‹ Discussion amicale sur l'éstablissement et la doctrine de l'église anglicane: et en général surChapitre 10 sur 37 · APPENDIX IL · texte numérisé non relu

APPENDIX IL

Notice Historique sur les Jugementsque ces premiers Réformateurs ont portés les uns des autres et sur les effets de leurs Prédications.

Sur Luther.

Il témoigne lui-mêoie ** qu'étant Catholiquej il avoit Ltttra H '^ passé sa vie en austérités, en veilles, en jeunes, en orai- AppêndL] '^ sou^, avec pauvreté, chasteté, et obéissance/' Une fois Tom. 5, iii< réformé, c'est un autre hommes il dit ''que comme il ne y.' u. '' dépend pa@ de lui àfi n'être point homme, il ne dépend Ibid. Senn '' pas non plus de lui d'être sans femme, et qu'il ne peut pas '' plus s'en passer que de subvenir aux nécessités naturelles '' les plus viles.

'* Je m'esmerveille plus, ô Luther, lui écrivoit Henry VIII, DanaFlorii '' comment tu a'es booteux à bon escient, et comme tu *

'' oses lever les yeu;c et devant Dieu et devant les hommes, '' puisque tu as été si léger et si volage de t*être laissé '' transporter par Tinstigation du Diable, à tes folles con-. '' cupiscences. Toi, frère de Tordre de St. Augustin, as le '' premier abusé d'uoe nonaiu sacrée; lequel péché eut été, " le te.ms passé, si rigoureusement puni, qu'elle eût été en* " terrée, vive, et toi fouetté, jusqu'à rendre l'âme. Mais '' tant s'en faut que tu ajes corrigé ta faute, qu'encore, chose *' exécrable ! tu l'as publiquement prise pour femme, ayant '' contracté avec eUe ^es nqces incestueuses, et abusé de

'^ ja pauvre et^sérjible p , au grand jicandale du monde,

it

68 SUR L*BGLISE ANGLICANE^

Lettre II. " reproche et vitupère de ta Dation, mépris du saint mariage, AppendizII. " très-jrand déshonneur et injure des vœux faits à Dieu. '' Finalement, qui est encore plus détestable ; au lieu que " le déplaisir et honte de ton incestueux mariage te dût abattre et accabler, ô misérable! ta en fais gloire ; et au lieu de requérir pardon de ton malheureux forfait, tu provoques tous religieux débauchés par tes lettres, par tes " écrits d'en faire le même." ^^°Ia Cène^du " Dieu, pour châtier Torgueuil et la superbe de Luther, Seigneur, B. 3.^' qui se découvre dans tous ses écrits, dit un des premiers ^ sacramentaires, retira son esprit de lui, l'abandonnant à " l'esprit d'erreur et de mensonge; lequel possédera toujours '' ceux qui ont suivi ses opinions, jusqu'à ce qu'ils s'en « retirent." L'E^l. de Zu- ^' Luther nous traite de sectç exécrable et damnée : mais Conf. de Luth. ** qu'il prenne garde qu^il ne se déclare lui-même pour P* ^*' '* archi-hérétiquç, par cela même qu'il ne veut et ne peut

^' s'associer avec ceux qui confessent le Christ. Mais que '^ cet homme se laisse étrangement emporter par ses démons ! ^ que son langage est sâle, et que ses paroles sont pleines des '' diables d'enfer ; il dit que le diable habite maintenant ^ et pour toujours dans le corps des Zwingliens ; que les ** blasphèmes s'exhalent de leur sein ensaianisé, sursatanisé, ^^ et persatanisé : que leur langue n'est qu une langue men- ^* sougère, remuée au gré de Satan, infusée, periusée et trans- ^' fusée dans son venin infernal. Vit-on jamais de tels dis. ** cours sortis d'un démon en fureur !" Rép. àla Conf. <' Voyez-vous, s'écrioit Zwingle, comme Satan s'efForcc

