en somme, été mauvaise. Mon impression est qu’il est dû à la prudencee des importateurs, car voyant qu'il y avait plus de marchandises que le pays n’en pouvait consommer, ils se sont prudemment abstenus de faire de nouvelles commandes, l’aunée dernière, ce qui a diminué le chiffre des importations. [Ecoutez !]
Où peut trouver l'indice de la bonne condition du pays dans les dépôts des banques, dans l’état prospère des banques d'épargne, dans l'acsroissement continu du trafic de nos voies ferrées, et dans l’évidente auzmentation des ricliesses matérielles indiquées par nos statistiques municipales. Qu’it me soit d’abord permis de vous faire voir quel a été le taux progressif de nos dépôts de banque; mais sur ce point, il me fait peine de le dire, je ne puis parler que des provinces constituant autrefois le Canada, car les renseignements de ce genre sur les autres parties de la Puissance ne sont pas aussi complets que nous pourrions le désirer, bien que chaque jour j'aie la satisfaction de voir qu: les moyens d’obteuir ces renseignements deviennent plus faciles,
Il y à une dizaine d’années, disons en 1858, les dépôts dans les banques du Canada ne s’élevaient qu’à 88,358,000 : en 1866, ils avaient at. teint le chiffre de #27,620,000, en 1567, 828,900,000, et en 1868, $31,- 600,006. [Ecoutez! écoutez !] Ces chiffres démontrent qu'il y a eu
augmentation constante des dépôts de numéraire dans les banques-—qui, comme de raison, sort des mains des banquiers pour servir à l’usage général du commerce. [Ecoutez!
Quant aux déjô's dans les banques d'épargne, ils n’ont pas diminu ; ils ont plutôt aue menté, bien qu'à un taux moindre que ceux des banq es ordinaires, ce qui ne laisse pas que de prouver d'une manière satisfaisante que même les classes les moins riches de la société ont un surplus considérable dont elles peuvent disposer.
Les dépôts aux banques d'épargne, dans Ontario et Québec, se décomposent comme suit ; —
En Sr riterse menésedisnrisinss 62,006 000 DO snsrennn sien inranssdese sons BA JELUOÙ OT drsslisnnsdn setustesess seins MD: 2000
Les dépôts à intérêt dans les saciétés de construction ont aussi consi-
dé:ablement augmenté pendant la même période, et ils se sont élevés :— En 1806, Hssesssinscassesesesarées sets 0805000 1866, Msscssaicneselecan sertie scores): MOD UUD 18018; Drssarerestesssmnusenmiesssreses BOLD 000
En sus de ces chiffres, nous avons les sommes déposées aux caisses d'épargne du département des postes—qui ne sont en opération que depuis une année—dunt les chiffres étaient : —
Le: 80 juin 1868, de sisi remerci 000 Le 81 mars 18609, M6 cssissnseisteenesenmesssesressD01 0000
Au Nouveau- Brunswick et à la Nouvelle-Ecossse, il ya une augmentation également satisfaisante dans les dépôts aux banques et caisses d’épargne. Nous voyons do:c, comme résultat générai, cue la totalité des dépôts dans les banques et caisses d'épargne à augmenté à peu près comme suit dans les trois dernières années : —
En 1866, leur chiffre s'était élévé à........832,600,000
1867, . UE sss.834,000,000 1868, cé 6 .837,500,000
Dans tous les cas, ces chiffres n’offrent aucun indice de ruine et d’appauvrissement du pays. [Ecoutez ! écuutez!]
Si vous prenez le trafic par voies ferrées, vous verrez qu'il indique, dans le développement de notre commerce, tant extérieur qu intérieur, un accroissement sinon très considérable, du moios très satistaisant. Le trafic des chemins de fer du pays a donné par mille :—
En 1806, 6hYITON -ssssssuse sosesrmsnsertisnsseseces se 88000 LE CL PE PAU
Les lignes de commmunications télégraphiques augmentent aussi rapidement, et chaque jour le besoin général s’en fait de plus ea plus sentir. L'année dernière, elles ont été rrolongées de plus de 1,000 milles, et cette anuée l'on s'attend qu’elle prendront encore uue plus g grande extension.
