‹ Discours sur le budget prononcé devant la Chambre des communes du Canada, le vendredi, 14 mars 1879 [microforme]Chapitre 8 sur 11 · SUPPLEMENT · texte numérisé non relu

SUPPLEMENT

hambre des Communes, 26 mars 1879.

M; TILLEY : Quand j'ai fait mon exposé des modifications que le gouvernement se proposait de faire subir au tarif, je considérais le sujet d’une trop grande importance pour que la Chambre ne me pardonnât pas de lui épargner, en cette occasion, bien des choses que j'aurais pu dire au sujet des observations de mon prédécesseur sur la politique du gouvernement dont j'avais l'honneur de faire partie comme ministre des finances en 1873.

Si j'ai relevé certaines paroles prononcées par cet honorable monsieur dans des discours à Saint-Jean et ailleurs, je l'ai fait, je crois, monsieur l'Orateur, d’une façon toute parlementaire, comme du reste je désire toujours parler en cette Chambre ou devant toute autre assemblée comme celle-ci.

J’osais espérer que la réplique de l'honorable monsieur serait animée du même esprit ; mais, je regrette de le dire, il n’en a pas été ainsi.

Si, ce soir, dans le cours des observations que j'ai à faire à cette Chambre, il m'arrive, tout en restant strictement dans les bornes parlementaires, d’accentuer quelque peu les paroles que j'aurai à prononcer à l'adresse de l'honorable monsieur, j'espère que la Chambre me le pardonnera.

Du reste, je n'ai à ce sujet que peu de chose à ajouter à ce qu'a déjà 21 mon collégue, l'honorable représentant de CGumberland. Je crois que plusieurs de ses assertions fallacieuses, plusieurs de ses prétentions que contredisent les documents de cette Chambre, ont reçu de l'honorable ministre la réponse prompte et péremptoire qu'elles méritaient,

Cependant, il est une question qui n'est pas réglée et dont je veux disposer immédiatement. Je demande à la Chambre, monsieur l’Orateur, si mon exposé financier de 1873 relativement aux dépenses et aux revenus

de l'exercice 1873-74, avait le carac.

tère odieux que lui a prêté mon honorable prédécesseur? A l’en croire, je me serais rendu coupable d'une faute grave ; j'aurais porté mes prévisions, quant au revenu, à des chiffres déraisonnablement élevés ; mais je crois pouvoir démontrer, à l’aide des documents publics, à l’aide des déclarations mêmes faites dans cette Chambre par l'honorable monsieur et ses collégues, que si le gouvernement dont j'avais l'honneur de former partie alors était resté au pouvoir, que si le tarif de 1872 n'avait pas été augmen té, le revenu aurait été suffisant pour faire face aux dépenses.

M. CARTWRIGHT : Non.

M. TILLEY : Eh bien! allons à la preuve.

Je constate par les documents publics que le revenu de l'exercice 1873- 74, fut de $24,205,092. II y eut, en 1874, entre mon honorable ami le dé-

uté de Cumberland et e ministre des inances en exercice, tout une passe d'armes au sujet du chiffre réel des perceptions de l’année, exclusion faite de celles qui devaient être portées au crédit de l'exercice suivant.

le désire rappeler à la Chambre ce que mon prédécesseur disait l’autre jour. Suivant lui, les membres du gouvernement et le ministre des finances n'ont pas exercé la discrétion qu’il convenait; le public a été mis au courant des projets du gouvernement ; et, comme conséquence, les perceptions de février 1879 ont été doubles de celles du mois de février 1874 Je désire que l’on n'oublie pas cela.

J'ai estimé à $890,000 ja part des perceptions de l’année qui appartien nent réellement à l’année prochaine.

Le revenu extraordinaire de cette année est, suivant l'honorable monsieur lui-même, double du revenu extraordinaire”de:1873-74. S'il en est

ainsi, et si mon estimation est juste, il serait impossible que 81,000,000 du revenu de 1873-74 appartinssent, à 0 ee parler, à l’exercice 1874-

M. CARTWRIGHT: L'honorable monsieur a mal rapporté mes paroles, et s’il me le permet, je lui rappellerai ce que j'ai dit. Je n'ai aucunement parlé du mois de février 1874, mais bien des vingt premiers jours d'avril 1874, ce qui est très différent.

M. TILLEY : Je sais gré à l’honorable monsieur de ne pas avoir laissé passer cette erreur. En lui accordant qu'il s’agit de la période qui a immédiatement précédé le 14 avril 1874, l’excédant ne serait que de $#1,000,000, tandis qu’il a prétendu qu’en février, cette année, il a été de $2,000,000 au lieu de $1,000,000.

Or, supposons un moment que les recettes d'avril 1874 aient été de $1,- 000,000. J'ai estimé à $350,000 provenant de l’accise, à 8500.000 provenant des douanes, les recettes qui appartiendront de droit à l’année prochaine. J'ai aussi dit que d'ici à la fin de l'exercice nous percevrons probablement, en droits appartenant à l’année prochaine, $150,000, en conséquence des changements apportés dans le tarif. Cela fera $1,000,000.

Supposons que nous ne recevions pas plus cette année qu’il n’a été reçu en 1874? Si nos prédécesseurs ont reçu $1,000,000 de plus que la chiffre réel du revenu afférent à l'exercice, le revenu réel a donc été de $23,205,092.

