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«“ La farine importée des Etats-Unis, dont la quantité était limitée, était une furte farine de boulanger, faite du blé du Minnesota, d'une qualité telle qu’il ne s’en récolte pas en Canada, excepté dans le Nord-Ouest, et une farine inférieure pour le pain de matelot. Les prix donnés sont ceux du jour, et montrent que le droit de 50c. par barril n’a pas fait sensiblement augmenter le prix pour les consommateurs.”
Sir A. J. SMITH—Ce monsieur est il en faveur du droit ?
Sin LEONARD TILLEY —Je ne sais pas s’il est en faveur du droit
ou non, mais il est en faveur de la politique. Cest un des plus gros marchands du Nouveau-Brunswick, et il donne ces chiffres comme résultat de l'expérience qu’il a faite de la politique.
Il est six heures, et l’Orateur quitte le fauteuil. Séance du soir
Sir LEONARD TILLEY—Dans mon discours cette après-midi, j'aurais voulu soumettre certains documents qu’il me fut impossible de retrouver dans le moment. de les ai maintenant en ma possession, et comme les exposés que j'ai faits n’ont pas trail à ces documents la Chambre me permettra peut-être d'en parler maintenant.
Relativement aux assertions de l'honorable député de Middlesex- Ouest (M. Ross,) j'ai ici un tableau pris des rapports du commerce et de la navigation pour 1879, No. 8, page XXV, qui établit la proportion des droits de douane qui ont été payés par tête, suivant le chiffre de la population, pour chaque province et pour la confédération, de 1868 à 1869. Je vois par ce relevé qu'en 1878, ie montant par tête, dans Ontario, a été de $2.90, tandis qu’en 1879 il était de $3.06, soit une
différence de 16 cents, au lieu de 81.16, comme l'avait dit l'honorable député de Middlesex-Ouest, Au Nouveau Brunswick, les droits de douane, en 1878, étaient de $5.07 par tête, et en 1879, de 83.67, soit une différence per cap'tu en faveur de 1579, de $1.40 de moins qu’en 1878, au lieu de $1.40 de plus, comme l'a affirmé le député de Middlesex- Ouest.
M. ROSS—Le discours que cite l'honorable monsieur n'a pas été rapporté correctement. La version du Hansard n’est pas fidèle. Je me rappelle parfaitement ce que j'ai dit. Mes paroles n’ont pas été ‘apportéés ainsi dans le Globe de Toronto, ni dans aucun des compte rendus que J'ai lus. C’est une fausse représentation quant à ia différence par tête et par cent.
SIR LEONARD TILLEY—J'ai vu le Globe de Toronto le lendemaim, Je supposais qu’un discours prononcé avec une telle force et un pareil effet aurait paru en entier. Je me hasarderai à dire que personne ne
fut plus félicité par ses amis politiques que l'honorable monsieur ne la élé à l’occasion de ce discours, et cela pour la raison qu'il avait fait des assertions erronées, comme j'en ai donné un exemple. Je remarquai la chose dans le temps, et je me demandai sije n’y ferais pas allusion alors ou si je devais attendre l’occasion de répliquer. En voyant le Globe le jour suivant, je vis, à ma grande surprise, que le discours de l'honorable mousieur, qui aurait pu Couvrir deux ou trois colonnes au moins, n'occupait qu'um très petit espace. Je n'y pouvais rien comprendre, à moins de penser que quelques-uns de ses collègues eussent averti les reporters qu'il n'était pas à propos de publier le discours en entier, En consultant le compte-rendu des Débats, je me confirmai dans cette impression. L’honorable mousieur avait dit (Débats, page 644.
‘Je vais citer un fait ou deux pour démontrer quels sont les résultats du tarif. Les droits payés eur les machandisos qui en sont frappées ont augmenté, l’année der. nière: pour Ontario, dans la proportion de 23 pour cent: pour Québec, dans la proportion de 1} pour cent; pour la Nouvelle-Ecosse, dans la prono tion de ?4 pour cent; pour le Nouveau-Brunswick, dans la proportion de 3} pour cent; pour la Colombie Britannique, dans la proportion de 2 175 pour cent; pour l'Ile du Prince- Edouard, dans lu proportion de 2 pour cent. Telle est la diversité du résultat de ce tarif, pour les différentes provinces, que les droits payés par Ontario ont été augmentés de $1.16 par tête; par Québec, 27 cents seulement; par le Nouveau-Brunswick. $1.40 ; par la Colombie Britannique, 81.80 : par l'Ile du Prince-Édouard, 27 cents.”
J'avais bien remarqué cette assertion au moment où elle fut faite, et si ma mémoire me fait pas défaut, je le laissai voir, car le chef de l'opposition se tourna vers l'honorable monsieur, comme pour lui dire : “le Ministre des Finances vent vous parler ;” mais je m'arrêtai. Je pensai qu'il serait mieux d’en prendre note et de la relever plus tard.