Vous pouvez voir un autre indice de la condition prospère du pays dans l’accroissement du capital des bauques, qui correspond au dévelop-
pement du commerce du pays, lequel nécessite de plus grands capitaux ; le nouveau capital versé dans les banques s'élevait :— Pin 1806 sssisronsssssmmestomemesssescnse SLOESTTIA Prenant MOTO TT ABB, D isssarassssuoenvs srcsénssssusts svroncsre 200040
Je n’ai que faire de mentioner les progrès de différentes cités comme Toronto, Montréal, et toutes les aut:es, depuis London jusqu'à Halifax ; mais sans fatiguer la chambre avec des statistiques, j'aimerais à citer un ou deux faits tirés des rapports municipaux qui nous parviennent actuellement.
A propos de ces statistiques municipales, je ne saurais insister avec ‘rop de force auprès des honorables membres sur a nécessité d'employer toute leur irfluence à les faire préparer le plus exactement possible,
Nuls renseignements ne sauraient être plus précieux, dans leurs rapports avec la condition du pays, que ceux que nous offrent ces relevés municipaux, s'ils sont exacts etcomplets. Je ne vois aucune raison pourquoi ils ne seraient pas dre sés avec exactitude dans chaque province ; s’il en était ainsi, ils mettraient grandement en lumière la condition et les progrès du pays.
Jusqu'à ce jour, vingt comtés dans Ontario ont fourni ces rapports. Ils sont maintenant en voie d être examinés, et les résultats pourront être sujets à quelques corrections, mais en comparant vingt de ces rapports pour 1868 avec ceux des mêmes comtés pour 1867, j'ai trouvé l’augmentation suivante pour une année dans la valeur des—
Bêtes à cornes... essor sesoosorsscoressoossocossessoee $ 885,050 MOUTON smesssareenrennmsscentrésnrmendementssrences - à TODIDTO CRÉAS résines dns iscaniieionaisenantreite. - 4080
Ils indiquent, à l'égard des por s, une diminution d’environ 242,000 Ce qui porte l'augmentation de la valeur des bestiaux possé-
dés par les cultivateurs 3... $ 757,800
L’accroissement de la valeur cotisée des immeubles est de... $81,716,745
Donnant une augmentation totale dans la valeur des fermes, habitations et bestiaux dans 20 comtés, de... 82,474,545
En appliquant la même proportion à toute la province d'Ontario, c’est-à dire en faisant uue estimation pour toute la province dans la même pr2portion indiquée par les rapports de l’année précédente pour ces vingt comtés, nous aurions pour les autres comtés une augmentation de $1,113,545, et un accroissement total de $3,5%8.09 ) dans la valeur cotisée de la propriété pour une année, dans uue seule province de la Puissance, [Ecoutez ! écoutez !]
Sans afirmer que l’on doive se fier aveuglément aux conclusions tirées de chiffres de cette nature, cependant, en tant que nous pouvons en juger d’après les faits à notre connaissance, en tant que les indices que j'ai mentionnés font voir la condition réelle du pays, je pense, bien
d ne pt dd.
M se Von Lie NC LS
PR 7 Re €
DAT Te
que quelques intérêts aient pu souffrir, que nous pouvons en inférer que le pays est généralement prospère. [Applaudissements.]
Examinons aussi l'opinion qui existe à l’étranger au sujet de notre condition, opinion qui est démontrée par la hausse de la valeur de nes effets publics durant les trois dernières années. Les mêmes 6 pour cent qui, en mai 1866, valaient 97, valent 105 en mai 1869. Nos cinq pour cent, dont la cote de 1866 était de 844, rapportèrent 95 en 1868.
Cela, je pense, témoigne assez bien qu’à l’étranger on ne trouve pas que nous marchions trop vite, ou que notre pays soit dans une situation fausse.
Comparons aussi la valeur de nos effets publics avec ceux de la république voisine. Nous savons que cette année ses 6 pour cent ont oscillé de 79 à 83, tindis que les nôtres, comme je viens de le dire, valent 105; que ses cinq pour cent ont varié de 73 à 79 ; que ceux mêmes de l'Etat du Massacausetts, qui est très jaloux de son crédit, ont été vendus à 76, tandis que les nôtres, ainsi que je l’ai démontré, sont presque arrivés au pair. Plus que cela, M. l’Orateur, si vous examinez les cotes du marché monétaire anglais, vous verrez que les effets de notre pays ont le pas sur ceux de bien des contrées européennes. [Ecoutez ! écoutez !]
