‹ Discours sur le budget prononcé dans la Chambre des communes du Canada, mardi, 9 mars 1880 [microforme]Chapitre 5 sur 9 · ANNEXE · texte numérisé non relu

ANNEXE

AU

SIR LEONARD TILLEY—Avant de vous prier de laisser le fauteuil, M. lOrateur, je demande la permission d'informer la Chambre que, lorsque nous nous formerons en comité, je lui proposerai de prendre en considération et d'adopter les résolutions suivantes à l'effet d’amender le tarif. Je dois dire que deux des items de ces amendements avaient été omis dans la cédule soumise précédemment. Les autres se ‘apportent à des matières qui ont été l’objet de la considération du gouvernement depuis la présentation des premières résolutions.

1, Résolu.—Qu'il est expédient, en addition aux dispositions contenues dans la résolution du 10 mars dernier, d'amender davantage l'Acte 42 Vic., chap. 15, en faisant les additions et les modilications suivantes à l'annexe À du dit acte :—

1, Après l'item ‘ Articles plaqués”, insérer les mots: Roues à émeri, vingl-cinq pour cent ad ValOrEMsssssrresss sovonnove soscsuoee vossooves vosssose 20 D. CONt.

2, Après ‘“ Gants et mitaines ”, insérer les mots: feuilles d’or el d'argent, vingl-cinq pour cent ad valoremMessens. sorrsrsssuene vesoonccs socvs soso sos oosoe

3, Dans l’item concernant le ‘ Malt ”, retrancher les mots : ‘ deux cenuns par livre ”, etincérer les mots : quinze cenlins par boisseau, lors de l'entrée en entr'epôl, sujel aux règlements de l'accise...... . 130. p. bois.

A. Après l’item ‘ Vernis ”, insérer les mots: l'ert de Paris, sec, dix pour cent al VAlOTEMeu svseue vssnoe vonvoosonecsns vscnus soccvnesossosso ces soseesesesentee

5. Sous le titre ‘ Laines et lainages ” dans l’item concernant le ‘ Feutre pour chaussures ”, après le mot: ‘“ souliers ”, insérer les mots : el Jupons.

6, Sous le titre ‘ Poudre et autres matières explosives ‘’, après l’item concernant la ‘ Nitro-glycerine ”, insérer les mots : Pourvu qu'une remise de un cenlin el demi soil aulorisée el payée pour loule poudre à pélarder réellement employée par des maneurs dans la p'ovince de la Colombie-Brilannique, pendant les trois années qui suivront immédialement le premier jour d'avril 1880.

7. Dans l'item ‘“ Savon commun, brun ec jaune ”, après le mot ‘ centin ”, DÉOROTE OS ROUE VO a mate cmecruteemucouucces 9 DID, 2, Résolu, Qu'il est expédient d'amender davantage l'annexe des ariicies admis

en franchise, comme suit :—

25 p. cent.

10 p. cent,

Livres à caractères soulevés, pour aveugles. ss sense sense eee sons Libre

Dans l’item concernant les ‘ Couleurs ”, retrancher les mots ‘ de castille ? et “ Vert de Paris.”

{ SiR LEONARD TILLEY (continuant) —Telles sont les propositions que j'entends soumettre à la considération de la Chambre, lorsque 4 nous nous formerons en comité. Mais, avant de vous prier de laisser | à le fauteuil, monsieur l'Orateur, j: désirerais profiter de l’occasion pour 1 répondre aux critiques que les honorables membres de la gauche ont | faites de la politique financière et commerciale du gouvernement actuel. J'ai toujours eu pour habitude, et dans cette Chambre et dans la législature locale, quand j'en faisais partie, de discuter les questions au seul point de vue de leur mérite. En 1873 et en 1879, lorsque je faisais mes exposés financiers, comme aussi il y a quelques jours, j'ai évité toute allusion—bien que mon langage ait été dénoncé comme haineux par les honorables membres de la gauche—à nos prédéces- ‘ seurs, Comme aussi aux actes de la dernière administration. Je comprenais qu'il n'était que juste et convenable, en faisant un exposé financier aussi important, d'établir ma cause sur son mérite seul et de ne pas me rejeter sur les erreurs de nos prédécesseurs. Mon l' honorable prédécesseur (sir Richard Cartwright), qui, je regrette de le constater, n’est pas à son siége, a jugé à propos, comme il l'avait fait déjà dans des circonstances antérieures, de répondre par des moqueries et ‘ des insinuations à mes arguments, au lieu de les combattre loyalement et par raisonnement; et, s'il était ici, je me croirais tenu de faire certai- ( nes remarques au sujet de sa mauière d'agir, bien que mon honorable ami, le ministre des chemins de fer, l'ait traité dans cette occasion d'une manière qui à été hantemont approuvée des deux côtés de la Chambre. Comme il est absent, monsieur l’Orateur, je remits les remarques particulières que j'aurais à faire sur son compte à la \ fin de mon discours--il sera peut-être à son siége alors--et je vais pr')- | céder immédiatement à l'étude de la question au mérite. {| Au cours de la discussion qui a eu lieu, ila été dit, relativement î aux affaires financières de la Confédération, que les estimations soumises au sujet des dépenses de la prochaine année financivre e sont beaucoup plus élevées qu'aucun des exposés antérieurement soumis à cette Chambre,et prouvent une prodigieuse extravagance de La prrt Padministration actuelle. On a dit que la dette de la Confédération cauadienne avait augmenté considérablement depuis l’année 1873 jusqu'au: jourd'hui, et que ce fait, alarmant à l’extrème, demandait la plus