M. CARTWRIGHT: Non ; assurément non.

M. TILLEY : Je ne base pas mon argument là-dèssus seulement. Ces chiffres ne sont que des estimations et ils peuvent errer de #200,000, 8300.

000 ou $400,000. En admettant cela même, je puis encore démoutrer ce Que J'ai avancé.

La dépense de lexerci s'agit a été de $23.316.316, comptes publics. Si! DOuvFernemeont précédent ne reçut pendant cette période que la moitié de ce qne nous avons reçu aujourd'hui de revenu afférent à l'exercice prochain, ou plutôt, si l’on suppose que ses recettes extraordinaires ont été aussi considé-

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selon Îles

Juation du revenu que uvvavsss -

rables que les nôtres, voilà donc $23, 205,092 de revenu contre 823,316,316 de dépenses.

Mais supposons que nos calculs soient erronés, que peut-on réelle ment déduire de ce chiffre des dépenses, pour montrer si mon exposé était exact où non? Tout le monde sait que de 1869 à 1873, nos estimations du revenu ont toujours été en deça du revenu réalisé. Il n’est pas un seul de ces exercices qui n'ait donné un revenu bien au-dessus du chiffre de nos estimations, et dont les dépenses n'aient pas été de beaucoup moindres que les prévisions.

Voyons l'injustice de l'honorable monsieur. Il parle des $300,000 ou $400,000 ajoutées aux dépenses par l'entrée de l'ile du Prince-Edouard dans la Confédération ; mais il nedit rien de ce que l’île rapporte au Trésor.

Allons plus loin, monsieur l’Orateur. Afin de grossir jusqu'aux dernières limites les dépenses de l’année et de justifier le gouvernement de faire dire à Son Excellence dans son discours d'ouverture, qu'il faudrait imposer de nouvelles taxes pour faire face au déficit de l’année; afin de pouvoir faire porter au gouvernement précédent la responsabilité des nouveaux impôts, on mit au chapitre des dépenses des items qui n’y appartenaient pas du tout.

Ceci a été discuté maintes et main:

tes fois; mais pendant que parlait, l’autre soir, mon honorable ami le député de Cumberland, je ne pus m'empêcher de songer de quel prix était pour les membres de cette Ghambre le privilége de rester couverts ; je ne pus me défendre de m’imaginer combien l'ex-ministre des finances eût été plus heureux si les bords de son chapeau eussent été encore plus larges qu'ils ne le sont.

Mon honorable ami le député de Cumbherland a dit qne lex-ministre

des finances avait porté au compte du revenu $546,000 qui auraient dû | Pêire à celui de la construction du

chemin de fer Intercolonial. Mon honorable collègue a ajouté qu'il avait des preuves indiscutables qu’un des officiers du ministre avait signalé à celui-ci l’irrégularité de cette inscription.

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Le chef de l’Opposition a défendu cette inscription; mais j'ai justement devant moi de quoi régler la question. Voici un rapport présenté par le ci-devant ministre des travaux publics à la demande d'un membre des Communes. C’est un exposé du nombre de milles du chemin de fer Intercolonial en opération au premier juillet des années 1873, 1874, 1875, 1876 et 1877, et des frais de l’exploitation du chemin, signé par M. Brydges. J’y vois que les frais d’exploitation du chemin pendant l'exercice de 1873-74 ont été de $1,301,550.

Dans les comptes publics, cet article est porté à $1,847,178.

Monsieur l'Orateur, je demande s’il est possible de prouver plus clairement et d’une manière plus convain cante, que $546,000 on été inscrites comme dépenses imputables sur le revenu tandis qu’elles auraient dû être portées au compte de la construction du chemin? Voilà, je crois, une preuve indiscutable : Un document officiel, signé par M. Brydges, et présenté à la Chambre par le chef même du gouvernement d'alors.

Je soutiens donc, monsieur l’Orateur, que cette incriptien n’eût jamais dû être faite au chapitre des dépenses, et je soutiens de plus que la responsabilité n’en eût jamais dû reposer sur le gouvernement dont j'ai fait partie. Gette dépense n’eût pas du être imputée au revenu mais, au capital.

Comme je l'ai dit il y a un instant, les honorables membres du gouvernement auquel nous avons succédé semblent avoir pris à cœur de grossir le chiffre de la dépense de l'exercice 1873-74. Je trouve au chapitre de la gestion, $60,000 ou environ pour commission sur l'emprunt que j'ai négocié en 1873. Jamais les items de cette nature n'avaient été auparavant portés à ce chapitre et jamais ils n’y ont été depuis.

IL y avait encore 841,000 versées en juillet 1873 pour l'amortissement de la dette, et que je n'avais pas fait ins-

crire dans les comptes de l'exercice |

parce que ce déboursé appartenait à l’exercice précédent.

En faisant mon exposé, je ne pouvais prévoir qu'il y aurait une session en automne, que les messieurs de l’Opposition monteraient au pouvoir

et qu'il dissoudraient la Chambre.

Je n'avais donc pas à prendre des mesures ponr des dépenses de législation qui n’entraient pas alors dans la probabilité. Je trouve donc $200.- 000 additionnelles, pour dépenses de législation en conséquence de la session de l'automne, et pour les élections subséquentes.

