I . Pour tt revenir à dire
iSi DISCOURS
et grande honte et de luy et de ses armes, le premier jour l'ayant battu , rebattu , et desfaict la plus grand part de ses gens, ils les pouvoient achever s'ils les eussent poursuivis la nuict; mais, estans sur le poinct de leur victoire, les ténèbres intervenues, cessèrent, et, tenans ladicte victoire entre les mains, la laissèrent et la remirent au lendemain que le soleil eut ramené ses chevaux boire de la mer, comme disent les poètes; et lors ils parachevèrent d'accabler, mais non sans peine, car il leur fallut une grande cavalcade pour le suivre, ayant gaigné de longue, par la faveur de la nuict. Voilà la superstition de ces Parthes, laquelle est pourtant recommandable et admirable pour beaucoup de raisons que je deduirois, et sur lesquelles M. de Bussj se fondoit, et pour lesquelles observer en fut fort estimé, mais non tant de la presumption qu'il eut de desfier luy seul Grantmont et Mauléon, car ils estoient Ires-vaillans gentilshommes : M. de Grantmont le monstra à sa mort. Mais jamais Hercule n'en combattit deux ', comme dit le proverbe, qui pourtant est pedantesque.
Sur quoy il me souvient d'un conte du feu seigneur de Gensac, gentilhomme gascon, brave et vaillant, et qui estoit escuyer du feu roy Henry II, François II et Charles IX, en la grande escuyerie, et fort bonhomme de cheval et de pied, et mourut au siège de Bourges', aux premières guerres, d'une harquebusade, ayant une compaignie de gens de pied. Il estoit fort bravasche et haut à là main, selon