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séricuse considération, non-seulement de la part du gouvernement, mais encore de chacun des membres de cette Chambre. On a dit aussi que le pays était beaucoup moins taxé qu'à présent en 1867-68, la première année de la Gunfédération. Je veux montrer dans quelle mesure les taxes ont ainsi augmenté et quelle a été la cause de l'augmentation. Je désire établir, en outre, quelles sont les dépenses en perspective pour la construction des chemins de fer pendant les dix annces qui commencent, et comment nous espérons payer ces dépenses. Lorsque j'aurai traité ces divers points, je m2 propose d'appeler votre attention sur les arguments et les avancés relatifs au fonctionnement du tarif pendant les derniers douze mois.

Je parlerai d'abord des estimations de l’année prochaine, qu’on a déclarées excessives. Pour ce qui est des estimations relatives aux dépenses, je me propose de prouver que, par le fait que les dépenses additionnelles sont d'un caractère absolument nouveau, la dépense proj tée, pour l’année prochaine, est moindre, en autant qu’il s'agit de la partie contrôlable, qu’elle n’a jamais été depuis 1873.

l'estimation des dépenses pour l’année prochaine est de $25,207,- 203, en y comprenant $200,000 pour les estimations supplémentaires qui seront soumises et qui renferment desiterns pour les édifices publics de Minitoba. Je compare cette dépense projetée avec celle de 1873-74.

Si nous déduisons de ce budget de 825,207,203 l'intérêt accru sur la dette, le fonds d'amortissement, les subsides aux provinces, qui se montont à $2,294,883 ; si nous déduisons $186,000, dépense estimative pour le chemin de fer de l'Ile du Prince Edouard, comme dénense qui n'existait pas en 1873-74; si nous déduisons $000,000 pour la section du chemin de fer Intercolonial de Moncton à Québec, qui n’était pas livrée au trafic en 1873.74, pour la raison que la ligne n'était pas ouverte elle-même ; si nous déduisons $200,000 demandées pour l’année prochaine pour subvezir à l'entretien et à l'administration de la partie du chemin de fer du Pacifique qui sera alors en opération, nous nous trouvons avoir une déduction totale de $3,180,838, ce qui laisse $22,- 326,360, contre une dépense de $23,316,316 en 1873.74 Si nous dédui. sons Je la dépense en 1873-74 la somme de $540,000 qui devrait être porlé: pour la constructton du chemin de fer; si nous déduisons les retenues, ou remises de droits, remboursés après coût pendant cette

année ; si nous prenons certains autres items qui n'appartiennent pas en réalité à l’année, au montant do $1,000,000 au plus, on trouvera que, même en donnant le bénéfice de ce million à l'ancien gouvernement, la dépense pour l’année prochaine, sur les items que nous contrôlons, est réduite à $22,026,000, contre $22,313,316, somme moindre, cette déduction faite, que celle des dépenses de l’année 1873-74.

Nous arrivons maintenant aux dépenses de 1874-75, pour lesquelles les honorables membres de la gauche sont incontestablement r'esponsables, et nous trouvons, en pr nant $25,207.203 comme montant des estimations de l’année prochaine, ainsi qu'établi ci dessu:, et déduisant Paugmentalion de Pintérêt et du fonds d'amortissement, ainsi que l'augmentation des subsides entre 1874-75 et 1880-81, soit $1,418,423 ; la dépense estimative sur le chemin de fer de l'Ile du Prince-Edouard, qui est de $135,000 de plus qu’en 1874-75: déduisant de plus $450,000 po'ir l'administration de l'Intercolonial, qui n'était pas ouvert en 1874- 15, et aussi $200,000 à dépenser pour l'administration et le fonctionnement du Chemin de fer du Pacifique canadien à Manitoba, et nous nous trouvons avoir une diminution totale de $2,203,428 à déduire sur les $20,207,203 demandés pour 1880-81, laissant seulement 823,003,775, contre $23,713,071 en 1874-75, ou $710,000 de moins.

Venons, à présent, à 1875-76. Si, encore, nous déduisons de la dépense estimative pour la prochaine année l'augmentation de l'intérêt et du fonds d'amortissement, ainsi que les subsides, qui forment $1,401,742 ; la dépense estimative sur le chemin de fer du Pacifique, $200,000 ; les frais d'exploitation de la section de la Rivière-du-Loup, chemin de fer Tutercolonial, $200,000, nous avons une dépense de $23,405,461, contre $24,483,372 en 1875.76, sous l'administration de nos prédécesseurs, soit $1,000,000 de moins.

Si nous prenons mainienant 1878-79, et si nous déduisons des dépons:s estimatives de l’année prochaine la différence dans le service de lPintérêt, du fonds d'amortissement et des subsides, $8631,235 ; dans le coût de l'administration du chemin de fer da Pacifiqu, $200,000 ; la soction de la Rivièredu-Loup—antrefois Le Grand-Tronc--8200,000. nous avons nn Lolal de $1,031,835, laissant un budget de 824,175,968

à opposer à un budget de $824,451,481 pour 1878

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Nous nous attendons à une augmentation des dépenses d'année en année, à mesure que nous prolongerons le chemin de fer du Pacifique. Mais si, conne dans le cas actuel, par cette augmentation de dépense nous obtenons une augmentation équivalente de revenu en retour, les charges du public ne seront pas accrues. #

Faisant ces déduetions jour le fonds d'amortissement et autres dépenses e\ceptionnelles, on verra qu'il n’y a pas eu une seule année, depuis 1873, où les dépenses n'aient pas excédé de beaucoup les estimations de 1880-81.

