Mure^ eoit^afttftoiifiy Le^.; vue duc6téderouverture
Note 12 (page 259).
H. de HumbcMt {Coimos^ 1. 1, p. 28a etsuiv.) a di8tn>)tté plus récemment les roches en quatre classes fbadamentales.
PREMIÈRE CLASSE : RocHes d*ëruption ou éndogtnes.
Granit, syénite 9 porphyre, diorite, euphotide, serpentine , mélaphyre, basalte.
DEuxiÈnB CLASSE : Boch^s 4e sédiment ou exogènes.
Schiste argileux, bouille, zeehstein, ealcafare coqoillier, craie, travertin, bancs d'infosefres.
TROISIÈME CLASSE : Rockcs transformées ou métaphoriques.
Gneiss, micaschite, macigno, calcaire bélemnitique, calcaire saccharoîde, marbre, dolomie, quartz, fer spécuiaire, etc. QUAimiÈME CLASSE : Conglomérat.
Débris des trois roches précédentes.
328 APMBNDICB.
G6t quatre datsei de rodies se produisent encore aujourd'hui 80US nos yeux, quoique sur une échélie infiniment petite, par répaneliement de masses volcaniques en coulées étroites, par i'aetioa de ces laasses sur des rodies anciennes, par ia séparation mécanique ou diimique de matières suspendues ou dissoutes dans des eaux chargées d'acide cartionique » enfin ^ par la dmentation des détritus de roches de toute nature. Pendant la période chaotique du monde primitif, sous des conditions de chaleur etdepresdon toutes différentes, i'activité dé notre globe ft*était développéeavec plus d'énergie. Aujourd'hui les énormes firactnres de Técoree terrestre ont disparu ; les failles béantes des coudies superfiddles , déjà consolidées, ont été comblées par les chaînes de montagnes que les forces «outerraines ont soulevées et poussées au dehors, ou par des roches d'éruption (le granit, le porphyre, le basalte, le mélapbyre). A peine s*it est resté sur une étendue tdle que l'Europe quatre ouvertures, quatre volcans par où les matières ignées p«^nt faire éruption. Ce qui est vrai pour ia période ignée s*appUque aussi à l'époque des terrains de sédiment. Les couches de travertin qui se déposent journellemoitè Home, comme à Hobart-Town, en Australie, noua retracent l'image, mais une Image bien affiiiblie, de ia formatioa des terrains fossilifères.
Les roches d'éruption sont sorties de l'intérieur de la terre, vÀtvoleaniquemetUy c'est-à-dire à l'état de fusion, soitpluto^ niquemeut, soit à l'état de ramollissement plus ou moins marqué.
Les roches de sédiment <Hit été prédpitées ou déposées du sein d'un milieu liquide où dles étaient primitivement dissoutes ou tenues en suspension. Telle est la plus grande partie des terrains secondaires et tertiaires*
Les roches métaphoriques ont été altérées, dans leur texture et leur stratification , soit par le contact ou la proximité d'une roche d'éruption volcanique ou plutoniquct, soit par l'action des vapeurs et des sublimations qui accompagnait la sortie de cer^ taines masses à l'état de fusion ignée.
APFBHDiCE. 329
I^es conglomérats sont les grès à ^alos fins oa grossiers , (brèches). Ces roches détritiques rappellent Taetede cémentation qui a consolidé, par l'interoiédiaire de Toxyde de fer on de matières calcaires et argiieiises » des amas de fragments arrondis ou à ^ives ar^es.
An premier coup d'osil qne l'on jette sor ht distribution géographique des roches, et sur l'étendue qne chacune d'elles occupe dans les parties accessibles de l*écorc8 du globe , on reconnaît que la sabstance la plus répandue est Vêdâe Hlicique, ordinairement opaque et coloré. Immédiatement après Tacide . silicique solide vient la chaux earbmiatée ; puis les combinaisons de l'acide silicique avec l'alumine , la potassa et la soude, avec la chaux 5 la magnésie et l'oxyde de fer. Les substances que nous comprenons sons le nom générique de roekes sont des associations déterminées d'un nombre fort restreint de minéraux simples, auxquds viennent se Joindre quelques autres minéraux parasites, mais toujours d'après certaines lois fixes. Ces éléments ne sont pas particuliers à teUe ou telle roche; ainsi le quartz (acide siliciquie), le feldspath et le mica, dont la réunion constitue essentiellement le granit , se retrouvent, isolés ou combinés deux à deux , dans un grand nombre de formations différentes. Une citation suffira pour montrer combien les proportions de ces éléments peuvent varier d'une roche à l'autre, par exemple d'une roche feidspathique à une roche micacée : Mitseherlich a fait voir que si Ton ajoute au feldspath trois fois la quantité d'alumine et le tiers de la proportion de silice qu'il ren* ferme déjà ^ on obtient la composition chimique du mica. Ces deux minéraux contiennent de la potasse, dont la présence dans un grand nombre de roches est un fait antérieur, sans aucun doute, à l'apparition des végétaux sur la terre.