M. MACKENZIE : Ce n'est pas nous qui avons convoqué les Chambres pour cette session.

M. TILLEY : J'en suis, pour le moment, simplement à justifier mes prévisions budgétaires. Il m'était impossible alors de prévoir que les Chambres seraient de nouveau convoquées, que les honorables messieurs qui nous ont succédé feraient un appel au peuple.

Je vois encore une inscription contre nous de $69,000 pour remises de droits qui ne devaient pas être faites et que nous n’aurions pas faites si nous fuss:525 restés au pouvoir.

Ces différentes sommes se montent à $916,000, et doivent être déduites ; ce qui réduit la dépense à $22,400,316.

Passons maintenant à une autre question: celle de l'emprunt. Mon prédécesseur, en parlant de cet emprunt, a dis que les quatre pour cent sans garantie ne produisirent que £86, et, si je me rappelle bien, il a calculé que les bons garantis de quatre pour cent étaient à 1044.

Quand je lançai d'abord l'emprunt garanti de Æ£1,800,000, je ne voyais pas pourquoi un emprunt garanti ne devait pas rapporter autant que les consolidés. Mais en discutant la question avec des hommes publics, ceuxci me représentèrent qu'aucun emprunt garantie par la Grande-Bretagne en faveur d'aucun pays n’avait jamais commandé autant que les emprunts ordinaires du gouvernement.

Lors de mon voyage à Londres, en novembre, je constatai, à ma grande surprise, que ces bons garantis de quatre pour cent ne trouvaient da.

cheteurs qu'à un taux beaucoup audessous de celui qu’il commandent d'ordinaire.

Une personne m'avait même dit qu'elle avait été heureuse d'accepter une prime de trois pour cent pour

ces bons en faisant le sacrifice de

près de cinq semaines d'intérêt acquis.

Je demandai à sir John Rose, aux agents et à d’autres messieurs comment ilse faisait que ces bons garantis fussent cotés et vendus à si bas prix. On me fit une réponse qui avait besoin d'explication : ‘ Ge sout des floaters. —‘* Et qu'appelez-vous des floaters ?”—-On donne à ces bons le nom de floaters, es que, lorsque l'intérêt est peu élevé, à deux pour cent par exemple, les effets garantis de ce pays et des autres, portant quatre pour cent, sont achetés par les courtiers monétaires et les petits Capitalistes. Ceux-ci déposent ces bons À la banque d'Angleterre ou dans les autres banques,et en reçoivent le montant au taux de deux pour cent. Il résulte que lorsque l'argent est à bon marché, ces bons sont recherchés.

Mais aujourd'hui que la banque de Glasgow vient de faillir, et que les bruits courent que d’autres banques sont en faillite dans l’ouest de l’Angleterre et ailleurs ; que chacune des banques de la cité s'efforce de se mettre à l'abri en augmentant sa réserve de chaque louis dont elle peut disposer, l'intérêt de l’argent est monté, et les banques font rentrer ce qu’elles ont avancé sur ces floaters. En conséquence, ceux-ci sont forcément mis sur le marché, et vendus au-dessous du prix.

Telle était la situation quant à ces bons, lorsque je fus forcé defaire cetemprunt. Les choses étaient bien autrementen juin dernier; ces effets étaient alors dans leur plus grande valeur, et il eùt été sage pour le ministre des finances en exercice de profiter de cette circonstance.

L’honorable monsieur disait l’autre soir qu'il avait perdu son élection parce qu'il s'était plutôt occupé des intérêts de son parti que des siens. Il me semble,—et le pays est aussi de cet avis—que sil se fût occupé moins des intérêts de son partiet qu'il eüt

ait son empruntà cette époque, il aurait réalisé beaucoup plus qu'il ne m'a été possible de le faire ans les circonstances que je viens de décrire.

M. l'Orateur, c’est parce que ces effets garantis étaient alors cotés si bas, que je n’ai pu réaliser davantage.

Et il est étrange qu’au moment où je m'efforçais de réparer une faute com-

mise par mes prédécesseurs, l'esprit de parti les ait poussés à agir comme ils ont fait, lorsqu'ils eussent dû me souhaiter le plus grand succès possible, intéressés comme ils étaient dans le résultat de mes efforts; mais, de même que leur politique, leur conduite est condamnable; car ils m'ont créé des difficultés lorsque j'aurais dû pouvoir compter sur leur concours dans la tâche qui m'était dé volue, non par choix, mais par suite de leurs actes.

L’ex-ministre des finances dit que les quatre pour cent non garantis n’ont rapporté que 86 louis pour cent, Ils ont réalisé, eu égard à la valeur des effets garantis, environ 904. Voilà ce qu'ils ont rapporté.

J'ai devant moi une lettre de MM.

Barings et Glynn, disant que jamais aucun emprunt de la Confédération n’a été lancé dans un temps moins favorable.

Les bons furent offerts à la concur rence et adjugés aux plus offrants.

L’honorable monsieur me demanda l’autre jour sije savais combien les agents de la banque de Montréal avaient souscrit à l'emprunt. de lui répondis que je n'avais appris que par une conversation avec le directeur et le gérant de la banque de Montré:l combien cette banque a souscrit, et que je ne savais pas si les agents avaient souscrit ou non aucune partie de l'emprunt. Il répliqua que Je devrais le savoir. Il est étrange que l'honorable député me demande cette année des renseignements qu’il a re fusé lui-même de donner lorsqu'il était au pouvoir.

