‹ Discours sur les revolutions du globe, avec des notes et un appendice, d'apres les travaux recents de Mm. Humboldt, Flourens, Lyell, Lyndley, etc. redigee par le dr. Hoefer CuvierChapitre 8 sur 50 · DISCOURS SUR UES REVOLUTIONS · texte numérisé non relu

DISCOURS SUR UES REVOLUTIONS

celles les plus menues ou le limon le plus imperceptible < Souvent même le cours de ces eaux, avant de former le grand fleuve inférieur, est obligé de traverser uu lac vaste et profond , où leur limon se dépose, et d’où elles ressortent limpides Mais les fleuves inférieurs, et tous les ruisseaux qui naissent des montagnes plus basses , ou des collines, produisent aussi dans les terrains qu’ils parcourent des effets plus ou moins analogues à ceux des torrents des hautes montagnes. Lorsqu’ils sont gonflés par de grandes pluies , ils attaquent le pied des collines terreuses ou sableuses qu'ils rencontrent dans leur cours , et en portent les débris sur les terrains bas, qu’ils inondent, et que chaque inondation élève d’une quantité quelconque. Enfin , lorsque les fleuves arrivent aux grands lacs ou à la mer, et que cette rapidité qui entraînait les parcelles de limon vient à cesser tout à fait, ces parcelles se déposent aux côtés de l’embouchure ; elles finissent par y former des terrains, qui prolongent la côte ; et si cette côte est telle que la mer y jette de son côté du sable, et contribue à cet accroissement, il se crée ainsi des provinces, des royaumes entiers , ordinairement les plus fertiles , et bientôt les plus riches du monde, si les gouvernements laissent l’industrie S’y exercer en paix.

Dunes. ,V - • - ,

Les effets que la mer produit sans le concours des fleuves sont beaucoup moins heureux. Lorsque la côte est basse et le fond sablonneux , les vagues poussent ce sable vers le bord ; à chaque reflux il s’en dessèche un peu , et le vent, qui souffle presque toujours de la mer, en jette sur la plage. Ainsi se forment les dunes, ces monticules sablonneux

qui , si l’industrie de l’homme ne parvient à les fixer par des végétaux convenables, marchent lentement, mais invariablement, vers l’intérieur des terres , et y couvrent les champs et les habitations , parce que le même Vent qui élève le sable du rivage sur la dune jette celui du sommet de la dune à son revers opposé à la mer; que si la nature du sable «t celle de l’eau qui s’élève avec lui sont telles qu’il puisse s’en former un ciment durable , les coquilles, les os jetés sur le rivage én seront incrustés; les bois, les troncs d’arbre, les plantes qui croissent près de la mer seront saisis dans ces agrégats , et ainsi naîtront ce que l’on pourra appeler des duues durcies , comme on en voit sur les côtes de la Nouvelle-Hollande. On peut en prendre une idée nette dans la description qu’en a laissée feu Pérou \ v . -

Falaises.

Quand, au contraire, la côte est élevée, la mer, qui n’y peut rien rejeter, y exerce une action destructive : ses vagues en rongent le pied et en escarpent toute la hauteur en falaise, parce que les parties plus hautes se trouvant sans appui tombent sans eesse dans l’eau ; elles y sont agitées dans les flots jusqu’à ce que les parcelles les plus molles et les plus déliées disparaissent. Les portions plus dures, à force d’être roulées en sens contraires par les vagues, forment ces galets arrondis ou cette grève qui finit par s’accumuler assez pour servir de rempart au pied' de la falaise.

Telle est l’action des eaux sur la terre ferme ; et l’on

* Dans son Voyagé aux Terres Australes, 1. 1 , p. 161.

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