DURÉE
(*) Ératosthéne ne fait
qu'une constellation du
Scorpion et des Serre».
Bélier
1747 ans.
11 Indique le commcn-
Taureau
cernent de» Serre» sans
Gémeaux
en marquef ta fin ; et
Cancer
couunc 11 donne mille
Lion
huit cent vingt trois ans
Vierge
auScorplon proprement
Serres
dit, U resterait mille
Scorpion
quatre-vingt-neuf ans
Sagittaire
pour les Serres, en snp-
Capricorne
posant qn’ll n'v eut au-
Verseau. .
cun espace vide entre
Poissons.
les deux constellations.
Quant auxChaldéens, aux Égyptiens, aux Chinois et aux Indiens, ' il n’y faut pas songer. On n’en peut absolument rien tirer. Ma protession de foi à cet égard est dans le discours préliminaire de mon Histoire de l' Astronomie du moyen âge, pages xvij et xviij.
Voyez aussi la note ajoutée au Rapport sur les Mémoires de M. de Paravey, tome VIH des Nouvelles Annales des Voyages, et reproduile par M. de Paravey dans son aperçu de scs Mémoires sur l'origine de la Sphère , pages 24 et de 31 à 36.
Voyez encore V Analyse des travaux mathématiques de l'Académie en 1820, pages 78 et 79. Delammib.
nous l'avons dit, qae le Lion est divisé dans le grand zodiaque d'Esné, ne font remonter ce zodiaque qu’à deux mille six cent dix ans avant Jésus-Christ
M. Hamilton, qui a le premier fait remarquer cette division du signe du Lion dans le zodiaque d’Esné, réduit l’éloigneraent de la période où s’y trouvait le solstice à mille quatre cents ans avant Jésus-Christ.
Il parut encore un grand nombre d’autres systèmes sur le même sujet. M. Rhode, par exemple, en proposait deux : le premier faisait remonter le zodiaque du portique de Dendera à cinq cent quatre-vingt-onze ans avant Jésus- Christ ; d’après le second, il s’élèverait à douze cent quatre-vingt-dix \ M. Latreille fixait l'époque du zodiaque à six cent soixante-dix ans avant Jésus-Christ ; celle du planisphère à cinq cent cinquante; celle du zodiaque du grand temple d’Esné à deux mille cinq cent cinquante; celte du petit à mille sept cent soixante.
Mais il y avait une difficulté inhérente à toutes les dates qui partaient de la double supposition que la division marque le solstice, et que la position du solstice marque l’époque du monumeut ; c’est la conséquence inévitable que le zodiaque d’Esné aurait dû être au moins de deux mille . et peut-être de trois mille ans 3 plus ancien que celui de Dendera , conséquence qui évidemment battait en ruine , ’
•Voyez le Grand Ouvrage sur l'Égypte, Antiquités , Mémoires , t: I, pag. 480.
* Rhode, Essai sur l'âge du zodiaque et l’origine des constellations, en allemand; Breslau , 1809, in-4°, p. 78.
3 D’après les tables de la note ci-dessus, le solstice est resté trois mille quatre cent soixante-quatorze ou au moins trois mille trois cent sept ans dans la constellation de la Vierge, celle de toutes qui occupe «n ptus grand espace dans le zodiaque , et deux mille six cent dix-sept ' dans celle du Lion. *"
IGG DISCOURS Sun LES RÉVOLUTIONS
la supposition ; car aucun homme un peu instruit de l’histoire des arts ne pourra croire que deux édifices aussi ressemblants par l’architecture aient été autant séparés par le temps. ’ .
Le sentiment de cette impossibilité, uni toujours à la croyance que cette division des zodiaques indique une date, fit recourir à une antre conjecture, à celle que les constructeurs auraient voulu marquer celle des années sacrées des Égyptiens où le monument a été élevé. Ces années ne durant que trois cent soixante-cinq jours, si le soleil au commencement de l’une occupait le commencement d’une constellation , il s'en fallait de près de six heures qu’il n’y fût revenu au commencement de l’année suivante, et après cent vingt et un ans il ne devait se trouver qu’au commencement du signe précédent 11 semble assez naturel que les constructeurs d’un temple aient voulu indiquer à peu près dans quelle période de la grande année, de l’année sothiaque, il avait été élevé, et l’indication du signe par lequel commençait alors l’année sacrée en était un assez bon moyen. On comprendrait ainsi qu’il se serait écoulé de cent vingt à cent cinquante ans entre le temple d’Esné et celui de Dendera.
