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élevés qui ont été imposés, —l’abrogation du traité a forcé le consommateur américain, et non le producteur, à payer ces droits. Quant à notre blé, il sera toujours en demande sur ce marché, tant que sa qualité sera aussi bonne qu’à présent ; car quelle est la proportion exportée de la récolte de tous les Etats-Unis ? Les marchés anglais ou étrangers n’en reçoivent que cinq pour cent, en sorte que les 95 pour cent qui restent sont consommés par la population des Etats-Unis. [licoutez ! Ecoutez.]
A six heures, l’Orateur quitte le fauteuil.
Après l’ajouraement, l’Hon. M. ROSE reprend son discours en ces termes : —Les honorables membres ne doivent pas conclure de mes observations relativement à l’état du commerce entre le Canada et les Etats- Unis, que j’attache trop peu d'importance au libre échange avec nos voisins, car personne n’y attache plus d’importance que moi. Je désire le renouvellement du libre échange, parce que j’y vois non-seulement un avantage pour le commerce, mais un avantage national. Je dé.ire que deux peuples ayant tant d'intérêts et de sentiments communs de.seurent unis par des liens commerciaux. Mais je ne crois pas qu’en exagèrant l'effet produit chez nus par l'abolition du traité, on atteigne ce résultat. [Applaudissements.] Les exagérations de l’effet de l’abrogation de ce traité en ce qui nous concerne, —l’obstination à répéter que notre commerce est paralysé et que nous sommes en face d’une ruine imminente, sont plus propres à nuire aux négociations qu’à favoriser le renouvellement du traité. [Applaudissements.] J’ai énergiquement blâmé cette manière d’envisager les choses.
Les citatious que j'ai faites avant l’ajournement avaient pour but d’indiquer d’une manière précise les effets réels de l’abrogation du traité. Je désire attirer l’attention sur ce fait que le tableau dont j'ai cité des extraits embrasse toute la Puissance, toutes les provinces de l’Amérique Britannique du Nord. Il est important de ne pas perdre ce détail de vue, car la province qui a le plus souffert de l’abrogation du traité est la Nouvelle-Ecosse, et c’est celle qui se plaint le moins. Ses exportations de charbon et de poisson ont subi une grande baisse, mais elle a fait peu de cas de cette baisse, et c’est pourquoi je me suis basé plus particulièrement sur les tableaux officiels, afin qu’on ne s’exagère pas les effets produits sur notre commerce.
Avant de passer à un autre sujet, je dirai encore un mot de la réciprocité. Prenant les exportations des provinces d’Ontario et de Québec, nous trouvons que pendant la dernière année du traité de réciprocité, les exportations du Cananda, (déduction faite des monnaies et lingots,) se montèrent à $21,340,355, et en 1868 elles atteignirent $20,061,000,— ce qui indique une baisse de plus de 5 pour cent, entre 1865 et 1868. Nous trouvons que sur les articles suivants, produits en Canada, ilya eu augmentation, savoir :—Bois de construction, 44 pour cent, minéraux, 26 pour cent. Pour les animaux il y a eu une diminution de 46 pour cent; mais sans l’exportation inusitée d'animaux pendant la dernière année du traité, la baisse n’aurait pas été aussi considérable. Dans les grands produits de l’agriculture, nous trouvons une diminution générale d’environ 2 rour cent, —le baisse principale portant sur les farines. Sur d’autres