L'ordre de superposition des straties sédimentaires, des couches métamorphiques et des conglomérats , la nature des terrains que les roches d'éruption ont atteints ou traversés , la présence des restes organiques et leurs différences de structure, tels sont les indices qui permettent de reconnaître l'âge relatif
830 AwnriNN».
des formatfoMMiceiissives 9 tels sont les moniiineiits del'hîstdre du globe et les points de repère de sa chronologie qnele gésie de Hooke a^ait entrevus. L'application des moyens d*épreuTe botaniques et zoologiques à la détermination de l'âge des roches a signalé Tère la plus brillante de la géognosie moderne. Sous rinfloence vivifiante des études paléontologlques, la théorie des formations solides de réoarce du globe s^est enfio dégagée, au moins sur le continent, de ses entraves origindles , pour revêtir un caractère tout nouveau de profondeur et de vadété* (Cosmos, p. 810.)
L'ancienneté des roches de sédiment (exogènes) est déterminée par les fossiles ou par les galets qu'elles renferment. Les couches ou strates sédlmentenses constituent un horizon çéolo^ gique, d'après lequel robservateur indécis peut s'orieoter. Lorsqu'on veut embrasser, dans toute sa simplicité, le type général de la formation sédimentaire, on rencontre saceessivement, en allant de bas en haut :
1"* Le terrain de transiUon, divisé en grauv^acke inférieure et supérieure ou en systèmes silurien et devonien : le dernier portait autrefois le nom de vieux grès rouge;
2* Le trias m/^n>tir', comprenant le calcaire de montagne^ les terrains houillers, le nouveau grès rouge Inférieur (todt* liegendes), et le calcaire magnésien (zechstein) ;
1 MurchisoD fait deux divisions du bunter ëandstein (grès bigarré) : Time est le trias supérieur d'Wberiit l'autre le trias inférieur^ auquel appartient le grès rouge vosgfen d'elle de BeaumoDt ; le isechsteio (calcaire magnésien) et le iodiUegendes (nouveau grès rouge inférieur) , forment le système permien. Il fait commencer les formations secondaires au trias supérieur, c'est-à-dire à la division supérieure du buntêr sandstein des Allemands; le système permlen,. le calcaire carbonifère ou calcaire de montagne, les strates devonieniies et siluriennes constituent les terrains paléozolques de Murchisoa. Dans ce système, la craie et le calcaire du Jura portent le nom de formations secondaires supérieures; et le keuper, le calcaire coquiliier, le grès bigarré, portent celui de formations secondaires inférieures ; le système permien et le calcaire carbonifère composent la formation paléozolque supérieure , tandis que les couches devo- Diennes et siluriennes sont ensemble désignées sous le nom de formation paléozolque inférieure.
AfHKIliCE. 331
8* Le trias supérieur, ei^mpminX kft grè» bigarrés , le ealcaire coquillier et le kcttper ;
4^ Le ealealre|iiras8k|iie ( lias et oolithe ) ;
6® Le grès massif (quadessaiidsteiii) , la craie iaférieure et supérieme, atesi qoe les deniièreft eosttlies.qul oommeneeiit au caiêaire de me&tagiie;
6* Les formations tertiaires, eooipreoaiit trois sabdivisions eanietérisées par lecaleaire grossier, le charbon bmn oa lignite) et les graiiers satHapennins.
Puis tiennent les terrains de transport (allvvium) , contenant tes ossemmits glgantssipies des maminilères de Tanden monde, tels qœ les mastodontes» le dinothériam, le missoriam et les raégathérides : parmi ces derpiers on remarque le mylo* don d'Oven^ espèce deparesaeoz long de trois mètres et demi. A ces espèces éteintes iri«inent se J<^ndre les restes fossilisés d'animnz dodt les espèces vivent encore aujourd'hui : l'éléphant » le rhinocéros , le bœuf» le cheval et le cerf. Il y a près de Bogota, à deux mille six cent soixante mètres au*dessus du niveau de la mer, on diamp rempli d'ossements de mastodontes [eampode gigantes)jéàûB lequel riilustre auteur du Cosmos fait exécuter des fooiUes avec le plus grand soin ; quant aux ossements du plateau mexicain , ils appartiennent à certaines races éteintes de véritables éléphants. Les contre-forts de l'Hi* malaya ( les collines de SewalilL » qui ont été étudiées avec tant de zèle par le capitaine Cantley et le docteur Falconer) , renferment également de nombreux mastodontes j on y trouve aussi le sivathérium et la gigantesque tortue terrestre , longue de quatre mètres, haute de deux mètres {colossochelys); puis des débris appartenant à des espèces actuellement vivantes , des éléphants , des rhinocéros, des girafes, etc. Chose remarquable, ces fossiles appartiennent à une zone où domine encore aujourd'hui le climat tropical que l'on croit avoir régné à l'époque des mastodontes. (HuMBOLDT, Cosmos, t. I, p. 820 et suiv.)
