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Discours sur le budjet [i.e. budget] [microforme]

Je viens faire quelques observations sur la situation financière de la Province ; et je commence par solliciter linduisence des membres de cette Chaizbre et surtout des hommes d’affaires distingués qui en font partie.

J'ai peu d’aptitude pour les chiffres et

je n’ai pas osé jusqu’à présent prendre art aux débats soulevés sur le bujet.

’espère qu’on ne me traitera pas avec trop de sevérité et que mes collègues auront pour moi les égards que l'on ne refuse jamais à un débutant.

Nous sommes entrés dans l’ère des déficits en 1875 et depuis cette époque nous avons déployé beaucoup d’habileté à les cacher. Nous imitions le négociant malheureux qui n'ose avouer sa position et ne peut se décider à déposer son bilan. IL retarde aussi longtemps que possible cette heure fatale et ne consent à entrer franchement dans la voie des aveux, qu'après avoir épuisé les moyens les plus désesdérés et lo.sque souvent il est trop tard. Espérons que nous n’en sommes pas encore là, et qu’en appliquant vigonreusement les remèdes que la pru-

dence nous suggère, nous pourrons traverser avec succès la crise que nous subissons.

Seulement nous ne pouvons plus nous faire illusion; la voix autorisée de l’honorable Trésorier a fait entendre le cri d'alarme. ‘‘ La situation est ten- “ due, nous a-til dit l’autre soi: en ‘ substance, le moindre accident peut “ précipiter la catastrophe. Il nous ‘ faut de nouveaux revenus.”

Quand le trésorier est forcé de faire un aveu si pénible et si grave, lui qui par sa position est naturellement porté à dissimuler les dangers qui l’entourent, il faut que la situation soit nonseulement tendue, mais qu’elle soit presque désespérée.

Si la situation n’était pas si critique, je pourrais en profiter pour rappeler ce que mes amis et moi n’avons cessé de prédire depuis 1875, époque fatale où nous sommes entrés dans la voie des déficits, par suite de cette politique des chemins de fer qui nous a conduits d’'abime en abime, jusqu’à la vente au prix de $7,600.000 d’une propriété qui nous coûte plus de treize millions ($13,000,000), jus-

qu’à cette transaction — faite par Je

chef d’un gouvernement conservateur, et qui tout en ruinant la province a divisé pour longtemps uu grand parti, remarquable jusqu'alors par sa force de cohésion et son esprit de discipline.

En effet, dès 1875 les libéraux ont commencé à lutter contre cette politique désastreuse et n’ont cessé de dire depuis que la situation financière de venait inquiétante et qu'à moins de réformes importantes dans notre système d’administration et d’une sévère économie dans nos dépenses, nous arriverions à une catastrophe. Mais récriminer n’est pas guérir. Laissons là le passé pour ne sorger qu’au présent. Ilimporte moins de savoir qui a fait le mul que de le guérir ; réunissous toutes les ressources de nos intelligences pour bien comprendre la situation et l’améliorer du mieux que nous pourrons. Faisons taire l'esprit de parti et laissons parler le patriotisme ! Celui-là nous a perdu, celui-ci peut nous sauver.

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