Mais , dans cette manière de voir, il restait à déterminer dans laquelle des grandes années ces constructions auraient eu lieu : ou celle qui a fini en 138 après, ou celle qui a fini en 1322 avant Jésus-Christ, ou quelque autre.
Feu Visconti, premier auteur de cette hypothèse, prenant l’année sacrée dont le commencement répondait au signe du Lion, et jugeant, d’après la ressemblance des signes , qu’ils avaient été représentés à une époque où les opinions des Grecs n’étaient pas , étrangères à l’Égypte, ne pouvait choisir que la fin de la dernière grande année ,
ou l'espace écoulé eutre l'an 12 et l’an 138 après Jésus- Christ 1 , ce qui lui sembla s'accorder avec l’inscription grecque, qu’il ne connaissait pas bien encore, mais où il avait oui dire qu’il était question d’un César.
M. Testa, cherchant la date du monument dans uu autre ordre d’idées , alla jusqu’à supposer que si la Vierge se montre à Esné en tête du zodiaque , c’est que l’on a voulu y représenter l’ère d’Actium, telle qu’elle avait été établie pour l’Égypte par un décret du sénat, cité par Dion Cassius, et qui commençait au mois de septembre, le jour où avait eu lieu la prise d’Alexandrie par Auguste*.
M. de Paravey considéra ces zodiaques sous un point de vue nouveau , qui pourrait embrasser à la fois et la révolution des équinoxes et eelle de la grande année. Supposant que le planisphère circulaire de Dendera a dû être orienté , et que l’axe du nord au sud est la ligne des solstices, il vit le solstice d’été au deuxième Gémeau, celui d’hiver à la croupe du Sagittaire; la ligne des équinoxes aurait passé par les Poissons et la Vierge,, ce qui lui donnait pour date le premier siècle de notre ère.
D’après cette manière de voir, la division du zodiaque du portique ne pouvait plus se rapporter aux colures, et il fallait chercher ailleurs la marque du solstice. M. de Paravey ayant remarqué qu’il y a entre tous les signes des ligures de femmes qui portent une étoile sur la tète et qui marchent dans le même sens, et observant que celle qui vient après les Gémeaux est seule tournée en sens contraire des autres, jugea qu’elle indique la conversion du soleil
* Traduction d’Hérodote par Larcher, tojn. 11, pag. i>70.
* Voyez la dissertation de l’abbé Dominique Testa : Sopra due zo~ diùci novçllamente scoperle ncü' F.gitto; Rome, 1802, pag. 34. -
ou le tropique, et que ce zodiaque s’accorde ainsi avec le planisphère. ■ -
En appliquant l’idée de l’oricntement au petit zodiaque d’Esné , ori y trouverait les solstices entre les Gémeaux et le Taureau , et entre le Scorpion et le Sagittaire; ils y seraient même marqués par le changement de direction du Taurtau et par des béliers ailés placés en travers à ces deux endroits. Dans le grand zodiaque de la même ville les marques en seraient la position en travers du Taureau et le renversement du Sagittaire; il n’y aurait plus alors qu’une portion de constellation d’écoulée entre les dates d’Esné et celles de Dendera, espace toutefois encore bien long pour des édifices si ressemblants.
Une opération de feu M. Delambre sur le planisphère circulaire parut confirmer ces conjectures favorables à sa nouveauté; car en plaçant les étoiles sur la projection d’Hipparque, d’après la théorie de cet astronome et d’après les positions qu’il leur avait données dans son catalogue, augmentant toutes les longitudes pour que ie solstice passât par le second des Gémeaux, il reproduisit presque ce planisphère; et « cette ressemblance, dit-il, aurait été « encore plus grande s’il eût adopté les longitudes telles « qu’elles sont dans le catalogue de Ptolomée pour l’an « 123 de notre ère. Au contraire , en remontant de vingt- « cinq ou vingt-six siècles, les ascensions droites et les dé- « clinaisons seront changées considérablement, et in pro- « jection aura pris une figure toute différente \
« Tous nos calculs, ajoutait ce grand astronome, nous
* Delambre. Note à la suite du rapport sur le Mémoire de M. de Paravey. Ce rapport est imprimé dans les Nouvelles Annales des Voyages, lom. VIII. ' . „ , .
