tome i, page 212. Voyez aussi son analyse de Geminus
DK LA SURFACE DU GLORE. ^33
à ce qu’il dit d’après Porphyre, et six cents ans après Aristote. Aristote lui-même n’en a rien dit ; aucun véritable astronome n’en a parlé. Ptol ornée rapporte et emploie dix observations d’éclipses véritablement faites par les Chaldéens; mais elles ne remontent qu’à Nabonassar (sept cent vingt-un ans avant Jésus-Christ); elles sont grossières ; le temps n’y est exprimé qu’en heures et en demi-heures, et l’ombre qu’en demi ou en quarts de diamètre. Cependant , comme elles avaient des dates certaines, les Chaldéens devaient avoir quelque connaissance de la vraie longueur de l’année et quelque moyen de mesurer le temps. Ils paraissent avoir connu la période de dix-huit ans qui ramène les éclipses de lune dans le même ordre et que la simple inspection de leurs registres devait promptement leur donner; mais il est constant qu’ils ne savaient ni expliquer, ni prédire les éclipses de soleil.
ibid. , page 21 1 . Comparez-Ia avec les Mémoires de M. Ideler, sur l’Astronomie des Chaldéens , dans le quatrième tome du Ptoiomée de M. Halma , page 166.
C’est pour n’avoir pas entendu un passage de Josèphe, que Cassini, et d’après lui Bailly, ont prétendu y trouver une période luni-solaire de six cents ans qui aurait été connue des premiers pa tri arches 1.
Ainsi tout porte à croire que cette grande réputation des Chai décris leur a été faite, à des époques récentes , par les indignes successeurs qui , sous le même nom , vendaient dans tout l’empire romain des horoscopes et des prédictions, et qui, pour se procurer plus de crédit, attribuaient à leurs grossiers ancêtres l’honneur des découvertes des Grecs.
Quant aux Indiens, chacun sait que Bailly, croyant que l’époque qui sert de point de départ à quelques-unes de leurs tables astronomiques avait été effectivement observée, a voulu en tirer une preuve de la haute antiquité de la science parmi ce peuple, ou du moins chez la nation qui lui aurait légué ses connaissances; mais tout
1 Yoyez Bailly, Histoire de l’Astronomie ancienne 5 et AL Delamhre , dans son ouvrage sur le même sujet, tome 1 ) page 3 .
ce système si péniblement conçu tombe de luimême , aujourd’hui qu’il est prouvé que cette époque a été adoptée après coup sur des calculs faits en rétrogradant , et dont le résultat était faux 1 2 .
M. Bentley a reconnu que les tables de Tirvalour , sur lesquelles portait surtout l’assertion de Bailly, ont dû être calculées vers 1281 de Jésus-Christ (il y a cinq cent quarante ans), et que le Surya -Siddhanta , que les brames regardent comme leur plus ancien traité scientifique d’astronomie , et qu’ils prétendent révélé depuis plus de vingt millions d’années , ne peut avoir été composé qu’il y a environ sept cent soixante ans 3.
1 Voyez Laplace , Exposé du Système du Monde , page 33o; et le Mémoire de M. Davis, sur les calculs astronomiques des Indiens, Mém. de Calcutta, tome ii , page 225 de l’édition in-8°.
2 Voyez les Mémoires de M. Bentley sur l’antiquité
du Surrya Siddhanta , Mém. de Calcutta , tome vi , page 5Jo ; et sur les systèmes astronomiques des Indiens , ibid. , tome vin , page ip5 de l’édition in-8°.
