‹ Discours sur les revolutions du globe, avec des notes et un appendice, d'apres les travaux recents de Mm. Humboldt, Flourens, Lyell, Lyndley, etc. redigee par le dr. Hoefer CuvierChapitre 4 sur 50 · UE CEOBGF.S CUVIER. XXXVII · texte numérisé non relu

UE CEOBGF.S CUVIER. XXXVII

r « coup de livres d’histoire et de littérature ; et c'est ainsi qu'elle développa , qu’elle nourrit dans son jeune élève cette passion pour la lecture et cette curiosité de toutes choses qui, comme M. Cuvier le dit lui-méme dans les mémoires qui me sont confiés , ont fait le ressort principal de sa vie.

On remarqua de bonne heure dans cet enfant cette prodigieuse aptitude à tous les travaux de l’esprit, qui a fait plus tard un des traits distinctifs de son génie. Tout réveillait , tout excitait son activité.

Un exemplaire de Buffon qu’il trouve , par hasard , dans b bibliothèque d’un de ses parents , allume tout à coup son goût pour l’histoire naturelle. 11 s’applique aussitôt à en copier les figures, et, travail qui révèle encore mieux jusqu’où va déjà son goût naissant , à les enluminer d’après les descriptions.

Le séjour du jeune Cuvier à l’Académie de Stuttgard est trop connu pour que je m’y arrête beaucoup ici.

Le souverain d’un petit État, Charles, duc de Wurtemberg, semblait s’être proposé de montrer dès lors à de plus grandes nations ce qu’elles pourraient faire pour l’instruction de la jeunesse.

Il avait réuni dans un magnifique établissement plus de quatre cents élèves , qui y recevaient des leçons de plus de quatre-vingts maîtres. On y formait tout à la fois des peintres, des sculpteurs, des musiciens , des diplomates, des jurisconsultes , des médecins , des militaires , des professeurs dans toutes les scienoes. Il y avait cinq facultés supérieures : le droit , la médecine , l’administration , l’art militaire et le commerce.

Le cours de philosophie terminé , les élèves de Stuttgard passaient dans une des cinq facultés supérieures. Cuvier choisit l’administration; et le motif qu’il en donne doit être rapporté : « C’est, dit-il, que dans cette faculté on s’occupait « beaucoup d’histoire naturelle, et qu’il y aurait par censé-

XXXVIII ÉLOOE HISTORIQUE

• *« quent de fréquentes occasions d’herboriser eide visiter les

« cabinets. » • • : . - ■ J.-.- .

Tout intéresse dans la vie d’un grand homme, mais on y recherche avec une sorte d’avidité ce qui peut jeter quelque jour sur la marche de ses travaux. On voudrait le suivre dans tous les progrès par où il a passé pour changer la face des sciences ; on voudrait démêler jusque dans ses premiers pas quelque chose de la tournure de son esprit et du caractère de ses pensées.

On vient de voir comment, dès les premières figures d’histoire naturelle qui lui tombent entre les mains , notre naturaliste , encore enfant , conçoit tout à coup l’heureuse idée de les enluminer d’après les descriptions.

Étant à Stuttgard , un de ses professeurs , dont il avait traduit les leçons en français, lui fait présent d’un Linnæus. C’était la dixième édition du Système de la Nature; et ce livre fait à lui seul , pendant plus de dix ans , toute sa bibliothèque d’histoire naturelle.

Mais , à défaut de livres , il avait les objets ; et cette étude directe , exclusive , des objets les lui gravait bien mieux dans la tête que s’il avait eu, je me sers de ses propres expressions, que s’il avait eu à sa disposition beaucoup d’estampes et de descriptions. N’ayant , d’ailleurs , ni ces figures ni ces descriptions , il les faisait lui-même.

Cependant toutes ces excursions dans l’histoire naturelle n’avaient point nui aux études prescrites; il avait remporté presque tous les prix; il avait obtenu l’ordre de chevalerie, qui ne s’accordait qu’à cinq ou six parmi tous ces jeunes „ gens ; et , selon toutes les apparences , il devait promptement obtenir un emploi. . - ; , .

Mais , fort heureusement pour lui , et plus heureusement encore pour l’histoire naturelle , car ces deux destinées sont

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