« ramènent à ectte conclusion, que les sculptures sont « postérieures à l'époque d’Alexandre. » . « -
A la vérité, le planisphère circulaire ayant été apporté a Paris par les soins de MM. Saunier et Lelorrain , M. Biot, dans un ouvrage 1 fondé sur des mesures précises et des calculs pleins de sagacité, a établi qu’il représente, d’après une projection géométrique exacte, l’état du ciel tel qu’il avait lieu sept cents ans avant Jésus-Christ; mais il s’est bien gardé d'en conclure qu’il ait été sculpté dans ce temps- là.
En effet, tous ces efforts d’esprit et de science, en tant qu’ils concernent l’époque des monuments, sont devenus superflus depuis que, finissant par où naturellement l’on aurait commencé si la prévention n'avait pas aveuglé les premiers observateurs, on s’est donné la peine de copier et de restituer les inscriptions grecques gravées sur ces monuments, et surtout depuis que M. Champollion est parvenu à déchiffrer celles qui sont exprimées en hiéroglyphes. . : .
11 est certain maintenant, et les inscriptions grecques s’accordent pour le prouver avec les inscriptions hiéroglyphiques, il est certain , disons-nous., que les temples dans lesquels on a sculpté des zodiaques ont été construits sous la domination des Romains. Le portique du temple de Dendera, d’après l’inscription grecque de son frontis- ' pice , est consacré au salut de Tibère 1 . Sur le planisphère du même temple on lit le titre d’ aulocrator en caractères
* Voyez l’ouvrage de M. Biot intitulé Recherches sur pltuie.ur» points de gastronomie égyptienne, appliquées aux monuments astronomiques trouvés en Égypte ; l’aria, 1823, in-8".
1 Letronne, Recherches pour servir à l’histoire del' Égypte pendant la domination des Grecs et des Romains, pag. 180.
hiéroglyphiques 1 , et il est probable qu'il se rappporteà Néron. Le petit templed’Esné,celui dont on plaçait l’origine au plus tard entre deux mille sept cents ou trois mille ans avant Jésus-Christ, a une colonne sculptée et peiute la dixième année d’Antonin , cent quarante-sept ans après Jésus-Christ, et elle est peinte et sculptée dans le même style que le rodiaque qui est auprès ».
Il y a plus; on a la preuve que cette division du zodiaque dans tel ou tel signe n’a aucun rapport à la précession des équinoxes, ni au déplacement du solstice. Un cercueil de momie, rapporté nouvellement de Thèbes par M. Caillaud, et contenant, d’après l’inscription grecque, très-lisible, le corps d’un jeune homme mort la dix-neuvième année de Trajan, cent seize ans après Jésus-Christ 3 , offre un zodiaque divisé au même point que ceux dp Dendera 4 ; et toutes les apparences sont que cette division marque quelque thème astrologique relatif à cet individu , conclusion qui doit probablement s’appliquer aussi à la division des zodiaques des temples; elle marque ou le thème astrologique du moment de leur érection, ou celui du prince pour le salut duquel ils avaient été votés , ou tel autre instant semblable relativement auquel la position du soleil aura paru importante à noter.
Ainsi se sont évanouies pour toujours les conclusions que
• Letrowne, Recherches pour servir à fhistoire de F Égypte pendant la domination des Grecs et des Remains, pag. xxxvlij.
1 /déni, pages 456 et 457. ’
3 Lctronne, Observations critiques et archéologiques sur Vobjet des représentations zodiacales qui nous t'estent de l'antiquité, à l'occasion d'un zodiaque égyptien peint dans une caisse de momie qui porte une inscription grecque du temps de Trajan ; Paris, 1 Sî 4 , in-8* , pag. 30.