Des solstices , des équinoxes indiqués dans les Pouranas, et calculés d’après les positions que semblaient leur attribuer les signes du zodiaque indien, tels qu’on croyait les connaître, avaient paru d’une antiquité énorme. Une étude plus exacte de ces signes ou nacchatrons a montré récemment à M. de Paravey qu’il ne s’agit que de solstices de douze cents ans avant Jésus- Christ. Cet auteur avoue en même temps que le lieu de ces solstices est si grossièrement fixé, qu’on ne peut répondre de cette détermination à deux ou trois siècles près. Ce sont les mêmes que ceux d’Eudoxe, que ceux de Tcbéoukong b Il est bien avéré que les Indiens n’observent pas , et qu’ils ne possèdent aucun des instrumens nécessaires pour cela. M. Del ambre reconnaît à la vérité avec Bailly et Legentil qu’ils ont des procédés de calculs qui , sans prouver l’ancienneté de leur astronomie , en montrent au moins l’originalité 1 2 ; et toutefois on ne peut
1 Mémoires encore manuscrits de M, de Paravey, sur
la sphère de la Haute-Asie.
2 Voyez le traité approfondi sur i astronomie des
étendre cette conclusion à leur sphère; car, indépendamment de leurs vingt-sept nacchatrons ou maisons lunaires , qui ressemblent beaucoup à celles des Arabes , ils ont au zodiaque les mêmes douze constellations que les Egyptiens, les Ghàldéens et les Grecs* 1 ; et si l’on s’en rapportait aux assertions de M. Wilford, leurs constellations extra-zodiacales seraient aussi les mêmes que celles des Grecs, et porteraient des noms qui ne sont que de légères altérations de leurs noms grecs 2.
Indiens dans l’Histoire de l’Astronomie ancienne de M. Delambre, tome i, pages 4°o à 556.
1 Voyez le Mémoire de sir Will. Johnes sur l’antiquité du zodiaque indien , Mém. de Calcutta , tome ii , page 289 de l’édition in-8°. , et dans, la traduction fran^ çaise, tome 11, page 332.
2 Voici les propres paroles de M. Wilford, dans son Mémoire sur les témoignages des anciens livres indous touchant l’Egypte et le JM il , Mémoires de Calcutta , tome ni, page 4^3 de d’édition in-8°. :
« Ayant demandé à mon pandit , qui est un savant astro- » nome , de me désigner dans le ciel la constellation d’An- » t arm ad a , ii me dirigea aussitôt sur Andromède, que
C’est à Yao que l’on attribue l introcluction de l’astronomie à 3a Chine : il envoya, dit le Chouking, des astronomes vers les quatre points cardinaux de son empire pour examiner quelles étoiles présidaient aux quatre saisons, et pour régler ce qu’il y avait à faire dans chaque temps de l’année 1 , comme s’il eût fallu se disperser pour une semblable opération. Environ deux cents ans plus tard le Chouking parle d’une éclipse de soleil, mais avec des circonstances ridicules, comme dans toutes les fables de cette
» j’avais eu soin de ne pas lui montrer comme un astérisme » qui me serait connu. Il m’apporta ensuite un livre très- » rare et très-curieux, en sanscrit, où se trouvait un cha- » pitre particulier sur le-s Upanacshatras ou constellations » extra-zodiacales, avec des dessins de Capéya, de Câsyapè » assise, tenant une fleur de lotus à la main, d’Antarmada » enchaînée avec le poisson près d’elle , et de Pârasica » tenant la tête d’un monstre qu’il avait tué , dégouttant « de sang et avec des serpens pour cheveux. »
Qui ne reconnaîtrait là Persée , Céphée et Cassiopée ? Mais n’bublions pas que ce pandit de M. Wilfort est devenu bien suspect.
1 Chouking, pages 6 et 7.
espèce; car on fait marcher un général et toute l’armée chinoise contre deux astronomes , parce qu’ils ne l’avaient pas bien prédite1 ; et l’on sait que, plus de deux mille ans après, les astronomes chinois n’avaient aucun moyen de prédire exactement les éclipses de soleil. En 1629 de notre ère, lors de leur dispute avec les jésuites, ils ne savaient pas même calculer les ombres.
