TAXE DIRECTE
En écoutant l’autre soir l'honorable Trésorier, j'ai été surpris de l’entendre nous parler mystérieusement des $8278,000,000 de propriétés foncières que nous avons,dans la province ; et je me suis demandé ce que cette fortune pouvait avoir de commun aver la ques tion du budijet.Et quand j'ai vu leTrésorier nous dire: LA SITUATION EST TENDUE, IL NOUS FAUT DES RE-
VENUS ADDITIONNELS, je me suis
dit: le gouvernement lance un ballon d'essai, il se prépare pour le cas où il ne réussirait pas à Ottawa. Il est en face d’un déficit, 1l va essayer à le combler en prenant dans le trésor fédéral ; et si celui-ci lui est fermé, il va demander, sous forme de taxe directe, aux propriétaires de ces $278,000,000 de fortune toncière, de lui venir en aide. En entendant notre excellent ami le Trésorier nous parler avec bonheur de cette fortune celossale que les habitants de cette province possèdent, il me semblait voir un pauvre malheureux qui est dans la misère et qui, jetant un coup d'œil sur une table chargé de mets succulents,se dit tout bas ; SI JE POU- VAIS PRENDRE QUELQUES BOU- CHEES ! Coemmeil serait heureux notre pauvre Trésorier si on li laissait prendre ces quelques bouchées sous furme de taxe directe, dans ces $8278,000,000 de propriétés foncières qu’il contemple avec tant d'amour et d'envie. On dirait que l’eau lui en vient à la bouche et qu’il voit dans cette fortune colossale, susceptible de taxe, la fin de ses malheurs et de ses déficits.
Ces envies de taxer sont d'autant plus évidentes que le gouvernement Chapleau nous les a laissé entrevoir déjà très discrètement il y a deux ans, quand il a passé ces pgtites lois,si inoffensives en apparence, au moyen desquelles les Secrétaires Trésoriers sont obligés de faire rapport au gouvernement de la valeur des terres duns chaque municipalité.
Ces rapports avaient pour objet de préparer l'opinion publique à la taxe directe et de mettre les ministres en état de l'imposer facilement à un moment dunné.
Et placer cette fortune publique sous les yeux de nos ministres c'était évidemment les exposer à la tentation ; et aujourd'hui, dans leur détresse, ils consultent ces rapports des Secrétaires-Trésoriers de nos municipalités ;
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