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NOTB 13 (page »0).
Voici les principaux paesages «xtraito des travaux de Starn» beig , BroDgnîart, Llndley, la Flûte aniédilwnmmej etc.
« Les plantes fossiles sont un indîoB certain d'one végétatioB antérieore an règne végétal aictael. Un examen suivi d^on grand nombre de' plantes fossiles et de pétrifications ftdt reconnaître unesériedepériodesqQinons ramènent au point duquel doivent partir les observations du géologue; mais pour y parvenir il fout encore des observations multipliées.
« La formation des Uguites comme des bouilles appartieut à une période de formation générale» laquelle se rattacbe à Tépoquede Torigine des terrains tertiaires. Cette formation a commencé sous l'enveloppe des eaux, au moment on elles venaient à décroître. Les lignites sont répandus sur toute la terre aussi bien que la bouille ancienne. Leurs couches sont plos puissantes , parce que la végétation de la seconde période parait avoir été beaucoup plus riche que la première.
a On ne saurait douter que la bouille ne doive son origine à des masses de végétaux accumulés, altérés et ensuite modifiés, comme le seraient probablement les couches de tourbe de nos marais , si elles étaient recouvertes par des bancs puissants de substances minérales » comprimées sous lear poids et exposées en même temps à une température élevée. U suffit, pour 8*en convaincre , d'observer la structure presque ligneuse que présente quelquefois la bouille , et d'examiner les nombreux débris de plantes contenues dans les roches qui l'accompagnent
9 Mais l'étude des empreintes de tiges» de feuilles, de fruits même, qui sont en général enfermées en si grande quantité dans les roches, ne prouve pas seulement Torigine vitale de cette substance; elle peut encore nous conduire à déterminer la nature des végétaux qui lui ont donné naissance, et qui par conséquent occupaient alors la surface de la terre*
« Parmi ces empreintes végétales, les plus fréquentes sont produites par des feuilles de fougères; mais ces fougères du
monde primitif ne sont pas celles qui croissent encore dans nos climats; car il n'en existe pas actuellement en Europe plus de trente à quarante espèces , et les mêmes contrées en noonrissaient alors plus de deux cents, tontes beaucoup plus analogues à celles qui habitent maintenant entre les tropiques qu'à celles des climats tempérés.
a Outre ces feuilles de fougères , ces mêmes terrains renferment des tiges que leurs dimensions rendent comparables aux plus grands arbres de nos forêts , tandis que leur forme les en éloigne complètement ; aussi tous les anciens naturalistes , frappés de cette dissemblance , et voulant cependant leur trouver des analogues dans notre monde actuel , les avaient-ils rapportées à des végétaux arborescents mal connus à cette époque, à des bambous , h des palmiers , ou à ces grands cactus connus vulgairement sous le nom de cierges.
« Mais une comparaison plus attentive entre ces arbres des régions équinoxiales et ces tiges de l'ancien monde suffit pour faire évanouir les rapports , fondés seulement sur quelque ressemblance dans l'aspect général qu'on avait voulu établir entre eux; et l'étude plus approfondie, soit de ces tiges, soit des feuilles qui les accompagnent , montre bientôt que les végétaux qui formaient ces forêts primitives ne peuvent se comparer à aucun des arbres qui vivent encore sur notre globe.
« Les fougères arborescentes, qui, par l'élégance de leur port, font maintenant un des principaux ornements des régions équatoriales, sont les seuls végétanx arborescents actuellement existants dont on retrouve les analogues , quoique en petit nombre , parmi les arbres de cette antique végétation.
a Quant aux autres tiges fossiles, restes do ces forêts primitives de l'ancien monde, c'est parmi les végétaux les plus humbles de notre époque qu'il faut chercher leurs analogues.
a Ainsi les calamités, qui avaient jusqu'à quatre à cinq mètres d'élévation, et un à deux décimètres de diamètre, ont une ressemblance presque complète dans tous les points de leur organisation avec les prêles, connues vulgairement sous le
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■Mi de queue de ehewU, qjoA crofMent si abondamment dans lés IHmk mmÊimtfmx de nos dimaU, et dont les tfges^ grosses à peine comme le doigt , éépwHttt bien rarement on mètre de hant; les calamités étaient par con sé y wt des prèles arl>oresoentes, forme sous laqoelle ces plantes ont eo mflétou ent disparu de la surface de la terre.