articles, il y eut une diminution analogue qui, toutefois, ne se monta qu’à $300,000. Nous pouvons donc constater ces deux faits, que depuis l’abrogation du traité de réciprocité, nos exportations de bois ont augmenté de 44 pour cent, tandis que celles des produits agricoles ont diminué de 2 pour cent. Ces calculs nous enseignent certainement à ne pas dédaigner nos forêts et leurs produits, dont l’exploitation peut devenir si avantageuse pour nous. Toutes les personnes au courant de l’état actuel des affaires aux Etat-Unis, doivent savoir que toute la section nord du Maryland s’approvisionne surtout au Canada pour le bois de construction. Nous savons que les forêts du Maine sont épuisées, et pour l’approvisionnement du Michigan, un nouveau marché considérable vient d’être ouvert par le chemin de fer du Pacifique. Les Etats de l’Est devront donc toujours dépendre du Canada pour leur approvisionnement de bois. Malgré ’accroissement énorme des droits depuis l’abrogation du traité, nos exportations aux Etats-Unis se sont accrues dans une proportion considérable, et non-seulement cela, mais nombre d’Américains sont venus chez nous pour exploiter nos bois et nos scieries, et faire directement le commerce avec l'étranger. L’accroissement de cette branche de commerce cest remarquable. Cette année, onze cargaisons ont été consignées pour Montevidéo, quatre pour Buénos-Ayres, une pour Valparaiso et une pour l'Australie. Ces exportations sont surtout l’œuvre d’Américains résidant parmi nous, ct qui ont expédié du Canada un article qu’ils exportaient précédemment des Etats Unis. J’ajouterai, pour terminer sur ce point, qu’en ce qui regarde le bois de construction, l’un des plus essentiels et des plus importants articles compris dans le traité de réciprocité, que nous envisagions la question au point de vue des moyens d’approvisionnement futur, ou de notre proximité des marchés américains, l’on se convaincra que nous n'avons rien à craindre de la politique qu’adopteront les Etats-Unis. Nous avons la matière première ; cette matière première manque aux Etats de l'Est, et ils ne peuvent trouver ailleurs un approvisionnement suffisant. [Ecoutez ! écoutez !]
Je dirai maintenant un mot ou deux de notre commerce intérieur, et ferai voir dans quelle condition il se trouve depuis l’union des provinces. Je ferai observer que les tableaux du commerce et de la navigation soumis aux honorables membres ne donnent pas le renseignement que nous désirons surtout avoir. Nous désirons savoir quel a été le courant du commerce entre les provinces, —combien Ontario et Québec ont expédié au Nouveau-Brunswick et à la Nouvelle-Bcosse, et combien ces provinces ont expédiéen retour. J’ai dû aller chercher ailleurs des renseignements pour constater la direction et l’étendue de ce commerce. J’ai obtenu d’autres sources, c’est-à-dire des diverses compagnies de chemins de fer, des chambres de commerce et des principaux percepteurs des douanes, les renseignements qui manquent dans les tableaux du commerce et de la navigation.
Pour la première année de la confédération, 1866-67, la farine exportée du Canada aux deux provinces de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-
Bruoswick, par le chemin de fer Grand Tronc, par le St. Laurent, et par le pont Suspendu, est portée comme suit ct comparée avec 1867-68 :—
1866-67 1867-68 Par chemin de fer G. T. (brls)....... 228,345 ............ ss 328,204 (6 Je B6 LanPebhssessssonosssososens DEMOT sssessse ss 111,081 ‘“ Je pont Suspendu...…........…. so 21,800 ss 4,000 349,092 443,285
Cela montre un excédant de 94,193 barils de farine en faveur de l’année dernière, ou environ 33 pour cent. Je regrette beaucoup de ne pouvoir donner à la chambre autant de renseignements que je l’aurais désiré relativement à l’accroissement de notre commerce avec les provinces maritimes sous d’antres rapports. Mais à l’égard du charbon, je puis dire que l’annéc dernière nos importations ort augmenté d'environ 1 pour cent sur l’année précédente, et cette année l’on me dit que la proportion sera encore plus considérable. Au lieu de ne compter que sur le charbon anglais, nous pouvons maintenant nous approvisionner à Pictou et à d’autres ports de la Nouvelle-Ecosse ; nous pouvons l'acheter à meilleur marcher aux mines même, et le coût du fret de là à tout endroit à l’est de Kingston est beaucoup moindre qu’il ne le serait si nous l’apportions de l’autre côté de l’Atlantique. (Ecoutez! écoutez ! )