Nous reconnaissons aujourd’hui, M. l'Orateur, que l’année dernière, de même que la précédente, nous avons un peu trop compté sur notre état de prospérité et sur l'étendue de notre commerce. Diverses causes avaient contribué pendant quelques temps à lui donner un développemeut inaccoutumé. La grande guerre de nos voisins avait, pendant plusieurs années, laissé un vide dans plusieurs branches du commerce, et, dans une certaine mesure, ce vide fut rempli par nous, non-sculement sous le rapport des productions agricoles, mais aussi pour les importations de nouveautés, de thés, épiceries, etc., qui passaient la frontière canadienne. L’élan ainsi donné à notre commerce pendsnt deux ou trois ans fit que les importations de l’étranger en ce pays augmentèrent dans une proportion bien plus grande que ne r’exigeait l’accroïssement de la population ou de la consommation du pays, et je n’ai aucun doute que durant la dernière ou les deux dernières années, nous avons un peu trop compté sur la prévision que cet état de choses durerait.
Nos importations de nouveautés qui, en 1859, s’élevèrent à environ $810,000,000, arrivèrent en 1866 et 1867 au chiffre de $21,000,- 000. Dans les deux dernières années de cette période, le total de nos importations, qui en 1864-65 était de $39,800,000, s’éleva en 1866-7 à $52,600,000, tandis que durant la même période les importations de nouveautés augmentèrent de $15,500,000 à $#21,500,000. Eh bien ! M. l’Orateur, la consommation ordinaire du pays ne pouvait justifier cet énorme accroissement des importations de nouveautés, tout-à-fait disproportionné à l'étendue de notre commerce.
Nous savons que pendant la guerre américaine, le commerce et l’industrie de nos voisins se trouvèrent paralysés, et une partie considérable de nos importations s’écoula conséquemment aux Etats-Unis ; mais depuis la guerre, le vide qu’elle avait créé s’est repidement rempli et l’industrie du pays est rentrée dans son état normal. Voilà pourquoi, dans la dernière
sé Te —
res ntm, + ot
PPS.
partie de l’année fiscale 1867-68, nous avons vu que nos revenus douaniers commençaient à baisser, surtout sur les cotons, les laines et les toiles.
Je vais maintenant indiquer dans quelles proportions, pour ces trois grandes classes d'articles composant la masse de nos importations, la baisse s’est manifestéc.
J’ai essayé d’en analyser les chiffres, et je puis dire ici que nous nourrissons l’espoir d’être, l’année prochaine, en mesure de pouvoir mettre notre statistique commerciale dans uve condition telle qu’il sera moins difficile qu'aujourd'hui de donner à la chambre et au public des renseignements complets et exacts sur le commerce du pays. Actuellement, ce travail nécessite un labeur immense, car il faut collectionner les détails et préparer ces statistiques pour l’ancienne province du Canada, tandis que les provinces du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse ont chacune un système différent. Je considère qu'il est de la plus hautr importance que nous ayons un système uniforme et aussi parfait que possible de statistique commerciale pour l'information du gouvernement, du parlement et du pays en général. (Ecoutez! Ecoutez !)
Eh bien! M. l’Orateur, on a constaté que la diminution du revenu des droits de douane perçus durant la dernière année, 1867-68, comparée avec l’année précédente, n’était de pas moins de 253 p. c. sur les laines, de 164 p. c. sur les cotons, et de 24 p. c. sur les toiles. Les articles qui presque seuls aient donné une augmentation—nous en devons remercior le beau sexe—sont les articles de fantaisie et de mode (Hilarité) dont les droits ont fourni un excédant de 11 p.c. Cependant, il y a une augmentation équivalente dans une autre branche et qui est imputable à notre sexe, c’est-à-dire dans le revenu des droits sur les liqueurs, qui s’est accru presque dans la même proportion. (Hilarité.)
Ne voulant pas obséder la chambre par de nouveaux détails sur cette |
partie du sujet, je me permettrai de dire, à l’égard des premiers neuf mois de 1868-69, comparés avec la période correspondante de 1867-58, que les droits ont diminué :—
Dans l’ancienne province du Canada, de $450,000 ou près de9 p.c. Au Nouveau-Brunswick............... de 201,000 ou ........, 15 p.c. À la Nouvelle-Ecosse.................. de 321,000 ou environ 37 p.c. Ce qui donne pour toute la Puissance une diminution de $870,000, ou environ 13 p. c. sur les recettes totales de la période correspondante de l'an dernier.
M. D. A. MACDONALD (Glengarry).—Nos amis de la Nouvelle-
Ecosse vont trouver là un nouvel argument en faveur du rappel. (Hilarité.
