‹ Discours sur le budget prononcé à l'Assemblée Législative de Québec le 21 février 1890 [microforme]Chapitre 13 sur 17 · DO O · texte numérisé non relu

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Les dépenses que nous nous proposons d’affecter à la construction des édifices publics sont de nécessité absolue.

Quant à l'Hôtel du Parlement, la somme demandée est de $20,000. Dans cette somme est compris un montant de $10,000 pour statues et certains travaux de peu d'importance. Il est désirable à tous les points de vue que nous arrivions à un règlement avec l’entrepreneur, afin d’en finir avec la construction de cet édifice.

Pour ce qui se.rattache au Palais de Justice, cet édifice est complet en en exceptant quelques travaux de peu d’importance qui restent à faire. Nous avons encore à solder la somme inscrite au budget en règlement de tout compte et réclamation de l’entrepreneur qui a obtenu gain de cause contre le gouvernement en vertu d’une sentence arbitrale.

L’appropriation pour pont, métalliques est en apparence de $100,000; mais n’est réellement que de $75,000, attendu que dans cette appropriation est inclus ua montant de $25,000 voté l’année précédente.

La somme de $10,000 attribuée à la construction d’une voûte pour les archives de Québec, sera requise dans un avenir assez prochain, car la bâtisse où ces archives sont installées va devenir la propriété des Frères de la Doctrine Chrétienne.

Nous avons demandé un crédit de $150,000 pour l'agrandissement du Palais de Justice de Montréal. Il est impossible de dire, à l'avance, si tout le montant sera requis durant l'exercice prochain : cela dépendra beaucoup de la nature et du progrès des travaux à exécuter.

Le crédit demandé pour la construction d’une nouvelle prison à Montréal ne sera peut-être pas entièrement requis pendant l'exercice prochain : cela dépendra encore de la diligence que l’on usera en rapport avec la construction de ce nouvel édifice.

Quant à ce qui se rattache aux subsides aux chemins de fer, il est toujours difficile

de prévoir, même approximativement, ce qui sera requis pour cette branche du service,

car tout dépend de la vigueur avec laquelle les compagnies poussent leurs travaux. Dans tous les cas j'ai lieu de présumer que toute la somme inscrite ne sera pas absorbée, L'année dernière nous avions inscrit au budget un montant de $750,000 sur ‘equel, au

31 décembre, il n'avait été payé que $172,044.04, et il est peu probable que la balance de ce montant soit requise d'ici au 30 juin.

Ainsi les crédits demandés sous la rubrique de dépenses spéciales et à titre de subventions aux chemins @e fer ne seront peut-être pas entièrement requis durant le cours de

l'exercice prochain, mais comme il est impossible de dire à l'avance avec quelle rapidité ces travaux seront poursuivis, nous avons demandé ce que nous croyions être nécessaire pour obvier à toutes les éventualités.

é Maintenant, en rapprochant l'évaluation des recettes ordinaires de celle des dépenses ordinaires pour l’exercice 1890-91, nous arrivons äu résultat suivant :

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Prépentes Ordihaifes., or beo 0 09000000 000 à pi60n pois ooooodmedses : 2408045 24

Excédant des re t +" """ les dépenses... $ 34,877 56

Dans les estimations que je viens ;oumettre, tout en tenant compte des exigences | du service public, nous avons tâché, dans la mesure du possible, de restreinüre la dépense | dans les limites de nos ressources. A moins d’opérer des retranchements sur des services contrôlables et de diminuer d’une manière générale une foule d'allocation que nous considérons être dans l'intérêt public, il serait difficile d’arriver à un chiffre moins élevé que

celui que nous demandons.

Car il ne faut pas oublier que le service des intérêts, qui n’est pas contrôlable, va en augmentant tous les ans, et que le montant requis pour ce service est aujourd’hui de $200,000, en chiffres ronds, de plus élevé qu’il ne l'était à cette époque.