Une erreur de cette nature est très grave, et il est très important que ce$ comparaisons soient justes et parfaitement exactes, Je mai pas tro:'vé l’assertion dans le Globe; mais j'ai regardé aux Débats, et j'ai constaté que, même après avoir été revisée par l'honorable monsieur, elle correspondait avec la uote que j'en avais prise. J'ai donc donué communication de ces relevés afin de montrer que la somme des impôts est très différente de ce qu’a dit l'honorable monsieur.
Eu ce qui concerne le Nouveau-Brunswick, si l'argument de l’honorable monsieur vaut quelque chose, la politique nationale a bénéficié à cette province. Je ne prétends pas cela,mais vu les circonstances particulières qui se sont produites en 1877.78, les vastes importations de marchandises qui ont été faites pour remplacer celles que le feu avait détruites ont augmenté le revenu plus qu’à lordinaire, ont accru la population, et la différence dans l'impôt a été de $1.40 entre cette année là et 1878.79 ; mais cette différence a été une diminution par tête au lieu d’être une augmentation.
Le secrétaire de la filature de coton de Saint Stephens m'envoya un télégramme dont je vais donner lecture. Le voici :
“ST, STEPH:NS, N. B., 25 Mancu.
“Sir Leonard Tilley.
“ L'allusion que Weldon a faite à la filature de coton de Sainte-Croix excite une grande indignation ici. L'entreprise de la fabrique de coton progresse on ne peut plus favorablement, Les Souscriptions dépassent #930,000, Les Capitalistes, sans distinction de partis, promettent d'Y ajouter, Le conseil Municipal de Milltown vote l'émission de bons se Montant à $50,000 pour l'aider. James Murchie, le juge Stevens, les Eaton, les Boardman, Charles F. Todd, Chipman et autres principaux citoyens y prennent une port active. Le comité désire que celte nouvelle soit rendue aussi publique que l'assertion de Weldon,
“ Davin Main, ‘‘ Secrétaire du comité.” Je pris alors la liberté de télégraphier à trois des messieurs intéressés dans les nouvelles industries qu'il s'agissait d'établir au Nouveau. avais dis à leur égard avait été traité de vétille
ep \)4
par les honorables députés ‘le l’oprosition. J'écrivis à M. Stephens, vice-président de la fabrique de serrures de Moneton,pour lui demander où en était cet établissement Voici ce qu’il me répondit :
‘“ Les machines vont être installées et les opérations commenceront vers le 20 avril,
‘ H, IL. STEVENS, ‘ Vice-président, compagnie de errures.”
J'envoyai ensuite un télégramme à M. Harris, qui por ait un vif intérêt à l'établissement de la raffinerie de sucre de Moncton, t qui est un ami personnel et politique de l'honorable député de Westmoreland (Sir Albert J. Smith.)
Tandis que je suis sur ce sujet, je me rappelle qu’un honorable membre de l'opposition a dit qu’on ne devrait pas s'étonner de voir établir une raffinerie de sucre à Moncton, parce qu’on savait très bien que la compagnie serait soutenue par le gouvernement : ce qui revenait à dire que le gouvernement allait aider l’entreprise, soit aux dépens du public, soit autrement. Je dois dire que ce qui gênait la compagnie était la différence dans Les prix de transport des sucres bruts et raffinés par le chemin de fer Intereolonial. Dans le but de pousser les affaires aussi loin que possible entre Halifax et Montréal, l'Intercolonial avait établi un tarif de 17 c. par 100 1bs. sur Les sucres bruts, c’est-à dire moins que pour les sucres raffinés, et c’est afin de rendre le tarif plus équitable qu’une réduction fut opérée dans le prix du transport des sucres raffinés de cet établissement aux différentes parties du Canada. Nous r’avons donc pas fait d’autres concessions que celle qui est accordée aux autres raffineries ; C'était chose raisonnable, et nous n'avons donné aucun avantage spécial à cette industrie.
Voici la réponse que je reçus de M. Harris :
‘29 mars, ‘“ Les fondations de la bâtisse sont faites ; commencerons à mettre la brique le
ler mai. J. L. Harris est allé en Angleterre pour acheter l'outillage, La raffinerie sera en opération le ler septembre.”
Quant à la compagnie de fabrication de boulons et écrous (Nut and Bolt Company), voici la réponse de M. Young : “ La compagnie est organisée et même constituée. La moitié des actions sont
prises et les directeurs nommes. Nous nous proposons de commencer la construction de la bâtisse aussitôt que la température le permettra. Six mois de commandes d'avance,
Liv: H, Yowune.”
Ces télégrammes indiquent quelque chose de tangible et de sûr, et auront probablement un effet marqué sur les industries de cette sec. tion du pays sous l'opération de la politique nationale.