1 Ho. M. ROSE.—Cette diminution est principalement pour les trois articles mentionnés,—les laines, les cotons et les toiles,--ct s’explique dans une grande mesure par les faits que j’ai relatés 11 n’y a que quelques instants, Quant à l’un de ces articles, cependant,—les laines,—il n’y a aucun doute que sa production a considérabiement augmenté chez nous.
M. MACKENZIE.-—-Est-ce que ce découvert n’est pas en partie le fait de la baisse dans les prix des principaux articles ?
L’'How, M. ROSE.-—-Sans doute ; mais nos tableaux sont établis sur la
valeur, et ils n’indiquent pas les quantités, malheureusement. Les rapports anglais indiquent les quantités de même que les valeurs. Les valeurs ont beaucoup baissé. Je pourrais donner les quantités exportées dans l'Amérique Britannique d’après les tableaux du mouvement du commerce en Angleterre, mais je ne veux pas fatiguer la chambre en entrant dans trop de détails. Mon impression est que les quantités importées--les cotons surtout—-ont diminué, bien que dans une moindre proportion que leur valeur.
Avant de faire l’exposé de l’estimation du revenu de l’année prochaine, j'ai cru de mon devoir, M. l’Orateur, de faire connaître clairement à la chambre sur quelles raisons je m’appuyais pour établir notre revenu des douanes et de l’excise. J’ai senti qu’il ne convenait pas d’en venir de suite à la conclusion que nous devrions avoir neuf ou dix millions de revenu, sans m’enquérir soigneusement de tous les moyens à la disposition de l'Etat pour constater quelles étaient les ressources probables de l’année prochaine. Nous avons donc cherché, en *onsultant toutes les sources de renseignements à notre portée, à arriver à des résultats certains; et afin que les honorables membres aient les mêmes moyens de se faire une juste idée de la perspective que le gouvernement a relativement au revenu, je vais leur faire connaître les moyens auxquels nous avons eu recours. |
Nous nous sommes adressés à différentes chambres de commerce et à d’autres corps publics qui ont des occasions d'acquérir des renseignements statistiques que le gouvernement n’a pas. Nous avons obtenu des officiers de douane des principaux ports les quantités d’articies entreposés cette année, comparées avec celles de l’année dernière. Quant à la totalité des articles en entrepôt, il paraîtrait qu’elle est cette année inférieure à la moyenne dr quelques années précédentes, bien qu’elle soit un peu plus forte qu’elle ne l'était en 1868. La valeur des articles entreposés a été
En avril 1868, de... ssssssosse S23906,184 En avril 1869, de... 83117,835
Ce qui représente une augmentation de $211,000 ; mais ie dernier chiffre est moindre que la somme des articles ordinairement en entrepôt à cette période de l’année.
Les droits sur la masse des articles entreposés en 1868 scraïent de $775,695, tandis que pour 1869, leur chiftre s’élèverait à $1,021,141,.
L'objet suivant de notre enquête était de constater la quantité d’arti. cies scrtis de la douane et se trouvant actuellement dans le commerce. En s'adressant à différentes maisons où l’on tient d’ordinaire un fonds considérable de marchandises, nous avons voulu nous assurer da combien le fonds chez les marchands excédait ou était moindre que celui en main à cette saison l’année dernière,
Le résultat de ces questions, adressées dans chaque localité à ceux reconnus comme étant les plus intelligents et les plus capables de donner de bons renseignements, a été celui-ci :
Les répontes reçues sont au nombre de 23, dont 7 déclarent que les fonds sont à peu près les mêmes cette année que l’année dernière ; six disent qu'ils sont plus considérables, tandis que dix—et elles viennent
de places de commerce des plus importantes—prétendent qu'ils sont moindres, sauf à l'égard d’un ou deux articles.
Des questions furent aussi adressées à diverses localités au sujet de la persnective des importations pour la saison prochaine. Onze marchands répondirent qu’elles excèderaicnt celles de l'an dernier; sept qu’elles les égaleraient, et cinq qu’elles seraient moindres.
Eh bien! M. l’Orateur, le résultat des opératiors de l’année va dépendre, dans une grande mesure, de la récolte que la Providence daignera nous accorder, mais je pense qu’il y a déjà des indices que le commerce se remet de la crise partielle qu’il vient de subir.