« Les lépidodendrons, dont les espèces nombreuses devaient essentiellement composer les forêts de cette époque reculée, et qui ont probablement contribué plus que tous les autres végétaux à la formation de la bouille , diffèrent peu de nos lyoopodes. On recomalt dans leurs tiges la même structure essentielle , le même mode de ramification; enfin, on voit s^osérer sur leurs rameaux des feuilles et des fructifications analogues à celles de ees végétaux. Mais , tandis que les lycopodes actuels sont de petites plantes le plus souvent rampantes et semblables à de grandes mousses , atteignant très-rarement un mètre de baut et couvertes de très-petites feuilles, les lépidodendrons, tout en conservant la même forme et le même aspect, s'élevaient Jusqu'à vin^t à vingt-cinq mètres , avaient à leur base près d*un mètre de diamètre , et portaient des feuilles qui atteignaient quelquefois un demi-mètre de long : c'étaient par coùséquent des iycopodes arborescents comparables par leur taille aux plus grands sapins, dont ils jouaient le rôle dans ce monde primitif; formant, comme eux, d'immenses forêts à l'ombre desquelles se développaient les fougères si nombreuses alors.
9 Que cette végétation puissante devait être différente de celle qui revêt maintenant de ses teintes si variées la surface de la terrel La grandeur, la force et l'activité dé la croissance étaient ses caractères essentiels; les plus petites plantes de notre époque étaient alors représentées par des formes gigantesques; mais quelle simplicité d'organisation et quelle uniformité au milieu de cette puissante végétation!
« La classe qui presque à elle seule constitue la végétation de ce monde primitif est celle des cryptogames vasculaîres, qui ne comprend actuellement que cinq famUles dont lesprin*
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cipales ont des repiéseotaiitii dass l'ancien monde : tdke mbI les fougères, les prèles çt les lycopodes. Ces ùaaÊStmwmà pour ainsi dire le premier degré de la végétation ligneuse : les végétaux qu'elles comprennent présentent » comme les arbres dicotylédones ou monoeotylédones, des tiges plus ou mi^os développées, d'une texture solide, quoique pi as simple que celle de cesafbres, et garnies de feuilles nombreuses ; mais ils sont privés de ces organes reproducteurs qui constituent les fleurs , et ne présentent au lieu de fruit que des qrganes beaucoup moins compliqués*
« Ces plantes, si simples et si peu variées dans leur organisation , et qui n'occupent plus par leur nombre et leur dimension qu'un rang bien inférieur dans notre végétation actuelle , constituaient dans les premiers tempe de la création des êtres organisés la presque totalité du règne végétal, et formaient d'immenses fi)réts gui n'ont plus d'analogue dans notre création moderne. La rigidité des feuilles de ces végétaux , l'absence de fruits charnus et de graines, farineuses les auraient rendus bien peu propres à servir d'aliments, aux animaux ; mais les animaux terrestres n'existaient pas encore , les mers seules offraient de nombreux habitants, et le règne végétal régnait alors sans partage à la surface découverte de la terre , sur laquelle il semblait appelé à Jouer un autre r41c dans Téconomie générale de la nature.
<r On ne saurait, en effet, douter que la masse immense de carbone accumulée dans le sein de la: terre à l'état de houille, et provenant de la destruction des végétaux qui croissaient à cette époque reculée, sur la surface du globe^ n'ait été puisée par«ttx dans l'acide carbonique de i!atmo$pbèce, seule. forme sous laquelle le carbonne ne proveoanfc.pas d'ètccs organisés préexistant puisse être absorbé par uneiplanteu Or, une proportion mém» assez faible d'acide carbonique dans l'atmosphère est' généralement un obstacle à l'existence des animaux, et surtout des animaux les plus parfaits, tels que les mammifère et les oiseaux : cette proportion, au oontrsâre, est très-fa-
vorable à raccroissement des végétaux; et si Ton admet quMl existait une plus grande quantité de ce gaz dans l'atmosphère primitive du g)oi)e que dans notre atmosplière actuelle , on peut le considérer comme une des causes principales de la puissante végéution de ces temps reculés !
c Cet ensemble de végétaux si simples » si uniformes qui auraient été si peu propres , par conséquent » à foarnir des matériaux à i*alimentation d'animaux de structure très-diverse, tels que ceux qui existent maintenant, aurait, en puriûant l'air de Tacide carbonique en excès qu'il contenait alors, préparé les conditions nécessaires à une création plus variée ; et si nous voulions nous laisser aller à ce sentiment d'orgueil qui a quelquefois fait penser à Thomme que tout dans la nature avait été créé à son intention , nous pourrions supposer que cette première création végétale, qui a précédé de tant de siècles l'apparition de l'homme sur la t^re , aurait eu pour but de préparer les conditions atmosphériques nécessaires à son existence, et d'accumuler ces immenses masses de combustible que son industrie devait plus tard mettre à proUt.
