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Discours sur le budget prononcé aux communes

Sir LEONARD TILLEY.—Je désire, M. l’'Orateur, avant que vous quittiez le fauteuil, faire l'exposé financier et en même temps attirer l'attention de la Chambre sur les résolutions que le gouvernement entend proposer, lorsque la Chambre siègera en comité, relativement aux modifications à apporter dans le tarif.

A la dernière session du parlement, le seizième jour après la réunion des Chambres, j'étais en mesure de faire l'exposé financier du gouvernement. Cette année, l'exposé a été retardé Par certaines circonstances, ce qui a occasionné des critiques dans cette Chambre et hors de cette Chambre. Je désire faire À ce sujet quelques remarques qui feront Comprendre à la Chambre la nécessité de ce délai et après lesquelles celle-ci approuvera la conduite du gouvernement.

On se rappelle qu’à la dernière session, le gouvernement a demandé au parlement de réduire les taxes pour l’année courante de $r,000,000 où $1,250,000, Après avoir examiné avec soin les recettes et les dépenses probables du prochain exercice, le gouvernement a cru qu’il

pouvait en toute sûreté demander au parlement, à cette session, de réduire la taxation encre de $1,000,000 ou $1,2 50,000. Cette réduction étant décidée, la question se présenta naturellement de savoir sur quels articles elle devait porter. Nous avons vu le Congrès des Etats. Unis, à sa session actuelle, saisi de diverses propositions ayant pour objet une réduction des droits de douane et des taxes du revenu inté. rieur variant de $50,000,000 à $120,000,000, suivant l'action que prendrait le Congrès sur ces résolutions. Sur un chef seul, on proposait que le droit d’accise sur le tabac fut réduit de seize à huit cents la livre. Une autre proposition demandait une abrogation complète de lataxe. Si l’une ou l’autre de ces propositions était adoptée, il . devenait nécessaire pour le parlement du Canada, afin d'empêcher un commerce illicite, afin de protéger le commerçant honnête, afin de protéger nos propres industries manufacturières, d'abaisser nos droits en proportion de la réduction opérée aux Etats-Unis. Si le Congrès Adoptait la proposition de réduire la taxe à 8 cents, cela nécessitait une réduction de notre part de $750,000 et l'abrogation complète de cette taxe eut nécessité de notre part une réduction de $r,2 59,000 ou peut-être de $1,500,000. Dans ces circonstances, il nous fallait attendre pour savoir la nature de la législation qu’on adopterait dans le Congrès américain par rapport aux revenus de douane et d’accise avant de pouvoir soumettre nos propositions au parlement.

Ce n’est que le 3 mars au soir que la question fut décidée et bien que nous eussions demandé d’être renseignés le plus tôt possible sur la nature des modifications opérées, ce n’est que le 6 de mars que nous Obtinmes ces renseignements ; et alors il nous fallut examiner la question avec soin—car il était évident que cette réduction seule de la taxe sur le tabac nous ferait perdre un revenu très considérable, Il fallait donc opérer des changements dans les réductions que nous nous étions proposées sur les articles importés par la do uane. Or, M. l'Orateur, dans tous les cas il ne nous eût pas été possible

décidé de s’ajourner pour la vacance de Pâques le mercredi soir et il eût été de la dernière inconvenance de présenter l'exposé financier et de laisser ensuite s’écouler un Dans ces circonstances le BOuvernement à cru qu'il valait mieux attendre la reprise des séances et profiter du premier jour destiné à la ‘discussion des mesures du Bouvérnement pour vous soumettre notre Exposé,

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‘le délai survenu et j'ai confiance que le pays n’en souffrira pas.

Nous ne sommes pas dans la position dans laquelle nous étions

Tannée dernière. Nous nous proposions alors d'enlever les droits sur

un ou deux articles de la plus haute importance, et en justice pour le

-commerce du pays nous devions décider cette question immédiatement.

Les propositions que le gouvernement a à faire aujourd’hui ne sont pas destinées à prendre effet immédiatement, et c’est Pourquoi ce retard est moins grave.

Je vais maintenant remplir la tâche importante qui m’est dévolue et tout en sentant que le gouvernement a les déclarations les plus Satisfaisantes à faire à la Chambre, je sens que je n'ai pas la force physique nécessaire pour me permettre d'accomplir cette tâche comme je le dési-

‘rerais, ou comme la Chambre s'attend, j'en suis sûr, que je le fasse. ) OU q

Je dois d’abord appeler l'attention de la Chambre sur une déclaration que je faisais en commençant mon discours à la dernière session du parlement à l'effet qu’à aucune époque de l’histoire du Canada le gouvernement n'avait rencontré le parlement avec une position financière plus prospère que ce jour-là. J'ajouterais qu’à aucune période de l’histoire du Canada le crédit du pays n'avait été aussi élevé et que

jamais le Canada n'avait été aussi prospère que ce jour-là. Je suis

heureux, M. l’Orateur, de savoir que la Chambre et le pays m'approuveront quand je dirai que les remarques que je faisais alors peuvent se

répéter aujourd’hui en toute vérité.

Je ne désire prendre du temps de la Chambre que ce qui sera nécessaire pour soumettre notre cause et m'occuper des recettes et de la dépense de l’année dernière. Mes remarques seront courtes; les comptes publics ont été livrés aux députés de cette Chambre, qui y

‘sont habitués et connaissent la position financière du pays, dont le

Proposeur et le secondeur de l’adresse en réponse au Discours du Trône ont parlé en termes si éloquents. Cependant, M. l’Orateur, je

vais fournir ces comptes de nouveau.afin que nous ayions présents à la

mémoire la position que nous occupons.