" ^^* " d'entrer totalement en possession de cet homme ?'*

L'E?l*de Zu. <MI a écrit tous ses livres par l'impulsion et sous la

* " diciée^du démon, avec lequel il eut affaire, et qui dans la

*^ lutte paroît l'avoir teri*assé par des arguments victo-

" rieux." •

T. 3.Reepon8. " Il n'est point rare, disoit Zwingle, de voir Luther se

•d Conf es. Lu- .^ j- i» n i> \ i • .%• ,

ilieri, fol. 454. contredire d une page a lautre....et a le voir au milieu des Ibid. foLsiBi. <' siens, vous le croiriez obsédé d'une phalange de démons.^

L'homme le plus savant de ce siècle^ celui qui a été Lettre] appelé l'honneur de la Hollande, l'amour et les délices de Appen^û la Grande-Bretagne et de presque toutes les nations, Erasme, ^ Préface écrivoit à Luther lui-même : ** Les gens de bien gémissent du an 164S *' scliisme funeste dont tu ébranles le monde, par ton esprit ^^\^26, " arrogant, effréné et séditieux.'*

'* Luther, écrivoit encore Erasme/ commence de ne plus Epit au C '' plaire à ses Disciples, au point qu'ils le traitent d'héré- ***' tique, et affirment que, dénué de l'esprit de l'Evangile, il est livré aux délires d'un esprit humain."

" Véritablement Luther est fort vicieux, disoit Calvin ; Cite dans 4 plût à Dieu qu'il eût pris soin de réfréner davantage "erg^^Thi l'intempérance qui bouillonne en lui de tout .côté! ^^^'/Sg* plût à Dieu qu'il eût songé dav;antage à reconnoitre ses

ai.

« vices!"

Calvin disoit encore que Luther nVvoit rien fait qui V. Florii v^Uc.qu'il ne faut point s'amuser à suivre ses traces, être papiste à demi ; qu'il vaut mieux bâtir une Eglise tout à neuf....Qttelquesfois, il est vrai, Calvin donnoit dès ^' louanges à Luther, jusqu'à l'appeler le Restaurateur du Ibid. p. ei " Christianisme." Il ne pouvoit souffrir pourtant qu'on l'honorât du nom de dernier Elic. Ses disciples ont fait, depuis, la même protestation. " Ceux^ disent-ils, qui mettent 1d Admon *■ Luther au rang des Prophètes, et constituent ses livres ^'^' ^^^ '' pour règle de l'Eglise, ont très-mal mérité de l'Eglise '^ de Christ, et exposent soi et leurs Eglises à la risjée et *' coupe-gorge de leurs adversaires."

*' Ton école, répondoit Calvin au Luthérien Wesphal, '* n'est qu'une puante étable à pourceaux. ..m'entends-tu, '* chien? m'entends-tu, phrénetique? m'entends-tu, groâse " bête?"

Zuingle indigné de l'accueil que Luther avoit fait à sa version des Ecritures, tempête à son tour contre celle de Luther, "l'appelant un imposteurqui change et rechange " la sainte parole."

Çarlostadt retiré à Orlamunde avec sa femme, s'y étoit

70 8UA ViGLUJL AtQGLICAKÊ,

Lettre II. tellement fait goûter des habitaDts, qu'ils fâillirebt lapider ""^-l Luther^ accouru pour le gouriuander snr ses mauvaises opinions touchant l'Eucharistie; Luther nous l'apprend dans sa n.d,rol,4479 lettre à ceux de Strasbourg: '^ Ces Chrétiens me chargèrent s«. Genii. tt ^ coups de pierre, me donnant telle bénédiction : vas-t-en ** à tous les mille Diables ! te puisses-tu rompre le col^ avant *' d'être de retour chez toi!"