« Les archipels situés entre les tropiques^ tels que les lies du grand océan Pacifique ou les Antilles, sont les points du globe qui présentent actuellement la végétation la plus analogue à celle qui existait sur la terre lorsque le règne végétal a commencé pour la première fois à s'y développer.
« L'étude des végétaux qui accompagnent les couches de houille doit par conséquent nous j^rter à penser qu'à cette époque reculée la surface de la terre , dans les contrées où se trouvent ceux de ses vastes dépôts de charbon fossile qui sont le mieux connus, c'est-à-dire dans l'Europe et l'Amérique septentrionale y offrait les mêmes conditions climatériques qui existent maintenant dans les archipels des régions équi- , noxiales, et probablement une configuration géographique peut différente.
« Quand on considère le nombre et l'épaisseur des couches qui constituent la plupart des terrains de houille; quand on
examine les changements qui se sont opérés dans les formes spécifiques des végétaux qui leur ont donné naissance , depuis les premiers jusqu'aux derniers , on est obligé de reconnaître qne cette grande végétation primitive a dû couvrir pendant longtemps de ses épaisses forêts toutes les parties du globe qui s'élevaient au-dessus du niveau des mers; car elle se présente avec les mêmes caractères en Europe et en Amérique; et l'Asie équatoriale, ainsi que la Nouvelle-Hollande^ sembleraient même avoir participé alors à cette uniformité générale de structure des végétaux.
a Cependant cette première création végétale devait bientôt disparaître pour faire place à une autre création , composée 'd'êtres d'une organisation moins extraordinaire que les précédents , mais presque aussi différents encore de ceux que nous voyons actuellement.
«r A quelles causes peut-on attribuer la destruction de toutes les plantes qui caractérisent cette végétation remarque^ble?
cr Est-ce à une violente révolution du globe? E%t-ce au changement lent des conditions physiques nécessaires à leur existence, changement qui pourrait être dû en partie à la présence même de ces végétaux? C'est ce qu'on ne saurait déterminer dans l'état actuel de nos connaissances.
<c La période tertiaire , pendant laquelle se déposèrent les terrains qui forment maintenant le sol des plus grandes capitales de l'Europe, de Londres, de Paris, de Vienne, vit s'opérer dans le monde organique des transformations plus grandes qu'aucune de celles qui s'étaient effectuées depuis la destruction de la végétation primitive.
« Dans le règne animal : création des mammifères, classe que tous les naturalistes s'accordent à placer au sommet de l'échelle animale et par laquelle la nature semblait préluder à la création de l'homme. Dans le règne végétal : création des dicotylédones, grande division que d'un consentement unanime les botanistes ont toujours placée en tête de ce règne^ et qui par la variété de
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ses formes et de .son organisation, par la grandeur de se» feuilles, par la beauté de ses Heurs et de ses fruits , devair imprimer à toute la végétation un aspect bien différent de celui qu*eUe avait offert jusqu'alors.
a Cette classe des dicotylédones , dont on pouvait à peine dler quelques indkes douteux dans les derniers temps de la période secondaire , se présente tout à coup , durant la période tertiaire , d*une manière prépondérante : comme de nos Jours, elle domine toutes les autres classes du règne végétal soit par le nombre et la variété des espèces , soit par la grandeur des^ individus. Aussi cet ensemble de végétaux qui habitait nos contrées pendant que les terrains tertiaires se déposaient et enveloppaient ses débris dans leurs couches sédimenteuses , at-il les plus grands rapports avec la masse de la végétation actuelle, et particulièrement avec la flore des régions tempérée» de i'Euro*pe ou de rAmérique. Le sol de ces contrées était couvert alors , comme à présent , de pins, de sapins, de thuyas^ de peupliers, de bouleaux, de charmes, de noyers , d* érables, et d'autres arbres presque identiques avec ceux qui croissent encore dans nos climats.