A vant de quitter définitivement ce sujet de nos relations commerciales intérieures et avec les Etats-Unis, j’espère que l’on me permettra de dire que je pense que notre conduite, depuis l’abrogation du traité de réciprocité, a été ce qu’elle devait être. Nous pouvons aujourd’hui dire à nos voisins en toute franchise :— ‘ Nous ne nous plaignons pas de l’a- “ brogation de ce traité. Nous n’avons rien à redire à ce que vous avez “ fait. Nous savons quelles étaient vos diffcultés financières lorsque ‘ vous l’avez abrogé. Nous connaissons l’état de l’opinion publique chez “ vous, qui, bien injustement pour nous, s’est montée contre nous en con- ‘“ séquence d'événements à l’égard desquels le gouvernement ni le peuple “ de ce pays n’étaient à blâmer. Nous savons combien cela à attiré l’attention publique, dans le tems, sur le commerce et les relations com- ‘ merciales qui existaient entre le Canada et les Etats-Unis; et nous “ savons quel en a été l'effet par rapport à l’abrogation du traité. Nous ‘ savons, cependant, que depuis cette époque, vos impôts intérieurs sur ‘ votre propre population ont été réduits ; nous croyons que vous avez . “ maintenant des idées plus justes sur notre conduite durant la guerre, ‘et que les seutiments d’acrimonie qui existaient autrefois ont disparu ‘ depuis, tandis que les pertes mutuelles provenant des restrictions impo- ‘ sées aux relations commerciales continuent à se faire sentir. Nous “ nous sommes jusqu'ici abstenus de toutes représailles ; nous avons con- ‘ tinué à vous accorder librement tous les avantages dont vous jouis- “siez durant l’existence du traité, et nous avons tenu compte de toutes “ Jes circonstances exceptionnelles sous lesquelles vous l’avez aboli. “ Nous avons attendu patiemment et tranquillement, tout en vous ‘ conservant tous les avantages dont vous jouissiez auparavant. Nous “ avons permis à vos vaisseaux de naviguer librement sur nos canaux et
‘ nos rivières, quoique vous ne nous accordiez pas les mêmes priviléges. “ Nous vous avons permis de pêcher dans nos eaux moyennant une “ licence nominale, bien que notre poisson soit fortement taxé en entrant ‘“ sur vos marchés. Nous n’avons pas cherché à gêner le transit de vos * marchandises en entrepôt sur la péninsule d’Ontario, bien que nous ‘“ ne jouissions d’un semblable privilége qu’à des conditions oné- ‘“ reuses.”” (Car l’on ne sait peut-être pas, généralement, que bien que le droit de passer nos marchandises en transit sur le territoire américain ne nous est pas refusé, il est accompagné de conditions vexatoires et ruiueuses.) (Ecoutez! écoutez!) ‘“ Nous avons permis à votre charbon “ d’entrer en franchise, bien que vous imposiez un droit élevé sur le nôtre. ‘ Nous permettons l'importation en franchise de vos farines, vos céréales, ‘“ votre houblon, votre sel et autres articles, tandis que non-seulement ‘“ vous ne voulez pas nous rendre le réciproque, mais qu’encore vous “ nuisez à nos propriétaires de moulins en imposant un droit plus élevé ‘ sur les farines que sur les grains. Cet état de choses,” pourrions-nous fort bien ajouter, ‘‘ existe depuis trois cu quatre ans, mais vous devez ‘ comprendre qu’il ne peut se perpétuer. (Ecoutez!) Le tems viendra ‘“ peut-être bientôt où nous devrons avoir une politique nationale qui ‘“ nous soit propre, que cette politique nationale pèche ou non contre une ‘ théorie ou une autre d'économie politique. (Ecoutez ! écoutez!) Car ‘“ nous devons être guidés princiralement, sinon exclusivement, par la ‘“ considération de ce qui peut nous convenir à nous-mêmes, et nous ‘ pourrons avoir à consulter notre propre intérêt sans égard à celui des “autres.” (Applaudissements prolongés.)
