‹ Discours sur les finances de la province de Québec [microforme]Chapitre 48 sur 48 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

J'ai terminé ma tâche. J'ai sincèrement exposé mes vues sur les opérations financières de la province, et même de la Puissance, depuis l'inauguration du régime fédéral. J'ai dit franchement ce que je pense des résultats obtenus, de la situation actuelle, des perspectives de l'avenir. Ces résultats sont immenses, la situation actuelle de la province est bonne, l'avenir, pour être heureux, ne demande que de la prudence, de l'énergie, du dévouement et du patriotisme.

Je concluerai en répétant les paroles que l'honorable député de Lotbinière prononçait dans cette enceinte pendant la première session de cette Législature après 1867. IL avait combattu le projet de la confédération, mais cette grande idée politique ayant triomphé, l'union étant devenue un fait accompli, il se ralliait au nouvel ordre de choses. Pour la première fois les députés étaient réunis pour s’occuper des intérêts provinciaux confiés par la nouvelle charte constitutionnelle à leur patriotique sollicitude. Au début de la session, j’entendis, du haut de cette galerie, l'honorable député de Lotbinière prononcer ces paroles qui sont restées gravées dans m1 mémoire, “ J'ai foi dans l'avenir de la province de Québec, ” disait-il dans un superbe mouvenent oratoire.

A quinze années de cette date, après l’expérience et les résultats de la première période du fonctionnement du régime que l’on mettait alors à l'épreuve, Je répète ces paroles et je dis: J'ai foi dans l'avenir de la province de Québec. J'ai foi dans l'intelligence, dans la force, dans l’énergie de notre province. Marchons résolu nent. Ayons confiance en nous-mêmes; c'est le premier gage du succès. Enthousiastes de ce que nous avons déjà fait, soyons plus courageux que jamais. Soyons prudents, mais soyons actifs. Soyons prévoyants, mais ayons aussi l'esprit d'entreprise, Ne manquons pas d'initiative par la peur exagérée des responsabilités. Ne comprimons pas les aspirations nationales en leur refusant le concours qu’elles ont droit d'attendre de nous. N’ayons pas de vaines alarmes après les grandes entreprises que nous avons

accomplies. J’applique à notre situation les paroles si vraies qu’un orateur prononçait à la tribune française il y a quelques années :

‘* L’exemple du passé peut nous garantir contre ces craintes, ce n’est point par l'excès du travail que les nations ont jamais péri ” q

Oui, j'ai foi dans l'avenir de notre province. Je suis convaincu que si, nous, ses représentants, nous l’aidons, comme par le passé, de nos efforts et de nos paroles d’espérance, notre peuple continuera avec encore de plus grands succès son œuvre de paix, d'ordre, de travail, de progrès, et de grande, de bienfaisante, de féconde et de glorieuse liberté,

(Applaudissements prolongés. Monsieur ie premier ministre, ses collègues et un grand nombre de députés quittent leurs siéges et vont féliciter M. Desjardins.)

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