Les véritables éclipses, rapportées par Confucius dans sa chronique du royaume de Lou , ne commencent que mille quatre cents ans après celle-là, en 776 avant Jésus-Christ, et à peine un demi-siècle plus haut que celles des Chaldéens rapportées par Ptolomée, tant il est vrai que les nations échappées en même temps à la destruction sont aussi arrivées vers le même temps , quand les circonstances ont été semblables, à un même degré de civilisation. Or on croirait , d’après l’identité de nom des astronomes chinois sous différens règnes (ils paraissent, d’après le Chouking, s’être tous appelés Ni et i/o), qu'à cette époque reculée leur profession
1 Chouking, pages 66 et suivantes.
était héréditaire en Chine comme dans l’Inde, en Egypte et à Babylone.
La seule observation chinoise plus ancienne, qui ne porte pas en elle-même la preuve de sa fausseté, serait celle de l’ombre faite par Tcheou-Kong vers jioo avant Jésus-Christ; encore est-elle au moins assez grossière1.
Ainsi nos lecteurs peuvent juger que les inductions tirées d’une haute perfection de l’astronomie des anciens peuples ne sont pas plus concluantes en faveur de l’excessive antiquité de ces peuples que les témoignages qu’ils se sont rendus à eux-mêmes.
Mais quand cette astronomie aurait été plus parfaite, que prouverait -elle? À - 1- on calculé les progrès que devait faire une science dans le sein de nations qui n’en avaient en quelque sorte point d’autres; chez qui la sérénité du ciel, les besoins de la vie pastorale ou agricole et la
1 Voyez datas la Connaissance des Temps de 1809, page 382 , et dans l’Histoire de l’Astronomie ancienne de M. Delambre , tome 1 , page 891 , l’extrait d’un Mémoire du P. Gaubil sur les observations des Chinois.
DE LA SURFACE DU GLOBE. 2/jl
superstition faisaient des astres F objet delà contemplation générale ; où des collèges d’hommes les plus respectés étaient chargés de tenir registre des phénomènes intéressais , et d’en transmettre la mémoire; où l’hérédité de la profession faisait que les en fa ns étaient dès le berceau nourris dans les connaissance? acquises par leurs pères ? Que parmi les nombreux individus dont l’astronomie était la seule occupation , il se soit trouvé un ou deux esprits géométriques, et tout ce que ces peuples ont su a pu se. découvrir en quelques siècles.
Songeons que, depuis les Chaidéens, la véritable astronomie n’a eu que deux âges, celui de l’école d’Alexandrie qui a duré quatre cents ans , et le nôtre qui n’a pas été aussi long. À peine 3 âge des Arabes y a-t-il ajouté quelque chose. Les autres siècles ont été nuis pour elle. Il ne s’est pas écoulé trois cents ans entre Copernic et Fauteur de la Mécanique céleste, et l’on veut que les Indiens aient eu besoin de milliers d’années pour arriver à leurs informes théories 1 ?
1 he traducteur anglais de ce discours cite, à ce sujet ,
Les moimmens astronomiques laisses par les anciens ne portent pas les dates excessivement reculées que l’on a cru y voir.
O11 a donc eu recours à des argumens d’un autre genre. On a prétendu qu indépendamment de ce qu’ils ont pu savoir , ces peuples ont laissé des monumens qui portent, par l’état du ciel qu’ils représentent, une date certaine et une date très-reculée, et les zodiaques sculptés dans deux temples de la Haute-Egypte parurent, il y a quelques années, fournir pour cette assertion de preuves tout-à-fait démonstratives. Ils offrent les memes figures des constellations zodiacales que nous employons, aujourd’hui , mais distribuées d’une façon particulière. On crut voir dans cette distribution une représentation de l’état du ciel au moment où l’on avait dessiné ces monumens, et l’on pensa qu’il serait possible d’en conclure la date de la construction des édifices qui les contiennent* 1 .
l’exemple du célèbre James Ferguson , qui était berger dans son enfance, et qui , en gardant les troupeaux pendant la nuit, eut de lui-même l’idée de se faire une carte céleste, et la dessina peut-être mieux qu'aucun astronome clialdéen. On raconte quelque chose d’assez semblable de Jamerey Dura!.
