‹ Discours sur le magnétisme animalChapitre 2 sur 2 · II · texte numérisé non relu

II

on s’est dit : que jamais de nos jours la vérité ne serait accueillie par vous, que le magnétisme, ne pût-il guérir personne , serait encore trop important par le jour nouveau qu’il jeter ait sur l’hydre de vos systèmes, et le bouleversement qu’il produirait dans les idées que vous vous étiez faites de l’homme et de la nature.

Vous avez voulu cacher la vérité; mais il arrive une époque où le mensonge s’écroule de lui-même.

Malheur à ceux qui ont résisté trop longtemps à la vérité, parce que leur défaite est plus qu’ignominieuse.

La vérité va droitement au but, elle marche à découvert, elle ne tend point d'embûches ;» mais phaque^coup qu’elle frappe, elle frappe juste.

Nous ferons trembler ceux qui ont accusé nos intentions et méconnu la volonté que nous avions de faire le bien, et un jour, tous réunis, nous renverserons l’autel où l’on encense les faux Dieux, les temples où Ton ne sacrifie que des vie- ’ times humaines, et arrachant la masque des prêtres menteurs qui reçoivent les offrandes, nous les montrerons à la foule, couverts du sang de

leurs frères et de leur propre sang , nous leur reprendrons le pouvoir qu’ils ont usurpé , pouvoir de vie et de mort qu’ils se sont arrogé , et la société rentrant dans ses droits , ne sera plus un troupeau de moutons que le pouvoir tond quand il lui plaît, et qu’un corps qu’on appelle Faculté de médecine décime à sa fantaisie, sans avoir de compte à rendre même devant ses complices.

Relevez maintenant la statue d’Esculapeplacezlasous vos portiques, mais rappelez vous que c’était dans les temples de ce dieu qu^on allait dormir pour trouver la santé , et qu’on ne va plus dans les vôtres que pour y mourir.

Il est temps d’arracher le masque de l’im-, posture, c’est à elle que nous irons, on verra toute sa difformité, mille fois plus hideuse encore, mise à côté de la vérité aussi belle qu’elle est. Nous montrerons cette force de l’homme qui . nous rend si heureux , nous mépriserons le sentiment des pervers. G^est à l’homme de bien que nous nous adresserons, et au lieu de suivre la devise de nos antagonistes. — Nous pour nou!>.

et les autres pour nous. Nous dirons : Nous pour les autres Nous pour l’humanité !

Magnétisme ! puissance qui découle de l’âme ! puissance qui naît avec l’homme et ne meurt qu’avec lui, puissance qui peut veniî* à bout de tout, puissance qui parcourt l’étendue avec la rapidité des esprits, et qui frappe l’objet quel qu’il soit auquel elle s’est attachée.

Puissance surnaturelle et que l’on ne peut rendre par des mots , puissance qui vient de la divinité et qui rend l’homme grand, noble, et égal aux dieux.

Cette puissance peut terrasser l’homme comme la foudre, et quoique invisible, est plus forte et plus puissante que toutes les forces physiques que l’homme a réunies.

Mais il faut pour l’exercer, que l’homme ait un empire absolu sur toutes ses pensées.

Il faut qu^il soit sain de toutes pensées impures afin qu’aucun remords n’empêche de la posséder dans toute son énergie.

O vous donc, qui voulez magnétiser, songez que cette force est divine et qu’elle ne peut s’allier avec le vice.

Commencez par purifier votre Ame, chassez toute mauvaise pensée, ne touchez pas à des choses sacrées avec des mains profanes, que le seul désir de faire le bien de l’humanité soit votre seule vertu, vous en aurez assez.

' Yous écraserez la tête du monstre affreux de l’imposture, et la seule jouissance d’avoir fait du bien, vous fera goûter par avance le bonheur et les joies pures que les sages attendent à la fin de leur vie. Mais ne vous y trompez pas, toutes ces joies et ces plaisirs né viennent pas sans peine et sans travail , gardez-vous donc de la nonchalance ; dites-vous ; il le faut, je le veux, ^et qu’une action incessante émette de votre âme ce principe de vie , plus précieux que toutes vos richesses.