J'en reviens maintenant au prix, pour le consommateur, des articles fabriqués en Canada. J'ai parlé de la farine et des lainages canadiens. Un honorable député s’est efforcé de démontrer que la politique natio. nale avait, en réalité, augmenté, au lieu de diminuer la différence des prix du blé à Toronto et à Chicago. Il est évident pour tout le monde que l'imposition d’un droit de 15c. par boisseau sur le blé ne pourrait diminuer la différence entre les prix de Toronto et ceux de Chicago ; des circonstances spéciales pourraient seules produire ce résultat.
Quels sont les faits ? Les circonstances étaient d’une nature exceptionnelle, et elles provenaient de deux causes. Depuis des mois, il s'était formé un monopole sur le marché des blés à Chicago, et les ligueurs tenaient Les prix à un chiffre plus élevé qu’au Canada, plus élevé, en réalité, qu’ils n'étaient justifiables de le faire même pour le marché anglais,
Puis il y avait ux: autre obstacle qu'il serait excessivement difficile pour un gouvernement de faire disparaître. Il est avéré que tous les tarifs que nous pouvons établir ici seront genés, jusqu’à un certain point, par les arrangements que font les compagnies de chemins de fer pour transporter les marchandises d’une localité à l’autre du Canada ou des Etats de l'Ouest à certains endroits de la Confédération. Le bon marché moyennant lequel le transport entire New-York et Chicago s’est effectué durant une bonne partie de année dernière a puissamment contribué à maintenir les prix élevés à Chicago, comparés à ceux de Toronto car il y a eu des moments où vous auriez pu transporter du blé entre Chicago et New-York à aussi bas prix que pour le transport de la même quantité de blé entre Toronto et Montréal. Il est possible, vu ces circonstances, que l’état de choses qui a existé pendant les quatre derniers mois se produise encore,
Cependant, la situation a totalement changé depuis quelque temps : le monopole a été brisé, les prix ont baissé, et la différence est aujourd'hui trois où quatre fois aussi grande qu'auparavant. Or, je n'ai pas vu un sCul honorable deputé de la droite se leve: et dire que l’imposition de ce droit ait fait La différence, ni un honorable député de la gauche
signaler cette grande différence et nous attribuer le mérite du change. ment,
Maintenant, allons un peu plus loin avec les chiffres. Je me rappelle avoir visité une intéressante fabrique établie visa vis la ville de Frédéricton, Nouveau-Brunswick. La compagnie n'a pas un gros ’apital, il est vrai; elle pourrait faire davantage si elle avait plus de Capitaux. Elle fabrique une espèce particulière de cuirs pour la garniture des véhicules et des wagons de chemins de fer. Depuis que la fabrique est établie, cette espèce de cuirs se vend de 20 à 25 pour cent meilleur marché qu’on pourrait se la procurer à Boston.
Passons, maintenant, à une autre industrie dont les honorables députés de l'opposition ont parlé, celle des instruments aratoires,. C'est une industrie importante pour notre pays, et elle donne de l'emploi à une classe nombreuse de personnes. Avec le tarif actuel, elle commande presqu’exclusivement le marché canadien. Relativement au Manitoba, je pense que durant le premier semestre de l'exercice Courant, il n’a été perçu que $3,000 de droits sur les faucheuses et moissonneuses importées des Etats-Unis, contre 870,000 pendant la même période de l’exercice précédent. Cette industrie a pris tant de développement, que les fabricants contrôlent aujourd'hui presque tout le marché local. Cela, toutefois, ne les empêche pas de demander l'admission en franchise d'une espèce de fer qui n’est pas fabriquée dans le pays; ils demandent aussi que les règlements de la douane admettent en franchise certaines espèces d'acier dont cette fabrique fait usage. La question était de savoir si cette espèce d'acier est sujette à l'impôt ou non. Le gouvernement était disposé à faire des concessions raisonnables à cet égard, et à leur en donner le bénéfice.
Mais que lui ont-ils représenté ? Un de ces messieurs m'a soumis un mémoire qui établit qu'en vertu du tarif actael, ils auraient à payer $6,000 de droits par année sur le fer et autres matières qu’ils importent de plus qu'ils n'avaient payé l’année précédente. Je leur demandai s'ils ne pouvaient pas élever leurs prix, et ils me répondirent que non. J'ai visité un établissement qui, d'après ce que m'a dit le propriétaire, avait fabriqué 1,800 faucheuses et moissonneuses en 1878, 2,500 l'année dernière et 4,000 cette aunée. It paie au revenu, pour la matière qu'il emploie, plus qu'il ne payait sous l’ancien tarif : les faucheuses et
moissonneuses ne coûtent pas plus cher aux Cultivateurs, les fabricants réalisent un profit plus considérable sur l’angmentation des articles qu'ils produisent, et ils emploient un plus grand nombre d'ouvriers, Eh! bien, quelques-uns de ces messieurs demandent que le tarif actuel soit élevé afin d’exclure les machines américaines du Manitoba, et, pour ma part, je n’hésiterais pas à recommander à mes collègues l’augmentation du droit, afin que le tarif prévienne les importations de l'étranger, s’il ne le fait pas déjà, et leur donne tout le marché local, puisqu'ils produisent des articles à des prix aussi modérés.