DE LA SURFACE DU GLOBE. ■' t7l
l’on avait voulu tirer de quelques monuments mal expliqués , contre la nouveauté des continents et des nations , et nous aurions pu nous dispenser d’en traiter avec tant de détails si elles n’étaient pas si récentes et n’avaient pas * fai tassez d’impression pour conserver encore leur influence sur les opinions de quelques personnes.
Le zodiaque est hin de porter en Itü-mémeune date certaine et excessivement reculée.
Mais il y a des écrivains qui ont prétendu que le zodiaque porte en lui- même la date de son invention , par la raison que les noms et les figures donnés à ses constellations sont un indice de la position des colures quand on l’inventa; et -cette date, selon plusieurs , est tellement évidente et tellement reculée, qu’il est assez indifférent que les représentations que l’on possède de ce cercle soient plus ou moins anciennes.
Ils ne font pas attention que ce genre d’arguments se complique de trois suppositions également incertaines : le pays où l’on admet que le zodiaque a été inventé, le sens que l’on croit avoir été donné aux constellations qui l’occupent , et la position dans laquelle étaient les colures par rapport à chaque constellation , quand ce sens lui a été attribué. Selon qu’on a imaginé d’autres allégories, ou que l’on admet que ces allégories se rapportaient à la constellation dont le soleil occupait les premiers degrés, ou à celle dont U occupait le milieu, ou à celle où il commençait d'entrer, c’est-à-dire dont il occupait les derniers degrés, ou bien enfin à celle qui lui était opposée et qui se levait ic soir ; ou selon que l’on place l’invention de ces allégories dans un autre climat , il faut aussi changer la date du
172 MSCOUHS SUH LES B ÉVOLUTIONS
zodiaque. Les variations possibles à cet égard peuvent embrasser jusqu’à la moitié de la révolution des fixes, c’est-à-dire treize mille ans et même davantage.
Ainsi Pluche, généralisant quelques indications des anciens, a pensé que le Bélier annonce le soleil commençant à monter, et l'équinoxe du printemps ; que le Cancer annonce sa rétrogradation au solstice d’été ; que la Balance, signe d’égalité, marque l’équinoxe d'automne 1 ; et que le Capricorne, animal grimpeur, indique le solstice d’hiver après lequel le soleil nous revient. De cette manière, en plaçaut les inventeurs du zodiaque dans un climat tempéré, on aurait des pluies sous le Verseau, des naissances d’agneaux et de chevreaux sous les Gémeaux, des chaleurs violentes sous le Lion, les récoltes sous la Vierge, lâchasse sous le Sagittaire, etc., et les emblèmes seraient assez convenables. En plaçant alors les colures au commencement des constellations , ou du moins l’équinoxe aux premières étoiles du Bélier, on n’arriverait en première instance qu’à trois cent quatre-vingt-neuf ans avant Jésus- Christ, époque évidemment trop moderne, et qui obligerait de remonter encore d’une période équinoxiale tout entière ou de vingt-six mille ans. Mais si l’on suppose que l’équinoxe passait par le milieu de la constellation, on arrivera à mille ou mille deux cents ans plus haut , à peu près à seize ou dix-sept cents ans avant Jésus-Christ ; et c’est là l’époque que plusieurs hommes célèbres ont cru véritablement être celle de l’invention du zodiaque , dont , sur d’autres motifs assez légers , ils ont fait honneur à Chiron.
