L'EXERCICE DE
Dans la revue que je viens de faire des opérations financières des quatorze premiers exercices depuis la confédération des provinces, j'ai donné en chiffres ronds ‘es résultus obtenus, les comtes publics et les Gocuments officiels contenant tous les renseignements nécessaires pour ceux qui désireront plus d'informations quant aux détails. Je vais maintenant examiner les opérations du quinzième exercice, celui de l’année financière 1881-82, pour laquelle nous avons les comptes publics quinous ont étérécemment distribués par l'honorable trésorier, Cet exercice est celui qui a servi de base aux attaques si peu sérieuses de l'honorable chef de l'opposition contre l'administration et la politique financières du gouvernement. Ilest donc de mon devoir de l’étudier dans ses détails, afin de Connaitre la nature exacte des opérations qui l'on signe lé, et afin qu'il puisse aussi me servir de point d'appui solide pour la comparaison que je ferai avec les prévisions budgétaires de l’exercice en cours, 1882-83, et celles de l'exercice prochain, 1883-84.
Il appert par les comptes publics de l'année financière 1881-82, que les opérations de cet exercice se sont soldées comme suit ;
Recettes totales.... $3,260,643.95 Dépenses totales.... 2,919,6053.65
Excédent de recettes.... $ 340,990.30 Je vais examiner en premier lieu le compte des dépenses de l’année. Le montant de $2,916,653.65, porté à la page neuf des comptes publics de 1881-82, représente-t-il la somme juste des dépenses régulières et
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ordinaires du service public de la province? Evidemment non. C'est une erreur, et une erreur grave, de le prétendre. Pour arriver à la vérité financière, il faut de toute nécessité déduire de ce montant les diverses sommes payées pour des dépenses extraordinaires et spéciales. J'ai fait le relevé de ces dépenses et les voici.
Pendant l’année 1881-82, nous avons eu des élections générales. Sans doute que le peuple de cette province doit payer les frais du fonctionnement des institutions représentatives dont il est si fier, et de la liberté politique qu'il exerce avec tant de succès, d'intelligence et de patriotisme. En vertu de la constitution provinciale, telle qu’amendée par la loi de l’année dernière, les électeurs ont à se choisir des représentants tous les cinq ans, excepté dans les cas très rares d’une dissolution des Chambres causée par une crise politique. On ne peut donc pas raisonnablement soutenir que les frais des élections générales doivent être comptés au nombre des dépenses annuelles régulières du service public. Tout au plus devrait-on les répartir sur les budgets des cinq années que dure ordinairement la Législature avant son renouvellement intégral. Les dépenses des élections générales du deux décembre 1881 se sont élevées à $39,372.13.
La province a payé, en 1881-82, pour les édifices permanents de l'exposition à Montréal, la somme de $10,000. Certes, ce n’est pas là une dépense annuelle, Nous n’aurons pas à payer dix mille piastres tous les ans pour ces édifices. Nous avons donné cette somme pour la construction d’édifices ouverts aux grands concours provinciaux de l'agriculture et de l’industrie. C’est une généreuse contribution en faveur de ces deux sources fécondes de la richesse nationale. Il ne s’en suit pas que la province soit dans l'obligation de payer annuellement le même montant pour la même fin.
Dans la nuit du huit au neuf juin 1881, notre bonne cité de Québec était frappée d’un grand malheur. Un terrible incendie détruisait en quelques heures un des plus beaux quartiers de la ville et laissait sans abri des milliers de personnes. La triste nouvelle de ce désastre navrant, communiquée par le télégraphe jusqu'aux extrémités du pays, provoqua les plus vives sympathies qui, en plusieurs endroits, se manifestèrent par de généreuses souscriptions en faveur des victimes. Le gouvernement voulut, au nom de la province, donner l’exemple. Il contribua la somme de $10,000 en faveur des incendiés de Québec. C'était un grand acte de chuité, ce n’est pas une dépense annuelle du ‘service public.
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