CONCLUSION
Voilà, M. l’Orateur, la position financière de la province, exposée franchement et consciencieusement, telle que Je la comprends et telle que, malheureusement, elle est ‘en réalité.
Certaines personnes prétendront peut-être qu'il eût mieux valu, dans l’intérêt du pays. suivre les anciennes traditions, atténuer les choses et ne pas dire toute la vérité, surtout au moment où il est nécessaire de faire un nouvel emprunt. Ce n’est pas mon opinion et je suis convaincu que ce n’est pas non plus celle de la Chambre et du pays.
Le temps est venu de dire la vérité et toute la vérité; le peuple l'attend avec anxiété, les hommes d’affaires la demandent avec confiance et ma propre réputation me défend de la cacher. J'ai donc répondu à un désir général, universel, en faisant connaître la situation financière telle qu’elle est.
Je m’empresse d'ajouter que toute inquiétante qu’elle soit pour les habitants de la province, qui sont appelés à payer, cette situation ne l'est pas pour ses créanciers. Nous avons les moyens de payer nos dettes et nous les paierons honnètement. Le gouvernement actuel ne peut êt ne veut répudier aucun des engagements contractés par ces prédécesseurs. Toute réclamation légitime sera payée, si la législature veut nous en donner les moyens.
M. l'Orateur, je comprends toute la responsabilité des déclarations que je fais en ce moment, mais je n'hésite pas à la prendre, cette responsabilité, parce que je suis convaincu de ce que je dis Je ne veux pas endormir l'opinion publique ni tromper la Chambre en faisant miroiter à ses yeux de vaines espsrances : je dis ce que ma conscience me dicte, je promets de faire ce qui doit être fait, si nous recevons de la part de cette Chambre et du pays le concours loyal, l'appui généreux et patriotique sur lesquels nous avons droit de compter dans l’accomplissement d’une œuvre si difficile et si nationale. Ce concours, nous jle demandons, cet appui, nous l’espérons. Au nom de la province que nous représentons, nous faisons appel à tous les hommes de cœur, sans distinction de race, de croyance ou de parti, nous les supplions de faire taire les divisions comme les rancunes du passé et de réunir toutes les forces de la nation dans un seul et noble but—/e salut de la patrie commune.
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