« Ainsi , non-seulement on n'y retrouve aucun indice de ces vçgétaux singuliers qui caractérisaient les forêts primitives de la période houillère , mais on n'y rencontre même que rarement quelques fragments de plantes analogues à celles qui vivent actuellement entre les tropiques.
« Quel étonnant contraste entre Taspect delà nature pendant les dernières périodes géologiques, et celui qu'elle offrait lorsque la végétation primitive couvrait la surface du globe I
m Eu effet, dans les derniers temps de Thistoire géologique du monde, la terre avait déjà pris , en grande partie du moins, la forme qu'elle conserve encore de nos jours. Des continents assez étendus , des monta<];nes déjà très-élev<»es déterminaient des climats variés, et favorisaient ainsi la diversion des êtres; aussi dans une contrée peu étendue le règne végétal nous
offrc-t-il des plantes aujssi différentes les unes des autres qu*à
' a Aux conifères à feuilles étroites, dures et d*un vert sombre, se joignaient les bouleaux , les peupliers, les noyers et les érables au feuillage large et d*un beau vert; à Tombre de ces arbres , sur les bords des eaux ou à leur surface croissaient des plantes herbacées analogues à celles qui encore actuellement embellissent nos' campagnes par la diversité de leurs formes et de leurs couleurs, et que leur variété même rendait propres à satisfaire les goûts si différents d'une infinité d*animaux de toutes les classes.
. a Toutetois, il est presque certain que le dépôt des dernières couches des terrains houillers a été suivi de la destruction de toutes les espèces qui constituaient cette végétation primitive, et particulièrement de ces arbres gigantes(iues d'une structure si singulière, de ces lyoopodiacées, de ces fougères, de ces prèles arborescentes, caractère, essentiel de cette première création.
« Après la destruction de cette puissante végétation primitive, le règne végétal parait pendant longtemps n'avoir pas atteint le même degré de développement. Presque jamais , en effet, dans les nombreuses couches des terrains secondaires qui succèdent au terrain houiller, on ne trouve de ces masses d*empreintes végétales , sortes d'herbiers naturels qui dans ces anciens dépôts de charbon nous attestent l'existence simultanée d'un nombre prodigieux de plantes. Presque nulle part on ne voit dans ces terrains de couches puissantes de combustible fossile; et jamais ces couches ne se répètent un grand nombre de fois et n'ont une grande étendue comme dans les dépôts houillers ; soit qu'en effQ.t le règne végétal n'occupât que des espaces plus circonscrits de la surface terrestre, soit que ces individus épars ne couvrissent qu'incomplètement un sol peu fertile et dont les révolutions du globe ne leur auraient pas permis de devenir tranquilles possesseurs^ soit, enfin , que
les conditions dans lesquelles la surface de la terre se trouvait n'aient pas été favorables à la conservation des végétaux qui rhabitaient.
et Cependant, cette longue période qui sépare les formations houillères des terrains tertiaires, période qui fut le théâtre de tant de révolutions physiques du globe , et qui vit apparaître au milieu des mers ces reptiles gigantesques, types d^organisations bizarres , dans lesquels on croirait souvent reconnaître ces monstres enfantés par l'imagination ^s poètes de Pautiquité, cette période, dis-je, est remarquable dans l'histoire du règne végétal, parla prépondérance de deux familles qui se perdent, pour ainsi dire, au milieu de Timmense variété de végétaux dont est couverte aujourd'hui la surface de la terre, mais qui alors dominaient toutes les autres par leur nombre et leur grandeur. Ce sont les conifères., qui, sous des formes très-diverses, habitent encore presque toutes les régions du globe, et les cyc^idées, végétaux tout exotiques, moins nombreux dans notre monde actuel qu'à cette époque reculée, et qui joignent au feuillage et au port des palmiers la structure essentielle des conifères. L'existence de ces deux familles pendant cette période est d'autant plus importante à signaler, qu'intimement liées entre elles par leur organisation, elles forment le chaînon intermédiaire entre les cryptogames vasculaires qui composaient presque! seules la végétation primitive de la période houillère , et les phanérogames dicotylédones proprement dites , qui forment la majorité du règne végétal pendant la période tertiaire.
et Ainsi, aux cryptogames vasculaires; premier degré de l'organisation ligneuse, succèdent les conifères et les cycadées, qui tiennent un rang plus élevé dans l'échelle des végétaux, et à celles-ci succèdent les plantes dicotylédones, qui en occupent le sommet.