J'arrive à un autre point de quelque importance, l'augmentation des taxes du peuple canadien depuis la Confédération. Eh! bien, en un! \ 1867 et 1868, les douanes et l’accise, qui donnent la mesure de la | taxation, produisirent $11,700,682, ou, en pro] ortion de la population à 1l cette date, l'Union ne comprenant que les quatre grandes provinces, $3.09 par tête. En 1878-79, nous avons retiré des douanes et de l’accise $18,476,613, ou, suivant le chiffre de la population, $4.55 par tête, ce qui constitue u.:: augmentation de $i par tête,

M. BLAKE — Dans quelle mesure la population avait-elle aug- À menté ? À {| \

M. LEONARD TILLEY--Je l’évalue présentement, en ajoutant les | nouvelles provinces et le contingent de laugmentation ordinaire, à 4,000,000 d’âmes.

M. BLAKE—L'augmentation ordinaire est-elle calculée sur celle qui a eu lieu entre 1860 et 1870 ?

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Sir LEONARD TILLEY—Oui. Le chiffre doit être d'environ É 4,000,000, et c'est sur ce chiffre que mon calcul est basé.

Il'est très important de montrer les causes qui ont produit cette augmentation de taxe de $l par tête.

La première se trouve dans une mesure soumise en 1873 par le L gouvernement dont je faisais alors partie, qui fut emportée à une écra- 1

sante majorité, et qui a depuis été critiquée avec une grande sévérité par quelques-uns des honorables membres de la gauche, à l'effet d’assumer toute la dette d'Ontario et de Québec à l’époque de la Confédération, et d'accorder des compensations aux autres provinces. L’ex-

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ministre ‘des finances condammna cette mesure, disant qu'elle aurait pour résultat l'imposition de lourdes charges sur le peuple. Mais, qu’elle fût bonne ou mauvaise, elle fut appuyée par une forte majorité, et Wa pas entrainé d'augmentation de taxe en somme. En pratique, la mesure signifiait prendre de l'argent dans une poche pour le mettre dans l’autre. On assumait, à la vérité, les dettes d’Ontario et de Québec, et l’on donnait aux autres provinces une compensation, mais, en même temps, on délivrait les premières de la nécessité d'augmenter les taxes locales. La mesure permit aussi aux gouvernements locaux de développer les systèmes de chemins de fer du pays, et leur fut d’une grande utilité. Le réglement de ces réclamations ajouta $900,000 à nos dépenses annuelles.

À présent, monsieur l'Orateur, on a ajouté encore aux dépenses annuelles de la Confédération 81,115,000, auxquelles il fallait absolument pourvoir, intérêt et fonds d'amortissement pour la construction du chemin de fer Intercolonial. Y a-t-il quelqu'un dans cette Chambre qui dira que la construction de ce chemin m'était pas nécessaire ? Est-ce que l'exécution de cette entreprise n'était pas une des conditions de l'union contractée lors de la Confédération? Donc la construction de cette voie ferrée était nécessaire, et il fallait pourvoir à cette somme de $1,115,000, pour l'intérêt et le fonds d'amortissement, En sus de cela, nous avons eu à payer une moyenne de 8500,000 par an pour l’entretien de ce chemin de fer, pour combler le déficit causé par l'insussisance des recettes. J'espère et je crois que le temps est passé où le trésor avait à payer cette somme, mais jusqu’à présent il a fallu la payer. En 1878. 19, elle s’est même accrue de $200,000, mais je n'ai tenu compte que de la moyenne.

Ensuite, il y a eu une augmentation dans les dépenses du service des postes, de $400,000, en sus des recettes, La dépense a augmenté de $1,100,000, et la recette de $600,000 seulement. Ce peut être une question de savoir s’il était à désirer que l’un ou l’autre gouvernement donnât à ce service toutes les facilités qui lui ont été données, mais, quoi qu’il en soit, l’argent a été dépensé, et nous recueillons les bénéfices de cette dépense d’un bout à l’autre du pays.

Et puis, il y a l'intérêt et le fonds d'amortissement du chemin de fer du Pacifique et des Canaux, qui se montent à $1,250,000.

Tout cela forme un total de 84,265,000, ou plus de $1 par tête pour la taxation additionnelle en 1878 19

Je crois qu'il importe d'établir ces faits, parce que nous devons tenir compte, en consid(rant l'augmentation de la dette publique, du fait que nous avons ajouté troisou quatre provinces à la Confédération; que nous avons acheté un vaste territoire, que nous sommes à coloniser ; que nous avons construit et que nous faisons fonctionner un chemin de fer que nous étions LEnus de construire par l'acte de Con fédération; et que augmentation de $l par tête a été causée par des dépenses qui, en général, ne pouvaient être évitées, et qui, au contraie, étaient absolument nécessaires.