1 Ainsi à Dendcra (l’ancienne Tentyris) , ville au-des-
Mais pour en venir à 3a haute antiquité que Ion prétendait en déduire, il fallut supposer premièrement que leur division avait un rap-
sous de Thèbes , dans îe portique du grand temple dont Fentrée regarde le nord*, on voit au plafond les signes du zodiaque marchant sur deux bandes , dont Fune est le long du côté oriental et l’autre du côté opposé : elles sont embrassées chacune par une figure de femme aussi longue qu’elle, dont les pieds sont vers l’entrée , la tète et les bras vers le fond du portique : par conséquent les pieds sont au nord et les tètes au sud.
Le lion est en tête de la bande qui est à l’occident ; il sè dirige vers le nord ou vers les pieds de la figure de femme, et il a lui-même les pieds vers le mur oriental. La vierge , la balance , le scorpion , le sagittaire et le capricorne le suivent , marchant sur une même ligne. Ce dernier se trouve vers le fond du portique et près des mains et de là tête de la grande figure de femme Les signes de la bande orientale 'commencent à l’extrémité où ceux de Fautré bande finissent, et se dirigent par conséquent vers le fond du portique ou vers les bras de la grande figure. Ils ont lês pieds vers le mur latéral de leur côté , et les têtes en sens contraire de celles delà bande opposée. Le verseau marche
* Voyez le grand ouvrage sur PÉgypIe, Anlûjuile's , vol. iv , pL xx.
port déterminé avec un certain état du, ciel, dépendant de la précession des équinoxes , qui fait faire aux colures le tour du zodiaque en
le premier suivi de* poissons, du belier, du taureau , des gémeaux. Le dernier de la série , qui est le cancer ou plutôt le scarabée, car c’est par cet insecte que le cancer des Grecs est remplacé dans les zodiaques d’Egypte , est jeté de côté sur les jambes de la grande figure. A la place qu’il aurait dû occuper est un globe posé sur le sommet d’une pyramide composée de petits triangles* -qui représentent des espèces de rayons, et devant la base de laquelle est une grande tête de femme avec deux petites cornes. Un second scarabée est placé de côté et en travers sur la première bande , dans l’angle que les pieds de la grande figure forment avec le corps et en avant de l’espace où marche le lion , lequel est un peu en arrière. A l’autre bout de cette même bande le capricorne est très-piès du fond ou des bras de la grande figure ^ et sur la bande à gauche le Verseau en est assez éloigné : cependant le capricorne n’est pas répété comme le cancer. La division de ce zodiaque , dès l’entrée , se fait donc entre le lion et le cancer ; ou si l’on pense que la répétition du scarabée marque une division du signe , elle a lieu dans le cancer lui -même; mais celle du fond se fait entre le capricorne et le verseau.
Dans une des salles intérieures du même temple était
ving-six mi]*le ans; qu’elle indiquait, par exemple, la position du point solsticial; et secondement , que l’état du ciel représenté était préci-
un planisphère circulaire inscrit dans un carré, celui-là même qui a été apporté à Paris par M. Lelorrain , et que Ion voit à la Bibliothèque du Roi. On y remarque aussi les signes du zodiaque parmi beaucoup d’autres figures qui paraissent représenter des constellations *.
Le lion y répond à l’une des diagonales du carré 5 la vierge qui le suit répond à une ligne perpendiculaire qui est dirigée vers l’orient; les autres signes marchent dans l’ordre connu jusqu’au cancer qui, au lieu de compléter la chaîne en répondant au niveau du lion , est plaoé audessus de lui, plus près du centre du cercle , en sorte que les signes sont sur une ligne un peu spirale.