M. CARTWRIGHT: J'ai toujours fait connaitre ce que les agents avaient fait. Ce que j'ai refusé de donner, parce que mes renseignements ne me le permettaient pas, c’étaient les noms des souscripteurs autres que les agents de l'emprunt.

M. TILLEY : Le jour où les soumissions furent examinées on apporta quatre cédules de souscription portant les numéros de 1 à 80. Si le gérant de la banque de Montréal ne m'eut pas dit qu’il devait soumissionner e ne crois pas qu'en examinant | dules j'eusse appris la chose.

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l'entremise d'un courtier. .. 1611074

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ble monsieur dit qu’il le savait bien.

Si, après avoir fixé un prix et offert £3,000,000, j'avais reçu £5,000,000 de soumissions, et que j'eusse eu à me prononcer sur le choix des adjudicataires, je l'aurais su peut-être moi aussi, Mais cela n’a pas été nécessaire.

Tout ce qu’il me fallait c'était que la somme fût prise à un taux au-dessus du minimum fixé dans le prospectus.

[’honorable monsieur m'a quelque peu blâmé d’avoir fait ce que les dixneuf vingtièmes du pays approuveront, j'en suis sûr. Je veux parler des mesures prises au sujet des chèques reçus en paiement de droits par les percepteurs de douane et du revenu de l’intérieur, que j'ai donné ordre de déposer dans les banques sur lesquelles ils étaient tirés. Je ne me "A ppelle pas en ce moment qu'aucun gérant de banque m'’ait parlé de la chose, mais des membres de cette Chambre me l'ont fait connaître.

Je ne veux rien dire qui soit de na:

ture à nuire aux banques ; au contraire, je crois que les soupçons dont elles ont été l’objet étaient sans fondement. D’après mes observations sur le sujet, nos banques reposent, en général, sur des bases solides ; mais il existait un certain malaise au sujet des dépôts, et partout, pour une raison ou pour une autre, les dépôts se retiraient des banques, au grand détriment des affaires de tout le pays.

Quand ces messieurs me firent remarquer que dans le cours des trois semaines suivantes nous retirerions $3,000,060 ou $4,000,000—!e chiffre a réellement été de $4,700,000—que si les chèques représentant ce montant allaient a la banque de Montreal, et que si celle-ci exigeait des autres banques que ces chèques füssent payés en espèces, les embarras commercCiaux seraient de beaucoup augmentés au détriment de la prospérité du pays, je me rendis à ces représentations el donnai au commerce les facilités qu’on me priait de lui accorder ; mais non pas dans le but d’encourager le public à retirer ses marchandises des entrepôts, car depuis le 17 septembre on savait quelle serait la politique du gouvernement. Le pu-

lic s’est préparé à un changement de politique, parce qu'il avait confiance dans la déclaration des chefs du parti. Il a agi comme aurait fait

chacun de nous si nous étions dans les affaires ; s'attendant à une aug mentation dans les droits, il a retiré des entrepôts tout ce qu’il a pu.

Nous avions à décider si nous allions augmenter les embarras du moment ou les amoindrir autant que possible. Nous ne dîimes pas à nos percepteurs ; faites vos dépôts dans telle ou telle banque dont les directeurs et les gérants sont nos amis politiques. Nous leur dîmes : quand vous aurez un chèque sur une banque quelconque, déposez ce chèque dans cette banque au crédit du gouvernement.

Si nous avions placé $800,000 ou $900,000 dans une banque, moitié sans intérêt et moitié à quatre pour cent, et que cette banque mit tout en jeu pour contrôler et corrompre les colléges électoraux dans notre intérêt, alors je comprendrais que les honorables messieurs de la gauche pourraient avec raison et beaucoup d'effet nous reprocher une conduite aussi peu intègre et honorable.

A présent, monsieur l'Orateur, je désire m'occuper de certaines observations et assertions d’honorables messieurs de la gauche. Mais aupa avant, je vais dire un mot au sujet de quelques paroles d’un honorable représentant des townships de l'Est, qui a prononcé cette après-midi un si admirable discours sur la question des impôts.

On fait croire au peuple que ce gouvernement impose de nouvelles et lourdes taxes sur le pays. N’ai je pas dit l’autre soir dans mon discours budgétaire, que ces taxes étaient nécessaires à cause de la dépréciation des marchandises Jointe à la stagnation du commerce, et que nous ne voulions aujourd'hui que la moyenne du re.

venu des douanes de 1874-75? Nous ne demandons pas autant qu’on a re çu cette année-là; mais nous constatons qu’il va y avoir cette année un déficit de $2,400,000, et il reste à décider si nous allons faire résolument face à la situation en disant que cette somme doit être perçue et notre crédit maintenu, ou bien déclarer ouvertement que nous prévoyons un autre déficit de deux millions et demi de piastres.