1 Varro.de Ling.lat., lib. vi : Signa, quod aliquid significcnt, ut libra œqMtnoctiufn ; Macrob. , Sa!., lib. i , cap. 21 : Capricornus ah infcrnis partibus ad superas solem reducens capron naturam videtur imitari. < •
Mais Dupuis, qui avait besoin, pour l’origine qu’il prétendait attribuer à tous les cultes, que l’astronomie et nommément les figures du zodiaque eussent en quelque sorte précédé toutes les autres institutions humaines, a cherché un autre climat pour trouver d’autres explications ■ ' -
aux emblèmes et pour en déduire une autre époque. Si, prenant toujours la Balance pour un signe équinoxial , mais la supposant à l’équinoxe du printemps, on veut que le zodiaque ait été inventé en Égypte , on trouvera en effet encore des explications assez plausibles pour le climat de ce pays *. Le Capricorne, animal à queue de poisson marquera le commencement de l’élévation du Nil au solstice d’été; le Verseau et les Poissons, les progrès et ladiminution de l’inondation ; le Taureau, le labourage; la Vierge, (a récolte ; et ils les marqueront eux époques où en effet ces opérations ont lieu. Dans cette hypothèse le zodiaque aura quinze mille ans 1 pour un soleil supposé au premier degré de chaque signe, plus de seize mille pour le milieu, et quatre mille seulement, en supposant que l’emblème a été donné au signe à l’opposition duquel était le soleil 3 . C’est à quinze mille ans que s’est attaché Dupuis , et c’est sur cette date qu’il a fondé tout lesystème - ; . de son fameux ouvrage.
Il ne manque cependant pas de gens qui , tout en admettant que le zodiaque a été inventé en Égypte , ont imaginé des allégories applicables à des temps postérieurs.
Ainsi, selon M. Hamilton, la Vierge représenterait la terre d’Égypte lorsqu’elle n’est pas encore fécondée par l’inôn-
1 Voyez le mémoire -snr l’or jgine des constellations dans l 'Origine des ctrfiesde Dupuis, tom. III, pages 324 et suivantes.
3 Origitie des cultes de Dupuis, tom lll, pag. CT. .? -
3 Dupuis suggéré lui-même cette seconde hypothèse, ibiiL, p.-34
iu •
dation; le Lion, la saison où cette terre est le plus livrée aux bêtes féroces, etc. • , , -•
' Cette haute antiquité de quinze raille ans entraînerait d’ailleurs cette conséquence absurde , que les Égyptiens, ces hommes qui représentaient tout par des emblèmes, et qui devaient attacher un grand prix à ce que ces emblèmes fussent conformes aux idées qu’ils devaient peindre, auraient conservé les signes du zodiaque des milliers d’an» nées après qu’ils ne répondaient plus en aucune manière . à leur sens primitif. - . -
Feu Remi Raige chercha à soutenir l’opinion de Dupuis par un argument tout nouveau *. Ayant remarqué que l’on peut trouver aux noms égyptiens des mois , en les expliquant par les langues orientales, des sens plus ou moins analogues aux figures des signes du zodiaque; trouvant dans Ptolomée qu 'epifi, qui signifie capricorne, commence au 20 de juin , et vient par conséquent immédiatement après le solstice d’été , il en conclut qu’à l’origine le Capricorne lui-même était au solstice d’été, et ainsi des autres signes, comme l’avait prétendu Dupuis.
Mais indépendamment de tout ce qu’il y a de hasardé dans ces étymologies, Raige ne s’aperçut point que c’est par un pur hasard que cinq ans après la bataille d’Actium, , en l’année 25 avant Jésus-Christ, à l’établissement de l’année fixe d’Alexandrie , le premier jour de thoth se trouva correspondre au 29 d’août julien, et y correspondit depuis lors. C’est seulement de cette époque que les
* Ægyptiaca, pag. 2 15.
Voyez, dans le Grand ouvrage sur l’Égypte, Mémoires , ton» 1, le mémoire de M. Remi Raige sur le zodiaque nominal et primitif des anciens Égyptiens. Voyez aussi la Table des mois grecs, romains et alexandrins dans le Ptolomée de M. lialma, tome 111,
mois égyptiens commencèrent à des jours fixes de l’année julienne, mais à Alexandrie seulement; et même Ptolo-' raée n’en continua pas moins d’employer dans son Almageste l’ancienne année égyptienne avec ses mois vagues
Pourquoi n’aurait-ou pas à une époque quelconque donné aux mois les noms des signes on aux signes les noms des mois, tout aussi arbitrairement que les Indiens ont donné à leurs mois douze noms choisis parmi ceux de leurs viDgt-sept maisons lunaires, d’après des motifs qu’il est impossible de deviner aujourd’hui *?
