‹ Discours sur le budget prononcéChapitre 20 sur 23 · RECHERCHONS LA CAUSE · texte numérisé non relu

RECHERCHONS LA CAUSE

Il faut donc rechercher la oause de ces embarras financiers qui nous alarment avec tant de raison ; et ce ne serait ni sage, ni prudent que d'ignorer cette cause pour ne voir que l'effet.

L'honorable M. Robertson nous a dit, vendredi dernier, qu'il fallait moins s'occuper de connaître les noms de ceux qui avaient fait le mal que de travailler à le guérir ; c’est juste en thèse générale, mais c’est trop intéressé pour être juste dans la circonstance, Car nous ne

ouvons oublier, malgré toute notre uns volonté, que c'est lui M. Robertson qui a administré nos provinces du 29 octobre 1879 au mois de janvier 1882, et que ce n’est pas tout à fait de sa faute s’il a cessé de les administrer depuis janvier 1882 à janvier 1884 ; et que d’ailleurs son parti et deux de ses collégues actuels sont personnellemen

responsables des fautes graves commises durant cet intervalle où il a été tenu éloigné du trésor à raison de circonstances qui n’ont jamais été expli-

quées.

Ces raisons sufliront pour faire com-

prendre pourquoi notre excellent trégorier aimerait nous voir jeter un voile sur le passé et travailler à guérir le mal sans en rechercher l’auteur. Il veut bien

étre indulgent, Monsieur l’Orateur, pour l'unique déficit dont vous êtes entière-

ment responsable, celui de 1882-1883, et qu’il porte à $300,000 ou $500,000 ;

mais cette indulgence intéressée est sans doute offerte complaisamment à vos amis dans cette chambre afin de les engager à ne pas être trop sévère à leur tour, à l'égard des déficits de 1879-1880, savoir $483-117 ; et de 1880-81, savoir $442,139, dont lui, l'hon. M. Robertson,

est directement responsable.

Il y a un motif à cette indulgence empressée, et les gens intelligents sauront bien l’apprécier à sa juste valeur :

c'est la nécessité de condamner deux de ses collégues, Messrs. Blanchet, Lynch, en condamnant la politique ruineuse de M. Mousseau ; et l’impossibilité où il est de parler des déficits des deux années que je viens de mernitionper, sans s’incriminer lui-même et incriminer en même temps trois dé ses

collègues actuels : Mossrs. Ross, Flynn et Lynch, qui ont tous leur part légitime de responsabilité à cet égard.

Soyons de bon compte ; et si ces messieurs qui ont gouverné depuis 1879 sont disposés à se pardonner leurs fautes mutuelles, afin de justifier leur étrange association, et de ne pas blesser les justes susoceptibilités des divers groupes de leurs amis, nous ne sommes

as obligés, nous de ce côté-ci de la

hambre, de devenir les dupes de ce système immoral de pardon illicite ; et nous ne reconnaissOns pas au député de Sherbrooke, tout vertueux que nous voulons bien le supposer, le pouvoir de proclamer ce nouveau jubilé dans lequel il voudrait complaisemment eflacer les nombreuses fautes de ses amis.

Que ces Messieurs se donnent une absolution générale, si ça les amuse ; mais qu'ils sachent que le pays ne la leur accordera pas aussi facilement : il exigera une véritable contrition et un ferme propos inébranlable, et leur imposera une pénitence suffisante, par la perte du pouvoir, seule punition qui puisse leur être sensible.

HIBR &T AUJOURD'HUI,

Il est étonnant de voir combien! la possession du trésor modifie les vues dn député de Sherbrooke. Autant il est clairvoyant pour découvrir les déficits de ses prédécessenrs, autant il est aveugle pour ne pas voir ceux que son administration future nous ménage.

Aujourd’hui, il découvre bien l'unique déficit, dont vous êtes le père, M. l’Orateur, mais ses yeux se ferment de suite pourne pas voir celui qu’il va mettre au monde l'an prochain. Avouons, monsieur, que sous ce rapport il vous ressemble quelque peu, et que vous appartenez bien tous deux à 1a même école.

Comme vous, il fait des surplus avec des déficits, mais se montre moins réservé que vous. L'an dernier, parlant des opérations de l’année courante, qui, d'après M. Robertson, va se solder par un déficit plus considérable que celui de 1882-83, vous disiez qu’il y aurait un PETIT SURPLUS (vous éties modeste) de $3,484.81 ; et lui, parlant de l'exercice prochain, qui se soldera par un déficit de plus de $200,000, malgré les $247,160

ne nous promet le gouvernement

édéral, il nous garantissent un surplus ‘d'au moins $151,476, qu'il lui faut maintenant réduire À $101,000.

Je respeote trop l'honorable M. Rooertson pour dire qu’il ne croit pas à cette promesse imprudente ; je le pense aussi sincère qu’en 1880 et 1881, mais pas plus adroit que quand il faisait miroiter, devant nos yeux éblouis, les chiffres, habilement agencés, qu'il sait si bien manipuler Mettons ses paroles en regard des faits, et jugeons de l’avenir par le passé.

Le 16 juin 1880 il nous disait en faigant son exposé budgétaire : (Hansard 1880, p. 470.)

