‹ Discours sur le budget prononcéChapitre 8 sur 23 · RESUME DE LA SITUATION · texte numérisé non relu

RESUME DE LA SITUATION

Il est inutile pour moi de suivre l’honorable trésorier dans son discours sur le budget,car ce serait occuper le temps de la chambre inutilement. D'ailleurs, nous savons parfaitement à quoi nous en tenir sur l’état financier jusqu’au 30 juin 1884, il ne nous reste plus que l’année 1885 que nous pouvons apprécier d’après l'expérience du passé et dont nous pouvons juger d'une manière approximative. -

Il est clair par tout ce qui a été dit des deux côtés de la chambre que notre position financière est tendue ot il est admis qu’il va falloir une po'itique vigoureuse et ferme pour rétablir l'équilibre dans nos revenus. Le trésorier actuel est-il l'homme de la‘circonstance ? j'en doute, mais l’avenir nous le dira:

L'honorable trésorier dans son dliscours à Sherbrooke, après son élection, déclarait que le déficit pour l’année fiscale expirée au 30 juin 1833 serait de $300,000 à 400,000, L’'Honorable député pour Yamaska faisait le même aveu.

L'Honorable Tr:sorier déclarait que le déficit pour l’année courante serait de $400,000 à 500,000, je crains qu’il ne soit le double 1e ce montant d'après les renseignements que je possède.

Il admet que nos déficits annuels depuis quelques années sont de $400,- 000 à 500,000.

Le même Trésorier nous prêche l’éco-

suis certain que sur ce point, je serais | nomie et les retranchements comme supporté par tout homme d’: ffaires. La | une nécessité, sinon nous allons à la dépense est toujours au-delà des prévi- | banqueroute, ou bien il faut avoir resions. Commé conclusion, j'arrive à un | cours à la taxe. Cependant le même déficit pour l'exercice de 1885 de $200 honorable député a été trésorier penà $300 mille piastres. | dant le règne de Monsieur Chapleku

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dont l'administration a été des plus extravagantes possible, et qui a contribué à augmenter d'une manière alarmante nos embarras financiers, par sa politique de chemin de fer et par l’augmentation de toute sorte dans les dépenses pour le service public, Cependant quelle ‘a été la ligne de conduite suivie par notre trésorier lorsqu'il avait le contrôle des deniers publics. Venaitil nous déclarer qu’elle était notre véritabie position? Au contraire dans ses exposés financiers qu’il soumettait à la chambre, il peignait tout en rose, et accusait des surplus lorsqu'il est aujourd’hui prouvé qu'il aurait dû montrer des déficits de 400 à 500,000 piastres. Donc il se trompait lui-même ou ïl troupait la Chambre, cela est clair.

Pourquoi ne venait-il pas nous faire connaître le véritable état de nos finances ? S'il est sincère aujourd’hui comme il le prétend, et qu’il est animé d’un zèle pour le bien public, devait-il rester ministre dans un gouvernement comme celui de M. Chapleau ?

Comment avoir confiance dans un homme qui nous a si souvent trompés ?

Peut-on ajouter foi à ses déclarations d'aujourd'hui, peut-on croire à la sincérité de la politique de retranchement et d'économies ?

11 viendra à la prochaine session nous déclarer que malgré sa bonne volonté, il a été trompé dans ses espérances.

Depuis que je suis en chambre je ne l'ai jamais vu faire autre chose lorsqu'il est au pouvoir, mais une fois sorti il trouve les finances dans un état déplorable.

La politique de l'honorable député de Lotbinière était donc rationnelle, car

après ci, q ans de vicissitudes pendant |

lesquelles on a augment» notre dette publique par des emprunts qui étaient destinés à couvrir les détcits que nous accumulions d'année en année, le tréso-

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une grance partie du temps est obligé aujourd’hui de venir déclarer, avec des revenus bien plus considérables que ceux qui étaient à la disposition de M. Joly, recevant $380,000 d'intérêt sur notre chemin de fer etavec une subvention du gouverneruent fédéral de $247,100 faisant uu total de $627,100 ; Malgré cette augmentation, il vient aujourd’hui nous déclarer que notre position est critique et tendue, qu'il n’y a que deux moyens de sortir, de nos dif.

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tficultés, c'est s2it d’av rir recours à la |en vue, car le capital est sensitif evil

taxe directe, ou bien avoir recours à des retranchements considérables-

Le trésorier trouvait ce moyen ridicule du temps de M. Joly, mais poussé dans ses derniers retranchements et incapable de continuer d’illusionner le peuple sur la situation, il est obligé malgré lui de prendre quelque moyen pour arrêter le courant qui nous précipite vers l’abîime.

Il laisse entrevoir que la taxe directe est nécessaire, mais qu’il n'ose pas l’im poser, car il connait l’impopularité de cette mesure et désire garder le pouvoir à tout prix. Il a beau faire, il faudra, s’il reste au pouvoir, l’imposer.

Il ya cinq ans, la chose était plus facile, car en économisant nos ressources, nous n’aurions pas été obligés de faire autant d'emprunts.

Je regrette, M. le Président, d’être obligé de parler aussi clairement à l'égard de notre Trésorier qui est un excellent homme dans la vie privée, mais je ne puis tolérer l’idée d'être trompé d'année en année par des histoires faites pour les enfants et non por des représentants du peuple.

J'ai au moins la satisfaction d’avoir honnêtement exprimé ma façon de penser sur la conduite politique du Trésorier, et c’est à la chambre et à la Province de juger si je suis véridique ou non dans ce que je dis.

Maintenant, passons à un autre sujet qui est celui d'examiner si la politique que nous avons suivie depuis quelques années a été ce qu’elle devait être, sage et prudente et intelligente au point de vue politique.

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