Passons maintenant à l'industrie des clous. On dit, dans ma province et dans celle de Québec, que l'augmentation du droit de 5 à 174 pour cent qui frappe le fer obligerait les fabricants à hausser leurs prix; mais je constate que dans ces provinces les clous sont à meilleur marché qu'à Boston.
M. MACKENZIE Qu'est ce que Boston a à faire avec cela ?
SIR LEONARD TILLEY— C’est là que là compétition est plus vive, I s’y fabrique une quantité considérable de clous; l'acheteur paie très peu en sus des anciens prix ; nous avons un droit sur la matière première, etils font des profits par l'augmentation des manufactures. Voilà un fait qui montre que nos industries ont réellement bénéficié sans que le trésor ait souffert, puisque nous avons en retour une augmentation consi. dérable sur la mativre première et le droit sur les marchandises achetées par les ouvriers comme compensation pour ce que nous perdons sur les articles qui étaient an térieurement importés. L'honorable député de Westmoreland (Sir Albert J. Smith) m'a posé la question suivante, relativement au droit sur la farine : “ L'auteur de cette lettre est-il en faveur du droit ?” Jai répondu que oui, et à la manière dont il avait posé la question, j'ai conclu que l'honorable monsieur attachait moins d'importance à ce témoignage pour cette raison. Sur ce point, je donnerai le témoignage d’un homme qui cst l'adversaire acharné de la politique nationale. Ii demeure dans la province du Nouveau-Bruns- Wick, et il y publie un journal qui est le principal organe des honoribles messieurs de la gauche. Je ferai une citation de ce journal relativement à la fabrication des meubles, sur lesquels, disent-ils, les droits ont été doublés. Je vais vous lire un article qui dénote une
grande inconsistance, après cette déclaration que le fabricant peut vendre les mêmes articles à meilleur marché qu'aux Etats Unis. En faisant la dernière élection de Saint Jean, je reçus un message de l’un des messieurs dont il est question dans cet article. C'était un gros marchand à commission, et importateur de meubles américains. Il avait été toute sa vie un de mes partisans. La teneur du message était celle-ci : “M. uu tel vous à toujours appuyé depuis votre entrée dans la vie publique. Il est très désireux de pouvoir continuer à le faire, mais il exige de vous une promesse.” Je demandai quelle était la promesse. J1me répondit : “Celle de ne pas augmenter les droits sur les meubles américains, sur lesquels il fait commerce ; sans cela, il ne peut vous appuyer plus longtemps” Je lui dis que je regretterais de perdre son appui, parce qu’il m'était resté fidèle dans la bonne et la mauvaise fortune, mais que je ne pouvais faire cette promesse.
Pendant qu’il gourmandait la Chambre l’autre soir, l'honorable député de Lambton (M. Mackenzie) me donna un avis en passant, et dit que j'avais fait à Saint-Jean des avancés qui n'étaient pas conformes à la politique que nous avions soumise à cette Chambre. J'avais dit distinctement que la politique que je prônais consistait dans un remaniement du tarif de façon à protéger précisément les industries comme celle-ci, et cela étant compris dans la politique nationale, je refusai de faire aucune promesse de ce genre, parce que je croyais que c'était une des industries qui requéraient et recevraient la protection de la part du parlement. Plus que cela : si toutefois je me suis trompé dans mes calculs ou mes avancés, en disant que nous avions en vue un remanie ment du tarif et non une augmentation de taxes, c'était parce que je croyais à l'exactitude des estimations du dernier ministre des finances, qui se trouvèrent être, pour les douanes et l’accise, de $2,000,000 de plus que les revenus n'auraient été sans le changement de tarif. ‘Donc, si Les recettes avaient été de $13,750,000 pour les uns et de $5,250,600 pour l'autre, formant $19,000,000 en tout, ce montant eût suffi au gouvernement actuel, sans qu'il fût nécessaire de recourir à de nouvelles taxes. Mais, lorsque nous nous sommes trouvés en présence de ce déficit, il devint nécessaire non-seulement de remanier le tarif pour les fins que
nous avions indiquées et que nous voulions atteindre, mais aussi pour avoir une augmentation de revenu de façon que les dépenses ne l’excédassent pas.
Je vais lire uu extrait de l’article en question, du Telegraph de Saint- Jean. M. Elder, éditeur de ce journal, est un homme d'une grande énergie et de grandes capacités, et un ardent avocat du libre-échange eu même temps qu’un adversaire de la politique nationale, Voici ce qu'il dit :
“ EraLissemeNt DE MM. Srewarr er Winrz.—-Mossiours Stewart et White, qui ont acquis une si grande réputation antérieurement à la politique nationale par leurs importations de meubles de luxe de l'étranger, possèdent présentement, dans leurs riches salles de Charlotte street, l’assortiment le plus beau, probablement, de meubles de salon et de chambre à coucher qui se soit vu à Saint-Jean. Une grande partie a été fabriquée par leurs propres ouvriers, c{ le reste presque tout manufacturée au pays. L’assoriiment comprend de magnifiques meubles des genres les plus célèbres, recouvert ex soie où en peluche des plus riches, et d'autres mobiliers de toutes sortes non moins beaux et luxueux.
