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tairement, une exposition tout à fait inexacte, tout à fait fausse de la situation financière de la province. Aussi dans les calculs que je vais soumettre à cette Chambre, j'ai constamment fait cette division des dépenses provinciales en dépenses ordinaires et dépenses extraordinaires. C’est un principe vrai de finance, accepté partout ailleurs, et que nous devons rigoureusement introduire dans notre comptabilité provinciale.
Il serait aussi opportun, je crois, de donner dans le budget annuel des dépenses les tableaux comparatifs des crédits votés pour l’exercice en cours et des crédits demandés pour l'exercice prochain, avec deux colonnes pour les augmentations et les diminutions dans chaque cas. Cette méthode nous permettrait de juger très facilement en.quoi les deux budgets diffèrent, et ajouterait beaucoup à la clarté de l'exposition de la situation financière, chose si désirable et toujours de si grande rigueur, C’est d’ailleurs la manière dont le budget fédéral est préparé. Je scumets ces suggestions à la bienveillante considération de l’honorable trésorier. Je sais que dans la préparation du budget qu’il a déposé sur le bureau de cette Chambre il a employé la méthode suivie depuis la confédération par tous ses devanciers, mais, le sachant si désireux et en même temps si capable de toujours faire encore mieux ce qu’il a déjà bien fait, j'espère qu’il apportera à ses budgets futurs les modifications que je lui propose, s’il croit, comme j'en suis convaincu, qu’elles rendraient plus facile aux honorables membres de cette Chambre l'étude de la question financière.
Les sept premiers budgets de la province, depuis la confédération, se sont soldés par un excédent total de $r,182,632.46.
Le huitième budget, celui de 1874-75, accuse un déficit de $67,909.27. Mais il faut tenir compte que pendant cette année, la | province a prêté $50,000 aux propriétaires de l'asile de Beauport, somme qui est entrée dans le montant des dépenses. Un placement n’est certainement pas une dépense. Le déficit n’est réellement que de $17,909.27. En 1874-75, nous avons aussi payé $26,583.33 au fonds d'amortissement.
Les opérations de la neuvième année financière, celle de 1875-76, se sont soldées, comme il appert par les comptes publics de cette année, tels qu’ils ont été préparés, par un déficit, où, pour parler le véritable langage de la finance, par un découvert de $14,898.37. Mais ce déficit, ‘ou ce découvert, n’est qu'apparent. Pour avoir un état tout à fait exact des opérations de cette année, ‘il faut déduire des dépenses ordinaires
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du service provincial les $16,000 pour les bureaux publics à Montréal. De sorte que le déficit se trouve converti en un excédent réel de $1,10:,63. Et pendant ce même exercice financier, nous avons payé la somme de $39,138.88 au fonds d'amortissement de la dette provinciale que l’on commençait à créer pour les grands travaux d'utilité publique. Cette somme est avec raison portée au compte des dépenses ordinaires, parce que les versements au fonds d’amortissement sont une obligation annuelle et régulière du trésor provincial. Mais bien que ces paiements soient une dépense ordinaire de la province, jusqu’à ce que ie fonds d'amortissement des emprunts auxquels ils sont appliqués soit comblé, il n'en est pas moins vrai qu'ils coristituent pour autant le remboursement de la dette publique, qui diminue en proportion.
Les comptes publics de l'exercice de 1876-77, le dixième depuis l’union des provinces, accusent un déficit apparent de $81,035.65. Mais pendant cet exercice la province a payé pour les travaux extraordinaires: premièrement, pour les édifices des départements publics à Québec, la somme de $33,806.83 ; secondement, pour l’école normale Jacques Cartier à Montréal, $43,521.90—total $77,328.73. En déduisant ce dernier montant, pour dépenses du budget extraordinaire, du déficit apparent de $81,035.65, nous constatons que le déficit réel de ’année financière 1876 77, n’est que de $3,706.92.
Les opérations du onzième exercice financier de la province se sont soldées, d’après les comptes publics de cette année 1877-78, par un déficit ou un découvert apparent de $685,514,71. Mais pendant cet exercice la province a payé pour le budget des dépenses extraordinaires :
Départements publics à Québec..................$127,000.00 Ecole normale Jacques Cartier à Montréal........ 45,151.32 FO sou $172,151.32
J'établis le déficit réel de cette année en faisant la soustraction suivante :
Découvert apparent de 1877-78..................$685,514.71 Moins la somme dépensée pour travaux extraordinaires. 172,151.32
Découvert réel....$513,363.39