Aussitôt que l’homme paresseux cessera de vouloir , ses bras cesseront d’obéir ÿ ne vous plaignez [pas de votre faiblesse, on a toujours assez de forces physiques quand Tâme et le coeur sont d’accord.

Le sage qui est réellement sage , a toujours les forces de l’ame qu’il reçut de la nature , la mort seule peut les lui enlever.

Eh bien iinitez-le^ soyez comme lui , ne laissez pas porter le trouble dans votre âme , lors qu’armés d’une volonté forte et plein de confiance dans la vérité^ vous trouverez des hommes qui vous traiteront d’imposteurs , d’enthousiastes, de rêveurs , peut-être de fripons^ d’assassins même , que votre coeur ne se décourage point, continuez de faire du bien aux hommes en soulageant leurs maux et en répandant une doctrine simple et consolante ; doctrine la seule vraie , car elle repose entièrement sur la nature et sur ses immuables lois. Par cette marche, vous gagnerez vos ennemis mêmes ; loin de les fuir , allez droit â eux^ demandez leur quelle est la cause de leur incrédulité, tâchez de les amener à voir des faits, montrez-leur la nature obéissante à vos désirs lorsqu’ils sont fondés sur le bien ; s’ils ne croient point encore, soumettez-ies euxmêmes à votre action , faites pénétrer dans leurs organes le principe de vie dont vous pouvez disposer 3 faites-le sans haine et sans colère, vous en aurez plus de force ; le moindre des faits que vous produirez alors, sera plus convaincant pour eux que tous ceux qu’ils vous auront vu pro-

duire sur d’autres , enseignez-leur le mécanisme de votre action , dites leur que la volonté d’agir en est le premier mobile placez-les ensuite dans les circonstances les plus favorables.

Faites qu’ils essaient leur puissance naissante sur des enfans ou sur des hommes endormis. Et lorsqu’ils auront vu ces derniers sensibles, même de loin, à de simples mouvemens de la main, vous aurez atteint votre but^vous aurez convaincu l’incrédule , vous n’aurez plus alors qu^à modérer son zèle. Il vous traitait d’enthousiaste , il le sera lui-même, il le sera plus que vous, car vous, vous saurez comment vous agissez, ce sera votre froide raison éclairée par l’expérience et par la vérité, lui ne le saura pas encore, vous le verrez provoquant des effets qu’il ne pourra conduire, vous serez obligé de Eaider de vos conseils, de redresser ses erreurs et peut-être de réparer les accidens dont il aura été la cause ; il apprendra bientôt à lire dans le livre de la nature. Il sentira alors, tout ce qu’il y a de grand, de sublime, dans le magnétisme ; il vous chérira, vous qui auj ez ôté le bandeau dont ses yeux étaient couverts, et son âme re-

connaissante trouvera pour payer le service cpie vous lui aurez rendu, ^des expressions qui toucheront votre cœur ; car il existe une morale au fond du magnétisme. Une morale pure comme ressence divine. Ah! si ceux qui la sentent pouvaient parler, ils vous exprimeraient ce que la bouche ne peut vous rendre : les choses divines ne sont pas faites pour être expliquées par l’homme dans son état de nature, car cest de Ici chair cjui s' exprime !

Homme corrompu, pâte immonde I Comment veux-tu que tes créations soient sublimes! T u contestes ce qu'ont fait les plus grands génies parce que tune peux sentir leurs ouvrages. Aveugle, lu nies la lumière parce que tu manques d^organes pour la voir.

Cherche donc un ami qui Côte ton fatal bandeau, appelle à ton secours la Providence^ prîela de changer ton cœur et de le rendre sensible aux charmes de la vérité, sans cela tu mourras sans avoir vécu.

Malheureux! qui ne crois pas au magnétisme, tu n’as donc jamais aimé ! tu n^as donc jamais eu d’amis, et pressé la main d’un frère ! Ton cœur

est donc toujours resté sourd aux ^souffrances d’autrui;, et chez toi, il n’y eut donc jamais de porte ouverte pour la pitié! Oh! s'il en est ainsi, je le conçois, tout homme qui ne sent pas , a besoin de la matière !

