SCÈNE IL GASTON , ^DONATIEN
DONATIEN , en entrant.
Vive le roi Jérôme ! vive le nouveau roi de Westphalie î
GASTON, se levant.
Eh I c'est Berburghausen... Quel enthousiasme ! Vous, grand seigneur allemand , fêter le frère de notre empereur, devenu votre roi par le droit du canon!..
DONATIEN
Mon ami , je suis Français , tout ce qu'il y a de plus Français. .. en fait d'Allemands. . . Je viens d'être nommé. . .
GASTON
Ministre ?
DONATIEN
Mieux que cela... sommelier en chef de la bouche du roi.
GASTON
Mes complimens. . .Vous déjeunez avec moi, n'est-ce pas?
DONATIEN
J'arrive dans cette louable intention... (Entrent deux domestiques : l'un d'eux porte un panier de vin. Ils placent la table servie à droite du théâtre.) avec un échantillon d'un certain vin du Rhin , du Johannisberg , que je veux vous faire goûter... Vous avez des vins de France ?
GASTON
De Bordeaux et de Champagne , excellents.
DONATIEN
J'en boirai , dans l'intérêt de ma patrie et de mon roi , Jérôme I^*^... Car désormais...
Air : Quil est JlatLcur d'épouser celle. Le l'oi boira de confiance , Sous ma responsabilité ; Et j'aurais sur la conscience Tout vin qui serait frelate.
Si le mensonge détestable Pénètre chez Sa Majesté, Mon clier, c'est bien le moins tju'^ table Elle trouve la vérité...
Il faut aux rois la vérité.
GASTON
En place... mon cher de Berburghausen.
[Ils se mettent à table. Donatien à la droite de Gaston. Les deux domestiques restent dans le fond.)