‹ Discours sur les revolutions du globe, avec des notes et un appendice, d'apres les travaux recents de Mm. Humboldt, Flourens, Lyell, Lyndley, etc. redigee par le dr. Hoefer CuvierChapitre 21 sur 50 · DISCOURS SUR L'ES RÉVOLUTIONS · texte numérisé non relu

DISCOURS SUR L'ES RÉVOLUTIONS

D’ailleurs , les espèces herbivores à l’état sauvage paraissent plus restreintes que les carnassières dans leur dispersion , parce que le changement des espèces végétales se joint à la température pour les arrêter. V

La nature a soin aussi d’empêcher l’altération des espèces, qui pourrait résulter de leur mélange , par l’aversion mutuelle qu’elle leur a donnée. Il faut toutes les ruses, toute la puissance de l’homme pour faire contracter ces unions , même à celles qui se ressemblent le plus ; 'et quand les produits sont féconds, ce qui est très-rare , leur fécondité ne va point au delà de quelques générations , et n’aurait probablement pas lieu sans la continuation des soins qui l’ont excitée. Aussi ne voyons-nous pas dans nos bois d’individus intermédiaires entre le lièvre et le lapin, entre le cerf et le daim, entre la marte et la fouine.

Mais l’empire de l’homme altère cet ordre; il développe toutes les variations dont le type de chaque espèce est susceptible, et en tire des produits que ces espèces, livrées à elles-mêmes, n’auraient jamais donnés.

Ici le degré des variations est encore proportionné à l'intensité de leur cause , qui est l’esclavage.

- Il n’est pas très-élevé dans les espèces demi-domestiques, comme le chat. Des poils plus doux , des couleurs plus vives , une taille plus ou moins forte , voilà tout ce qu’il éprouve ; mais le squelette d’un chat d’ Angora ne diffère en rien de constant de celui d’un chat sauvage.

Dans les herbivores domestiques, que nous transportons eu toutes sortes de climats, que nous assujettissons à toutes sortes de régimes, auxquels nous mesurons diversement le travail et la nourriture , nous obtenons des variations plus grandes , mais encore toutes superficielles : plus ou moins de taille, des cornes plus qu moins longues , qui

manquent quelquefois entièrement, une loupe de graisse plus ou moins forte sur les épaules, forment les différences des bœufs ; et ces différences se conservent longtemps,, même dans les races transportées hors du pays où elles se sont formées, quand on a soin d’en empêcher le croisement. •

De cette nature sont aussi les innombrables variétés des moutons, qui portent principalement sur la laine, parce que c’est l’objet auquel l’homme a donné le plus d’attention. Elles sont un peu moindres, quoique encore trèssensibles, dans les chevaux.

En général , les formes des os varient peu ; leurs connexions , leurs articulations , la forme des grandes dents molaires , ne varient jamais.

Le peu de développement des défenses dans le cochon domestique , la soudure de ses ongles dans quelques-unes de ses races , sont l’extrême des différences que nous avons produites dans les herbivores domestiques.

Les effets les plus marqués de l’influence de l’homme se montrent sur l’animal dont il a fait le plus complètement la conquête, sur le chien, cette espèce tellement • dévouée à la nôtre , que les individus mêmes semblent nous avoir sacrifié leur moi , leur intérêt, leur sentiment propre. Transportés par les hommes dans tout l’univers, soumis à toutes les causes capables d’influer sur leur dér veloppement, assortis dans leurs unions au gré de leurs maîtres, les chiens varient pour la couleur, pour l’abondance du poil , qu’ils perdent même quelquefois entièrement, pour sa nature; pour la taille, qui peut différer * comme un à cinq dans les dimensions linéaires, ce qui fait plus du centuple de la masse ; pour la forme des oreilles, du nez, de la queue; pour la hauteur relative des

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