Cessons de peindre un aussi triste tableau : l’homme qui ne s'occupe de personne rnérite-t-ii qu’on pense à lui !

C’est à vous, hommes au cœur droit, que nous adressons nos doctrines ; c’est vous que nous voulons convaincre: lorsque vous le serez, l’ignorance et la stupidité reculeront d’effroi, ou bien elles viendront elles-mêmes vous apporter le tribut de leur défaite.

Ecoute, dirai-je à l’homme bon et sensible qui veut s’occuper du magnétisme: Veux-tu con-» naître les jouissances qui seront le fruit de tes études? Je ne peux te les désigner : c’est la nature elle-même qui se chargera de te les donner.

Lorsque soulageant un malade aux dépens de ta vie,tu le verras tomber dans un sommeil bienfaisant, interroge-le, il te répondra ; tu sauras par lui la cause de sa maladie, les remèdes à y apporter, et devenant tour -à-tour médecin, pro-

phète , philosophe , il t’instraîra par ses leçons sur tout ce que la nature a caché à nos faibles yeux. Tes idées agrandies par les tableaux ravissans que tracera son génie^ charmeront ton esprit. Tu cesseras, alors, d’être dans la foule commune ; tu commenceras à devenir véritablement homme : les préjugés que Féducation et le temps auront amassés dans ton intelligence^ disparaîtront par degrés , comme la nuit à Fapproche de Fastre qui nous éclaire.

Qu’il ne te vienne jamais à la pensée d’abuser de mes secrets, et de les faire servir à de vaines expériences. Yas, il est bien fou celui qui joue avec le magnétisme^ car c’est une émanation divine, et s’en servir pour satisfaire une vaine curiosité, c’est commettre un sacrilège !

Sommeil magnétique! sommeil de bonheur! où r âme est dégagée du corps, oit V âme plane et semble s'envoler ! la nature est son domaine, elle

goûte alors la félicité, le corps n'est plussa prison. Bonheur inexprimable q U aucun mot ne peut faire sentir! Parole, écho sans vie, tune peux donner que des sons sans valeur, l' âme a un autre organe que toi, mais pour V entendre ce nest pas des oreilles quil

faut ; cest une conscience ^ et alors son langage est d'autant plus expressif que la chair est plus endormie.

Combien devaient-êlre sa vans ceux qui écrivirent sur la porte de leurs temples: Homme connais toi toi-mêine /Ils savaient sans nul doute ce qui existe sous notre corps opaque et grossier. La nature même le leur avait appris^ et si leur secret n’est pas venu jusqu’à nous, il faut n’en accuser que l’orgueil de l’homme et sa vanité^ car il croit tout savoir sans avoir rien appris. Il ne veut pas reconnaître de supériorité, même celle que donne le génie: et pourquoi alors lui dévoiler des mystères , si son coeur ne doit pas sentir ce bienfait et s’en se montrer reconnaissant.

Ce n’est pas assez d’être opiniâtre dans le travail : Il faut encore connaître ce qui mène à la la vérité.

Ainsi , l’homme a cherché partout des moyens de conservation, il a cru trouver dans corps inorganiques de quoi soulager les maux qui l’affligent. Ainsi, l’electricité^legalvanisrae, le ma»

( 'Il )

gnétisrae minéral^ ont été vantés comme des remèdes souverains pour certaines maladies.

Mais un cadavre couché près d’un vivant ne le réchauffera pas. Ainsi les fluides morls^au lieu de porter la vie^ comme on l’a prétendu, ne portent dans ses organes qu’un état de perturbation et une sur excitation toujours dangereuse j car ces fluides sont tout-à-fait étrangers à la vitalité.

Toujours l’homme a cherché la vie où elle n’était pas : sa nature la contenait ; Il la cherchait ailleurs! Qu’il n’accuse donc que sa folie, si malgré tous les efforts qu’il fit pour connailre la vérité;, l’erreur fut toujours au fond du creuset.

Il a fallu de tout temps un fléau à l’humanité: l’ignorance et la barbarie ont toujours pesé sur elle.