J'arrive, maintenant, monsieur l'Orateur, à un autre fait, qui à également trait à l'augmentation des depenses et qui se rapproche de celui que je viens d'exposer. Nous avons entendu plus d’une fois, pendant cette session, les honorables membres de la gauche dire que les dépenses du Canada avaient augmenté très rapidement, que notre budget des dépenses, au commencement de la Confédération, n'était que de $13,486,- 000, tandis qu'il s’est élevé à $24,455,000 l'année dernière. Il importe, à ce sujet, de montrer comment cette augmentation de dépense est arrivée, pour quels objets elle à été encourue, et ce qui Fa nécessitée. L'augmentation dans Île service de l'intérêt de la dette, du fonds d'amortissement et des subsides provinciaux, ie règlement des dettes des provinces, et l'augmentation de la dette enconTrue pour les canaux et le chemin de fer du Pacifique, seulement, se montent à $3,982,651. Les dépenses comprises sous le titre de l'Intercolonial, c'est-à-dire l'augmentation des frais d'exploitation (car de même que les receites du chemin forment un item de notre revenu, ainsi les dépenses forment un item de notre dépense générale) sur ceux de 1867, sur la section du chemin de fer Intercolonial ouverte älors, entre Saint-Jean et Shédiac, et entre Halifax et Truro, se montent à 81,873,530.

Nous arrivons ensuite à l’item des travaux publics. Pendant les deux premières années de la Confédération, nous n'avons dépensé que très peu pour les travaux publics. Sir John Rose, alors ministre des finances, avait posé le principe que les dépenses ne devaient pas excéder le revenu. Pendant la première année de la Confédération, le montant dépensé pour les travaux publics a été de 8269,000 seulement. Lan

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dernier, cette dépense a atteint le chiffre de $1,130.000, soit une aug. mentation de $740,000.

La dépense du service des phares et des côtes a augmenté de $8270,000. La politique de l’un et de l’autre gouvernements—et je crois que c'était une sage politique—a été de dépenser libéralement pour la construction et l'entretien des phares, qui sont d’un si grand service pour le commerce, et dont nos importateurs et exportateurs surtout peuvent apprécier l'utilité.

Pour les pêcheries, la dépense, pendant la première année du régime fédéral, avait été de $30,572 ; l'an dernier, elle se montait à $82,314, et la moyenne, depuis 1871, a été de $90,000 par année. Jamais le peuple ne contestera qu’il faut encourager cette branche d’industrie.

Nous arrivons ensuite à la dépense considérable qui a été encourue, l’année dernière, pour les sauvages du Nord-Ouest et les terres fédérales. La dépense que couvre cet item est devenue très forte et a pris un caractère grave. Cest une question de sävoir s’il y avait moyen d'adopter une politique différente ; mais je crois qu’on admettra que les argents qui ont été dépensés en vertu des traités faits avec les Sauvages, pour les maintenir en paix ou pour venir à leur secours en temps de détresse, sont beaucoup mieux employés qu'ils ne le seraient à augmenter nos forces militaires. La dépense encourue en vertu de cet item a atteint $680,000 l’année deruière,

Puis, il y a augiientation de dépanse dans la Colombie Britannique, l'Ile du Prince-Edouard, Manitoba et le Nord-Ouest, en dehors des items sus mentionnés, pour un montant de $700,000.

Pour le service océanique et le service des rivières, nous avons dépensé, l’an dernier, $130,000 de plus qu'en 1867; et l'augmentation des dépens:s, dans le service des postes, a été de $1,168,000.

Pour la législation, l'augmentation des dépenses a été causée en partie par l'entrée de nouvelles provinces dans la Confédération, l’augmentation du nombre des membres de cette Chambre et du Sénat, et en partie par l'augmentation de l'indemnité des membres. Cet item était de $193,000 plus considérable l’année dernière que pendant la première année de l’union.

La nomination de quatre lieutenant-gouverneurs additionnels a causé une augmentation de $31,000 pour leurs salaires.

Dans le département des poids et mesures, il y a eu une augmentation de $84,006 ; et le coût de l'administration des canaux a augmenté de $100,000, quoique leur revenu se soit accru de 890,000.

Cela fait, en tout, une augmentation de $10,104,190, laissant environ $865,000 pour l'augmentation des dépenses dans le service civil, l'immigration, les pensions, les retraites, les hôpitaux de la marine, les douanes et l’accise, les explorations géologiques et les obser+ 1inires, résultant de l'admission de provinces nouvelles ou d’items à: iX dans le budget. Ge sont là les items qui constituent l'augmesiusation qui a eu lieu depuis la Confédération ; mais si les honorables membres veulent bien les considérer et les examiner avec soin, ils verront que, bien qu’il y ait probablement des dépenses qui auraient pu être évitées, dans la plupart des cas, cependant, il y a des raisons plausibles pour l'augmentation.

M. MACKENZIE—Pour les assurances vous avez un revenu égal aux dépenses, sinon plus élevé.

SIR LEONARD TILLEY—Oui, certainement, et notre revenu a même été en augmentant sur plusieurs de ces items. De 1867 à 1873, augmentation du revenu à été beaucoup plus forte que celle de la dépense, qui a laissé un surplus, et depuis lors il y à eu une augmentation sur un grand nombre d'items: mais tout cela va augmenter la dépense générale, et je crois que plusieurs honorables messieurs ne tiennent pas toujours compte de ce fait autant qu'ils le devraient.

Quelques:uns disent au public que les dépenses ont augmenté de $13,000,000 à $24,000,000, sans rien dire de l'augmentation du revenu ——provenant des travaux publics—qu’a produite cette augmentation de dépenses.