Si les Etats-Unis montraient quelque disposition à négocier, nous sommes prêts à les recevoir cordialement et à les rencontrer à mi-chemin ; la République est la plus grande puissance, et il nous appartient de répondre cordialement à son invitation. Mais il doit être parfaitement et distinctement compris que l'opinion de ce pays est que, quelques entraves qui puissent apporter les Etats-Unis dans nos relations commerciales avec eux, nous ne sommes pas disposés à troquer nos “iroits constitutionnels, à abandonner nos relations politiques, ni nos espérances d’existence nationale, contre de simples considérations commerciales. (Applaudissements.) Il doit être parfaitement comn:is que nous ne sommes, et que nous ne serons jamais disposés à abandonner nos relations avec la mère-patrie, ni notre allégeance à la courorue britannique, comme prix de notre admission sur les marchés de la République. [Applaudis.] Que les Etats-Unis ne commettent donc pas la faute de différer les négociations dans cet espoir. [Applaudissements.]
Nous pourrions trouver d’autres marchés pour nos pruduits, même si nous avions souffert encore plus gravement que nous ne l’avons fait ; et je crois que l’obligation où nous avons été de chercher d’autres marchés nous a tiré de la léthargie temporaire dans laquelle nous avions été plongés par la longue existence du traité. Il en a été de nous comme de l’Angleterre il y a quelques années. L’on supposait qu’elle serait complètement ruinée si elle ne tirait pas ses approvisionnements de coton américain des Etats du Sud. Mais lorsque la guerre arrêta ces approvisionne-
ments, d’autres marchés furent bientôt ouverts, et aujourd’hui les Etats- Unis fournissent moins de 40 pour cent du coton importé en Angleterre. L'Inde, l'Egypte, le Brésil et d’autres pays en fournissent une bonne part. [ Ecoutez !]
Je ne veux pas eu dire davantage sur ce sujet ; mais je répéterai que nous ne devons pas nous exagérer le dommage fait au commerce du pays en général par la suspension temporaire du libre échange entre nous et les Etats-Unis. Mais, M. l’Orateur, permettez-moi d'ajouter qu’il pourra arriver un temps où les intérêts exceptionnels dont j’ai parlé, et qui souffrent aujourd’hui d’une manière spécialement grave, devront être pris en considération par cette chambr:. [Ecoutez !] Je ne pense pas que le temps de ie faire soitau moment où nous sommes peut-être à la veille d'entamer des négociations sur toute la question. Nous savons qu’une résolution à effet d'ouvrir des négociations pour un nouveau traité a été unanimement adoptée par la chambre des représentants, et je suppose qui ay a que l’extrême urgence des affaires nationales qui ait empêché ces v ‘gociations d’être actuellement ouvertes. [Ecoutez ! écoutez !]
36 dois maintenant prier la chambre de me prêter son attention pendant quelques instants, pour examiner notre propre perspective pour 1869-70. Le budget que j'ai déjà soumis à la chambre, et celui que j'ai encore à soumettre, ont été préparés avec le désir de faire voir complètement le coût et l’organisation des différents départements du service public. Nous nous sommes efforcés de restreindre les dépenses à cet égard dans les limites les plus étroites, sans nuire à l'efficacité du service. Nous avons cherché à scruter chaque item de dépense qui pouvait subir une réduction ; et ce soir, j’en appellerai à la magnanimité, à l’indulgence et au patriotisme des amis qui m’entourent, pour les engager à ne pas demander que l’on fasse des dépenses sur des travaux ou des services particuliers qui, quelque avantageux ou utiles qu’ils puissent être en eux-mêmes, peuvent être ajournés sans inconvénient. Ues travaux ne pcuvent être poursuivis cette année, à moins que l’on ait recours à de nouveaux impôts, ou que nous empruntions de l’argent pour les faire. Au sujet des travaux comme le renouvellement ou l'extension de quais, havres, jetées phares, etc., je pense que nous ne devrions pas emprunter d'argent pour les exécuter.
Quant à l'établissement du territoire du Nord-Ouest, il ne se trouve pas dans la même <itégorie : le coût de ce territoire peut parfaitement être porté au compte de la postérité ; l’argent qu’il faudra pour le payer devrait être emprunté, ainsi qu’une autre somme destinée à ouvrir une corimunication avec ce territoire, car une fois que nous l’aurons en notre possession, nous devrons prendre des mesures efficaces et énergiques pour y avoir accès. (Applaudissements.) Il ne faut pas être parcimonieux dans cette affaire. L'établissement de ce territoire doit reposer sur des bases larges et solides. Lorsque nous nous serons entendus sur les meilleurs moyens de communiquer avec ce territoire, notre devoir sera de faire les travaux avec le moins de déiai possible. (Applaudissements.)