Je ne désire point, dans le but de voir s’accroître les droits de douane, que les importations soient considérables. Je doute s’il serait de l’intérêt du public que nous eussions cette année d’aussi fortes importations que celles que nous avons eues il y a quelques années.
Je préfèrerais de beaucoup que le gouvernement s’imposât la tâche laborieuse de pratiquer l’économie, et qu’il éprouvât quelque difficulté à balancer son bilan, plutôt que de voir le pays importer au-delà de ses besoins réels.
Nous serions cependant tous heureux de voir le commerce se raviver, mais, comme j’ai eu l’occasion @e le dire, il y a déjà des indices de réveil, car je vois que pour les quatre premiers mois de cette année, il y a eu augmenta on de 24 pour cent dans les recettes des douanes sur les mois correspondants de l’année dernière, tandis que le mois d’avril a donné un excédant de 8% pour cent sur avril 1868. |
Je crois donc que nous pouvons raisonnablement prévoir que les revenus douaniers de l’année future seront plus élevés, au lieu d’être moindres, que ceux de l’an passé.
Nous pouvons en dire autant de l’excise. Dans cette branche du revenu, les premiers quatre mois de l’année donnent un excédant de deux pour cent sur la période correspondante de 1868, et l’excédant de l'un de ces mois représente une somme de $92,000.
D’après notre connaissance générale des circonstances où se trouve le pays, et d’après les faits que j'ai cités, je pense que nous pouvons inférer que le malaise dont souffre actuellement notre commerce n’est pas dû à quelque calamité inhérente au pays, mais simplement ou principalement à ce que nos importations de certains articies ont été trop considérables. [Ecoutez ! écoutez !]
Que l’on me permette maintenant de signaler une autre cause à laquelle on attribue généralement la stagnation de notre commerce, ct en le faisant je vais mettre la chambre en possession de faits qui, je le pense, démontreront que l’importance de cette cause a été de beaucoup exagérée. Je veux parler de l’abrogation du traité de réciprocité, qui nous a privés du libre accès dont nous jouissions aux marchés des Etats- Unis.
Personne plus que moi n’est en faveur du libre échange, mais je dois dire aussi que je suis loin de désespérer d’un avenir qu’on semble vouloir nous nier. Pour calculer d’une manière sûre la pleine valeur de nos anciens rapports commerciaux avec nos voisins;—pour arriver à une
évaluation exacte de la diminution de notre commerce depuis l’abrogation du traité, —et de plus pour nous mettre à même de juger si la dépression actuelle de notre commerce est ou non due à cette cause, je citerai des faits extraits de statistiques officielles que je me suis procurées aux Etats-Unis. Je compte sur l’indulgence de la chambre dans cette exposition de quelques faits relatifs au commerce entre le Canada et les Etats-Unis, l’année dernière, comparé à celui de l’année qui précéda l’abrogation du traité de réciprocité, —exposition que je fais dans le but de montrer quel effet cette abrogation a eu sur les intérêts de notre pays.
Nous savons que durant huit années, antérieurement à l'expiration du traité, le commerce entre le Canada et les Etats-Unis avait considérable. ment augmenté, s’élevant à $35,009,000 ou $40,000,000, er je crains que l’un des effets de notre facile accès à des marchés si voisins de nous, n'ait été de nous habituer à trop compter sur ces marchés, de décourager l'esprit d'entreprise dans notre pays, d'empêcher nos commerçants de se diriger vers d’autres marchés que nous aurions bien su trouver, dans d’autres circonstances et si le surplus de nos produits n’eût pas été absorbé à nos portes. [Ecoutez !]
Je n'hésite pas un moment à admettre que la position d'isolement prise par les Etat-Unis depuis l’abrogation du traité a nui au commerce des deux pays, mais je tiens à démontrer aux honorables membres qu'on a beaucoup exagéré l'importance de l’exclusion de nos produits principaux des marchés des Etats-Unis. [Ecoutez!] Je veux clairement démontrer à la chambre que la diminution des exportations de nos produits principaux chez nos voisins n’a pas été aussi considérable qu’on le suppose. [Ecoutez ! écoutez !]