Supposez que nos amis de l'Opposi tion soient au pouvoir aujourd’hui,

ils ne sauraient éviter ce déficitqu'en demandant au parlement d'imposer de nouvelles taxes, Il y aurait un moyen bien facile de faire la chose :

ajouter à la liste de 174 pour cent 9 our cent. Gomme les articles de celle liste nous ont rapporté $7,000,000 l’année dernière, ces à pour cent additionnels nous donneraient %2,000,- 000 de plus. Ge serait un moyen bien simple de prévenir tout déficit. Gela ne nécessiterait pas la présence d'un grand nombre de députations et ne demanderait pas grands calculs ; et puis le ministre des financos ne serait as dans l'obligation de donner de oguds explications sur son échelle d'impôts. Cest le moyen que nos amis ont pris, avec ?2k pour cent conime chiffre d'augmentation. Supposons qu'ils doublent aujourd’hui ce chiffre, qu'en adviendra-t-il ?

On nous parle beaucoup du détriment que nous causons aux industries de la Grande-Bretagne ; on nous dit, d’un autre côté, que nous insultous les Etats-Unis, ni plus ni moins en imposant de nouveaux droits. Il me semble que des considérations de patriotisme devraient nous empêcher de rien dire en cette Chambre qui fùt de nature à créer contre nous du mécontentement, soit dans la Grande- Bretagne, soit aux Etats-Unis, surtout lorsque les projets du gouvernement ne justifient pas pareil langage.

Supposons que pour cent soient ajoutés à la liste de 174 pour cent, que résulterait il? J'ai dit Pautre jour que la moyenne des droits prélevés sur les marchandises nons venant Ge la Grande-Bretagne est de 174 pour cent, et que celle des droits perçus sur les objets qui nous viennent des Etats-Unis n’est que de 10 pour cent ; or, si nos amis de l'Opposition étaient au pouvoir, ne voulant pas du système de la protection qui ne cadre pas avec leurs principes, ils auraient ajouté à pour cent à la liste des 175 pour cent, ce qui aurait augmenté lavantage donné aux Etats-Unis au lieu de le diminuer.

Et cependant on nous dit à la gauche : “ Votre tarif va créer du mécontentement contre nous dans la Grande-Bretagne.”

M. MACKENZIE: Vous n'avez pas le droit de nous imputer des idées

pour avoir l'avantage de les combattre.

M. TILLEY : Je demande pardon à

l'honoruble monsieur d’avoir cru l'Opposition capable d’être quente à elle-même. Je supposais qu'il ne jui serait pas possible de vouloir protéger nos industries indigènes en réajustant l'échelle des impôts. Si l'honorable monsieur dit que je suis injuste envers son parti en le suppo su logique, je suis prêt à me dédire.

consé-

Un mot ou deux maintenant, mon

sieur l'Orateur, relativement à l'effet que notre politique va avoir sur les industries Grande-Bretagne.

de la

manufacturières

Nous avons aujourd'hui, et nous

avons eu depuis la Confédération, à demander des crédits plus considérables qu'il ne serait nécessaire dans d'autres circonstances; parce que nous avons dépensé depuis lors des fortes sommes pour améliorer la navigation du Saint-Laurent, la construction du chemin de fer Intercolo nial, et celle du chemin de fer du Pacifique.

Il est vrai que les modifications que

je propose de faire subir au tarif vont

imposer les marchandises nous ve pant de la Grande-Bretagne d'environ $750,000; mais nos amis de la mèrepatrie considéreront que nous sommes engagés dans des travaux dans lesquels ils sont éminemment in téressés eux-mêmes. Chaque million de piastres que nous dépensons pour améliorer la navigation, soit par l'établissement de phares ou de stations sémaphoriques ou télégraphiques, soit par l’approfondissement ou l'agrandissement des canaux, ou pour la construction de chemins de fer, nous permet de transporter par tout notre pays, et dans nos territoires du Nord-Ouest que nous allons peupler de millions d'âmes, les produits de la Grande- Bretagne à des prix beaucoup plus avantageux que nous ne pourrions le faire sans cela. La dépense de ces larges sommes ne peut manquer de résulter en un bénéfice indirect pour les industries manufacturières de la Grande-Bretagne.

Notre Grand Ouest que nous ouvrons à la colonisation, est une nou.

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l’excé-

dant de la population de la Grande

Bretagne. Ainsi, nous soulageons la mére-patrie de cet excédant de population, et nous donnerons aux colons qu’elle nous enverra un territoire où ils pourront rester sujets britanniques et acheter annuellement pour $9.25 par tête de produits anglais, tandis qu'ils n’en acheteraient que pour $2.00 s'ils émigraient aux Etats-Unis où ils abandonneraient leur allé-

geance.

La Grande-Bretagne est éminem

ment intéressée à la construction du Pacifique et au développement de la vaste règion que ce chemin va traverser, Va-t-on dire que le surplus de richesses et de population que vont nous apporter les millions de colons du Nord-Ouest, ne sera pas une force de plus pour la mère-patrie? Nous n'avons qu’à rappeler qu’il ya quelques mois, lorsqu'il Commencça à se manifester des craintes d'une rupture possible entre la mère-patrie et la Russie, le Canada était prêt à envoyer 10,000 hommes suivis d’autres encore, combattre pour le vieux drapeau sous lequel nous sommes fiers de vi-

vre,

Non, bien loin que l'Angleterre soit mécontente de nous, et quoi que puissent dire certains libres-échangistes, la nation est avec nous de cœur et d'esprit La Grande-Bretagne sait que cet argent est nécessaire au développement de notre pays, à la création de nouveaux courants de commerce entre l’ancien monde et le nouveau, et pour permettre aux Canadiens de faire concurrence aux industriels de la république voisine.

