DISCOURS SUR UES RKVOLUTIOWS
tendent des pièges terribles aux navigateurs. La mer, jetant des sables et du Simon sur le haut de ces écueils, en élève quelquefois la surface au-dessus de son propre niveau , et eu forme des Iles, plates , qu’une riche végétation vient bientôt vivifier
" , , Incrustation. . , .
Il est possible aussi que dans quelques endroits les animaux ù coquillages laissent en mourant leurs dépouilles pierreuses, et que, liées par des vases plus ou moiqs concrètes , ou par d’autres ciments , elles forment des dépôts étendus ou des espèces de bancs coquilliers; mais nous n’avons aucune preuve que la mer poisse aujourd’hui incruster ces coquilles d’une pâte aussi compacte que les marbres, que les grès, ni même que le calcaire grossier dont nous voyons les coquilles de nos couches enveloppées. Encore moins trouvons-nous qu’elle précipite nulle part de ces couches plus solides , plus siliceuses qui ont précédé la formation des bancs coquilliers.
Enfin toutes ces causes réunies ne changeraient pas d’une quantité appréciable le niveau de la mer, ne relèveraient pas une seule couche au-dessus de ce niveau , et surtout ne produiraient pas le moindre monticule à la surface de la terre.
On a bien soutenu que la mer éprouèe une diminution générale, et que l’on en a fait l’observation dans quelques lieux des bords de la Baltique En d’autres endroits,
' Voyez les Observations faites dans la mer du Sud, par R. Forster. Quelques-uns pensent qne ces Iles de corail ont toujours un noyau d’une autre nature, qui forme ta plus grande niasse de leur base. (Voyez note 2 de Y Appendice. )
2 Clest une opinion commune en Suède , que la iper s’abaisse , et
DE La surface Dû globe.
comme l’Écosseet divers points de la Méditerranée, on eroit avoir aperçu, au contraire, que la mer s’élève , et qu’elle . y couvre aujourd’hui des plages autrefois supérieures à son niveau Mais quelles que soient les causes de ces apparences, il est certain qu’elles n’ont rien de général ; que dans le plus grand nombre des ports, où l’on a tant d’intérêt à observer la hauteur de la mer, et où des ouvrages fixés et anciens donnent tant de moyens d’en mesurer les variations , son niveau moyen est constant ; il n’y a point d’abaissement universel , il n’y a point d’empiétement général. . , .
, . . Volcans. , . '
L’action des volcans est plus bornée, plus locale encore que toutes celles dont nous venons de parler. Quoique nous
qu’on passe à gué ou à pied sec dans beaucoup d’endroits où cela n’était pas possible autrefois. Des hommes très-savants ont partagé cette opinion du peuple ; et M. de Bucb l’adopte tellement , qu’il va jusqu’à supposer que le sol de toute la Suède s’élève petit à petit. Mais il est singulier que Ton n’ait pas fait on du moins publié des observations suivies et précises propres à constater un fait mis en avant depuis si longtemps, et qui ne laisserait lieu à aucun doute si , comme le dit Linnæus, cette différence de niveau allait à quatre et cinq pieds par an. - ’
1 M. Robert Stevenson, dans scs Observations sur le lit de la mer du .Xnrd et de la Manche , soutient que le niveau de ces mers s’est élevé continuellement et très- sensiblement depuis trois siècles. Fortis dit la même chose de quelques lieux de la mer Adriatique ; mais l’exemple du temple de Sérapis , près de Pouzzoles , prouve qtie les bords de cette mer sont en plusieurs endroits de nature à pouvoir s’élever et s’abaisser localement. On a en revanche des milliers de quais , de chemins , et d’autres constructions faites le long de la mer par les Romains, depuis Alexandrie jusqu’en Belgique, et dont le niveau relatif n’a pas varié/