Ce cancer, ou plutôt ce scarabée , marche en sens contraire des autres signes. Les gémeaux répondent au nord, le sagittaire au midi et les poissons à l’oriert , mais pas très - exactement. Au côté oriental de ce planisphère est une grande figure de femme , la tête dirigée vers le midi et les pieds vers le nord, comme celle du portique.
On pourrait donc aussi élever quelque doute sur le point de ce second zodiaque où il faudrait commencer la série des signes. Suivant que l’on prendra une des per-
* Voyez le grand ouvrage sur l'Egypte, Antiquités, vol, rv, pi. xxt.
sèment celui qui avait lieu à l’époque où le monument a élé construit; deux suppositions qui en supposaient elles-mêmes , comme on voit, ungrand nombre d’autres.
pendiculaires ou une des diagonales, ou l’endroit où une partie de la série passe sur l’autre partie , on le jugera divisé au lion, ou bien entre le lion et le cancer, ou bien enfin aux gémeaux.
A Esné (l’ancienne Latopolis ) , ville placée au-dessus deThèbes,'il y a des zodiaques aux plafonds de deux temples différens.
Celui du grand temple , dont l’entrée regarde le levant est sur deux bandes contiguës et parallèles l’qne à l’autre le long du côté sud du plafond *.
L,es figures de femmes qui ies embrassent ne sont pas sur leur longueur, mais sur leur largeur, en sorte que l’une est en travers près de l’entrée ou à l’orient, la tête et les bras vers le nord, et les pieds vers le mur latéral ou vers le sud , et que l’autre est dans le fond du portique également en travers et regardant la première.
La bande la plus voisine de l’axe du portique ou du nord présente d’abord , du côté de l’entrée ou de l’orient et vers la tête de la figure de femme, le lion placé un peu en ar-
* \'vyvz le grand ouvrage sur l’ Egypte, vol. i, pl. Lxxtx.
En effet, les ligures de ces zodiaques sontelles les constellations, les vrais groupes d’étoiles qui portent aujourd’hui les memes noms, ou
rière et marchant vers le fond, les pieds du côté du mur latéral; derrière le lion, à l’origine de la bande, sont deux lions plus petits; au devant de lui est le scarabée, et ensuite les gémeaux marchant dans le meme sens: puis le taureau et le belier, et les poissons, rapprochés les uns des autres, placés en travers sur le milieu de la bande ; îe taureau la tète vers le mur latéral , le belier vers l’axe. Le verseau est plus loin , et reprend la meme direction vers le fond que les trois premiers signes.
Sur la bande la plus voisine du mur latéral et du nord l’on voit d’abord, mais assez loin du mur du fond ou de l’occident , le capricorne qui marche en sens contraire du verseau, et se dirige vers l’orient ou l’entrée du portique, les pieds tournés, vers le mur latéral. Tout près de lui est le sagittaire , qui répond ainsi aux poissons et au belier. Il marche aussi vers l’entrée ; mais ses pieds sont tournés vers l’axe et en sens contraire de ceux du capricorne.
A une certaine distance en avant , et près l’un de l’autre, sont le scorpion et une femme tenant la balance; enfin un peu plus en avant, mais encore assez loin de l’extrémité antérieure ou orientale , est la vierge qui est précédée d’un sphinx. La vierge et la femme qui tient la balance ont aussi
simplement ce que les astronomes appellent des signes, c’est-à-dire des divisions du zodiaque partant de l’un des colores, quelque place que ce colure occupe?
les pieds vers le mur, en sorte que le sagittaire est lé seul qui soit placé la tête à l’envers des autres signes.
Au nord d’Esné est un petit temple isolé, également dirigé vers l’orient , et dont le portique a encore un zodiaque * ; il est sur deux bandes latérales et écartées ; celle qui est le long du côté sud commence par le lion , qui marche vers le fond ou vers l’occident , les pieds tournés vers le mur ou le sud : il est précédé du scarabée , et celui-ci des gémeaux marchant dans le même sens. Le taureau , au contraire, vient à leur rencontre, se dirigeant à l’orient ; mais le belier et les poissons reprennent la direction vers le fond ou vers l’occident.