Je viens à présent à un point qui, je crois, à besoin d’être un peu éclairci, celui de l'augmentation de la dette depuis 1867. D'après les rapports publics, la dette du Canada, prise en bloc, était en 1867-68, de $93,046,000 ; soit, en déduisant Pactif, nominalement de $17,317,000, une dette claire de $75,728,000. En 1872-73, la dette nette se montait à 599,848,000, contre $75,728,000 en 1867-68, donnant $24, 119,820 comme

augmentation neite de 1867 68 à La fin de 1873. J'ai entendu quelquesuns des honorables membres de l'opposition dire que l'augmentation de la dette, pendant notre administration, avait été énorme, et l’un d'eux a dit, l’autre soir, que, depuis 1873-74, la dette n'avait augmenté que peu ou point du tout, et en réalité de 87,000,000 seulement.

M. MACKENZIE-—Non.

SIR LEONARD TILLEY—Je crois que l'honorable député de Huron-Sud (M. Cameron) a dit cela.

SR CHARLES TÜPPER—JI a dit qu'il n’y avait pas eu augmentation de la dette.

M. MACKENZIE--J’ai dit qu’il n'y avait eu d'autre augmentation de la dette que celle nécessité par les obligations que nos prédécesseurs en oflice avaient contractées.

M. CAMERON (Huron-Sud}—C’est rapporté dans le Hansard.

SIR LEONARD TILLEY-—Le député de Huron-Sud a dit plus que cela. L'un des items qui constituent l'augmentation de la dette est un item de $14,520,000, dépensés sur le chemin de fer Intercolonial. N'était-ce pas là une des augmentations nécessitées par les clauses de l'acte d'Union? Il y a ensuite une somme de $13,859,000 pour le règlement des dettes des provinces. Cet item n’a pas augmenté les taxes du pays en général, bien que la mesure ait eu pour effe d'augmenter la dette et Le passif de la Confédération ; la somme retourna au peuple par les gouvernements locaux et les législatures. Le passif a été augmenté de $28,379,000 par ces deux seuls items, pour ne rien dire des dépenses des canaux, de l’achat du Nord Ouest, des explorations du chemin de fer du Pacifique et autres matières de même genre. Ces deux items seuls s'élèvent à $4,200,000, en sns de l'augmentation totale de la dette pendant cette période.

Sir CHARLES TUPPER —$i mon honorable ami veut me le permettre, j'attirerai l'attention sur l’avancé fait par l'honorable député de Huron-Sud (M. Cameron), avancé que l’on trouve à la page 705 des débats, formulé en ces termes : “ La dette publique s’est à peine accrue d’une piastre pendant l'administration du dernier gouvernement,”

M. CAMERON (Huron-Sud)—Si l'honorable monsieur veut bien référer au discours, il verra que je faisais allusion aux obligations considérables contractées antérieurement.

Sim LEONARD TILLEY—Eh ! bien, voyons ce qu’étaient ces obli. gations à la fin de l’année dernière. Nous trouvons que la dette claire était, à la fin de 1879, de $147,481,070, formant une augmentation, pendant cette période, de 847,632,607.86.

SR CHARLES TUPPER—L'honorable député d’Oxford-Nord (M. Oliver) a dit que la dette publique de la Confédération était de 8147,481,557 lorsque mon honorable ami le député de Lambton à laissé Le pouvoir. Et lorsqu'il arriva au pouvoir, cette dette était de $140,000,000.

SIR LEONARD TILLEY—C'est exactement ce que j'ai dit. Le Hansard peut être exact ou non; mais, en général, il passe par les mains des membres, et je me hasarde à dire que ce passage a passé par les mains de mon honorable ami de la gauche.

A présent, il y a une augmentation, pour cette période, de $847,632,000, à laquelle il faut ajouter la dépense qui doit être faite en vertu des contrats passés par nos honorables amis de la gauche, à partir du 1er juillet dernier ; les engagements qu’ils ont contractés pour le canal Welland, le canal Lachine, le canal de Cornwail et le chemin de fe: du Canada Central s'élevant à la somme de $6,951,000 ; formant en tout $54,500,000. Si nous ajoutons à cette somme les $4,500,000 de l'indemnité des pêcheries, cela porte l’'angmentation de la dépense sur le revenu à près de $60,000,000 en six années,

Les honorables messieurs ont cité des extraits de mon discours de 1873, où je parlais des obligations que le Canada allait avoir à encourir, de $10,000,000 à dépenser sur le chemin de fer Intercolonial, de $20,000, - 000 à dépenser pour les eanaux, dépenses que, d’après les recommandations d’une commission, on n'était pas tenu de faire dans les cinq ou six ans, ni même dans aucune période déterminée. Il s'agissait d’une commission nommée pour examiner et étudier le système général des canaux, afin qu'aucune somme ne fft gaspillée, mais que tout fût bien dépensé sous cet item général. J’estimai que la dépense, d’après ce rap