En premier lieu, M. l'Orateur, je dois dire que les recettes imputées

Tannée dernière au revenu consolidé se sont élevées à $33,383,000 et

que la dépense s'est élevée à $27,067,000, laissant un surplus de

$6,316,000, le surplus le plus considérable qui ait jamais été déclaré au ‘Canada. Ajoutons À cela $1,744,

000 reçues pour concessions de

terre dans le Nord-Ouest, faisant en tout un surplus de plus de: $8,000,000 pour les opérations de l’année dernière.

Pendant la même période, M. l’Orateur, il a été dépensé au compte du capital, pour les chemins de fer du Pacifique canadien et de l’Intercolonial, pour l'agrandissement des canaux et pour arpentages dans le Nord-Ouest, $7,340,000, laissant un surplus sur toutes les dépenses au: compte du cabital pendant l’année dernière ; et si nous prenons en considération le fonds d'amortissement créé pour la réduction de la dette, la dette nette du Canada pendant l’année dernière, nonobstant cette dépense de $7,340,000 au compte du capital, a été réduite de $1,750,000, et l'intérêt payé sur cette dette, pendant l’année, a été de: $r5,000 moindre que celui sur l’année précédente. De plus, M. l’Orateur, nous avons non seulement dépensé $7,340,000 à compte du capital ; mais, pendant cette période, nous avons, en sus, payé des. dettes échues de: $4,000,000. Nous avions en main le surplus qui revenait au peuple de la Puissance, s’élevant à plus de $5,920,000, et après avoir payé la somme ci-dessus mentionnée, il nous restait presque $2,000,000 pour faire face aux dépenses de l’année courante. Dans ces circonstances, notre situation financière était excellente; nous. n'avons pas été forcés de contracter des emprunts, mais nous avons fait face à des dépenses considérables et nous avons payé un montant de dettes assez élevé avec l’excédant en caisse et les intérêts sur les. fonds déposés par le peuple aux banques d'épargne du gouvernement.

Inutile de m’arrêter plus longtemps à cet état général touchant les opérations financières de l’année, mais qu’il me soit permis d'appeler l'attention de la Chambre sur une question à laquelle feront probablement allusion les honorables députés de la gauche lorsqu'ils discuteront mon exposé budgétaire.

L'année dernière les dépenses ont excédé de $1,500,000 celles de l’année précédente.

UNE VOIX.—Ecoutez ! Ecoutez !

Sir LEONARD TILLEY.—Il y a deux ans les dépenses se sont élevées à $25,500,000, et, l’année dernière, elles ont atteint le chiffre de $27,000,000.

J'entends un honorable député de la gauche s’écrier : “ Ecoutez! Ecoutez !” et c’est pourquoi je vais donner des détails au sujet de cette augmentation des dépenses afin de démontrer que si les dépenses de:

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J’année dernière ont excédé de $1,500,000 celles de l'année précédente les taxes n’ont pas été augmentées de plus de $500,000. J'ai préparé un état relativement à l'augmentation des dépenses l'année dernière, et je désire appeler l'attention de cette Chambre sur les différents items qui se rattachent à cette augmentation et sur les circonstances qui en ont été la cause. ,

Le premier item est celui de $146,6 5°, augmentation des intérêts. .Je ferai observer que nous n’avons pas payé, pour les intérêts, $146,650 de plus que l'année précédente. Ce montant représente simplement la différence entre les recettes À compte des intérêts et les paiements sur le même compte, parce que, comme je l'ai dit en commençant, le montant réel payé pour les intérêts est de $15,000 moindre que celui payé l’année précédente ; mais cela s'explique par l'augmentation des dépôts aux banques d'épargne, et par le fait que le syndicat du Pacifique, en vertu de son contrat, a déposé entre les mains du gouverne: ment une forte somme, sur laquelle il a fallu payer les intérêts ; ce qui a nécessairement augmenté le chiffre total des intérêts, quoique le gouvernement n'a pas voulu que ce montant ne reste À rien faire : il l’a déposé aux banques à quatre par cent d'intérêt, et, si les paiements ont augmenté, les recettes ont augmenté aussi en proportion égale. Consé- ‘quemment cette somme de $146,650 ne représente pas.une taxe payée par le peuple. Nous avons payé cette somme additionnelle pour les fonds déposés entre nos mains, et en avons été remboursés, ce qui fait “que nous avons payé $15,000 de moins que l’année précédente. Je crois que ces explications sont satisfaisantes en tant qu'il s’agit de «cet item.

Le second item est celui du fonds d'amortissement, qui a été augmenté de $39,993. Cet item augmente d'année en année et est “consacré à la réduction de la dette publique : on n’a donc pas raison de se plaindre de cette dépense. Il a été augmenté en vertu des ‘arrangements conclus pour la négociation de nos emprunts et est

“consacré à acquitter les dettes échues. Or, on constate une augmentation de $75,481 dans les subsides payées aux provinces dont la population n’a pas encore atteint quatre cent mille âmes et qui ont «droit à 80 cents par tête tant que leur population n'aura pas atteint ce chiffre, et on ne peut blâmer le gouvernement d’avoir payé ces subsides.

L'item suivant est l'augmentation de $30,072 pour les dépenses du service civil. Les honorables députés de la gauche prétendront, sans

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