‹ Discours sur les revolutions du globe, avec des notes et un appendice, d'apres les travaux recents de Mm. Humboldt, Flourens, Lyell, Lyndley, etc. redigee par le dr. Hoefer CuvierChapitre 11 sur 50 · C DISCOURS. SUR LES REVOLUTIONS · texte numérisé non relu

C DISCOURS. SUR LES REVOLUTIONS

h 'ayons aucune idée nette des moyens par lesquels la nature entretient à de si grandes profondeurs ces violcuts foyers, nous jugeons clairement par leurs effets des changements -qu’ils peuvent avoir produits à la surface du globe. Lorsqu’un volcan se déclare, après quelques secousses, quel- 1 ques tremblements de terre, il se fait une ouverture. Dps pierres , des cendres sont lancées au loin , des laves sont vomies : leur partie la plus fluide s'écoule en longues traînées; celle qui l’est moins s’arrête aux bords de l'ouverture, en élève le contour,- y forme un cône terminé par , un cratère. Ainsi les volcans accumulent sur la surface, après les avoir modifiées , des matières auparavant ensevelies dans la profondeur; ils forment des montagnes; ils en ont couvert autrefois quelques parties de nos continents ; ils ont fait naître subitement des îles au milieu des mers ; mais c’était toujours de laves que ces montagnes , ces îles étaient composées ; tous leurs matériaux avaient subi l’action du feu : ils sont disposés comme doivent l’être des matières qui ont coulé d’un point élevé. Les volcans n’élèvent donc ni ne culbutent les couches que traverse leur soupirail ; et si quelques causes agissant de ces profondeurs ont contribué dans certains cas à soulever de grandes montagnes , ce ne sont pas des ageuts volcaniques tels qu’il en existe de nos jours.

Ainsi , nous le répétons, c’est en vain que l’on cherche dans les forces qui agissent maintenant à la surface de la terre des causes suffisantes pour produire les révolutions et les catastrophes dont son enveloppe nous montre les traces; et si l’on veut recourir aux forces extérieures constantes connues jusqu’à présent, l’on n’y trouve pas plus de ressources. -

. Causa astronomiques constantes.

Le pôle de la terre se meut dans on cercle autour du pôle de I écliptique ; son axe s’incline plus ou moins sur le plan de cette même écliptique ; mais ces deux mouvements, dont les causes sont aujourd’hui appréciées, s’exécutent dans des directions et des limites connues , et qui n’ont nulle proportion avec des effets tels que ceux dont noos venons de constater la grandeur. Dans tous les cas , leur lenteur excessive empêcherait qu’ils ne pussent expliquer des catastrophes que nous venons de prouver avoir été subites. -

Ce dernier raisonnement s’applique à toutes les actions Içntes que l’on a imaginées , sans doute dans l’espoir qu’on ne pourrait en nier l’existence, parce qu’il serait toujours facile de soutenir que leur lenteur même les rend imperceptibles. Vraies ou non, peu importe; elles n’expliquent rien , puisque aucune cause lente ne peut avoir produit des effets subits. Y eût-il donc une diminution graduelle des eaux, la mer transportât-elle dans tous les sens des matières solides , la température du globe diminuât ou augmentât- elle , ce n’est rien de tout cela qui a renversé nos couches, qui a revêtu de glace de grands quadrupèdes avec leur chair et leur peau , qui a mis à sec des coquillages aujourd’hui encore aussi bien conservés que si on les eût pêchés vivants t qui a détruit enfin des espèces et des genres entiers.

Ces arguments ont frappé le plus grand nombre des naturalistes , et parmi ceux qui ont cherché à expliquer l’état actuel du globe il n’eu est presque aucun qui J’ait attribué en entier à des causes lentes., encore moins à des causes agissant sous nos yeux. Cette nécessité où iis se

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