“ La politique nationale a forcé MM, Stewart et White à abandonner l’importation des meubles, en doublant le droit, Ils virent que, s'ils voulaient continuer à exploiter cette branche d'industrie, il leur fallait le faire comme manufactluriers Leur expérience comme tels dans celte ligne a prouvé que l'énorme droit de 35 par cent élait tout à/fait inutile, ct que le manufacturier canadien pouvait, sans cela. faire la compétition, à parties égales, avec les meilleurs fabricants de New-York.”
Quelle contradiction! [ls ne pouvaient faire cette compétition auparavant, mais, sous le tarif actuel, ils ont cessé d'importer et se sont mis à fabriquer eux-mêmes. Il résume comme suit
# Un de leurs ouvriers est à faire en ce moment un mobilier de chambre à coucher qui sera exhibé à l'exposition, mais qui sera terminé bien avant et qui défiera ja comparaison avec les mobiliers de 81,000 fabriqués par les plus célèbres manufacturiers de Boston, tout en ayant coûté la moitié moins. Les personnes qui désirent se procurer un mobilier élégant et beau n’ont pas besoin d’ailer à l'étranger pour cela, puisqu'elles peuvent acheter à aussi bon marché à Saint-Jean qu'à New-York et épargner en outre 25 par cent de droit”
Gette déclaration vient d’une autorité, et d’un libre-échang inébranlable. C’est un témoignage dont nos amis de la gauche sauraient contester la force.
M. GUTHRIE—Est ce qu'il ne s'agit pas d'une annonce, d’une notice d’affaires publiée moyennant considération ?
iste ne
SIR LEONARD TILLEY—Non, ce n’est pas une annonce Je vais vous dire ce que j'ai remarqué. Vous pouvez lire les Journaux grits relativement à ce qui se passe à Toronto, Hamilton, Montréal ou ailleurs, et à la grande impulsion donnée aux industries du p
ays, et vous y découvrirez des articles de fond contredisant !
es rapports provenant de
LÀ
LS
source locale, et contenant des assertions directement opposées à ces rapports. Mon honorable ani dit maintenant, au sujet de l'article que j'ai lu, que le rédacteur était payé pour l'écrire. Je ne crois pas que mon honorable ami, le rédacteur de ce Journal, remercie mon honorable ami de l’opposition d'avoir émis la supposition qu'il à été payé pour faire cette assertion.
M. MACKENZIE—Un éditeur n'est pas vendu par
ce qu'il accepte de l'argent pour des annonces.
SR LEONARD TILLEY—Voici une déclaration distincte, et véridique sans nul doute, que l'on peut acheter des meubles de cette description dans la cité de Saint-Jean aujourd'hui, à aussi bon marché qu’à New-York ou Boston, ce qui permet de faire une épargne de 35 par cent, ou 174 pour cent sur l’ancien tarif.
M. ANGLIN—Ce n’est pas vrai.
.SIR LEONARD TILLEY--Eh ! bien, j'oserai dire qu’il est facile de trouver des meubles à ces conditions ; il peut y avoir queiques qualités particulières qui fassent exception, mais il est incontestable qu'il y en à beaucoup parmi les meubles de qualité ordinaire.
Je pourrais traiter ce sujet plus longuement et parler du résultat de mes visites à Londres, à Brantford, à Berlin, etc.
J'ai été grandement surpris de trouver à Berlin une industrie très importante, celle de la confection des boutons, donnant de l'ouvrage à 250 personnes. Le gérant de l’une de ces manufactures me dit que ce nombre serait augmenté de cinquante ou soixante-dix l’année prochaine. Dans cette ville seule, il y a trois établissements pour la fabrication des boutons.
UNE VOIX —Depuis quand sont-ils ouverts ?
SIR LEONARD TILLEY-—Ils peuvent dater de plusieurs années, mais ils périclitaient depuis assez longtemps. Ils ont pris un nouvel essor sous l'effet du tarif. Le nombre des personnes qui y sont employées a augmenté ; il a même doublé dans un grand nombre de cas. L’honorable monsieur à soutenu que la politique nationale n’était pour :ien daus ce regain de prospérité, parce que ces manufactures ont été éta-
blies en 1872 ou 1873.
rapporter ce que j'ai moi-mêmo constaté À Hamilton, l'ui des centres manufacturiers les plus considérables et les plus importants de la Con-
fédération; à Sainte Catherines, où il v a deux grands moulins à farine, moulant chacun environ 400 quarts de farine par jour. Les proprié-
taires de ces moulins sont nos adversaires en politique, et l’un d’eux m'a dit que leurs affaires étaient pius prospère: présentement qu'elles ne l'avaient ét6 pendant les quatre dernières années. Je les acCompugnai pour voir la force de leurs moulins e! l'étendue de leurs opéra. tions, et j'ai constaté qu'il étaient dans un état très prospère.