Les frais de ces grrnds travaux peuvent, je crois, justement retomber sur la postérité; mais les travaux ordinaires, comme les douanes, les
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bureaux de poste, et les autres que j'ai mentionnés, ne tombent pas dans la même catégorie. Si la maison d’un individu est trop étroite pour sa position actuelle, ou s’il veut faire quelque modification dans l’intérieur, cette dépense doit être faite à même ses revenus ordinaires, ou il ne doit pas l’entreprendre avant que ses moyens ne le lui permettent ; et il en est de même à l’égard de ces travaux locaux.
Au lieu donc de demander à la chambre de prélever de nouveaux impôts sur le peuple, ou d'autoriser le gouvernement à emprunter de l’argent pour ces travaux, je préfère en appeler au patriotisme de mes amis pour les engager à ne pas demander d’argent pour des améliorations locales cette année, excepté pour celles qui sont absolument nécessaires au service public. Et je ne pense pas que cet appel soit mal accueilli, mais au contraire, je crois que nos amis nous féliciteront de nous voir prendre une position aussi tranchée. Quelque utile ou désirable que puisse être l’objet, s’il peut être ajourné, il vaudrait mieux qu'il le soit jusqu’à ce que le revenu devienne plus prospère. [Ecoutez ! écoutez !]
Nous commençons à nous remettre de la réaction causée par l’énorme développement de notre commerce sous des circonstances exceptionnelles. Nous sommes sur le point de construire un immense chemin de fer à l’est; des travaux semblables sont entrepris par des particuliers dans l’ouest ; ilest donc évident qua ces entreprises devront donner un nouvel élan à la prospérité du pays. Nous n’aurons donc pas à attendre longtemps une augmentation de revenus qui nous permettra de continuer les travaux locaux de la nature de ceux dont je viens de parler. [Ecoutez !]
C’est avec ces sentiments que le budget que je vous demanderai de sanctionner a été préparé. {a question que nous nous sommes posée dans tous nos calculs a été: ‘Quelle dépense peut-on éviter cette année ?”’ et je suis convaincu que le patriotisme et le bon sens des honorables mombres les engageront à seconder nos efforts dans ce but.
Ainsi que je l’ai déjà dit, le plus important item de nos dépenses— l'intérêt sur la dette publique—n’est susceptible d’aucune réduction. Les effets publics déstinés au fonds d'amortissement, auquel il faut maintenant pourvoir tous les ans, doivent aussi être achetés. Ces deux items s'élèvent à $5,219,000. Ensuite nous avons les subventions aux diverses provinces, $2,500,000, et il y a quelques autres items, comme l’administration de la justice, les pensions, l'indemnité seigneuriale, les postes, et les travaux publics, qui ne sont aussi susceptibles d'aucune réduction ; et ces dépenses s'élèvent à une somme totale d'environ $10,000,000. Les moyens à notre disposition pour réduire les dépenses sont bornés à bien peu de services importants. Dans les frais du gouvernement civil, nous avons sans doute le moyen de faire quelques réductions, et nous avons déjà fait ce que nous avons pu. Mais je ne ferais que tromper Ja chambre si je disais que nous pouvons faire beaucoup plus que ce qui est indiqué par le budget. L'année dernière, nous avons opéré une assez forte réduction sur ce service; et le gouvernement est aussi désireux u’aucun honorable membre de l’autre côté peut l’être, que le service public se fasse non-seulement aussi bien, mais aussi économiquement
que possible. Mais il y a une limite, et il est évidemment de l'intérêt public que ces réductions ne soient pas poussées trop loin. [Ecoutez ! écoutez !]