Sur Carlastadt,

En voici le portrait tracé par le modéré Mélanchton. '' C'étoit^ dit-il, un homme brutal^ sans» esprit, sans science, '* sans aucune lumière du sens commun qqi, bien loin d'avoir '' quelque marque de l'esprit de Dieu» n'a jamis sa m pra- ^' tiqué f^ucun des devoirs de la civilité humaine. Il pa- '' roissqit en lui des marques évidentes d'impiété. Toute ^' sa doctrine ^toit ou judaïque ou séditieuse. Il condamnoit " touties les lois faites par les payens. Il vonloit'quç Ton

jugeât selon la loi de Moïse: parce qu'il ne connoissoit

point la nature de la liberté chrétienne. II embrassa la '^ doctrine fani^tique des Anabaptistes, aussi-tôt que Nicolas '' Stork commença de la répandre.. ..Une partie de l'Aile- '' magne peut rendre témoignage que je ne dis rien en cela ** que de véritable."

Il fut le premier prêtre de la réforme qui se maria, et dans la messe de nouvelle fabrique, qui fut composée pour son mariage, ses fanatiques partisans allèrent jusqu'au point de qualifier de bienheureux cet homme qui portoit des marques évidentes d^impiété. L'oraison de cette messe étoit Siée dam ainsi conçue ? *^ Deus, qui post tam longam et impiam sa- ^ cerdotum tuorum csecitatem, Beàtttm Andrasam Carlosta-

dium eà gratiâ donare dignatus es, ùt primus, nullâ habita

ratione papistici juris, uxorem ducere ausus fuerit; âa^^ '' quaesumus, ut cm nés Sacerdotes, receptâ sanâ mente,

ejus veiftigia sequentes, ejectis concubinis aut eisdeiR

Florim.

ti

ET i^ Bit OMfATioM m çbiinàu : 71

** dodh, ad legitimi coasortiam thori convertantiir ; par U$fnl ** Dom. nost. Sec." ftji|Miii)

^ On ne peut nier, nous disent les Luthériens, qoe Car- «^.4 »^ '* losudt n'ait été étranglé do Diable, vu unt de témoins '' qui le rapponent, tant d'anteor^ qni font mis par écrit, et- ^^ les lettres mêmes des Pasteurs de Bâle/' Il laissa nn fils Hans Carlostadt qni» détaché des erreurs de son p^jre, se rangea i TEgUse Catholique.

Sur Zunngle.

FMsi

** Je ne refuse pas, écrivoit Melanchton, d'entrer en con» ^ ^ ^ férencc (à Marburg) avec QScolampade ; car de parjler à ^ Zwingle, c'est temps perdo....ce n'est pas toutefois '* une légère entreprise, parce que leur opinion est agréaUe ^* à plusieurs, qui veulent toucher les mîstères de Dieu i ** la main, et se laissent cependant conduire à leur cnrio» ^ site." Luther de même répondant au Landgraft, lui dit : ^ A quoi sert cette conférence, si les uns et les antres y por- ^ tent une opinion préjugée, et viennent avec la résolution ^' de ne céder rienf Je sais certainement qu'ils errent. ^ Ce sont des ruses du Piial4e; toutes choses vont par cft " moyen en pis."

" Je ne saurois, dit Zwingle de lui-même, dissimuler '^'|j-|--|^ ^' feu qui me brûle et me pousse à Tincontinence, puisqu'il 4. lia *' est vrai que ses effets ne m'ont déjà que trop attiré de ^ reproches déshonorants parmi les Eglises.

