‹ Discours sur les duels de BrantômeChapitre 24 sur 143 · I. Gonsalve de Cordoue · texte numérisé non relu

I. Gonsalve de Cordoue

SUR LES DUELS Si

Don ÂlonzOy de son costé, ne se monstra pas anssj ' tonné, et vînt droict à son ennemj, et loj demanda : Senor Bayardo, que me quereis ^ Ml Inj répondit : c Je veux deffendre mon honneur » ; et, sans plus de parolles, s'approcherent et se ruèrent tous deux chaque un merveilleux coup d'estoc, dont de celuj de M. de Bajard fut un peu blessé don Alonzo au visage en coulant; si se ruèrent plusieurs coups sans autrement s'attaindre. M. de Bayard cognut la ruse de son ennemy, qui, incontinent ses coups rués, se couvroit le visage, de sorte qu'il ne lui pouvoit porter dommage, et, pour ce, s'advisa d'une finesse : c'est, aînsy que don Alonzo leva le bras pour ruer un coup, M. de Bayard leva aussy tost le sien, mais il tint l'estoc en l'air sans jetter son coup, et, comme asseuré, quand celuy de son ennemy fut passé, et il put choisir à descouvert, luy va donner un si merveilleux coup dans la gorge que, nonobstant la bonté du gorgerin, l'estoc entra dans la gorge quatre bons doigts, de sorte qu'il ne put le retirer. I^on Alonzo, se sentant frappé à mort, laissa son estoc et saisit au corps M. de Bayard, qui le prit aussi comme par manière de lutte ; et se pourmenerent si bien que tous deux tumberent à terre l'un prés de l'autre. Mais M. de Bayard, diligent et soudain, prit son poignard et le mit dans les nazeaux de son ennemy, en luy escriant : a Rendez-vous, Seigneur Alonzo, ou vous estes mort. » Mais il n'avoit garde de parler, car desjà estoit trespassé. Alors son parrain, don Diego de Quignonnes, commença à dire : Sthor ^yardo, es muerto ; vencido habeis 3 ; ce qui fut trouvé

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