Les sympathies du peuple anglais seront avec nous, malgré les souhaits des messieurs de lOpposition.

Quant aux Etats-Unis, je faisais partie du gouvernement du Nouveau- Brunswick lors de la malheureuse guerre entre le nord et le sud, et je basai alors ma politique sur un principe qui me guide encore aujourd’hui :

c'est que l’homme d'Etat canadien qui, dans les rapports du pays avec les Etats-Unis ne tient pas compte du sentiment public chez nos voisins, wagit pas pour le bien du Canada ; mais il ne doit pas pour cela sacrifier les intérêts qu'il est spécialement chargé de protéger.

Aux Etats-Unis la presse n’est pas d'accord au sujet de notre tarif, Le gouvernement Canadien s’est abstenu, pendant douze ans, d'imposer des droits sur les articles qui nous venalent en franchise sous l'opération du traité de réciprocité. Ge n'est qu'aujourd'hui qu'il se propose de rétablir les anciens impôts, bien qne les Etats-Unis aient rétabli les droits qui frappaient nos produits naturels, aussitôt après l’abrogation du traité,

Cette considération, ajoutée à la déclaration qu'a faite le Louvernement en disant qu'il est disposé à suivre l'exemple que pourront donner les Etats-Unis en fait de réduction ou d'abolition des impôts, était de nature à prévenir toute acrimonie, et en effet il en a été ainsi.

Les produits venant des Etats-Unis porteront une plus forte proportion des impôts que ceux qui nous vien- Jront de la Grande-Bretagne, et je base cette assertion sur des documents officiels.

Suivant le député d’Oxford-Nord, J'aurais dit que nous nous attendions de recevoir $2,000,000 des Etats Unis.

Ce que j'ai dit c’est que nous nous attendons de recevoir $2,000,000, dont la plus grande partie sera payée sur des produits importés des Etats Unis.

Je nai pas dit si c’est le producteur ou le consommateur qui contribuera à ce revenu.

Sous ces circonstances je ne crois pas que les Etats-Unis aient lieu d’être mécontents du Canada.

Je vois dans un organe modéré de ce pays avis exprimé qu'avant de jeter le gant, notre gouvernement auait dû entrer en pourparler avec le gouvernement américain, et c’est pourtant ce qu’à deux reprises nous avons essayé de faire ; mais chaque fois, nos propositions ont été rejetées.

Ce que voyant, nous avons décidé d'attendre que le gouvernement des Etats-Unis vint à son tour nous faire des propositions libérales.

Cela dit, je passe aux objections générales que rencontre le projet soumis à la Chambre, et à celles formulées dans des lettres dont quelques honorables membres de la gauche nous ont donné lecture.

Aucune de ces objections ne m'étonne, car il n’est pas à supposer que l'on puisse, sans créer de mécontente-

ment, faire subir à un tarif une modification aussi radicale. D'ailleurs, cette modification n'est pas très radicale quant au principe, et malgré les changements et réductions que lon va demander de faire ici et là, et lu critique que l’on va se permettre de certains détails, j'ai la conviction intérieure que le pays, que la majorité du pays approuvera notre projet.

M. MACKENZIE : Non.

M. TILLEY : L'avenir dira lequel de nous deux s’est trompé.

Quelles sont les objections générales au tarif? Mon prédécesseur el l'honorable représentant de Middlesex-Ouest (MM. Cartwright et Ross) prétendent qu'il aura pour effet de porter la population à demander du secours au gouvernement et à la législature. Eh bien! de la part de mon prédécesseur, cette pretention ne m'étonne pas, parce que je crois qu'il a distinctement affirmé qu'il était impossible que le gouvernement, par voie de législation, püût faire plus que son parti n'aurait lait our remédier à la situation diflicile u pays; mais Ce qui ma grandement surpris, (a été d'entendre le député de Middlesex-Ouest exprimer la même opinion, car dans les huit ou dix dernières années, je croyais l'avoir suivi dans sa manière de juger cette question qui est d’un si vif intérêt pour le pays.

Oui, je l'ai observé à chaque pas qu’il a fait pour obtenir la législation qu'il croyait avantageuse au peuple et de nature à mettre fin au vice de lintempérance, car alors il était et déclara être d'avis que c'était au parlement qu'it fallait s'adresser en pareille circonstance, et la réforme opérée par la loi de la dernière session à fait voir qu’il ne se trompait pas. Or, lorsque je l'ai entendu dire que ce serait une calamité de faire croire au peuple qu'il doit demander à PEtat un soulagement aux maux dont il souffre, et cela quand il avait auparavant prêché une doctrine contraire, l’on ne s’étonnera pas si, un instant, j'ai pu croire que mon oreille élait devenue rebelle à l'entendement.

Maintenant, un mot en réponse à l'hon. député de Norfolk-Nord, (M.

Charlton). Des parties de son discours ont été citées l’autre :soir, et tout ce

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que je pourrais dire ne saurait aussi bien le réfuter que ses propres ha rangues d'autrefois.