** L'imprimeur de Zurich, écrit Lavatherus, fit présent de .SfÇfîîJ ^ la traduction de Zwingle à Luther, qui la lui renvoya Cslvin» < '^ avec injures ; Je rie veux, dit-il, lire les livres de ces gens, p. 9^. *' vu qu'ils sont hors del'Eglise de Dieu, et sont non-seulement *' damnée, mais traînent avec eux plusieurs misérables per^ '^ sonnes. Tant que je vivrai, je leur ferai la guerre par *' mes prières et mes écrits/'

L'opinion de Carlostadt sur i*Eucharistie sembloit à Luther ^ inepte; celle de Zwingle trompeuse et méchante; qui ne donnait que du vent et de la fumée aux ChrétienSi au lieu

'^3 •-' ' SUR L^iohJÈZ AM6LICAMB

ijébreih du vrai corps de Jésus-Chrisl, qui n'aycMt parlé ni de rhp^^lL signe, ni de figure,

^pitonde Col- ** Les Zwingliens écrivent que nous les tenons pour frères î iMB an. 15S" " ^'^^ ^^^ fiction si folle et si impertinente, proclamoient p. 83. 4€ jçg Luthériens en plein synode, que nous ne pouvons

** nous étonner assez de leur impudence. Nous .ne leur

^' accordons pas même une place dans l'Eglise, loin de

*' reconnoître pour frères des g^ns que nous voyons agités

'^ par l'Esprit de mensonge, et proférant des blasphèmes

" contre le fils de TbomnîjB.''

BrentiusinRe- Brentius, celui que TEvêque anglois Jewel appeloit. le

etl^stJnfine. grave et savant vieillard, déclare ** que les dogmes des

' '' Zwingliens sont diaboliques,, pleins d'impiétés, de dépra-

" vations et de calomnies; que Terreur de Zwingle sur

" TEucbaristie en entrainoit beaucoup d-autres encore plus

InBullingeii ** sacriléges ; il annonçoit que par les Zwingliens on verroit

an!!l544/ " bientôt renaître dans l'Eglise de Dieu l'hérésie des Nesto-

' *^ riens, les divers articles de notre religion disparoître Tun.

'^ après l'autre, et à leur place, arriver la superstition de^

** Payens, des Talmudistes et des Mahométans."

Tom.s,fol.36, " Zwingle, écrivoit Luther, est mort et damné voulant,

^; ans o;^^ coname un' larron et séditieux, contraindre les autres, par

" force d'armes à suivre son erreur." GoalterinApo- '' Plusieurs Protestants, témoigne l'apologiste de Zwingle, of^'. Zwinsle,''^ n'ont point fait scrupule de prononcer qu'il étoit mort fol. 18. a jgjjg ggg péchés, et de l'envoyer ainsi aux enfers."

Luth.Epist.ad '^ Heureux qui n'a point assisté au conseil des Sacramen- **» • y^u taires, ne s'est point arrêté dans la voie des Zwingliens^ et ne '' s'est point assis dans la chaire des Zurichoise vous en-r f* tendez ce que je peuse.'

Sur Càlvif^*

Obligé de quitter la France pour se soustraire à des pour. suites juridiques, Calvin passa en Allemagne, y rechercha

ET 14 RR^PRMATIDN BN GfiNéRAL. JB

}a plupart de ceu^r qui rem noient alors les conscieDces, et Lettre IL apitoient les esprits. A Basle il fut présenté par Bucer np^^^fi Si Eras^iey qui se tenoit aux écoutes^ sans se laisser eoiporter aux opinions des novateurs. Erasme, après s'être entretenu avec lui sur quelques-uns des points de la religi<^n, fort étonné de ce qu'il avoit découvert dans cette âme, se tourna vers Bucer, et lui dit, en lui montrant le jeune Calvin : " Je vois un grand fléau s'élever dans l'église *' contre l'église ; v^o mognam pestent oriri in ecclesiâf contra '' ecclesiarn"

JL'esprit intolérant et sanguinaire de cet homme devenu

trop célèbre se montre dans une de ses lettres au Marquis

jdu Poët, son ami : *' Ne faites faute, lui dit-il, de défaire

■ * le pays de ces zélés fanatiques,^ qui exhortent les peuples

** par leurs discours à se roidir contre nous, noircissent

" notre conduite, et veulent faire passer pour rêverie notre

" croyance. Pareils monstres doivent être étouffés, comme

" fis en l'exécution de Michel Servet, Epsagnol. A l'avenir

'' ne pense pas que personne s'avise de faire chose sembla-»

^' ble." L'original de cette lettre a été conservé dans les

archives du Marquis, à Montelimart. On assure, que M. de

Voltaire en reçut en 1772 une copie authentique, qu'il avoit

demandée, et qu'après l'avoir lue il écrivit en marge des

vers contre Calvin.