Ah! gardez-vous de confondre la vérité que nous défendons, avec le charlatanisme infâme qui marche près d’elle ! Kous les distinguerez a leurs œuvres. La vérité est simple, elle marche droit et à découvert* Tautre est loucheArébuche à chaque pas, et ne demande que de l’or.

Malheureuse condition des hommes bercés par le mensonge, grands enfans que nous sommes^

nous mourons sans avoir appris pendant notre vie, autre chose que des mots sans valeur. Que reste-t-il de tant de peines et de soins ? Le doute et Fennui, rien de plus.

Mais vous qui voulez connaître, emparez-vous du magnétisme c^est la porte des sciences. Frappez, frappez, armé d’une volonté forte, on vous ouvrira j mais il faut que vos désirs soient sincères et que la pensée de faire le bien vous ac« compagne sans cesse.

Il est facile par des discours d’exciter des peuplades aux révolutions, à la révolte ; mais pour exprimer des choses vraies, des choses sublimes, et pour les faire comprendre, ce n’est pas l’ouvrage d’un seul jour, ce sont des siècles qu’il faut. Ainsi, depuis l’antiquité la plus reculée, des hommes à qui la nature a parlé, vous crient : Vous avez une médecine naturelle, supérieure à celle que Fart enseigne et pratique. Celle-ci fait des victimes, Fautre n’en fait pas, elle ne saurait en faire. La médecine de Fart est toute de conjectures; elle n’a pour appui que de vains systèmes^ tous faillibles comme Fhommej Fautre est certaine comme la nature, car elle repose sur Fune de ses

lois. C'est celle dont nous voudrions vous péné* trer, et vous faire reconnaître la supériorité.

Ah! croyez-en notre langage^ il est sincère, et nul désir de vous tromper ne saurait entrer dans notre âme; c’est le tribut de vingt années de travail et d^observations que nous vous apportons: Ici, c’est votre cause que nous plaidons , c’est votre souffrance qui nous touche ; c’est pour que la vérité, que nous sentons vivement, proteste par notre bouche contre une des plus grandes erreurs de l’esprit humain, et cette erreur est la médecine, carsi l’on était obligé de citer les noms des victimes qu’elle a faites, il n’y aurait pas de bibliothèque assez grande pour en contenir les volumes.

Ah ! si cet art est véritable, pourquoi donc cette crainte qu’éprouvent les malheureux condamnés à aller se faire traiter dans vos hôpitaux? pourquoi cette répugnance que la douleur ne saurait toujours vaincre? C’est que, comme le renard de la table près de la caverne du lion, ils en voient bien entrer, ils en voient peu sortir j c’est qu’ils savent , les malheureux ! tontes les expériences qu’ils sont destinés à subir.

Votre philantropie est grande , messieurs, vos

soins sont généreux! Si j’osais dire ici la vérité

sur toutes ces choses^ si j’osais dire les essais faits

Journeilement, essais dont vous vous vantez entre

vous, et que vos journaux répètent quelquefois ,

par exemple les potions de Bicêtre , dont huit

malheureux sont morts le meme jour... La terrC;,

dit-on, couvre vos fautes! Ah, s’il existe une justice suprême, et qu’un jour nous devions rendre compte de nos oeuvres, ah! messieurs, combien » vous serez à plaindre , et que de souffrances

vous sont réservées !

Qui osera jamais dire ce qui se passe dans les aoiphitiiéâlres, les profanations qui y sont commises ? ah! j’en éprouve une horreur profonde. Qu’ont donc fait à la nature les malheureux qui vonl mourir dans vo? hôpitaux, pour être d’abord mutilés et ensuite vendus? Si encore leurs restes souillés recevaient la sépulture qui leur est due I Mais il faut avoir été témoin de tout ce que vous en faites, pour croire à toutes les misères de l’homme. Justice humaine ta nés quun nom !

Tl rons le rideau sur toutes ces scènes où l’homme apprend à dégrader son âme, tout en

recevant dans ses organes le poison qui doit, dans lin jour prochain , en détruire riiarmonie.