Une autre dépense à l’égard de laquelle le gouvernement possède des pouvoirs discrétionnaires, et les a exercés, est celle qui a trait à la milice, (Ecoutez ! écoutez !) L’honorable baronnet qui se trouve à la tête de ce département a incontestablement rendu un grand service au pays, non-seulement en lui inculquant l’esprit militaire, mais en maintenant l’organisation de la milice. Cet honorable monsieur a revisé avec ses collègues le budget du service de la milice, et je suis heureux de pouvoir informer la chambre que le résultat de cette révision a été, que sans nuire à l'efficacité du service, il dit qu’il en réduira les frais de plus d’un quart de million de piastres. (Applaudissements.) En sorte qu’au lieu de prendre $1,200,000 pour ce service, il n’en faudra que $750,000, à part ce qu'il faudra voter de nouveau pour l’année courante.
L'évaluation totale des frais de tous les services, pour l’année prochaine, est portée à $17,834,199. Mais dans cette somme figure celle de $2,000,000 pour le chemin de fer Intercolonial, basée sur les estimations fournies par les commissaires après qu’ils en eurent donné quatre sections à l’entreprise. Depuis deux ou trois semaines, d’autres sections ont aussi été concédées, et il est toute-à-fait impossible de se faire une idée des progrès des travaux. Mais cependant, qu’il en soit ce qu’il pourra, cela ne modifiera en rien la somme que la chambre est maintenant appelée à voter. Nous avons l’argent en mains pour la construction du chemin, et à vingt-quatre heures d’avis nous pouvons récupérer tout le fonds destiné à l’Intercolonial. (Ecoutez! écoutez !) En conséquence, il importe peu que le montant soit de deux ou de quatre millious de piastres—car des négociations à l’égard de sections qui peuvent faire ou ne pas faire partie de la ligne principale sont en voie de progrès, et peuvent sérieusement modifier ce montant, —cependant, dans tous les cas, ce montant ne peut modifier le vote.
Comme je l'ai dit, cette évaluation de $17,834,:.:9 comprend une somme de $2,000,000 pour le chemin de fer Intercolonial, ainsi que $1,492,385 de plus pour des chemins de fer qui sont maintenant en voie de construction dans les provinces maritimes et pour d’autres travaux et le rachat, —en sorte que je déduis $3,492,385 de l'évaluation totale, ce qui laisse $14,341,814 comme dépense normale de l’année. J'ai compris les subventions dans cette évaluation, et j'ai laissé une marge suffisante pour faire fice au montant quel qu’il soit que nous aurons à payer, sur arbitrage, soit à Ontario, Québec, la Nouvelle-Ecosse ou le Nouveau-Brunswick. J'ai porté le montant de ces services à $2,522,000.
L’Hon. M. HOLTON.—Pour toutes les provinces ?
L’'Hon. M. ROSE.—Je puis expliquer au’il y a eu beaucoup de négociations entre Ontario et Québec au sujet de l’excédant de dette sur lequel nous aurions droit d’exiger l’intérêt,—s’il devait être de neuf, dix ou onze millions de piastres. En conséquence, j’ai pensé qu’il valait mieux faire une évaluation pour ce service qui pût parer à toute éven-
ce
tualité. Je ne me propose pas d'entreprendre maintenant l'exposé de cet excédant de dette. L’hon. membre qui est a côté de moi (l’hon. député de Brome, trésorier de la province de Québec), et l'honorable monsieur qui est vis-à-vis (le député de la division sud de Brant, trésorier de la province d’Ontario), auront peut-être quelque chose à dire à ce sujet plus tard. Jusqu'ici, ces négociations ont été conduites d’une manière très cordiale, et si elles sont poursuivies de la même manière, elles auront, je n’en doute pas, un excellent résultat pour l2 Puissance et pour les provinces intéressées.
L'Hon. M. HOLTON.—Devons-nous comprendre que ces srbventions à toutes les provinces seront comprises dans le vote, et qu'aucun crédit spécial ne sera demandé ?
1/ Ho. M. ROSE.—II n’y a pas besoin de vote. Le statut y pourvoit.
L’Hox. M. HOLTON.—Ce que je veux savoir, c’est si l’on demandera un vote spécial pour accroître la subvention de la Nouvelle-Ecosse.