À Dundas, nous trouvâmes des fabriques de coton dans uns condi tion extrêmement florissante ; la manufacture d'outils était aussi en excellent état. Le moulin à moudre ’avoine était en opération ; on y exécutait de fortes commandes pour le marché intérieur et pour l'exportation. Quoique je n’aie pas visité le marché de Saint-Jean, comme me l’a suggéré le député de Queens, je me suis trouvé en rapports avec des agriculteurs dans diverses parties de la Confédération, et je puis dire que, malgré tout ce qu'on à dit pour faire naître le mécon tentement chez les cultivateurs et leur faire croire que leur thé est taxé plus qu'autrefois ; que leur sucre coût plus qu'autrefois sous le nouveau tarif ; que tous les articles qu’ils achètent, tels que les coton. nades et les lainages, coûtent plus, et qu'ils ne réalisent eux-mêmes aucun profit quelconque, permettez-moi de dire qu'ils paraissent contents.
J'ai rencontré à Toronto un monsieur engagé dans le commerce de grains. C'était un adversaire politique. Il reconnut que la demande pour lavoine du Canada augmentait dans une certaine partie de la Confédération qui auparavant S'approvisionnait aux Etats-Unis. Main. tenant, me dit-il, nous fournissons de l’avoine du Canada, et celle-là seulement. Il dit aussi,
en parlant du cultivateur : quels qu’aient été les autres effets de 1
à politique nationale, elle a bénéficié au cultivateur. J'ai été un peu surpris d'entendre dire que, parce que notre dernière récolte avait été magnifique, et parce que les cultivateurs Commerçaient à s'occuper de engrais des bestiaux pour le marché anglais, causant une augmentation de l'exportation, il s’en suivait que
le marché national ne s'était pas agrandi pour le cultivateur. | 8 P (
Je ne prendrai pas le temps de la Chambre pour
Nous savons que d'ancune manière le cultivateur ne peut bénificier autant que par l'agrandissement du marché national, et celui-ci doit nécessairement s'améliorer pour les produits de la ferme par le 4 développement des industries manufacturières du pays. wi L’honorable monsieur (M. Sproule) a fait un discours par lequel il | a attiré spécialement l'attention sur les produits agricoles, Ses argu ments sont restés sans réponse. Il nous a fait voir l'augmentation 1 à progressive qui a eu lieu dans le prix des produits agricoles, les grands h 4 avantages que les Cultivateurs du pays ont retirés du tarif, et le dévelop- w (4 pement du marché aux provisions. Mon honorable ami, le chef de IN | l'opposition, ou quelque autre honorable député, a alors cité mon dis- | M cours, et critiqué mon allusion au fait que nos exportations vont pro- | à bablement égaler nos importations. Il a cité aussi un de mes discours de 1873, où je faisais voir que nos importations excédaient de beauî Coup nos exportalions. J'ai lu un état par lequel je voulais montrer | que nous pourrions, par le fret que nous apportens nos navires ou que PAL nous recevons d'autre manière, combler en grande partie la différence | ’ entre les exportations et les importations, ct prévenir une nouvelle 1 crise. Je me rappelle que l'honorable monsieur, jeudi dernier, a com- } menté cet état, et a dit qu'il était absurde de vouloir comparer les 4 importations du Canada à celles des Etats-Unis. L'honorable mon. sieur dit en même temps que diminution des importations signifiait pauvreté.
M. MACKENZIE-- Je n'ai pas dit cela. J'ai dit que cela pouvait À signifier un état de pauvreté, ainsi qu'il arrive fréquemment.
| SIR LEONARD TILLEY--Je suis heueux que l'honorable mon sieur reconnaisse s'êlre servi de l'expression. Une forte diminution dans la consommation indiquerait la pauvreté d’un pays, mais non une
forte diminution dans les importations.
| Voyons ce qui se passe aux Etats-Unis. Les importations y ont été | diminuant d'année en année, jusqu’à ce que l'exportation en fût arrivée, : pendant le; trois dernières années, à excèder l'importation de $250,000.- 000 par an. Et le pays ne s’est pas appauvri du tout. Le peuple ConsommMaäit autant que jamais, Mais il Consomimait le produit de ses propres manufactures. S'il ne consommait pas comme d'ordinaire, ce F serait un indice de pauvreté.
Lorsque les honorables messieurs de la gauche prédisent le résultat destructif de la politique nationale, ils désignent l'état de prospérité vers lequel nous marchons. Ils désignent le pays qui a depuis si longtemps adopté cette politique dans so intérêt — politique qui ruine notre peupl—et qui rend présentement le pays voisin plus prospère qu'il n'avait été depuis nombre d'années.
