PREMIER MINISTRE
Prononcé à l’Assemblée Législative de Quebec
LE 21 FÉVERIEER 1890
En réponse à la critique faite pur M. Desjardins, député de Montmorency, à l'exposé budgétaire.
M. L'ORATEUR.--Si je ne suis ni un marchand ni un homme qui travaille derrière un comptoir, jai au moins beaucoup de patience. Je suis resté ici tout le temps, écoutant les observations de l’honorable député de Montmorency et faisant semblant—qu’il me
. honorable ami le Trésorier de la province. Je n'ai pas voulu m’absenter afin de lui prouver que je voulais essayer de le comprendre, et que si je ne pouvais pas l’applaudir, je ferais au moins des efforts considérables pour l’admirer, — et j'ai réussi. Je n’ai pas
, réussi à le comprendre, — évidemment parce que je n’ai pas assez d'intelligence, — mais j'ai
. réussi à l’admirer dans ses efforts herculéens. Rarement, en effet, ai-je vu un homme
PAS doué d’une force physique plus considérable ; rarement ai-je vu un politicien persister S avec autant d’audace dans des erreurs qui lui ont été démontrées, je ne sais combien de fois.
L’honorable député a commencé son discours par ce que je pourrais appeler des : hors-d'œuvre, . Il m'a prodigué des compliments qu’un homme n’accepte pas d’un autre
4 permette de le lui dire—de prendre au sérieux sa critique de l’exposé financier de mon: