Lepidostrobus omatus. Cône ou fruit d'une espèce de
pin ou de sapin (conifères ).
ta. Sphenophyllum Schlotheimii. Houillèresde Somerset. Feuilles tronquées, inégalement crénelées» ayaiit quelque ressemblance avec celles du gingho biloha (arbre à quarante écus) de la Chine.
13. Stigmaria ficoides. Ce végétal est peut-être le plos commun de la formation houillère. Espèce de tronc aplati, croissant, comme une racine, dans une direction horizontale , et garni de piquants comme les cactus, avec lesquels ce fossile offre de Tanalogie.
Note 14 (page 264).
La longueur de Vichthyosaurus était très- variable ; tandis que les plus petits avaient i"',25 de long, on a trouvé des débris qui annoncent des individus de dix mètres et plus. Ce reptile, à queue médiocre et à long museau, avait les yeux d'une grosseur énorme, qui devaient lui' donner un aspect tout à fait étrange, et lui faciliter la vision pendant la nuit. Il n'avait probablement aucune oreille extérieure, et la peau passait sur le tympan comme dans le caméléon, la salamandre et le pipa^ sans même s'y amincir. Il recevait l'air en nature et non par l'eau, comme les poissons ; il devait donc souvent revenir à la surface de l'eau. Néanmoins ses membres courts, plats, i^pn divisés, ne lui permettaient que de nager. Il y a grande apparence qu'il ne pouvait pas même ramper sur le rivage autant que les phoques, mais que, s'il avait le malheur d'y échouer^ il y demeurait immobile comme les baleines et les dauphins. Il vivait dans une mer où vivaient avec lui les mollusques qui nous ont laissé les cornes d'ammon,etqui, selon toutes les apparences, étaient des espèces de sèches ou de poulpes qui portaient dans leur intérieur (comme aujourd'hui le nautilus spi^ rula ) ces coquilles spirales et singulièrement chambrées ; des térébratules, diverses espèces d'huîtres, abondaient aussi dans cette mer, et plusieurs sortes de crocodiles en fréquentaient les rivages, si même Ils ne Thabitaient conjointement avec les ichthyosaurus.
Note 15 (page 265).
Leplesiosaurus a dû être contemporain de l'ichthyosaurus. Il n'avait, comme lui, pour tout moyen de progression que des nageoires, mais, ce qui devait lui donner un aspect tout différent et extraordinaire, c'est son long cou de serpent, terminé par une tête de lézard, portée sur un tronc de quadrupède*
Les ichthyosaurus et les plesiosaurus s'éloignent plus particulièrement des animaux actuellement connus. Il faut y joindre encore les ptérodactyles.
Note 16 (page 268 ).
Le ptérodactyle (de itTep<$v,ae76,etâBXTuX(K, doigt) iensiit tout à la fois du reptile^ de la chaave*soaris et de Toiseau. Pourvu des moyens de voler» il devait pendant la station faire peu d'usage de ses extrémités antérieures. Cependant il pouvait se servir des plus courts de ses doigts de devant pour se suspendre aux branches des arbres. Â l*état de repos il devait se tenir sur les membres de derrière comme les oiseaux ; alors il deyait aussi, comme eUx, tenir son cou redressé et courbé en arrière» pour que son énorme tète ne rompit pas tout équilibre. Ce qui frappe surtout dans ce singulier animal, c'est l'assemblage bizarre d* ailes vigoureuses attachées au corps d'un reptile; Timagination des poètes en a seule fait jusqu'ici de semblables. De là la description de ces dragons que la Fable nous représente comme ayant, à l'origine des choses, disputé la possession de la terre à Pespèce humaine, et dont la destruction était un des atticJbuts des héros fabuleux, des demi-dieux et des dieux.
Aujourd'hui un seul reptile est pourvu d'ailes, c'est le lézarddràgon de l'île de Java ; mais ces dragons modernes , de trèspetite taille, ne sauraient être comparés au ptérodactyle de Tancien monde : leurs ailes, trop faibles pour frapper l'air et les faire voler à la manière des oiseaux, ne servent qu'à les soutenir comme un parachute, lorsqu'ils sautent de branche en branche. Le ptérodactyle volait à l'aide d'une aile soutenue principalement par un doigt très-allongé , tandis que les autres doigts avaient conservé leurs dimensions ordinaires ; de là le nom de ce bizarre animal. (Celui que représente le dessin était à peu près de la taille d'une grive.)
Note 17 (page 274).
Le paléothérium {deitaXai(^v, ancien, et OtipCov, animal)^ de la famille de nos pachydermes, seàistinguaii deVanoplotherium par une forte dent canine, moins saillante que chez le sanglier et entièrement recouverte par les lèvres, comme dans l'hippo-
348 APPENDIGB.
potame. Il était herbivore. Relativement à la forme, on a divisé lespaléotbériumsen grand, petit, moyen, gros, épais, et court. Le grand paléothériam avait la taille d'un cheval de médiocre grandeur; mais li était plus trapu, sa tète était plus massive, ses extrémités plus grosses et plus courtes. Il est aisé de se le représenter dans Tétat de vie.
Note IS (page 274).
Le gypse, placé comme le calcaire siliceux^ au-dessus du calcaire coquillier grossier, contient plus particulièrement iea ossements et quelquefois les squelettes entiers de ces quadrupèdes terrestres, les paléothériums^ les anaplothériums, etc., les plus anciens du globe et inconnus aujourd'hui dans la nature vivante. Ils ont vécu sur le bord des eaux qui ont déposé ces terrains. Au-dessus du gypse sont placés des bancs de marne, et dans les lits inférieurs de cette marne se trouvent, avec d'autres fossiles du règne animal, des troncs de palmiers pétrifiés en silex, ce qui tend à prouver qu*à Tépoque où les paléothériums vivaient sur notre sol la température y était plus élevée qu'elle ne Test maintenant.
Note 19 (page 277).
Vanoplothérium (de dfvoTtXov, sans défense, et OY)p(ov, animal) se distingue facilement par l'absence de la dent canine qui caractérise les paléothériums. Il devait être de mœurs plus douces que ces derniers. Vanoplothérium commun y que représente la planche II, est ainsi décrit par Guvier dans son grand et magnifique ouvrage sur les Ossements fossiles : « Sa hauteur au garrot était assez considérable; elle pouvait aller à plus de trois pieds et quelques pouces; mais ce qui le distinguait le plus, c'était son énorme queue; elle lui donnait quelque chose de la stature de la loutre, et il est très-probable qu'il se portait souvent, comme ce carnassier, sur et dans les eaux, surtout dans les lieux marécageux. Mais ce n'était sans doute
point pour pécher : comme le rat d'eau, comme l'hippopotame, comme tout le genre dei sangliers et les rhinocéros» notre ano* plothérium était herbivore ; il allait donc chercher les racines et les tiges succulentes des plantes aquatiques. D'après ses habitudes de nageur et de plongeur, il devait avoir le poil lisse comme la loutre ; peut-être même sa peau était-elle demi-nue, comme celle des pachydermes dont nous venons de parler. II n'est pas vraisemblable non plus qu'il ait eu de longues oreilles, qui l'auraient gêné dans son genre de vie aquatique ; et je penserais volontiers qu'il ressemblait à cet égard à l'hippopotame et aux autres quadrupèdes qui fréquentent beaucoup les eaux. Sa longueur totale, la queue comprise, était au moins de huit pieds» et sans la queue, de cinq et quelques pouces. Lalongueur de son corps était donc à peu près la même que dans un âne de taille riioyenne, mais sa hauteur n'était pas tout à fait aussi considérable. »
SCOTK 20 (page3S7).