A la bande du côté du nord , le verseau est près du fond ou de l’occident, marchant vers l’entrée ou l’orient, les pieds tournés vers le mur, précédé du capricorne et du sagittaire qui marchent dans le même ,sens. Les autres lignes sont perdus ; mais il est clair que la vierge devait marcher en tête de cette bande du côté de l’entrée.
Parmi les figures accessoires de ce petit zodiaque on doit
* Yoyez îe grand ouvrage sur l’Egypte , Antiquile's , vol. 1 , pi. lxxxv:,!.
'Le point où l’on a partagé ces zodiaques en deux bandes est-il nécessairement celui d’un solstice ? *
La division du côté de l’entrée est-elle nécessairement celle du solstice d’été ?
remarquer deux beliers ailés placés en travers , l’un entre le taureau et les gémeany, l’autre entre le scorpion et le sagittaire, et chacun presque au milieu de sa bande, le second cependant un peu plus avancé vers l’entrée.
On avait pense d’abord que dans le grand zodiaque d’Esoé la division de l’entrée se fait entre la vierge et le lion , et celle du fond entre les poissons et le verseau. Mais M. Hamilton , MM. de Jollois et Yilliers ont cru voir dans le sphinx qui précède la vierge une répétition du lion analogue à celle du cancer dans le grand zodiaque de Dendera, en sorte que , selon eux, la division aurait lieu dans le lion. En effet, sans cette explication, il n’y aurait que cinq signes d’un .côté et sept de l’autre.
Quant au petit zodiaque du nord d’Esné, on ne sait si quelque emblème analogue à ce sphinx s’y trouvait , parce que cette partie est détruite *.
* British Riview, février 1817, page l36‘ ; et à la suite de la Lettre critique sur la Zodiacomauie , page 33,
a5o DISCOURS SUR LES RÉVOLUTIONS
Cette division indique-t-elle, même en général, un phénomène dépendant de la précession des équinoxes?
Ne se rapporterait-elle pas à quelque époque dont la rotation serait moindre? par exemple, au moment de l’année tropique où commençait telle ou telle des années sacrées des Egyptiens , lesquelles, étant plus courtes que la véritable année tropique de près de six heures , faisaient le tour du zodiaque en mille cinq cent huit ans.
Enfin, quelque sens qu’elle ait eu, a-t-on voulu marquer par-là le temps où le zodiaque a été sculpté , ou celui où le temple à été construit? N’a-t-on pas eu l’idée de rappeler un état antérieur du ciel à quelque époque intéressante pour la religion, soit qu’on l’ait observé ou qu’on l’ait conclu par un calcul rétrograde?
D’après le seul énoncé de pareilles questions on doit sentir tout ce qu’elles avaient de compliqué , et combien la solution quelconque que l’on aurait adoptée devait être sujette à controverse , et peu susceptible de servir elle -même de preuve solide à la solution d’un autre problème tel que l’antiquité de la nation égyptienne.
DE LA SURFACE DU GLOBE. a5l
Aussi peut-on dire que parmi ceux qui essayèrent de tirer de ces données une date , il s’éleva autant d’opinions qu’il y eut d’auteurs.
Le savant astronome M. Burkard , d’après un premier aperçu , jugea qu’à Dendera le solstice est dans le lion , par conséquent de deux signes moins reculé qu’ aujourd’hui , et que le temple a au moins quatre mille ans 1.
11 en donnait en même temps sept mille à celui d’Esné , sans que l’on sache trop comment il entendait faire accorder ces nombres avec ce que l’on connaît de la précession des équinoxes.
Feu Lalande voyant que le cancer était répété sur les deux bandes imagina que le solstice passait au milieu de cette constellation ; mais comme c’était ce qui avait lieu dans la sphère d’Eudoxe, il conclut que quelque Grec pouvait avoir représenté cette sphère au plafond d’un temple égyptien, sans savoir qu’il représentait un état du ciel qui depuis long-temps n’existait plus 2.