« Dans le règne végétal, comme dans le règne animal, il y a donc eu un perfectionnement graduel dans rorgauisation
JkPPENDIGB. 3il
des êtres qui ont soccessivement véca sur notre globe , depuis ceux qui les premiers ont apparu à sa surface , jusqu'à ceux qui riiabitent actuellement.
a Ces forêts de l'ancien monde, comme celles de nôtre épo* que, servaient en eiTet de refuge à un grand nombre d'animaux plus ou moins analogues à ceux qui vivent encore sur notre globe. Ainsi, des éléphants, des rhinocéros, des sangliers, des ours, des lions, de toutes les formes et de toutes les tailles, les ont successivement habitées; des oiseaux, des reptiles et même des insectes nomlbreux complètent ce tableau de la nature telle qu'elle se présentait sur les parties de la terre qui s'élevaient alors au-dessus des eaux ; nature aussi belle et aussi variée que celle que nous voyons actuellement sur sa surface.
a Au contraire, dans les premiers temps de la création des êtres organisés, la surface terrestre, partagée sans doute en une infinité d'iles basses et d'un climat très-uniforme, était, il est vrai, couverte d'immenses végétaux; mais ces arbres, peu différents les uns des autres par leur aspect et par la teinte de leur feuillage, dépourvus de fleurs et de ces fruits aux couleurs brillantes qui parent si bien plusieurs de nos grands arbres, devaient imprimer à la végétation une monotonie que n'interrompaient même pas ces petites plantes herbacées qui par rélégance de leurs fleurs font l'ornement de nos bois.
<r Ajoutez à cela que pas un mammifère, pas un oiseau, qu'aucun animal en un mot ne venait animer ces épaisses forêts, et l'on pourra se former une idée assez juste de cette nature primitive, sombre, triste et silencieuse, mais en même temps si imposante par sa grandeur et par le rôle qu'elle a joué dans rhistoire du globe.
ff Dans la formation houillère, où l'on a trouvé les plus anciens débris de plantes terrestres, la flore d'Angleterre se compose de fougères, en quantité prodigieuse, de conifères et quelques espèces de lycopodium gigantesques, analogues à nos cactus et euphprbiacées. Dans le nouveau grès rouge ces
espèces disparaissent, et sont remplacées par d'autres tribus. Dans le lias et la formation oolithiqae on ne trouve ni caetoîdes, ni palmiers , ni calamités, mais des espèces analogues aux cycadées du cap de Bonne-Espérance et de la Nouvelle- Holiande. Dans la formation calcaire la flore fossile commeace à se rapprocher singulièrement de la flore actuelle. Enûn, dans la formation d'argile plastique, des conifères innombrables se trouvent mêlés avec des palmiers, des aulnes, des peupliers, des noisetiers, des sycomores et beaucoup d'autre» dicotylédons. Telles sont les données générales auxquelles les géologues sont arrivés. »
Aux détails qui précèdent nous ajouterons les observations suivantes du célèbre auteur du Cosmos : c< Les conifères et les palmiers se trouvaient jadis réunis, comme Fatteste le terrain houiller. Aujourd'hui^ on dirait qu'ils se fuient. Nous sommes tellement liabitués à considérer les conifères comme une propriété du Nord, que je fus moi-même surpris de rencontrer une épaisse forêt de pins (pinus occidentalis^ semblable au pin de loi'd Weimouth) entre la venta de la Coxonera et l'Alto delos Goxones, à douze cents mètres au-dessus du niveau delà mer. Je montais alors des côtes delà mer du Sud vers Ghilpansingo et les hautes vallées du Mexique ; il me fallut un jour entier pour traverser cette singulière forêt, dans laquelle les arbres à pivots étaient entremêlés de palmiers à éventail ( eorypha dulcis\ couverts de perroquets diversement colorés. ^Amérique du Sud produit des chênes ; mais elle ne nourrit pas une seule espèce de pin, et la première fois qu'un sapin s'y offrit à mes yeux comme un souvenir de ma patrie, il était situé près d'un palmier à éventail. De même, Cristophe Colomb, pendant son premier voyage de découvertes, aperçut des conifères et des palmiers entremêlés à la pointe orientale du nord de Cuba , par conséquent entre les tropiques, mais à peine au-dessus du niveau de la mer. Cet homme profond, auquel rien n'a échappé^ parle de ce fait dans son journal de voyage comme d'une singularité, et sou ami Anghiera, le secrétaire de Ferdinand le
Catholique, rapporte avec étonnement a qu'on trouve à la fois •des pins et des palmiers dans le pays nouvellement découvert, d Il est d'un grand intérêt pour là géologie de comparer la distribution actuelle des plantes sur la surface de la terre avec la géographie des flores éteintes. La zone tempénée de Thémisphère austral, dont Darwin a décrit avec tant d'art les Iles nombreuses, les eaux abondantes et la merveilleuse végétation, qui tient à la fois de la flore des tropiques et de celle des pays froids, offre les exemples les plus instructifs pour la géographie des plante9 modernes et pour celle des plantes primitives. Or, cette dernière est sans aucun doute une branche importante de l'histoire du règne vé(;étal.