L’absurdité qu’il y aurait eu à conserver pendant quinze mille ans aux constellations des figures et des noms symboliques qui n’auraient plus offert aucun rapport avec leur position , aurait été bien plus sensible si elle fût allée jusqu’à conserver aux mois ces mêmes noms qui étaient sans cesse dans la bouche du peuple , et dont l'inconvenance se serait fait apercevoir à chaque instant.
Et que deviendraient en outre tous ces systèmes si les figures et les nomsdes constellations zodiacales leur avaient été donnés sans aucun rapport avec la course du sùleii, comme leur inégalité , l’extension de plusieurs d’entre elles en dehors du zodiaque, leurs connexions manifestes avec les constellations voisines semblent le démontrer 1 * 3 ?
1 Voyez les Recherches historiques sur les observations astronomiques des anciens, par M. Ideler, dont M. Halma a inséré la traduction dans le troisième tome de son Ptolémée ; et surtout U mémoire de Fréret sur l’opinion de Lanauze, relative à l’établissement de l’annce d’Alexandrie , dans les Mémoires de l’Académie des Belles lettres, tom XVI, pag.*308.
1 Voyez le Mémoire de sir Will. Jones sur l’antiquité du zodiaque indien, Mçm. de Calcutta, tom.lL .
3 Voyez le Zodiaque expliqué, ou Recherches sur l'origine et la
Qu’arriverait-il encore si , comme le dit expressément Macrobe chaque signe avait dû être un emblème dusoleil, considéré dans quelqu’un de ses effets ou de ses phénomènes généraux, et sans égard aux mois où il passe, soit dans. le signe, soit à son opposite?
Enfin que serait-ce si les noms avaient été donnés d’une manière abstraite aux divisions de l’espace ou du temps, comme les astronomes les donnent maintenant à ce qu’ils appellent les signes, et n’avaient été appliqués aux constellations ou groupes d’étoiles qu’à une époque déterminée parlehasard, en sorte qu’on ne pourrait plus rien conclure de leur signification *?
En voilà sans doute autant qu’il en faut pour dégoûter un esprit bien fait de chercher dans l’astronomie des preuves de l’antiquité des peuples ; mais quand ces prétendues preuves seraient aussi certaines qu’elles sont vagues et dénuées de résultat, qu’en pourrait-on conclure contre la grande catastrophe dont il nous reste des documents bien autrement démonstratifs! Il faudrait seule- - 1 ’ - * * 1 . >
ment admettre , avec quelques modernes , que l'astronomie était au nombre des connaissances conservées par les hommes que cette catastrophe épargna.
signification des constellations de la sphère grecque , traduit du suédois de M. Swartz ; Paris, 1 809.
1 Haturnal., lib. i, cap. 21 , sub fin. : Nec solus Léo, sedsigna quoque universa zodiaci ad naturam solisjure re/erunlur, etc. Ce n’est que dans l’explication du Lion et du Capricorne qu’il a recours à quelque phénomène relatif aux saisons : le Cancer môme est expliqué sous un point de vue général , et relatif à l’obliquité de ta marche du soleil.
1 Voyez le Mémoire de M. de Guignes sur les zodiaques des Orientaux. ( Académie des Belles Lettres, tom. XLVII.)
DK LA SURFACE DU GLOBR. ' 177
Exagérations relatives à certains travaux de mines. •
L’on a aussi beaucoup exagéré l’antiquité de certains travaux de mines. Un auteur tout récent a prétendu que les mines de l’IIe d’Elbe, à en juger par leurs déblais , ont •* ' dû être exploitées depuis quarante mille ans; mais un autre auteur, qui a aussi examiné ces déblais avec soin , réduit cet intervalle à un peu plus de cinq mille 1 ; et encore en supposant que les anciens n’exploitaient chaque année que le quart de ce que l’on exploite maintenant.
Mais quel motif a-t-on de croire que les Romains, par exemple , tirassent si peu de parti de ces mines , eux qui consommaient tant de fer dans leurs armées? De plus, si ees mines avaient été en exploitation il y a seulement quatre mille ans , comment le fer aurait-il été si peu counu dans la haute antiquité?