Il devient de plus en plus difficile de contrôler le chiffre des frais de législation, les traitements du service civil, administration de la justice, l'instruction publique, le dépar tement de l’agriculture et de la colonisation. Avec le développement de nos ressources et l'augmentation de la population il est naturel que tous ces services subissent une influence progressive dans la voie de la dépense,

Dans tous les cas, d’après mon expérience, les sommes additionnelles que nous

dépensons pour l'instruction publique, objets littéraires, pour l’agriculture et la cojonisa tion, sont en accord avec les vœux du peuple à en juger par la pression généralement exercée en ce sens.

Il est inutile pour moi d'entrer dans des détails au sujet Ge l'augmentation de la dépense en rapport avec le service civil, l'administration de la justice et le département # ) des terres; tous ces services ont déjà été amplement discutés de part et d'autre et, en °°: | m'arrêtant sur ces sujets, je n’aurais rien de nouveau à ajouter.

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D'ailleurs, avec l'augmentation de nos recettes, nous avons cru qu’il était de notre devoir, tout en restant dans les limites du possible, de consacrer des sommes plus considérables à l'avancement de la colonisation, de l'instruction publique, des intérêts généraux de l’agriculture et d’autres services en rapport avec l’encouragement de nos industries.

Si, d’un côté, les services que je viens d’énumérer nous ont coûté plus cher, personne,

j'en suis certain, n’osera nous blâmer d’avoir augmenté, pour des fins aussi utiles et aussi

nécessaires à la province, le chiffre des dépenses se rattachant à ces services, de l’autre côté nous avons su, par une administration sage et ferme, trouver les moyens de faire face aux exigences de notre pulitique.

Conclusion

Monsieur l’Orateur, l'exposé que je viens de faire est de nature, j'ose le croire du moins, à convaincre la Chambre et le pays que nous avons travaillé avec ardeur à remplir fidèlement la tâche que le peuple a bien voulu nous confier.

Nous avons réussi à maintenir le montant de nos recettes à un chiffre que nos prédécesseurs n’ont ‘jamais atteint. Pour arriver à un semblable résultat il a fallu nécessairement exercer une grande surveillance dans la perception des deniers publics.

Le gouvernement actuel ayant inauguré une politique d'initiative et de progrès, il nous a été impossible, malgré la meilleure volonté du monde, de diminuer le chiffre dela dépense. D'ailleurs, ce surplus de dépenses a été occasionné par des besoins pressants et nouveaux et en harmonie avec les désirs de la province.

Le pays a manifesté vigoureusement qu’il lui fallait une politique large et généreuse, afin de hâter le développement de ses nombreuses et inépuisables ressources. Dans la mesure du possible, nous nous sommes efforcés de satisfaire ces légitimes aspirations. Néanmoins, il ne faut pas oublier que nous sommes nécessairement forcés de circonscrire les dépenses et de modérer le zèle légitime de ceux qui, de bonne foi, veulent nous entraîner dans une voie qui pourrait devenir dangereuse, si elle n’était pas prudemment surveillée, Car, il ne faut pas oublier qu’en accordant des subventions pour une entreprise quelconque, cette politique a pour effet d'entraîner un surcroît d'obligations auxquelles il faut nécessairement faire face un jour ou l’autre,

Quant à la situation financière, je crois pouvoir dire, sans crainte d’être sérieusement contredit, qu’elle est infiniment supérieure à ce qu’elle était lorsque nous sommes arrivé ; | au pouvoir, Avec nos ressources actuelles nous réussissons à combler les déficits passés, f à rencontrer le surcroît dans le service des intérêts, à faire face à l’augmentation des dépenses indispensables et à présenter un surplus respectable. C’est bien là la meilleure preuve que nos efforts n'ont pas été infructueux.

Comme par le passé, nous continuerons à poursuivre l’idée progressive que nous -préconisons depuis notre arrivée au pouvoir. Mais pour cela il nous faut compter sur le concours de tous les hommes de bonne volonté, qui ont à cœur le développement intel-

| ectuel et industriel de notre province. (Applaudissements prolongés.)

a __ DISCOURS

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