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port, serait d'environ $20,000,000. Alors l'engagement que nous avions contracté, et q1i était de 830,000.000 pour l’achèvement du chemin de fer du Pacifique, portait cette somme à $60,000,000 en tout. Il appert ainsi que, de la fin de 1873 à la fin de l’année dernière, c'est-àdire depuis que nous avons laissé le pouvoir, la dette s'est accrue de $60,000,000, et les honorables députés de la gauche diront encore que la dette ne s’est pas accrue pendant cet intervalle, ou qu’elle ne s’est pas accrue de plus que de $7,000,000. Ge qui plus est, lorsque nous arrivâmes au pouvoir, non-seulement nous nous trouvâmes en face de ces obligations contractées, qui demandaient $6,900,000 pour être exécutées complètement, mais nous trouxâmes les contrats de chemins de fer passés de telle façon que l’une, à l'est de Winnipeg, et l’autre, à l’ouest du lac Supérieur, ne pouvaient être d'aucune utilité à moins de compléter la section intermédiaire. Afin, donc, que les travaux sur ces sections coûteuses püssent être poussés immédiatement et que les dépenses faites sur les 400 milles du lac Supérieur à Winnipeg püssent être de quelque valeur par la suite, on considéra comme de la plus haute importance de construire au moins 200 milles au delà, dans cette fertile région, afin de retirer quelque profit des énormes dépenses déjà encourues. Ces dépenses s'imposaient ainsi à nous. Conformément aussi aux Conditions acceptées par mon honorable ami de la gauche, nous nous sommes mis à même d'exécuter loyalement les engagements que son parti avait pris relativement à la construction du chemin de fer du Pacifique.

Mon honorable ami de la gauche a dif, l’autre soir, que, lorsqu'il avait demandé des soumissions—à moins que je l’aie mal compris— pour la section de la Colombie-Britannique, dont le tracé fait par l’exgouvernement a été accepté par le gouvernement actuel, il n'avait agi ainsi qu'afin de s'assurer de ce que pourrait être Le coût de l’entreprise. Il faut que j'aie mal compris mon honorable ami; car, lorsque je me rappelle les négociations qu’il a faites avec la Colombie, lorsque je me rappelle que lord Carnarvon et le gouvernement impérial furent admis dans la confidence, et qu'il s’engagea a construire le chemin pour 1890 sil lui était impossible de le terminer plus tôt; et qu’en outre, il promit de donner à la Colombie Britannique $750,000 au lieu de la portion du chemin qui devait être construite dans l’île, ou au lieu de

cette section, engagement qui fut ensuite rejeté par le sénat ; quand je me rappelle tout cela, et que je vois que ces messieurs ont donné avis d'une proposition d’arrèter les travaux dans cette partie du pays, je confesse mon étonnement, vu la position dans laquelle se trouvent mes honorables amis de la gauche par ‘apport aux obl';ations qu'ils ont solennellement contractées avec la Colombie Brik.nnique et avec le gouvernement anglais par l'entremise de lord Carnarvon. C’est une question grave et sérieuse, en rapport avec cette dépense ; et je dois dire que j'ai été surpris, lorsque le vote a été donné quelques jours ensuite, de voir, à gauche, des membres voter pour une proposition qui, si elle eût été adoptée, aurait privé la Confédération des moyens qu’elle peut retirer pour construire c: chemin de la vente des terres, et condamné aussi les anciennes provinces à une augmentation de taxe pour le paiement final de cette dépense ; et ces messieurs vont, sans doute, voter avec l'honorable député lorsqu'il proposera une résolution à l'effet de ne pas continuer ces travaux, sachant, tout le temps, que les engagements que nous avons pris par traité doivent être remplis.

Lorsque le très honorable premier ministre a fait allusion, l’autre jour, à un état qui lui avait été remis et qui avait trait au revenu que nous Gevoss vraisemblablement retirer des terres du Nord-Ouest, il y eut quelques sourires à gauche ; et sans doute ils vont dire, pour jusüfier leur vote d'aujourd'hui sur la question des terres, qu’il n’y a rien à en retirer, et que, par conséquent, ils n’ont rien sacrifié en votant contre la vente des terres. Je soutiens, néanmoins, que cette évaluation n'était pas exagérée ; mais supposons qu’elle fût un peu forte, en prenant la moitié seulement de la population que l’on calcule devoir aller au Nord-Ouest, en supposant que le chiffre des émigrants cette année n'ait été que de 12,000 au lieu de 24,000, en ajoutant 2,500 par année au lieu &e 5,000, et ne comptant en outre que la vente de la moitié des terres mentionnées par le premier ministre, quel est le résullat? Ces terres produisent en argent, en dix ans, suivant ce Calcul, $19,500,000, au lieu de .39,000,000 et cela laisserait mne balance de paiements dûs sur les terres de 916,000,000, pour le paiement de la dette. L'honorable député de Gloucester a appelé l'attention sur le fait que mon honorable ami le chef du gouvernement n’a pas parlé de l'intérût

Le +!

qui devra être payé ‘pendant ce temps. Eh ! bien, notre calcul est celui-ci: que pour compléter le chemin depuis la tête du lac Supérieur jusqu'à Winnipeg, ainsi que les deux cents milles au-delà, É nous aurons à dépenser $10,000,000 par année pendant deux ans. | Et puis, la politique du gouvernement est de ne pas dépenser pour les travaux publics plus de $5,000,000 par an, et on verra, en faisant le calcul, que la dépense pour les deux années, lorsque nous aurons terminé le chemin de la tête du lac Supérieur à 200 milles au-délà de Winnipeg, joizte À la dépense encourue pour les travaux de la Colombie-Britannique, m'excédera pas $5,000,000 par année. A ce | taux, d’après les calculs de M. Fleming, l’entreprise sera terminée dans les dix ans, entraînant une dépense de $60,000,000. A présent, si nous calculons l'intérêt sur les $10,000,000 pour cette année, $10,000,000 pour l'année prochaine, $5,000,000 par année ensuite, il se monte à $18,500,000 en dix ans, un million de piastres de moins que la moitié de l'évaluation de mon honorable ami pour le paiement de l'intérêt, etlaissant $16,000,000 comme balance due, outre plus de 80,000,000 d’acres de terres non-vendues pour compléter le chemin.

