CONSTRUCTION DE NOTRE LIGNE PROVIN- CIALE PAR LE GOUVERNEMENT
Pendant un quart de siècle on a discuté publiquement l'opportunité d'avoir une ligne de voie ferrée entre Québec et Montréal, La ville de Québec conme la ville de Montréal était unanims sur cette question, Un en reconnaissait les avantages et il n’y avait qu'un désir sur ce point, qu'il fallait que cette lig 1e fut construite. Malheureusement dans toute entreprise de cette nature, surtout dans un rouveau pays comm» le nôtre où les capitaux disponibles sont peu considérables, il était ditficile de former une compagnie avec les moyens nécessaires pour la construction d’une ligne telle que celle que nous avions
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est impossible de l’attirer dans une voie nouvelle où il y a des doutes sur l’avantage du placement. L'idée d’une ligne du côté nord du St: Laurent, fit naître bien des projets sur lesquels il est inutile d'’insister. Je me contenterai de dire que plusieurs compagnies se succedèrent les unes aux autres sans avoir réussi à mener cette entreprise à bonne fin. Malgré les octrois de terre, malgré les subventions accordées par le gouvernement, toutes les compagnies furent obligées d'abandonner le projet faute ne pouvoir obtenir les fonds nécessaires pour assurer le succès de cette entreprise, Le gouvernement d'alors voyant le peu de succès qui avait jusqu’à cette époque couronné les efforts de l’entreprise privée et sentant que cette voie ferrée était devenue nécessaire pour les besoins de cette partie de notre Province qui est située entre Québec et Ottawa, se décida à la construire aux frais de la Province.
On se rappelle avec quelle joie et quel plaisir cette politique fut accueillie par tous ceux qui sentaient l'isolement dans .equel nous nous trouvions faute de communication par voie ferrée avec les autres parties de la province.
Il est inutile pour moi de parler de l'importance de cette ligne, au point de vue du commerce et de l’industrie, car cela est un fait admis par tout le monde, ni de passer en revue tous les ‘arguments dont se servirent les promoteurs de cette entreprise, car ce serait répéter ce qui est connu de toux.
C'est au commencement de la session de 1875 que le gouvernement qui avait fait un contrat avec deux entrepreneurs pour Ja construction de cette ligne, soumettait une mesure dont le bub était de faire confirmer par la Chambre l'acte qu'il venait de' signer sous sa responsabilité.
Néanmoins, le chef de l'opposition,
craignant bien légitimement que le]
gouvernement se berçait dans une politique qui allait entrainer la province à diverses dépenses au-delà de ses res:
sources ordinaires, présentait un amendement sur l’adresse en réponse au
discours du trône, qui était conçu dans les termes suivants :
‘M. Joly, secondé par M. Marchand, ropose, sous forme d'amendement, que e quatrième paragraphe des dites résolutions soit amendé en ajoutant à la fin d'icelui les mots : ‘ Mais cette chambre
est d'opinion qu'après les grands sacrifices que la province de Québec a faits pour promouvoir ces éntreprises, il est luste que la Puissance du Canada vienne à notre aide puisque ces deux chemins de fer de la rive nord et de Montréal, Ottawa et Occidental font virtuellement partie de la grande ligne du Pacifique. ?
J'avouerai, M. le président, que cet amendement n'eut pas, de ma part, le support qu’il méritait, car je fus un de ceux quise détachèrent du groupe de l'opposition pour supporter le gouvernement sur sa politique de chemin de fer.
Je voulais à tout prix la construction du chemin de fer du nord. J'avais promis à mes électeurs que je supporterais toute mesure à cet etfet,
D'ailleurs je vensis d’être élu, et j'avais peu d'expérience parlementaire.
C'était ma première session. J'ujoutris foi aux déclarations du gonyernement, qui était alors compasé d'hommes de la plus haute respectabilité personnelle.
Ces hommes aflirmaient que nos ressources ordinaires pouvaient suflire au coût de l’entreprise. J'ajoutai foi à leur affirmation.
M. Joly voulait aussi la construction du chemin de fer du nord, mais ayant une longue expérience parlementaire et connaissant d'avance quel serait le résultat pour nos finances de cette politique de’ chemin de fer, entre les mains d’un gouvernement, il voulait par cet amendement dégager la responsabilité de son parti et la sienne d'une entreprise qui allait nous entrainer à des dépenses énormes.
Dans le temps, j'étais porté à croire que c'était de sa part une tactique de parti, mais je pense qu'il a eu raison, car ses prévisions ne se sont que trop réalisées.
Cependant, M. l'Orateur, je suis d'opinion qu'avec une politique rationelle, nous pouvions bâtir ce chemin, sans trop nous endetter ; mais la politique qui a été suivie depuis n'était pas en rapport avec la nature de nos engagements,
Nos subventions aux chemins de fer provinciaux et à notre grande ligne interprovinciale sont en grande partie la cause de nos embarras financiers.
M. de Boucherville a agi avec patriotisme, avec conviction, et a fait ce qu’il croyait dans l'intérêt de la province, mais au point de vue des affaires il était de son devoir de prévoir les difficultés
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