Les mauvais sentiments de Calvin sur la Trinité excitèrent contre lui le zèle d'un homme, qui d'ailleurs partageoit ses opinions sacramentaires : " Quel démon t'a poussé, stancharas < " ô Calvin, à déclamer avec Arius contre le Fils de Dieu ?.... îi^fnatiuN^ C'est cet Antéchrist du Septentrion que tu as l'imprudence d'adorer, ce grammairien Melanchton." — ** Garde- Id. ibid.o. 3 toi, lecteur chrétien, et vous surtout, ministres de la parole, gardez-vous des livres dp Calvin.,.. Ils contiennent une doctrine impie, les blasphèmes de l'arianisme, comme si l'esprit " (le Michel Servet, en s'échappant du bûeher,avoit à la plato- . •

*' nicienne transmigré tout entier dans Calvin." Au reste le même auteur donna poux titre à ses écrits: ^^ Suj la

74 SUR l'bglise anglicane^

l^tre^Il. a Trinité, sur Jésus-Christ notre Médiateur contre Henri âppùiduix. « Sullinger, Pierre Martyr, Jean Calvin et les autres mi- '^ nistres de Zurich et Genève, perturbateurs de TEglise de « Dieu."

En enseignant que Dieu étoit Tauteur de tous les péchés,

Calf in révolta contre lui tous les partis de la Réforme. Les

Luthériens de rAllcmagne se réunirent pour réfuter un si

Corpm Ductri- horrible blasphème* ** Cette opinion, disent-ils, doit être

MiC nstiaii»*,^ partout en horreur, en exécration: C'est une fureur stoih

^' cienne, fatale aux mœurs, monstrueuse et blasphéma-

" toire.**

CmradJScblu»- ^ Cette erreur Calvinistique est horriblement injurieuse à

Thcoios. fol.*'' Dieu, et de toutes les erreurs, la plus funeste au genre

^ ** humain. Selon cette théologie calvinienne, Dieu seroit

" le plus injuste tyran et ce n'est plus le démon, mais

*^ Dieu lui-même, qui sera le père du mensonge,*'

Le même anteur, qui étoit surintendant. Inspecteur général d'Eglises Luthériennes en Allemagne dans les trois Fnmefortyisss livres qu'il publia contre la Théologie Calvinienne, n'y nomme jamais les Calvinistes sans leur donner les épithètes d'i/z/ïdèteSf d^impie$y de btasphémMteurs, charlatans, herétiqutSy inerte Hnles, gens frappes (Tun esprit f aveuglement et de vertige, gtm mm front et sans pudenr, ministres turbulents et brouillons di Satan, &c.

Heshusius, après avoir exposé la Doctrine des Calvinistes lib. de prae- (déclare avec indienation,'^'que non-seulement ils transforment

tent.corp.Chr. ° '^

m«i56o,mfiDe. ^^ Dieu en démon, ce dont la seule pensée fait horreur^ maii

qu'ils anéantissent le mérite de Jésus-Christ à tel point qu'ils sont dignes d'être relégués au fond des enfers.** Les Calvinistes eux-mêmes réclamèrent contre cette doc trine abominable de leur chef. Butlinger en démontra 1; •«r»d.35€nn. fausseté par l'Ecriture, les Pères et le témoignage de i'Egtis( entière: " 11 est donc évidemment prouvé par l'Ecriture " conclut-il, ce dogme enseigné partout depuis les Apôtres " que Dieu n'est pas l'auteur du mal, la cause do pécbt " mais bien notre volonté corrompue^ notre concopiscenc