En réponse à l’hon. représentant d'Oxford, n'a-t-il pas proposé la nomination d'un comité à l'effet de s’'enquérir s'il serait opportun de protéger les industries du pays ?

A une autre époque, alors que j'avais le portefeuille des finances, il était en are l’un des plus zélés avocats de la protection que je connusse, Avec M. Joly, l’ancien député de Waterloo et d’autres, l’hon. représentant d'Oxford-Nord a demandé avec instance, au parlement et à moi, de consentir à une proposition à leffet d’exempter pendant dix ans de l'impôt de l’accise la fabrication ;du sucre de betterave, c’est-à-dire d’accorder à ce produit une protection égale à 3 centins par livre.

C'était là le projet de protection le plus positif qui ait été soumis au parlement, et pourtant l’hon. député de Norfolk-Nord est un de ceux qui en ont demandé l'adoption.

Nous avons entendu des plaintes à l'égard des promesses faites aux électeurs par des membres de la droite lors de la dernière élection générale, mais elles ne nous paraissent viser qu'à révoquer en doute la légitimité du résultat électoral du 17 septembre dernier.

A quoi se résument ces plaintes ?

Simplement à dire que le succès n’a pas été obtenu à prix d'argent, mais srâce à des promesses, car de l’aveu d’un honorable membre de la gauche pre au Canada l’on adépensé pour es élections aussi peu d'argent que pour cette derniére.

Ainsi donc, et pour la première fois, nous sommes des élus du peuple, qui ne doivent leur mandat qu’à une grande question de principe. Je sais, cependant, que beaucoup de ceux sur qui je comptais jadis ont voté contre moi cet fois, parce qu'on leur avait dit que s'ils appuyaient le parti conservateur, la farine leur coûterait une piastre de plus par baril; qu'il en serait de même pour la houille, et que l'augmentation des impôts serait cénérale.

Et les fabricants, est-ce que des honorables membres de la gauche ne les ont pas assurés qu'ils ne seraient pas plus protégés qu'avant ? Toute-

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lois, je conviens que des deux côûtés, tout en luttant pour des principes, des intérêts particuliers se trouvaient aussien jeu ; mais, je crois aussi ne

ayer qu’un juste tribut à notre popufation en disant que le 17 septembre elle a mis de côté tout esprit de parti et voté en masse pour les hommes qui soumettent aujourd’hui cette politique

de protection.

On dit que cette politique est entachée de partialité, qu'elle va diviser

le pays, et que le gouvernement ou

le ministre des finances, en élaborant ce projet de tarif, n’a fait que la volonté des délégations venues à Otta-

wa. Eh bien! à cela je répondrai que

si nous avions écouté tous les avis qui nous sont venus de toutes les par ties du pays, ce tarif serait on ne peut plus étrange, vu la diversité des inté-

rôts entre lesquels nous avons dû

choisir ; mais il n’a pu en être ainsi.

Conscient de sa responsabilité comme représentant de l'Ontario, de Québec, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle Ecosse, de l'Ile du Prince- Edouard et du Nord-Ouest, le gouver-

nement a dû bien examiner ce qui pouvait le mieux servir les intérôts de tout le pays, et il n’a arrêté le proiet qui vous est soumis qu'avec la conviction qu'il réaliserait l’objet en vue.

Si notre projet favorisait directement une province quelconque, ou si, par exemple, nous avions accepté toutes les propositions venues de l’'Ontario, les autres provinces auraient certainement droit de se plaindre; mais non, ce projet ne favorise pas une seule section: son uniqne tendance est l'intérêt général du pays.

De nos honorables adversaires se sont beaucoup apitoyés sur la fâcheuse situation que ce tarif allait faire aux classes laborieuses. Eh bien !

M. l'Orateur, j'affirme que si ce projet est adopté, le peuple travailleur en rotirera un très grand avantage. Peu importe à ces gens que tout soit à bon marché en ce pays s'ils n’y trouvent pas de travail. Voulez-vous qu’ils restent inoccupés ? Non, N'est-ce pas?

Uomime nous, vous désirez qu'ils trouvent de l'emploi.

Quand nos frères de l’autre côté de Atlantique connaîtront mieux notre projet; quand ils verront qu’il a pour but d'empêcher des centaines de mille

de notre population ü émigrer à lé.

tranger, Je suis sûr qu'alors ils l'approuveront.

L'honorable député d'Oxford-Nord (M. Oliver) m'impute d'avoir dit que si j'avais été ministre en 1874, je n’au rais pas changé le taux de 15 p. c. En effet, j'ai dit cela. En 1873, nous avions annoncé qu’à la session pro chaine le tarif serait probablement modifié, mais les circonstances voulurent que cette modification ne fût pas nécessaire. Nous avions alors un revenu Jouvant suflire à la dépense des 822.500,000 que l’on comptait faire, mais pas au-delà.

J'ai dit que pour les années de 1873 à 1878, les dépenses du gouvernement du pays auraient pu être maintenues en deça du chiffre de $22,500,000 pendant cette période. Le budget que J'ai soumis il y a quelques jours corrobore cette assertion.

