‹ Discours sur les revolutions de la surface du globe et sur les changemens qu'elles ont produits dans le regne animalChapitre 15 sur 26 · DISCOURS SUR LUS RÉVOLUTIONS · texte numérisé non relu

DISCOURS SUR LUS RÉVOLUTIONS

on les voit à présent , et qu’elles ont dû y venir d’ailleurs.

Supposons , par exemple , qu’une grande irruption de la mer couvre d’un amas de sables ou d’autres débris le continent de la Nouvelle- Hollande : elle y enfouira les cadavres des kanguroos , des pliascolomes , des dasyures , des péramèles , des phalangers volans , des échidnés et des ornithorinques., et elle détruira entièrement les espèces de tous ces genres puisque aucun d’eux n’existe maintenant end’autres pays.

Que cette même révolution mette à sec les petits détroits multipliés qui séparent la Nouvelle-Hollande du continent de l’Asie , elle ouvrira un chemin aux éléphans, aux rhinocéros, aux buffles , aux chevaux , aux chameaux , aux tigres , et è tous les autres quadrupèdes asiatiques , qui viendront peupler une terre où ils auront été auparavant inconnus.

Qu'ensuite un naturaliste , après avoir bien étudié toute cette nature vivante , s’avise de fouiller le- sol sur lequel il vit, il y trouvera des restes d’êtres tout dilTérens.

Ce que la Nouvelle-Hollande serait , dans la supposition que nous venons de faire, l’Europe,

la Sibérie , une grande partie de l’Amérique , le sont effectivement; et peut-être trouvera -t on un jour , quand on examinera les autres contrées etla Nouvelle-Hollande elle-même, qu'elles ont toutes éprouvé des révolutions semblables , je dirais presque des échanges mutuels de productions; car, poussons la supposition plus loin, après ce transport des animaux, asiatiques dans la Nouvelle-Hollande , admettons une seconde révolution qui détruise l'Asie , leur patrie primitive : ceux qui les observeraient dans la Nouvelle-Hollande , leur seconde patrie , seraient tout aussi embarrassés de savoir d'où ils seraient venus , qu'on peut l’être maintenant pour trouver l’origine des nôtres.

J'applique cette manière de voir à l’cspcce humaine.

11 est certain qu’on n'a pas encore trouvé d'os n n’v a humains parmi les fossiles -, et c'est une preuve ÎI“, ml, de plus que les races fossiles n'étaient point des variétés, puisqu’elles n’avaient pu subir l'inîiicnce de l'homme.

Je dis que l’on n’a jamais trouvé d’os humains parmi les fossiles, bien entendu parmi les fossiles proprement dits, ou , en d’autres termes, -

f38 Disccuns sm les nr;vni,iTm>s

dans los conciles ré{înlières de la smface du (jlobe ; car dans les tourbières , dans les allu- \ions , comme dans les cimetières , on pourrait aussi bien déterrer des os humains que des os de chevaux ou d’autres espèces vul(jaires -, il pourrafl s’en trouver éjîalcmcnt dans des fentes de rocher , dans des {îroltes où 1a stalactite se serait amoncelée sur eux ; mais dans des lits (|ui recèlent les anciennes races, parmi les palæo- Ihériums, et même parmi les éléphans et les rhinocéros , on n’a jamais découvert le moindre ossement humain. Il n’est (juère autour de Paris , d’ouvriers qui ne croient que les os dont nos p'.àlrières fourmillent sont en f^rande partie des os d'hommes ; mais comme j’ai vu plusieurs milliers de CCS os , il m'est bien permis d’aflirmer qu’il n'y en a jamais eu un seul de notre espèce. J'ai examiné à Pavie les groupes d’osseinens ra[)portés par Spallanzani, de l'ile de Cérigo;et, malgré l’assertion de cet observateur célèbre , j’aflirme également <[u’il n’y en a aucun dont on puisse soutenir qu’il est humain, h'homo diluvii testia de Scheuchzer a été replacé , dès ma première édition , à son véritable genre , qui est celui des salamandres ; et dans un examen que

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j'en ai fait depuis à Harlem , par la complaisance de M. Van Marum , qui m’a permis de découvrir les parties cachées dans la pierre, j'ai obtenu la preuve complète de ce que j’avais annoncé. On voit , parmi les os trouvés à Canstadt , un fra{]^ment de mâchoire et quelques ouvra{jcs humains; mais on sait que le terrain fut remué sans précaution, et que l'on ne tint point note des diverses hauteurs où cha(|ue chose fut découverte. Partout ailleurs les morceaux donnés pour humains se sont trouvés , à l’examen , de quchpie înimal, soit qu’on les ait examinés en nature ou )iiiplement en ligures. Tout nouvellement encore on a prétendu en avoir découvert à Marseille dans une pierre long- temps négligée (1) : c’étaient des empreintes de tuyaux marins ( i). Les véritables os d'hommes étaient des cadavres tombés dans des fentes ou restés en d’anciennes galeries de mines , ou enduits d’incrustations-, et j’étends cette assertion jusqu’aux squelettes hu-

it) Vojfz le Joiirnnl île Marseille el des Bouclies-dii- Rliône , des 27 sept., 25 ocl. et t" nov. 1820.

(2) Je m’en suis assuré par les dessins que m’en a envoyés M>Coltard,aujnurd'huirecteurderAcailéniie d’Aix,

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