BT LA HirOMtATiOK ftN GiN^RAL. 7$

** et le diable qui la meut, Texcite et renflâme." Et Cba- Uttre II tillon; que Calvin aroit long-tems recueilli dans sa maisoD, AppradlL I aourri i sa table, Chatillon fut un des premiers à prendre la plume contre son bienfaiteur et son maître, quoiqu'avec les égards qu'il lui devoit à ce double titre. ** C'est un Dieu Caitenion i *^ faux, lui dit-il, que celui qui est lent à la miséricorde, {in;^Çî2^ '^ prompt à la colère, qui a créé la plus grande partie des '' bommes pour les perdre, et les a prédestinés non-seule- '' ment à leur damnation, mais à lu cause même de leur *^ damnation. Il auroit donc, ce Dieui arrêté de toute éter- ^' nité ; il veut donc actuellement et fait que l'on soit néces- '^ site à pécber,en sorte que les vols, les adultères, les homi- *' cides ne se commettent que par son impulsion. Car il suggère aux hommes des affections perverses et déshonnêtes ; il les endurcit non par simple permission, mais avec force, avec efficace, en sorte que Timpie accomplit l'œuvre '* de Dieu et non la sienne ; et que ce n'est plus Satan^ mais . ^' le Dieu de Calvin^ qui est réellement le père du men- ^' songe."

A son tour Calvin n'oublie pas de reprocher à Chatillon son ingratitude, et ajoute: ''Jamais homme n'a porté plus ^^ ]oin l'orgueil, la perfidici l'inhumanité. Qui ne te connoit ^' point pour imposteur, pour un bouffon, d'une impudence '* cynique, et toujours, prêt d'aboyer contre la piété, n'est *^ fait pour juger de rien." Vers la fin de sa réponse, il le (Congédie avec cette bénédiction genevoise : '^ Que le Dieu *^ Satan t'appaise : ainsi soi t-il." Genève, 1558.

Vers 1588, parut à Londres un écrit composé ou du moins a surreyoti approuvé par tes Evêques Anglicans contre la secte Calvi- KVcipHnc,p! ï^îeune de Puritains, Calvin et Bèze y sont dépeints comme ^' ^"^P *

;i • ^ croit,

^es gens intolérants et orgueilleux, qui par révolte ouverte ^^ntre teur Prince légitime avoient fondé leur Evangile, et l^rétendoient dominer les Eglises avec une tyrannie plus odieuse que celle si souvent reprochée par eux aux souverains Pontifes, Ils protestent en présence du Dieu tout poissant que: '' Parmi tous les textes de l'Ecriture cités par

Lettre II. " Calvin OU ses disciplesi en faveur de TEglise de Genève LDoènd^ 11 " contre celle d'Angleterre, il n'est pas un seul qui ne soit '' détourné dans un sens inconnu à l'Eglise et à tous les ** Pères, depuis les Apôtres : en sorte que si Augustin, Am- " broise, Jérôme, Chrysostome, &c. revenoient à la vie et " voyoient de quelle manière J'Ecriture étoit citée par ces ** docteurs genevois, ils s'émerveilleroient qu'au monde ait '* jamais pu se rencontrer un homme d'une audace assez dé- *^ bordée, pour oser, sans la moindre copieur de vérité, abuser '* ainsi de la parole de Dieu, de soi-même, de ses lecteurs, " et de l'univers entier." Et après avoir déclaré que de cette source genevoise il s'étoit répandu en Angleterre une doctrine empoisonnée, séditieuse, catilinaire, ils ajoutent: " Heureuse, mille fois heureuse notre Isie, si nul Anglois, '' nul Ecossois n'avoit mis pi<sd à Genè,vè, s'i} n'àvoit jamais ** connu un seul de ces docteurs genevois !"