J'ai réellement dit que si nous avions été à la tête du gouvernement nous n’aurions pas ‘touché à la liste des objets soumis à un impôt de 15 pour cent; nous aurions prélevé le revenu nécessaire sur d’autres articles, et cela de façon à offrir de l’encouragement aux industries canadiennes.

Si, à cette heure, nous demandons quelque chose de plus que 174 pour cent, c’est parce que le gouvernement est dans la pénible nécessité de prélever $2,000,000 de plus que ne rappor terait cet impôt, et non parce qu’il désire augmenter les contributions.

Mais, revenons-en aux classes pauvres.

Afin de faire voir à quel point de vue nos adversaires envisagent cette question, j'ai dit que ce serait faire une injustice à Ces classes que de taxer à à centins la livre le thé qui leur coûte 16c., et de ne faire payer que le même droit à ceux qui consomment l’article supérieur, lequel coûte de 40 à 50 centins. Eh bien!

encore aujonrd'hui, je maintiens que la distinction faite est juste et tout à fait conséquente à la nature du pro-

jet.

J'ai dit, et je Le répète, qu’il serait injuste de taxer à 72 centins le gallon dejvin qui ne coûte que 50 centins et de n’imposer qu'au même taux l’arti cle supérieur qui se vend de $4 à $5,

Parlons maintenant du pétrole, article que nos honorables adversaires ont cru devoir taxer à 75 pour cent, Encore là, dit-on, vous taxez le pauvre et non le riche. Quant au thé, il nous faut bien l'acheter ailleurs, mais quelle peut être votre intention à l'égard des lainages et cotonnades ?

À cette question, je me trouve avoir répondu distinctement, car j'ai dit que lorsqu'un article ne pouvait être fabriqué dans le pays, il n’y avait pas de raison d'imposer un fort droit aux fabricants d'Angleterre, droit qui, en fin de compte, serait payé par le consommateur canadien.

Nous avons deux motifs pour imposer un droit sur les articles de ce genre et de qualité commune.

Prenons pour exmple les lainages.

L'article à l'état brut peut être fabriqué dans le pays, et non-seulement il imprimera de Pactivité aux fabriques, mais encore il créera un marché pour cette industrie à laquelle l'honorable député d'Oxford-Nord porte un si vif intérêt, la laine de provenance canadienne. Mon honorable ami prétend que l'imposition d'un droit sur le blé, parce que nous avons un surplus, n’apportera aucun bénéfice au producteur, et cependant il est rempli de sympathie pour l’'homne qui possède un troupeau de moutons. Nous avons un surplus de blé, et, d’après sa doctrine, il est indittérent que nous frappions ou non ce grain d’un impôt.

M. OLIVER : Nous n'avons pas un surplus de laines. Nous importons 3,000,000 de livres de plus que nous exportons de cet article.

M. TILLEY : En effet, nos importations de cet article dépassent nos exportations ; mais, malheureusement, la laine que nous produisons nest etne peut être employée dans aucune des espèces d'objets qui sont aujourd'hui fabriqués dans le pays.

Nous faisons cette proposition pour encourager la fabrication de bonnes et fortes étoffes et couvertures de laine afin que les premières remplacent les draps feutrés par lesquels l’ouvrier est volé de son argent si laborieusement gagné, car s’ilse rend à son ouvrage ainsi habillé pendant la pluie, il revient à la maison tout en loques. Nous proposons que ce

dont nous avons besoin pour notre usage propre et ce que nous avons jusqu'ici fait venir des Etats Unis soit désormais fabriqué dans le pays.

Cest un essai que nous voulons laire. Si nous prenons les Etats-Unis pour exemple, nous voyons qu'il y a douze ans ils imposèrent un droit de 50 centins par livre sur tous les articles de laine importés, ou 20 ou 30 pour cent ad valorem; etquelen a été l'effet ? Aujourd’hui les lainages Y sont indubitablement de 124 à 25 pour cent meilleur marché qu'alors.

Nous verrons le même effet se produire dans notre pays : le pauvre au ra un article préférable à meilleur marché que maintenant. Il se peut, comme la dit l'honorable député, qu'en raison de la concurrence le fabricant ne réalise aucun profit ; mais à tout événement, le peuple aura un excellent article à bon marché à la place de l’article pourri et sans valeur qu'il a maintenent.

À présent, on dit que la porcelaine dont le riche se sert paie un droit de 20 pour cent, tandis que la poterie commune paie plus. Nous avons plusieurs grands établissements de poterie : à Montréal il en existe un qui fabrique pour une valeur de 87,000 par mois; au Nouveau-Brunswick il yena un pour la fabrication de la poterie de grès; mais si nous n’en avons pas plus, ce tarif en créera d'autres. Pour ces deux articles que nous pouvons produire, nous demandons de lencouragement, et nous le demandons parcequ’'il donnera de l'emploi au pauvre. Cet article w’exige pas des millions de capitaux ; il est répandu dans toutes les parties du pays, partout où se trouve la matière première,

M. MACKENZIE : Où est l’argile ?

M. TILLEY : Il y en a en abondance, si non dans l’ouest, au moins dans l’est, et nous serons heureux de faire un échange des produits.

Arrivons maintenant à la verrerie, Il y a certaines classes de verrerie commune que nous fabriquons ; nous les avons frappés d’un droit addi-

fourni au consommateur à aussi bon marché qu'aujourd'hui

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