Gardons le silence des tombeaux , et si nous yoyons des choses qui révolteraient les peuplades sauvages, rappelons-nous que dans notre pays on les encourage^ on les récompense même, et qu’elles deviennent un litre de recommandation et une source de fortune.

Et ! c’est là votre médecine ! c^est là cet art si honoré et dans lequel vous avez placé votre confiance !

Venez, approchez-vous maintenant; venez nous dire que nous sommes dans l’erreur; venez, rejetant notre doctrine, nous convaincre de la supériorité de la vôtre ; venez , faites approcher cette immense machine avec ses innombrables instrumens; que nous la voyions au grand jour : pénétrons dans vos officines où l’on prépare ces breuvages qui doivent rendre la santé.

Vous, malades, pourquoi tremblez - vous ? Pourquoi votre âme est ~ elle co.mme une mer agitée ? Pourquoi cet effroi en présence même des ministres de cet art si vanté ?

C’est que la science du médecin ne va pas

jusqu’à vous promettre de lendemain J c’est qu’il ne sait rien vous dire sur la durée de votre maladie et sur les accidens qui doivent raccompagner. Lui-méme, qui devrait bien se connaître y ne sait rien de plus sur lui^ et n’a nulle confiance en ceux qui professent des principes si féconds en heureux résultats.

Ah! cette prétendue science serait bien ridicule si elle n’était cruelle ! Il faut pourtant rendre aux médecins la justice qu’il méritent: ils ont beaucoup de science : cela est incontestable j mais encore une fois ce n’est pas la science qui guérit en médecine: au contraire plus un médecin est savant^ s’il r/est que savant^ plus il perd de malades 5 et les exemples que l’on peut citer existent à chaque pas. Ils ont disserté sur toutes les maladies avec avec un savoir très-grand, leurs thèses étaient sublimes , si vous voulez considérer leurs travaux , leurs efforts : ils ont dévasté les végétaux , égorgé les animaux , disséqué des cadavres par milliers , discerné les parties les plus subtiles et les plus cachées , puis ilsse sont flattés de faire à leur gré durer le plaisir et cesser la douleur ; c'est là le but de leur art^,

(le leur science, des travaux de leurs journées et des rêves de leurs nuits. Iis ont fait une morale où ils ont cherclié le souverain bonheur , une médecine où ils ont cru trouver une santé parfaite ! Insensés! qu’ils considèrent ce qui leur est revenu de leurs chimères : leur fausse morale a voulu guérir leurs passions^ elle a tué leur âme par l’indifférence; leur médecine a voulu guérir vos maux, elle a tué vos corps par les remèdes.

Je n’exagère rien, messieurs , et s’il vous res^ tait un doute sur la vérité de ce tableau , ditesmoi donc à cjuoi a servi la science de la médecine pendant le choléra ? A-t-on jamais montré plus d’ignorance de la médécine qui guérit ? Ils étaient réduits à compter les victimes de ce terrible fléau, et eux-mêmes, comme les orientaux, semblaient croire à la fatalité, et frappés, ils se laissaient mourir, sachant que leur art n’était qu’impuissance. Le cœur faillit en pensant à toutes ces choses, la raison s’offusque de voir tant de mérite si pauvre, et la mémoire qui conserve le souvenir de tant de désastres si récens , vous rappelle sans cesse aussi leur faiblesse et leur incurie.

Voilà votre médecine, messieurs.

Maintenant voici la nôtre :

Nous avons parlé d^offîcine , mais nous n’en avons pas; de machine^ nous n’en avons jamais connu. Nous avons parlé de nombreux instrumensj, mais nous en récusons l’usage. Cest dans nos propres forces, et dans nos propres organes que 710US allons puiser le principe tout entier de notre médecine.

Nous n’avons pas comme vous un Corps, une Faculté^ nos enseignemens sont faciles et peuvent

se faire sans dissection de cadavre ; notre science n’est pas une science de mots , mais une science de faits réels, et nous n’avons besoin que d’un langage pour l’approfondir.

Tous nos secrets reposent dans la nature , et c’est la nature elle même qui nous les enseigne; c’est laque nous les avons puisés, et nous n’en sommes que les dépositaires. Aussi, n’est-ce qu’un dépôt sacré dont elle nous autorise à répandre les bienfaits , bienfaits que nous devons verser sur tous, et non sur un petit nombre.