(( Les cycadées, qui, d'après le nombre des espèces fossiles appartenant à cette tribu, durentjouer dans le monde primitif un plus grand rôle que dans le monde actuel, accompagnent leurs alliés les conifères à partir de Tépoque où se sont formés les lits de charbon . Elles manquent presque entièrement dans la période de grès bigarrés; mais aussi certains conifères {voUzia^ haidingéra y alhertia) se sont puissamment développés dans cette pé* riode. Les cycadées atteignent leur maximum dans le keuperet dans le lias, où on en a trouvé vingt espèces distinctes. Dans la craie ce sont des plantes marines et des naïades qui prédominent. Ainsi les forêts de cycadées de la formation jurassique ont disparu depuis longtemps, et mêmedansles plus anciens groupes de la formation tertiaire on les trouve relégués bien au-dessous des conifères et des palmiers.
Les %m7«5, ou les couches de charbon brun, que Ton retrouve dans chaque division de la période tertiaire, contiennent, au milieu des plus anciens cryptogames terrestres^ quelques palmiers, un grand nombre de conifères avec des anneaux annuels bien marqués, et des arbustes rameux d'un caractère plus ou moins tropical. La période tertiaire moyenne est signa- • léepar le retour des palmiers et des cycadées. Enftn, la végétation de la dernière période offre une grande analogie avec la iloi'e actuelle. Nos pins etnossapins, noscupulifères, nos érables
3kk APPENDICE.
et DOS peupliers y apparaissent sans transition, dans toute la plénitude de leurs formes. Les troncs dedicotylédonées enfouis dans les lignites se distinguent quelquefois par leurs énormes dimensions et par leur grand âge. Noeggerath a trouvé près de Bonn un de ces troncs sur lequel il a compté sept cent quatrevingt-douze anneaux annuels ; dans la France septentionale, à Yseux (prèsd'Abbeviile), ona découvert dans les tourbières de la Somme un chêne de quatre mètres et demi de diamètre, épaisseur extraordinaire pour les régions extratropicales de l'ancien continent. D'après les recherches de Goeppert (il faut espérer que ses beaux travaux paraîtront bientôt avec des planches explicatives), tout l'ambre de la Baltique provient d'un conifere qui, à en juger par les fragments de bois et d'écorce de divers âges, devait former une espèce particulière assez semblable à nos sapins blancs et rouges. Varbre à ambre du monde primitif ( pinites succifer) était plus résineux qu'aucun conifere du monde actuel; non-seulement la résine y est placée^ comme dans ces derniers, sur l'écorce et à l'intérieur de récorce, mais encore dans le bois lui-même, dont on distingue très-nettement, au microscope, les cellules et les rayons médullaires remplisdesuccin; cette résine forme aussi de grandes masses blanches et jaunes entre les anneaux concentriques du ligneux. Parmi les matières végétales enchâssées dans l'ambre, on a trouvé des fleurs mâles et femelles de cupulifères et d'arbres indigènes à feuilles aciculaires ; mais des fragments très^ reconnaissables de thuya,à» cupressus, A'ephedera et de caS" tanea vesca, mêlés aux fragments de nos sapins et de nos genévriers, accusent une végétation différente de celle qui règne maintenant sur le littoral de la mer Baltique et de la mer du Nord. & (Humboldt, Cosmos, 1. 1, p. 326 et snîv.)
Voici, d'après Lindley et d'autres, la description de quelques-unes des espèces fossiles les plus curieuses, trouvées dans les houillères de différents pays (Voyez les planches) :
Ftg. 1. Sphenopteris Uœninghamii. Rameau d'une très-l^lle
JkPPEITDICE. 345
espèce fossile, rapportée aatrefois au genre Chei-
lanthes.
Fig. a« Anomopteris Mougeotii. Trouvée dans le grès bigarré
de Granviller» près Brugère (Vosges).
8« Lecopteris aquilina. Dans le terrain hpniller de Geis-
laatem, près Sarrebruck.
4, Sphenopteris ^rtdai9/y/i/e5.Espècedistincte des antres
sphenopteris^ par la division tridigitée des feuilles. i. Sphenopteris Schlotheimii.
, S. Sphenopteris Mantelli. Houillères d'Allemagne. 7 • Nevropteris acuminata. Trouvée en Angleterre et dans
les houillères de Schmalkaden, en Allemagne. Sauf
la largeur du pétiole de la feuille, ce végétal fossile
ressemble aux lycopdium.