I. Le 3 3 septembre
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que ce Viry avoit esmeu cette guerre à la suscitation de son maistre ledict comte : car, sans luy, il se doubtoit bien aussy qu'il n'avoit pas grands moyens ni puissance de tenir de telles forces sur pied. Aucuns disoient que ledict Viry avoit esté secrettement suscité par le duc Jehan de Bourgoigne, qui portoit une dent de iaict audict duc Louys de Bourbon il y avoit long-temps, par les divisions entre les Orleanois et les Bourguignons. Pour résister doncques audit Viry, le duc Loujs assembla le plus de ses amys qu'il put, et envoya premièrement sommer le comte de Savoye de luy mettre entre les mains ledict Viry. A quoy le comte (qui eut peur) fît response que ceste guerre n'avoit esté commancée ny faicte à son adveu ny sugeslion, et qu'il en estoit bien marry. Sur quoy fut accordé et arresté par les capitaines, tant d'un costé que d'autre, que ledict comte mettroit ledict Viry en la puissance du duc de Bourbon son oncle, à la charge et condition toutesfois qu'il le tiendroit comme prisonnier de guerre en ses prisons, dans lesquelles se rendroit ledict Viry, et s'offriroit de satisfaire les dommages et interests que le duc auroit soufferts de luy en ceste esmotion de petite guerre, et tiendroit prison jusqu'à ce qu'il auroit satisfaict à tout, ainsy qu'il auroit esté convenu. Le tout fut accomply; et, quelque temps après, ledict Viry fut délivré, et toutes choses appaisées. Ce ne fut pourtant sans avoir pasty en prison, et de sa personne et de ses moyens.
L'on peut tirer de cest exemple deux bonnes instructions. L'une, qu'il faut que les petits soient bien sages et advisés quand ou qu'ils se présentent d'eux-mesmes, ou sont conviés et poussés par les grands de faire une folie contre
SUR LES DUELS i3S
d'autres grands, on qui porte conséquence : car, s*ils ne la font bien à propos, et ne l'exécutent de mesmes, on qu^ils s'j trouvent engagés et embarrassés par quelque malheur, ils sont soudain desadvoués et reniés par leurs autheurs et factieux S ajmant mieux qu'ils courent le hasard et le péril et la honte qu'eux , ainsj que fait Pantalon à Zanj quand il a faict du sot, et ainsj que fit Yvoj, dit le jeune Genlis, qui, ayant amassé quelque trois à quatre mille bons François pour aller en Flandres contre le duc d'Albe, fut surpris et rencontré par ledict duc, et furent tous desfaicts, au moins la plus grande part : car il ne s^en sauva guieres qu'ils ne fussent pris, comme fut leur chef Genlis , qui , après avoir enduré longue prison, y fut exécuté par sentence. Le duc d'Albe envoya vers le roy Charles sçavoir s'il les envoyoit. Il dit que non. Dieu mercy ! qu'il n'avoit faict rien qui vaille, et ne vouloit point que, pour une faute mal faicte, le roy d'Espaigne luy voulust mal et se declarast son ennemy, et qu'un petit desadveu r'habilleroit le tout. Mais, si Yvoy eust conquis ce qu'il avoit promis, et pris de bonnes villes en Flandres, comme il y avoit apparence pour lors, et qu'il n'eust esté ainsy pris et desfaict, sans point de faute son cas fust bien allé pour luy et pour le roy.
Nous en avons un pareil exemple du seigneur du Hallot, qui, autheur de l'entreprise du chasteau d'Angiers^, parce qu'elle alla tres-mal pour luy et qu'il n'y vint à bout, il fut desadvoué de celuy qui la luy avoit consentie et avoit esté