Je demanderais aux honorables messieurs, puisqu'ils font allusion à ce sujet, quelle serait la position du pays si nous n'avions pas adopté la politique actuelle qui nous a permis de donner de l'emploi à nos classes ouvrières ? Nos ouvriers auraient été forcés d'émigrer pour chercher de l'ouvrage. On a dit que 23,000 personnes étaient passées aux Etats-Unis par Sarnia ; tout le monde sait qu'un grand nombre de ces g'us étaient des Américains. Mais eu admettant, pour le besoin de la discussion, cé qu'a dit mon honorable ami de la ganche, nous aurions eu une émigration beaucoup plus forte encore que celle qui a eu lieu, n'eut clé l'adoption de cette politique.
UxE VOIX— Ecoutez ! écoutez!
SIR LEONARD TILLEY—L'honorable monsieur interrompt. Mon honorable ami de la ganche a dit que j'avais fait un discours injurieux. Je ne sache pas que le discours que j'ai fait le 9 mars ou celui que j'ai prononcé ce soir contiennent aucune reinarque injurieuse. J'aurais pu blesser le sentiments des honorables messieurs de la gauche si j'avais parlé de la conduite injurieuse de certaines gens, qui ont décric le pays en le dépréciant et en nuisant à son crédit, mais je dirai ceci: que, dans les circonstances présentes, sans en donner crédit à Ja politique nationale, il eût été à souhaiter que les honorables messieurs eussent pris l'attitude adoptée il y a trois ou quatre mois par quelquesuns de leur journaux, et admis que le pays est plus prospère qu'il n'était, tout en disant que ce n’est pas l’effet de la politique nationale.
Tout homme sincère devra admettre que l'état du pays est plus prospère et plus encourageant ; il me semble qu'il eût été plus patrioti: que et plus conforme à l'intérêt public d'admettre ce fuit.
Un grand noinbre parmi les membres de cette Chambre se mirent en Conmunication avec moi, pendant la dernière session, avant que nous cussions soumis les résolutions relatives au tarif, et ils se rappelle-
ont probablement que, dans le cours de la conversation que j'eus avic eux, je dis que la session suivante du parlement serait surtout celle où la politique actuelle subirait son procès.
Nous avions eu cinq ans de dépression commerciale, Tout avait dépéri pendant cinq ans. Vous ne pouvez pas arrêter subitement une locomotive qui descend une pente depuis quatre ou cinq milles—vous avez beau serrer les freins, il faut quelque temps pour produire l'arrêt ; ainsi dans ce cas, Un grand nombre de mariufactures s5nt restées fermées. On ne pouvait s'attendre à ce que la politique produisit tous ses effets dans huit ou neuf mois, et je priai mes amis de ne pas tron compter sur des résultats immédiats.
Moi attente a été bien dépassée. Elle laurait 6t6, dans le cas même où nous n'aurions pu soumettre la moitié des faits que nous avons présentés en proposant les amendements au tarif, et notre confiance, au sieu d’être diminuée, est plus forte aujourd’hui que lorsque j'ai soumis cette proposition le 10 mars ; car il n’y a pas un des arguments des honorables messieurs dé la gauche qui n'ait été fermement combattu, et pas un seul de leurs avancés qui n'ait été complètement détruit,
Il y a deux ou trois choses auxquelles j'ai fait allusion dans mon discours—deux surtout—lune relative à l'emprunt. L’ex-ministre des finances a dit que l'emprunt était assez bon ; que celui qui fit lui-même en 1876 était presque aussi bon. Il a entrepris de le déprécier, tout en admettant qu’il était bon. Mais l'honorable monsieur, dans son exposé —et il l’a fait intentionnellement, afin de me mettre, s’il était possible, dans une fausse position devant le peuple—a dit que lorsque je visitai l’Angleterre pour y négocier un emprunt, sir À. T. Galt était là en même temps que moi. Je suis en mesure de dire que, lorsque je visitai l’Angleterre pour négocier le dernier emprunt, sir A. T. Galt était de ce côté.ci de l'Atlantique. On a dit que, quand j'ai visitai Washington pour y négocier quelque affaire, sir A.T. Galt était là aussi. Mais je comprends que c’est un honneur pour moi de voir supposer que toutes les affaires que j'ai transigées et toutes les propositions que j’ai soumises ont été si bien conduites et de nature telle qu'on les à attribuées à .un homme d'état aussi capable que sir A. T. Galt.
Je ne dirai rien de plus sur ce sujet pour le moment; mais il y a unc autre question à laquelle je réfère avec beaucoup de satisfaction.
On a dit, lorsque la politique a été proposée, qu'elle serait moins favo. rable à la Grande-Bretagne qu'aux Etats Ums, et que, par conséquent, ce n'était nas une sage politique. Il y a de cela douze mois, et quel changement prodigieux s’est opéré dans cet intervalle, pendant lequel ces messieurs s’imaginaient que le tarif opérait contre l'Angleterre et en faveur des Etats-Unis! A présent que le résultat s'est trouvé être favorable àl’Angleterre et défavorable aux Etats-Unis, leur ton a changé. J'ai établi le fait, qui n’a pas été contredit, que les droits sur l’ensemble des objets importés de la Grande-Bretagne ne s'étaient accrus que d'un par cent, tandis qu'ils s'étaient accrus d: trois par cent sur ceux importés des Etats Unis.