L’Hon. M. ROSE.—Sans aucun doute. Il sera transmis un message de Son Excellence, contenant les résolutions et demandant à la chambre de voter la subvention supplémentaire recommandée par ces résolutions. Les résolutions sont prêtes et imprimées, et nous n’attendons que l’arrivée de M. Howe pour les présenter à la chambre, car nous pensons que l'on doit donner toute la latitude possible à la discussion de cette question. Je ne troublerai pas la chambre davantage avec les détails des dépenses, car ils seront soumis dans une couple de jours, et je passe à l'évaluation du revenu.
En évaluant n ‘tre revenu, je ne veux aucunement escompter nos progrès ou notre pro. nérité futurs. Je préfère baser mes conclusions sur les résultats réels de l’année dernière, plutôt que sur ce que l’on pourrait attendre cette année, excepté en ce qui concerne une légère augmentation que nous sommes justifiables de supposer. Il vaut mieux, à mon avis, évaluer nos revenus trop bas plutôt que trop haut à cette époque. Nous pourrions peu‘-être nous attendre cette année à un meilleur état de choses que celui que je veux supposer, d'autant plus que nous avons des renseignements plus précis, sur lesquels nous pouvons baser nos conclusions, que ceux que nous possédions l’année dernière. Nous pouvons maintenant nous rendre compte de la baisse subite qui a eu lieu dans nos iuportations l’année dernière. Nous connaissons aujourd’hui l’état du pays, tant à l’égard des approvisionrements qu’à l’égard de ses besoins possibles, et nous pouvons, aidés de l’expérience de l’année dernière, nous former une idée plus exacte du montant que l’on peut retirer des droits d’excise sur les spiritueux, le malt, l'huile de pétrole et le tabac. Nous avons placé notre revenu à un chiffre beaucoup plus bas que ce que nous pourrons peut-être réaliser, et à un chiffre beaucoup moindre que le revenu moyen des années précédentes dans toutes les provinces, tandis que la puissance de consommation du pays n’a pas sensiblement diminué, Nous pensons que nous pouvons sûrement calculer sur le même montant de revenu que celui qui a été prélevé l’an dernier (puisqu’il a été moindre que la moyenne des trois années précédentes), en y ajoutant cinq pour cent pour les droits de douane, —et c’est là notre évaluation.
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Si les résultats des trois derniers mois peuvent être pris comme criterium de toute l’année, il est évident que dans cette évaluation nous restons au-dessous de la réalité, car, d’après les rapports, la proportion de l'augmentation sera de plus de cinq pour cent. Sachant que les pluies et les inondations du printemps avaient considérablement retardé l’expédition des marchandises à l’intérieur, j’ai cherché à obtenir quelques données des propriétaires de vaisseaux et de la compagnie du chemin de fer Grand Tronc, relativement à la quanuté de fret qui se trouvait en transit, et je suis porté à croire qu’une très forte quantité, et je crains même qu’une trop forte quantité de marchandises a été achetée. J'e crains que les importateurs ne commettent la même faute que celle qu’ils ont commise il v a quelques années, d'importer pius que les besoins du pays ne le requièrent, ce qui, tout en augmentant le revenu, pourrait néanmoins nuire aux intérêts bien entendus du pays. D'après le fait que deux ou trois steamers de plus ont été équipés, ce printemps, pour apporter des marchandises au St.-Laurent, et d’après d’autres indications, je crains que ce ne soit qu’une répétition de l’ancien système : chaque marchand pensant que ses voisins importeront moins, croit se mettre dans une position plus favorable à l’égard du commerce en important davantage.
Mais je reviens à mon sujet. Nous évaluons le revenu des douanes pour l’année prochaine à $8,600,000, l'excise à $3,300,000 ;—et à propos de cette dernière évaluation, j’exposerai le calcul sur lequel elle est basée, afin que les honorables membres puissent plus tard avoir l’occasion de juger de son exactitude. Nous avons reçu un rapport préparé par MM. Worthington et Brunel, du département du Revenu de l’Intérieur, qui ont fait des calculs sur la consommation moyerne des spiritueux dans Québec et Ontario, et dans les Provinces Maritimes, depuis un certain nombre d’années. Dans Québec et Ontario, ils ont pris la moyenne des trois dernières années, et de cette manière ils ont évalué que la consommation des spiritueux en 1869- 70 atteindrait 3,700,000 gallons.