Conclusion générale relative à l’époque de la dernière révolution. ", •*
Je pense donc, avec MM. Deluc et Dolomieu, que s’il y a quelque chose de constaté en géologie, c’est que la surface de notre globe a été victime d’une grande et subite révolution , dont la date ne peut remonter beaucoup au delà de cinq ou six mille ans; que cette révolution a en* foncé et fait disparaître les pays qu’habitaient auparavant les hommes et les espèces des animaux aujourd’hui les plus connus; qu’elle a, au contraire, mis à sec le fond de la dernière mer, et en a formé les pays aujourd’hui habités; que c’est depuis cette révolution que le petit nombre
1 Voyez M. de Forlia d’Urban, Histoire de la Chine avant le déluge (TOgijgh, p. 33. ‘ \ -*• . ?
Ï78 ‘ Discoims sim iss kevolutions
des individus épargnés par elle se sont répandus et propagés sur les terrains nouvellement mis à sec , et par conséquent que c’est depuis cette époque seulement que nos sociétés ont repris une marche progressive, qu’elles ont formé des établissements, élevé des monuments, recueilli des faits naturels et combiné des systèmes scientifiques.
Mais ces pays aujourd’hui habités , et que la dernière révolution a mis à sec, avaient déjà été habités auparavant, sinon par des hommes, du moins par des animaux terrestres ; par conséquent une révolution précédente , au moins, les avait mis sous les eaux} et si l’on peut en juger par les différents ordres d’animaux dont on y trouve des dépouilles, ils avaient peut-être subi jusqu’à deux où trois irruptions de la mer.
Idées des recherches à faire ultérieurement en géologie.
Ce sont ees alternatives qui me paraissent maintenant )e problème géologique le plus important à résoudre, ou plutôt à bien définir, à bien circonscrire;-, car pour le résoudre en entier il faudrait découvrir la cause de ces événements, entreprise d’une tout autre difficulté.
Je le répète , nous voyons assez clairement ce qui se passe à la surface des eontinents dans leur état actuel; nous avons assez bien saisi la marche uniforme et la succession régulière des terrains primitifs ; mais l’étude des terrains secondaires est à peine ébauchée ; eette série merveilleuse de zoophytes et de mollusques marins inconnus , suivis de reptiles et de poissons d’eau douce également inconnus, remplacés à leur tour par d’autres zoophytes et mollusques plus voisins de ceux d’aujourd’hui ; ces animaux terrestres, et ces mollusques, et autres animaux
DK LA- SUBFACK DU GLOBE. 179
d’eau douce toujours inconnus qui viennent ensuite occuper les lieux , pour en être encore chassés , mais par des mollusques et d’autres animaux semblables à ceux de nos mers; les rapports de ces êtres variés avec les plantes dont les débris accompagnent les leurs , les relations de ces deux règnes avec les couches minérales qui les recèlent, le plus ou moins d’uniformité des uns et des autres dans les différents bassins : voilà un ordre de phénomènes qui me parait appeler maintenant impérieusement l’attention des philosophes. ' . . •••••.
Intéressante par la variété des produits des révolutions partielles ou générales de cette époque, et par l’abondance des espèces diverses qui figurent alternativement sur la scène, cette étude n’a point l’aridité de celle des terrains primordiaux, et ne jette point, comme elle, presque nécessairement dans les hypothèses. Les faits sont si pressés, si curieux , si évidents, qu’ils suffisent, pour ainsi dire, à l’imagination ia plus ardente ; et les conclusions qu’ils amènent de temps en temps, quelque réserve qu’y mette l’observateur, n’ayant rien de vague, n’ont aussi rien d'arbitraire ; enfiu c’est dans ees événements plus rapprochés de nous que nous pouvons espérer de trouver quelques traces des événements plus anciens et de leurs causes , si toutefois il est encore permis, après de si nombreuses tentatives, de se flatter d’un tel espoir.
Ces idées m’ont poursuivi, je dirais presque tourmenté, pendant que j’ai fait les recherches sur les os fossiles, dont j'ai donné depuis peu au public la collection , recherches qui n’embrassent qu’une si petite partie de ces phénomènes de l’avant-dernier ége de la terre, et qui cependant se Tient à tous les autres d’une manière intime. U était presque impossible qu’il n’en naquit pas le désir