En premier lieu, je parlerai de notre position géographique.—J'e suis très-heureux de voir l'honorable membre pour Hochelaga [l'honorable M. Dorion] à sun siége en ce moment, car cet honorable monsieur a signalé cette question hier ou avant-hier. J'e suis sûr que l'honorable membre accueillera volontiers une explication, et convaincu de cette bonne disposition, je vais essayer de lui faire voir que les craintes qu’il a exprimées dernièrement au sujet de l’abrogation du traité de réciprocité ne sont aucunement fondées.—Quelle est notre position géographique reiativement aux Etats de l’Union, dont la consommation est la plus considérable ? Nous nous trouvons, pour ainsi dire, à l’entrée de la mer, à 200 ou 300 milles du centre des Etats de la Nouvelle-Angleterre, — Etats qui offrent un marché toujours croissant pour les produits agricoles. Je crois que le chiffre de la consommation de ces produits dans la Nouvelle-Angleterre n’est pas généralement connu en Canada, nou plus que de l’autre côté de la frontière. Ces Etats tirent des approvisionnements considérables d’autres parties de l’Union ; mais nous avons l’avantage d’être à environ deux cent milles de la grande section manufacturière de Union Américaine; et chaque année la culture des céréales diminue dans cette section et se porte de plus en plus vers l’ouest, tandis que les moyens de communication n’ayant pas augmenté proportionnellement, le prix du transport aux points où a lieu la consommation augmente tous les jours, Or, le dernier rapport du commissaire de l’agri-
culture pour Ontario, —un excellent rapport, dont le pays est redevable à mon honorable ami,—démontre que la production des céréales dans cette province est plus considérable que dans l'Etat de New-York, et que les autres produits agricoles d’Ontario fournissent un surplus considérable. Là, comme en Europe, l’agriculture est une science, tandis que dans les Etats de l'Ouest, c’est bien différent, car du moment que le sol vierge est épuisé, les agriculteurs se dirigent plus loin vers l'ouest. Ils n’essaient jamais le système de culture pratiqué dans la province d'Ontario. Je prétends donc, relativement au commerce de la Nouvelle-Angleterre, si l’on considère que la région agricole de l’ouest tend à s'éloigner graduellement chaque année, que l’on verra que la nature nous a donné un avantage dont rien ne peut nous priver définitivement. [Applaudissements.]
Je mentionnerai maintenant un ou deux faits relatifs à ce commerce de la Nouvelle-Angleterre, et à cette fin je citerai un document officiel publié par le gouverneur Andrews, du Massachusetts. De ce document il appert qu’en 1860 plus de quatre fois le produit des céréales des Etats de la Nouvelle-Angleterre fut vendu à Boston pour la consommation locale. Il évalue le produit de ces Etats à 1,077,285 minots, représentant à peu près 225,000 barils de farine,--tandis qu’à Boston seulement il a été vendu 800,000 barils de farine provenant du nord et de l’ouest. Nous savons tous que l’accroissement de cette population de consommateurs, depuis cette époque, a dû augmenter proportionnellement la consommation, parce que la population manufacturière de New-York a toujours été en augmentant, tandis que la superficie agricole de ce même Etat a diminué ; on voit maintenant des villes là où il y avait naguères des terres en culture, et de tous côtés le fabricant a chassé le paisible cultivateur. Les Etat de l’Est produisent donc moins annuellement, tandis que leur consommation augmente d’une manière régulière. Les recensements confirment tous ces faits. En 1850, la Nouvelle-Angleterre produisit 1,091,000 minots de blé. Dix ans plus tard, elle n’en produisait que 1,083,000, ce qui montre une baisse dans la production, tandis que, durant le même intervalle, sa population avait augmenté de 2,728,116 à 8,135,283. Si l'accroissement a continué depuis dans la même proportion, la population de la Nouvelle-Angleterre doit être aujourd’hui de 4,232,000,— V'où il résulte une consommation plus grande. On comprendra sans peine que la production diminuant et la consommation augmentant, la question de l’approvisionnement se complique. Il faut observer que les chiffres cités par moi n’ont trait qu’au blé, sans tenir compte du seigle, du blé-d’inde, ete. En 1860, avec une population de 3,135,283 âmes, ces Etats ont importé 10,350,000 minots de céréales ; combien donc importeront-ils avec une population de 4,232,000 ?
Je dirai maintenant un mot au sujet d’une rumeur qui a fait le tour de la presse, et suivant laquelle nos exportations aux Etats-Unis ont énormément diminué depuis l’abrogation du traité. J’ai obtenu du commissaire du revenu des Etats-Unis un état qui démontre que nos exportations aux Etats-Unis, pendant la dernière année du traité de réciprocité, ont été évaluées à $36,000,000. L'année dernière, elles représentaient
mn se