Le riche n’a pas plus de droit de les espérer que le pauvre, car tous deux sont soumis également à ses lois.

Ce don si précieux que Ton nomme la vie, et qui s’évanouit avec nous, voila nos potions ^ voilà nos breuvages , nous n en admettons pas di autres. C'est en -portant dans le corps d'autrui le principe qui entretient chez nous la vie, que nous remplaçons chez les autres le même prin^ cipe qui s'enfuit.

Voilà tous nos secrets, voilà tous nos mystères, mystères qui révèlent toute la puissance de r homme ; mystères qui renversent tous les systèmes que les siècles ont amassés jusqu’à nous, et qui établiront , je Tespère, l’empire de la vérité sur la terre.

Oui, nous l’avons déjà dit, nous ne voulons ni potions ni breuvages enseignés par les hommes de l’art j nous n’admettons aucun traitement que celui qui aura été ordonné par la bouche même du malade, ou par celui qui, confondu avec lui , ressent au même moment les mêmes douleurs et les mêmes souffrances.

Nous allons plus loin encore, nous n’admet-^ tons, pour capables de guérir, que ceux qui peuvent se guérir eux-mêmes !

Mais, messieurs, cette médecine si simple et

pourtant si merveilleuse ^ que les anciens connaissaient, et qu’il ne transmettaient qu’à des hommes choisis, est tombée dans 4e domaine public. Partout on parle des merveilles qu'elle fait naître. Et des hommes étrangers à toutes les sciences, produisent des phénomènes qui surpassent en grandeur tout ce que les sciences physiques offrent de plus admirable.

Le magnétisme dont nous parlons, a été destiné de tout temps à galvaniser le cadavre mourant d’une société corrompue^ et pourquoi â notre époque retarderaife-il son action ? C’est à vous, hommes qui m’entendez, à seconder mes efforts et à chercher à connaître qui vous êtes. Ici vous pouvez jeter l’ancre. Une vérité immense comme toute la nature, vous apprendra que les désirs de l’homme peuvent cesser de flotter au gré de ses passions, et que ses doutes peuvent être résolus. •

Mais nous le répétons : Phomme ne peut connaître sans travail. Il faut qu’il plonge son âme

dans les mystères de l’immensité. Car tout ce

qui l’entoure est mystère, et sa vie en est le plus grand*

S’il est pénétré de ces doctrines, son âme fra^ terniserci avec les essences divines; car Tâme cherche ce qui est le plus caché même à nos sens.

Ah 1 combien cette carrière est grande et belle! Heureux celui qui peut en pénétrer les secrets ! Ils offrent des jouissances pures que l’on ne trouve pas ailleurs. Pénétrez-vous en bien, messieurs ! Venez, suivez-nous dans notre marche, nous vous conduirons comme un guide sincère, dans cette route que vous ne connaissiez pas.

Je prendrai soin d'éloigner de vous tout ce qui pourrait vous rebuter. Je vous enseignerai à découvrir les embûches de la mauvaise foi ^ j’alfermirai vos pas chancelans, jusqu’à ce qu’étant devenus assez habiles vous-mêmes, vous puissiez vous conduire seuls^ et comme moi, à votre tour, propager une vérité qui ne comptera jamais près d’elle assez de défenseurs. ^

L’appel que je fais ici, messieurs, ne peut passer inaperçu. Si par un abus coupable de la parole, j’ai cherché à répandre parmi vous l’erreur et à déverser un blâme non mérité sur une

classe nomlorense d’hommes de science , mon nom restera attaché au poteau de l’infamie; mais si j’ai dit la vérité, la négligence que vous apporteriez à la défendre serait alors inexcusable , et vous n’auriez nul droit de vous plaindre^ lorsque votre tour serait arrivé d’être victime de la fausse science que je vous ai signalée.

DUPOTET DE SENNEVOY,

IMPRIMERIE DE M«e DE LACOMBE,

FAUBÜVBG POISSONNIÈBE, N. 1*

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