De tout temps on a trouvé des ossements d'éléphants fossiles ; mais ces ossements jusqu'ici avaient presque toujours été méconnus, et c'est à leur découverte qu'on doit les histoires fabuleuses de l'exhumation des cadavres d'anciens géants; cardans un temps où Tanatomie avait fait si peu de progrès l'amour du merveilleux pouvait d'autant mieux s'emparer de pareils événements pour accréditer des idées qui frappent l'imagination , que l'éléphant est un animal dont le squelette présente (aux dimensions près) assez de ressemblance avec celui de l'homme. t)n ferait un volume entier des histoires d'ossements fossiles de grands quadrupèdes que l'i^orance ou la fraude ont fait passer pour des débris de géants humains. La plus célèbre de toutes est celle du squelette que, sous Louis XIII, on a voulu faire passer pour celui de Teutobochus, ce roi des Gimbres qui combattit contre Marins. Voici ce qui donna lieu à ce conte : Le 11 janvier 1613, on trouva dans une sablonnière près du château de Ghaumont, entre les villes de Montricaux, Serres et
SaiotAotoine, des ossements dont plusieurs furent brisés par les ouvriers ; un chirurgien de Beaurepaire, nominé Mazurier^ averti de cette découverte, s'empara des os, et résolut d'en faire son profit; il prétendait les avoir trouvés dans un sépulcre long de trente pieds, sur lequel était écrit TeutobQchus rex ; il ajoutait avoir découvert en même temps une cinquantaine de médailles à Teffigie de Marius. Il inséra tous ces contes dans une brochure, propre à piquer la curiosité du public, et parvint à montrer pour de Targent, tant à Paris que dans d*autres villes, les os du prétendu géant. Gassendi cite un jésuite de Tournou comme l'auteur de la brochure» et montre que les prétendues médailles antiques étaient eontrouvées ; quant aux os, dont le Musée d'Histoire Naturelle est devenu depuis quelque temps possesseur, ce sont des os de mastodonte (comme on le voit au premier coup d'oeil à la forme des dents), et non pas Ûes os d'éléphant ainsi qu'on Tavait supposé quand on n'avait pour guide, dans cette détermination des débris, qu'une espèce d'inventaire des différentes pièces qui furent montrées en public, et quelques vagues indications des formes, éparses dans les écrits des médecins et chirurgiens qui prirent part à la discussion pour combattre ou soutenir les assertions mensongères de Mazurier. Desk faits semblables , mais mieux observés et décrits avec plus de précision à mesure que leur date est plus récente, nous conduisent jusqu'au dix-huitième siècle. A cette époque le progrès des sciences naturelles ne permit plus des méprises aussi grossières que celle dont il vient d'être question : lorsqu'on trouva des ossements d'éléphant , on les prit pour ce qu'ils étaient ; mais on se persuada qu'ils avaient été ensevelis sous le sol dans le temps des Romains.
Note 21 (page 288).
Le genre des éléphants ne nous a montré qu'une espèce détruite. Le genre entier des mastodontes est perdu. Celui des hippopotames, qui ne possède jusqu'ici qu'une seule espèce vivante, en compte déjà plusieurs fossiles. La première, ou la plus grande.
APPENVIGE. 351
et la seule d'ailleurs dont on eût quelques notions imparfaites avant M. Guvier, différait à peu près autant de Tespèce vivante que réiéphant fossile diffère des éléphants vivants. Une seconde, le petit hippopotame fossile , en différait beaucoup plus. Les autres sont encore peu connues. Les os d'hippopotame accompagnent, dans plusieurs endroits, ceux des éléphants et des mastodontes ; mais ils sont beaucoup plus rares ; le Val d*Arno supérieur est même jusqu*ici le seul lieu où Ton en ait trouvé avec quelque abondance. (Floorbns, Histoire des Tra* vaux ds Cuvier, p. 332.)
«Note 22 (page 289).
Voilà donc quatre espèces de rhinocéros vivantes : deux unicomes, savoir, le rhinocéros des Indes et celui de Java ; et deux bicornes, savoir, le rhinocéros du Cap et celui de Sumatra. Le nombre des espèces fossiles n'est pas encore clairement établi. La plus célèbre, celle dont les narines sont séparées par une cloison osseuse, se trouve en Sibérie et en différents endroits d'Allemagne. La seconde^ celle dont les narines ne sont point séparées par un os, n'a été jusqu'ici trouvée qu'en Italie. Elles étaient l'une et Tautre à deux cornes, et elles paraissent avoir manqué toutes deux d'ioclsives. Quant aux autres espèces, au nombre de deux ou trois, elles ne sont indiquées encore que par quelques fragments. C'est à l'espèce à narines cloisonnées qu'appartenait le rhinocéros entier retiré de la glace sur les bords du Wilhouï , en 1770. Ce rhinocéros était couvert d'un poil épais, à peu près comme l'éléphant fossile , ce qui semble prouver qu'ils ont pu l'un et l'autre vivre au Nord. (Floukens, Histoire des Travaux de Cuvier^j^, 229.)
FIN DE l'appendice.