Avant de terminer mes remarques, je dirai un mot de la prétendue hostilité contre la politique nationale qu’on à voulu faire voir chez le public. On a dit que nous avions une preuve de l'existence de cette hostilité dans le résultat des élections qui ont eu lieu. Y a-til eu dans une seule élection pour cette Chambre quelque signe d’un changement dans l'opinion, sur ce point, depuis le 17 septembre 1878? On a dit et redit que les élections d’Ontario prouvaient que la politique nationaie avait perdu son prestige aux yeux du peuple de cette province.
Quecques VOIX—Et c'était vrai.
SIR LEONARD TILLEY—Eh! bien, monsieur lOrateur, je ne suis pas un résident d'Ontario. J'ai eu l’occasion de visiter cette province.
UNE VOIX—Ce füt une agréable visite.
SIR LEONARD TILLEY—Oui, ce fut une visite agréable. Mais il était impossible a quiconque visitait Ontario, avant ces élections, d’en venir à une autre conclusion que la politique nationale était de toutes les politiques la plus populaire. Quels sont les faits? A venir jusqu’à deux jours avant les élections, l'organe en chef du parti, les partisans de l'administration Mowat, les chefs même du parti protestaient contre l’idée qu'on leur attribuait de faire la lutte sur le terrain dela politique nationale,
M. MACKENZIE--Pourquoi l’avez-vous fait, alors ?
Sir LEONARD TILLEY-—Pourquoi nous l'avons fait? Parce que nos amis virent que ceux de M. Mowat aurait la majorité s'ils n'étaient pas divisés par la politique nationale. Les amis de M. Mowat disaient : & Nous avons été défaits dans Ontario, aux élections fédérales. Abandonnons ce terrain entièrement, et restons dans les anciennes limites des partis ; c’est ainsi que nous réussirons ; sinon, nous serons battus.”
M. MACKENZIE—Et que fîtes-vous ?
Sin LEONARD TILLEY-—Les libéraux-conservateurs savaient que la politique nationale était populaire, ct, comme ïls se trouvaient dans l'opposition, il était naturel qu’il essayassent, pour cette raison, d'en faire leur programme et de fournir à nos amis un moyen de succès.
M. MACKENZIE—Autant qu'il était en votre pouvoir d’en faire votre programme, vous l'avez fait
Sir LEONARD TILLEY—Mais les libéraux n’en voulaient pas ; et c’est pourquoi les élections d'Ontario ne constituent aucunement la preuve de l’impopularité de la politique nationale. Voyons un peu ce quienest. Ona donné un autre fait comme preuve de la popularité de la politique nationale dans le pays. Le peuple, en Angleterre, s’est prononcé contre la politique étrangère du gouvernement Beaconsfeld, et l’on représente ce fait comme une preuve de l’impopularité du tarif parce que, ainsi que l’a dit l'honorable député de Durham-Ouest, c’est le signe de temps meilleurs qui approchent. Comment ? Parce que le parti libéral, en Angleterre, a réussi à obtenir une majorité contre la politique étrangère de lord Beaconfield. C’est un signe de temps meilleurs. On a dit que l'opposition se réjouissait beaucoup. ‘“ Et pourquoi,” futil demandé. ‘“ Parce qu’il paraît que des arrangements ont eu lieu entre le chef actuel de notre gouvernement et lord Beaconsfield au sujet de l'établissement et du développement du Nord-Ouest ; et les membres de l'opposition disent que tout cela est fini maintenant” A présent, M. l’Orateur, on serait porté à croire qu'un changement qui devrait nous priver de la prétendue assistance que nous attendions dût être un sujet de regret et non de réjouissance.
L'aurore de temps meilleurs! Je pense, M. l'Orateur, que nous som-
mes à la veille de véritables temps meilleurs. Je crois que la politique inaugurée par le gouvernement actuel a été l'aurore de temps meilleurs, par l’encouragement donné aux industries du pays, en réservant le marché national pour les produits de nos fermes, en donnant de l'ouvrage à chacun, et en préparant les vastes territoires du Nord- Ouest pour les millions d'habitants qui le peupleront dans l'avenir. Voilà les temps meilleurs. Et je n’hésite pas à dire, M. l’Orateur, que, lorsque le parlement se réunira à la prochaine session, nous serons en plein dans ces temps meilleurs ; le succès de notre politique sera assuré, et la prospérité du pays sera si manifeste, que les plus chauds adversaires de cette politique seront forcés d'admettre son excellence et de reconnaitre son utilité. Oui, M. l’Orateur, des temps meilleurs approchent, et c’est en ayant foi dans leur venue que je soumets les résolutions que j'ai déjà mises entre vos mains.