Est-il déraisonnabe de supposer que dans dix ans il y aura dans cette région 250,000 âmes ? M. Fleming a déclaré que le chemin depuis Winnipeg aux Montagnes Rocheuses coûterait au plus $15,000 le mille —$13,000 est son calcul, portant la dépense totale à quelque chose comme .$13,000,000 ou $14,000,000 pour cetie section. J'ai entendu l'honorable député de Gloucester dire que l'expérience, dans les autres provinces, est que les chemins de fer n’ont pas développé le pays, Comment! supposons que nous ayions construit un chemin de fer à travers quelque partie du Nouveau-Brunswick, dont l'accès était difficile, et à travers des terres comme celles que nous avons sur les rives de la rivière Saint-Jean—et c’est là précisément l'espèce de sol que nous avons dans le Nord-Ouest—j'aimerais à savoir si ce chemin de fer ne serait pas un moyen efficace de développer et d'établir le pays. Eh! bien, monsieur l'Orateur, puisqu'il en est ainsi, je crois qu’il y à tout lieu d'espérer et d’être confiant au sujet du brillant avenir de cette région. ï

Comme je l'ai dit dans mon discours sur le budget, nos embarras financiers ne dureront qu'un an ou deux, Après cela, notre voie sera

éclaircie, et comme le gouvernement aura le contrôle de l’entreprise, il pourra toujours restreindre les dépenses sil voit quelque difficulté : mais je suis persuadé qu'il verra que $5,000,000 par année pour ce chemin et pour les 900 milles à l’ouest de Winnipeg ne sont pas une dépense extravagante.

Cette question est grave et série use, sans doute, mais je sens que la possession de ce magnifique territoire, avec les facilités et les attraits qu'il offre aux émigrants du vieux continent pour leur établissement, nous met dans une position bicn différente de celle que nous occupions avant d'acquérir cette région. Il en est de même pour le côté financier de la question.

J'en viens, maintenant, à considérer le tarif et ses effets pendant les derniers douze mois. J'ai dit, en faisant mon premier discours sur le budget, que l'effet le plus grave qu'on avait prédit comme devant résulter de la politique inaugurée par lo gouvernement était que cette politique serait fatale à certaines provinces.

Eh! bien, monsieur l'Orateur, j'ai voulu montrer brièvement que la province pour laquelle cette prédiction était plus particulièrement faite ne souffrirait pas beaucoup, selon moi, de la mise en force de ce tarif ; ils’agit du Nouveau-Brunswick.

L’un des honorables membres de cette Chambre à fait un discours remarquable sur ce sujet l’année dernière, et il en a fait un autre cette année ; mais comme ses avancés ne sont pas trouvés conformes aux faits, l'effet de ce discours ne sera pas aussi grand qu’au moment où il le prononça, et où ses amis l'entouraient pour le féliciter à ce sujet. Cet honorable membre (M. Ross.) pour moïtrer plus particulièrement que le tarif actuel avait été fatal à la province d'Ontario et à celle du Nouveau Brunswick, a dit que par suite de ce tarif les droits prélevés dans Ontario avaient augmenté de $1,16 par tête, tandis qu'ils avaient aug menté de 27 centins seulement à Québec; qu’ils avaient diminué de 9 cents à la Nouvelle-Ecosse et augmenté de $1.40 au Nouveau Brunswick. Maintenant, bien que les rapports de la dernière année n’embrassent qu’une période de quatre mois sous l'opération du tarif, si tels avaient été les résultats de ce tari l, l'honorable merabre aurait fait une tévélation au sujet de la différence de ses effets dans les provinces d'Ontario et du Nouveau-Brunswick. Mais lorsque j'aurai dit à la

Chambre que laÿdifférence par tête, ‘pour la population, a été de 16 centins, pour la dernière année, dans Ontario, au lieu de 81.16.

M. ROSS (Middlesex-Ouesti—Pour la dernière année ? Mais mon avancé était correct.

Si LEONARD TILLEY--Vos chiffres relativement à la dernivre année ne sont pas corrects. J'ai les rapports de la dernière année, qui montrent que l'augmentation, dans Ontario, n'a été que de 16 centins par tête, au lieu de 81.16, Elle a été de 27 c. dans la province de Québec ; et au lieu d'être de $1,40 au Nouveau-Brunswick, c’est une diminution de 81.40 que l’on constate pour cette province.

M. MACKENZIE-—Comment l'honorable monsieur classe-t-il les entrées faites à Montréal ?

SR LEONARD TILLEY —Je prends simplement ses données relativement à l'augmentation des droits par tête de la population.

M. MACKENZIE-—Si l'honorable monsieur donne des chiffres de son choix, je voudrais savoir comment il est parvenu à les former.

SR LEONARD TILLEY—IIs proviennent des rapports du commerce. Si vous vorlez les consulter, je vous montrerai les chiffres ; ils parlent pour eux-mêmes.

M, ROSS—J'ai référé à la proportion indiquée par le percentage,

SIR LEONARD TILLEY-—Si vous consultez les rapports du commerce de la dernière année, où il se trouve un état comparatif du taux des droits de douane par tête (je suppose que c’est là que l'honorable monsieur à puisé ses données), et si l'honorable monsieur veut que ses avancés aient quelque effet sur le public, il ne faut pas qu'ils les fasse aussi inCorrects el aussi sujets à contradiction. Je lui conseille d'exposer les choses telles qu’elles sont, au lieu de les changer de face et de parler d’une augmentation de $1.40 lorsque c’est une diminution d'autant.