M. MACKENZIE.—C'est-à-dire, à part les importations ?
L'Hon. M. ROSE.—Oui; et elle est de beaucoup moindre que la.
consommation de 1868, qui a atteint 3,836,557 gallons. Ensuite, à l'égard des liqueurs de malt, la quantité maltée l’année dernière a été d’environ 27,000,000 de livres. Mais le haut prix de l’orge a provoqué l'importation d’environ trois quarts de million de livres, et cela a naturellement diminué le total. Pour 1869-70, nous pensons qu'il sera consommé 28,000,000 de livres de malt.
En faisant l’estimation relative au tabac, nous avons dû tenir compte du grand approvisionnement qu’il y avait sur le marché dans les Provinces Maritimes, et du fait que les moyens de perception du revenu n’y sont pas encore complets. En conséquence, nous n'avons porté le revenu provenant de cette source qu’à $515,152 seulement, bien que nous croyions qu’il dépassera ce chiffre.
Sur l’huile de pétrole, nous avons reçu l’année dernière $99,000 ; et cette année, considérant que les grandes quantités qu’il y avait sur le
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Kasuite, le troisième item de revenu, “ Divers,” y compris les revenus des travaux publics, des postes, des timbres, des placements, — car nous avons aujourd’hui une somme considérable de placée, —est évalué à $2,750,600, faisant en tout, comme la chambre peut le voir, un revenu évalué sans exagération, croyons-nous, à $14,650,600, contre des dépenses évaluées à $14,341,814, et cela sans aucunement tenir compte du nouvel élan qui sera probablement donné à notre commerce d'importation en conséquence des travaux publics en voie de construction et projetés, tant à l’est qu’à l’ouest. Cela nous laisse une balance légère il est vrai, mais certaine, de $308,786 en notre faveur. (Applaudissements.)
Sous ces circonstances, nous avons cru, en préparant notre budget, que l’économie devait être l’un de nos premiers devoirs, et nous avons fait ce que nous pouvions dans *e sens.
Nous demandons maintenant certaines sommes pour nous permettre de pourvoir au service publie, et si la chambre ne les vote pas, l'argent ne pourra pas être dépensé. S'il était fait des dépenses, en aucun temps, contrairement aux désirs de la chambre, un rapport de ces dépenses s2ra déposé sur la table dans les dix premiers jours de la prochaine session, et le gouvernement devra être prêt à en rendre compte à la chambre ; mais je crois que, loin que cela ait lieu, le gouvernement sera en mesure, à la prochaine session du parlement, de montrer un excédant en notre faveur, Nous croyons que nous pouvons maintenir l'équilibre entre les dépenses et les revenus évalués, et même faire pencher légèrement la balance de notre côté. (Applaudissements prolongés.)
L'Hon. M. HOLTON.—Quels sunt les items qui composent nos revenus ‘‘ divers ? ” e
I/Hon. M. ROSE.—Les revenus divers se composent principalement des items suivants :—Travaux publics, $390,000 ; postes, $570,000 ; timbres, $130,000 ; placements, $300,006. Je puis mentionner, par voie d'explication, avant de terminer, que la chambre verra dans le budget un item pour le fonds d'amortissement, de $336,000. Je pense qu'il n’est que juste que cet item soit porté au débit du revenu de cette ennée, et qu'il soit placé dans le budget de l’année ; mais il est pourvu à ce fonds d'amortissement, et nécessairement il diminue notre Lalance actuelle, car nous l’avoas acheté d'avance, ayant réellement plus d'argent que nous n’en avions besoin. (Ecoutez ! écoutez !) |
En terminant, je dois remercier la chambre de la complaisance avec jaquelle elle m’a écouté, et la prier de m’accorder le même appui qu’elle n’a cessé de me prêter jusqu'ici. (Applaudissements.)