4, Aïnsi il appert par ce qui précède, que j'ai évalué le revenu de l’année prochaine, non compris le remboursement du prêt à l'Ecole Normale Jacques-Cartier, À $2,762.665.44 et les. dépenses à

.$2,891,002.68, laissant un déficit apparent de $118,366.52, mais non compris l'intérêt des fonds en banque,

& J'ai essayé de donner les chiffres au meilleur de mon jugement, Il est posgible que j'aie fait une évaluation trop élevée des revenus, mais je ne le crois pas. Je puis faire erreur quant au mon-

nos dépenses annuelles dans les linntes

de nos retenus. J’ai réussi jusqu’à présent, et quand je ne pourrai plus réussir, quand je verrai que les demandes sur le trésor excèderont celles qui devraient être faites, qu'il n’y aura plus moyen d'y résister et que les revenus ne permettront pas ces demandes, ce jour-là la chambre sera informée du fait et je résignerai ma charge... Je ne suis pas de ceux qui consentiront à laisser endetter notre province d’une manière désespérante, dans le but de plaire à n'importe quel homme, cu à n'importe quelle coterie. Je préfère me retirer de la vie publique, plutôt que de surcharger ceux qui viendront après nous, de taxes directes, même pour rencontrer des dépenses d’une importance majeure évose . (Voyez son discours de 1874, p. p.

40 et 41.)

J'ai fait ces remarques et rappelé ces déclarations pour vous permettre d'apprécier à leur juste valeur les promesses de M. Robertson qui veut vous faire voir dans le lointain un surplus qui se

tant des dépenses, mais mes chiftres | transformera, l’an prochain, en un défidépassent même mes prévisions, et|cit. J'ai voulu aussi vous démontrer j'espère beaucoup pouvoir montrer à la |l’absurdité de co nouveau système de

fin de l’année, que J'ai donné de la marge pour la perception d’un surcroit de revenus et que mon évaluation des dépenses, loin d’être dépassée, no sera pas atteinte, ??

Malgré ces belles espérances, malgré ces bonnes promesses, qu’est-il arrivé ?

Les dépenses se sont élevées à $3,570,- 070 au lieu de $2,891,002 ; différence $679,058, et le déficit RÉEL fut de $442,- 139,,au lieu du déficit APPARENT annoncé de $118,366, :

11 avait aussi promis que la législation ne coûterait que $143,100 (p. 463), et ellea coûté $202,100,23 ; il avait dit que le coût du gouvernement civil ne s'élèverait qu'à $160.460 (p. 462), et il fut de $178,406.58.

D'ailleurs, ce n’est que la répétition de ce que M. Robertson a fait dé tout temps : tout promettre et ne rien tenir, En 1874 il voulait qu’il n’y eut jamais de déficit et promettait de résigner comme trésorier, le jour où le moindre déficit apparaîtrait à l'horizon de nos budgets.

Voicr ses paroles : ‘ Je désire réitérer ici la déclaration que j'ai déjà faite devant la chambre, dans des circonstances antérieures, et je suis bien décidé à m'en tenir à ce que j'ai dit en acceptant la charge de trésorier, à savoir de tenir

responsabilité, inauguré parle gouvernement actuel et qui consiste à condamner les actes de son parti, tout en y restant ; et à répudier certains hommes tout en les gardant comme collè.

gues.

Ce système commode a permis à certains conservateurs de répudier M, Chapleau à Québec, tout en en faisant un ministre à Oftawa, et de le punir de sa mauvaise administration en lui donnant un salaire plus considérable et upe position plus élevée ; de punir M.

Mousseau, dont les fautes décourageaient les amis, en le nommant juge de la Cour Supérieure ; et de donner à son trésorier la présidence de la chambre, en récompense d’actes que l’on répudie, avec une vertueuse indignation.

Voilà le système de certains conservateurs ; avouons que s’il est commode, il n’est guère honorable ; et qu'ilest contraire à toutes les traditions du régime parlementaire, Par ce moyen, le parti conservateur n’est plus un parti politique homogène, digne du respect public, ayant un programme défini et arrêté, et luttant pour le triomphe de certains principes. Ce n’est plus qu'une aglomération d'individus qui ont des opinions différentes et qui luttent pour garder le pouvoir, afin d'’assurér le

les linntes squ’à préplus réusmandes sur i devraient lus moyen us ne perce jour-là fait et je 6 ne suis ht à laisser ne manière e plaire à

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e surcharès nous, de rencontrer ce majeure 1874, p. p.

appelé ces ettre d’appromesses

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rmis à cerier M. Chafaisant un

le punir ion en lui idérable et punir M.

y découraaimant juge > donner à e la chamue l'on réidignation.

ns consercommode, ’ilest condu régime n, le parti parti poliespect pu-

défini et omphe de lus qu’une i ont des tent pour issurèr le

triomphe de quelques hommes, au détriment de l'intérêt public.

Ce système est une hérésie constitutionnelle et le maintenir c'est remplacer le drapeau du parti par celui d’une coterie et saper dans sa base tout notre système politique.

L'hon. M. Chapleau, malgré ses fautes incontestables avait assezde cœur pour défendre ses amis. 11 accéptait la responsabilité de leurs actes ; et, croyant au gouvernement de parti, il admettait la solidarité des membres d’un même parti et, a1lieu de frapper ses amis dans le dos, il recevait généreusement, et en pleine poitrine, les coups qui leur étaient destinés.

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