DU DUEL XV
de cette contradiction ou plutôt elle ne s*en accommode pas du tout. Mais, en y réfléchissant bien, peut-être pourrait-on trouver un sens philosophique à cette inconséquence de notre part. Oui, rien n'est si peu digne de respect que l'existence des hommes, si Von considère le misérable emploi que la plupart en font et les boues dans lesquelles ils traînent leur guenille ; mais, si vous envisagez la vie comme un don de Dieu, qu'on peut prendre et non pas restituer, si vous songez au noble profit que vous pourriez tirer de ce dépôt sacré, on ne saurait l'entourer de trop de précautions, de sauvegardes et de bandelettes. Nos duels modernes, si savamment édulcorés, pour ridicules qu'ils paraissent quelquefois, avec - leurs précautions, leurs lenteurs et toutes leurs paperasses, ont du moins ce mérite d'essayer de faire la part de la vie plus grande que celle de la mort, dans les hasards où peut nous entraîner, comme nos ancêtres, la défense de ce château idéal qu'on appelle l'honneur,