1 Description des pyramides de Gizé , par M. Grobert* page 1 17.
2 Connaissance des temps pour l’an xiv..
25a DISCOURS SCR LES RÉVOLUTIONS
C’était, comme on voit, une conséquence bien contraire à celle de M. Bürkard.
Dupuis, le premier, crut nécessaire de chercher des preuves de cette idée , en quelque sorte adoptée de confiance, qu’il s’agissait du solstice; il les vit, pour le grand zodiaque de Dendera , dans ce globe au sommet de la pyramide et dans plusieurs emblèmes placés près de différens signes, et qui tantôt, selon d’anciens auteurs, comme Plutarque, Horus-Apoîlo ou Clément d’Alexandrie , tantôt , selon ses propres conjectures , devaient représenter des phénomènes qui auraient été réellement ceux des saisons affectées à chaque signe.
Du reste , il soutint que cet état du ciel donne la date du monument , et que l’on avait à Dendera l’original et non pas une copie de la sphère d’Eudoxe , ce qui le conduisit à mille quatre cent soixante-huit ans avant Jésus-Christ, au règne de Sésostris.
Cependant ce nombre de dix -neuf bateaux
placés sous chaque bande lui donna l’idée que le solstice pourrait bien avoir été au dix-neuvième
degré du signe, ce qui ferait deux cent quatreving-liuit ans de plus 1.
M. Hamilton 2 ayant remarqué qu’à De ridera , le scarabée du côté des signes ascendans est plus petit que celui de T autre côté, un auteur anglais 3 en a conclu que le solstice peut avoir été plus près de son point actuel que le milieu du cancer, ce qui pourrait nous ramener à mille ou mille deux cents ans avant Jésus- Christ.
Feu Nouet jugeant que ce globe, ces rayons et cette tête cornue ou d’Isis représentent le lever héliaque de Sirius, prétendit que l’on avait voulu marquer une époque de la période sothiaque , mais qu’on avait voulu la marquer par la
1 Observations sur le zodiaque de Dendera , dans la Revue philosophique et littéraire , an 1806 , deuxième trimestre , pages 25 7 et suivantes.
2 Ægvptiaca , page 212.
3 Voyez dans le British Review de février 1817, pages i36 et suivantes, l’article vi sur l’origine et l’antiquité du zodiaque. Il est traduit à la suite de la Lettre critique sur la Zodiacomonie de Swartz.
place qu’occupait le solstice; or, dans l’avantdernière de ces périodes , celle qui s’est écoulée depuis 2782 jusqu’à 1322 avant Jésus-Christ > le solstice a passé de trente degrés quarante-huit minutes de la constellation du lion à treize degrés trente-quatre minutes du cancer. Au milieu de cette période il était donc à vingt-trois degrés trente-quatre minutes du cancer; le lever héliaque de Sirius arrivait alors quelques jours après le solstice; c’est à peu près ce que l’on a indiqué, selon M. Nouet, par la répétition du scarabée , et par l’image de Sirius dans les rayons du soleil placée au commencement de la bande de droite. D’après cette manière de voir, il conclut que ce temple est de deux mille cinquantedeux ans avant Jésus-Christ, et celui d’Esné de quatre mille six cents \
Tous ces calculs, même en admettant que la division marque le solstice , seraient encore
1 Yoyez le Mémoire de JNouet dans les Recherchés nouvelles sur l’Histoire ancienne de Yolney, tome nt , pages.. 3^8 à 336.
( Page î55. )
TABLE
DE L’ÉTENDUE DES CONSTELLATIONS ZODIACALES TELLES QU ON LES DESSINE SUR NOS GLOBES , ET DU TEMPS QUE LES COLURES ONT DU METTRE A LES PARCOURIR.