Cette diminution est arrivée comme ceci : En 1877-78, par suite du feu de Saint-Jean, il y eut une très forte augmentation d'importation dans la province du Nouveau Brunswick. Il en résulta une augimentation Es par tête de la population pour cette année, et la consé-

a PE PRE RR MER N

quence a éte que l’année dernière la proportion était de $1.40 de moins. L’honorable député a dit ensuite, et son avancé a été corroboré par les honorables membres de opposition qui l’entouraient, que c'était là un fait difficile à déguiser. Cela montre seulement ce à quoi l’honorable député est capable de recourir pour faire pièce au tarif.

Je désirerais m’étendre un peu sur les effets qu'a eus ce tarif sur la province du Nouveau-Brunswick. L'un des honorables députés d’Ontario a fait allusion à une pétition venant de Saint-Jean, déposée sur le bureau de la Chambre et dans laquelle on se plaint du tarif : cette pétition portait environ 2,600 ou 2,700 signatures. J’ai constaté qu’il y avait juste autant de signatures qu’il y a eu de votes enregistrés pour lexministre des douanes à sa dernière élection. Et puis la pétition avait cet avantage que, dans une population de 40,000, où il y aurait 10,000 adultes du sexe masculin, dont un bon nombre ne seraient pas électeurs, il serait facile d'obtenir beaucoup de signatures parmi ces non-électeurs. En outre, je vois que cette pétition a été envoyée dans toutes les parties du pays. Elle ne dénote pas un grand changement dans l'opinion. Elle est très remarquable, en somme. Je m'étonne qu’elle n’ait pas été signée par tous ceux à qui elle a été présentée. Elle demande que l’on enlève le droit sur le sucre, la tarine, la fleur, et presque tous les articles d’importation. Je vois qu'un monsieur, partisan de ces messieurs de la gauche, était tout-à-fait d'avis que l’on enlevât les droits sur toute espèce de choses excepté sur un article qui l’intéresse fortement, attendu qu'il est-actionnaire important dans la compagnie des mines de charbon de Spring Hill, et il a marqué en marge: ‘ excepté le charbon.” IL faut examiner une pétition soigneusement si l’on veut savoir quelle valeur y attacher. Je remarque qu’il y a une merveilleuse similarité dans la calligraphie des signatures, et un autre fait remarquable à propos de cette pétition, c’est que plusieu’s parties en sont usées et salies, ce qui indique la somme de travail qu’il a fallu accomplir pour la faire circuler. Les signataires ont signé aussi une lettre conjointe à mon adresse et à celle des représentants des comtés, demandant que l’on se conformât à la pétition. Je nai reçu cette lettre que plusieurs jours après que j'eusse prononcé mon discours financier, alors qu’il était impossible de prendre ces sujets en considération et de les traiter.

Je viens maintenant à une affaire d’un caractère quelque peu per-

ee

sonnel. L'honorable membre de Queern’s, qui a pris sous ses soins la ville et le comté de Saint Jean, a lu un écrit soigné, indiquant le nombre des arlisants et des commerçants de la ville de Saint-Jean, et il m'a pris à partie pour avoir fait, relativement aux effets de la Confédé. ration, des calculs, financiers ou autres, qui se sont trouvés entièrement faux. Je puis dire, à ce propos, quant à la question de Confédéralion, que l'honorable monsieur a rapporté, comme il l'avait déjà rapporté antérieurement, le fait que j'avais dit que la taxe des douanes et de l’accise, en vertu des arrangements pris à Québec, serait de $2.75 où $3.00 par tête. Mais quels sont les faits ? Si nous nous rappelons les arrangements pris après la réunion de Québec, et les concessions et modifications faites plus tard, on verra que la somme que nous recevons au Nouveau-Brunswick comme intérêt sur les dettes et les subsides est de $3.00 par tête de la population actuelle, ce qui est plus que la taxe nécessaire était supposée devoir être d’après l'arrangement primitif. Je n'hésite pas à dire, et ilest facile de le prouver, que le Nouveau-Brunswick a reçu une somme égale à ce qu’il a payé, année par année, au trésor fédéral, sans payer, jusqu'ici, une cent d'intérêt sur les dépenses encourues pour le chemin de fer du Pacifique, les canaux et le service civil. En dépit de cela, je suis accusé ici d’avoir fait un arrangement qui a été préjudiciable, financièrement, à la province du Nouveau-Brunswick.

Au sujet de la condition de cette partie de la Confédération, j'ai donné, l’autre jour, quelques chiffres relatifs aux effets de la politique nationale sur les industries manufacturières dans cette province. A la fin de la session, j'ai dit qu’on avait demandé une charte pour l'établissement d’une raffinerie de sucre. Comme il n’avait rien été fait en vertu de cette charte, on tourna en ridicule l’allusion faite par moi à la raffinerie projetée de Moncton. L'autre jour, j'ai cru devoir télégraphier à M. Harris au sujet de cette raffinerie, et j'ai reçu une réponse de son associé, qui me disait qu’ils ont commencé la construction d’une raffinerie de sucre, et que M. Harris est en Angleterre pour acheter des machines.

SiR ALBERT 3, SMITH—Combien d'hommes empioiera-t-elle ?

Sir LEONARD TILLEY- Elle en emploiera assez pour que, par son

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