Les partisans de Calvin ont essayé, et je souhaiterois pour

sa mémoire qu'ils y eussent réussi, de le justifier sur le crime

et la flétrissure, dont on Taccusoit hautement de porter la

c rdR* h ™^^9"^ ^ répaule. ** Ce qui doit passer pour unç conviction

eu, traité p, " indubitable des crimes imputés à Calyin, est que depuis

mvcrt. liv. 3, -^ n / / i / i • ur» t ^ r>, \

.319,320. qu il a été charge de cette accusation, 1 liglise de (jeneve

" non-seulement n'a pas justifié le contraire, mais même *' n'a pas nié l'information qup J3erthe}ier, envoyé par ceux '* de la même ville, fit à Noyon. Cette information étoit '' signée des plus apparents de la ville de Noyon et avoit ^' été faite avec toutes les formes ordinaires de la justice. ** Et, dans la même information. Ton voit qup cet héré-' '^ siarque ayant été convaincu d'un péché abominable, que '' l'on ne punit que par le feu, la peine qu'il avoit méritée

*' fut, à la prière de son Evêque, modérée à la fleur-de-lis

'' Ajoutez à cela que Bolseque, ayant rapporté la même in- '^ formation, Berthelier qui vivoit encore au tems de Bol- '' seque, ne le démentit point; ce qu'il eût fait, sans doute s'il ** eût pu le faire, sans trahir le sentiment de sa conscienç^^ '' et sans s'opposer à la créance publique. Ainsi le silçpçe

ET LA r£fORMàTIOK EN GENERAL. 7^

" et de toute une ville intéressée et de son secrétaire, est, en Lettre II *' cette occasion, une preuve infaillible des dérèglements im- Appendix " pûtes à Calvin.'* Ils étoient alors si peu contesiés, qu'un auteur Catholique, parlant de la vie infâme de Calvin, avance comme' un fait connu en Angleterre, que: ^* Le Chef des F®"P**"* «^

, la 3c raiaou

" Calvinistes avoit été fleur-de-lisé et fugitif. Et que son I58i. " antagoniste Wittaker, avouant le fait, ny répond que par *' cet. indigne parallèle: Calvin a été stigmatisé; mais St. '* Paul J'a été, d'autres l'ont été aussi." Je trouve encore que le grave et savant Anglois Stapleton, fort à portée d'en t?^^^ '^î êijre instruit, puisqu'il avoit passé sa vie dans le voisinage 3C ans lore de Noyon, parle de l'aventure de Calvin dans les termes en 1564. d'un homme très-sûr de son fait. " Inspiciuntur etiam ad- ^"^^'P**^'*

tbolic. purs

'^ liùc hodiè civitatis Noviodunensis in Picardia scriuia et p. 133. ^ rerum gestarum monumenta: in illis adhùc hodiè legitur Joannem hune Calvinum, sodomice convictum ex Episcopi et Magistratûs indulgentiâ, solo stigmate in tergo notatum, urbe excessisse; necejus familiae honestissimi ^ ^iri, adhùc superstites, impetrare hactenùs potuerunt, ut '^ liujus facti memoria, quae toti familias notam aliquam inxirit, ** è civicis illis monumentis ac scriniis eraderetur." Au reste, fes Luthériens d'Allemagne en parloient également alors, <^oinme d'un fait: *^ De Calvini variis âagitiis et sodomiticis ConradjSch '* libidinibus, obquas stigma Joannis Calvini dorso impres- Theotog. tiJ ^ sum fuit à Magistratu, sub quo vixit.-' — " Et quant au *^^- "^^^ *^ silence affecté de Bèze, ifs répondent que s'étant illustré '^ par les mêmes crimes er la même hérésie que son héros, * il ne mérite sur ce point la confiance de personne.''

On peut bien dissimuler comme Bèze, et d'autres après lui, '^^^siis, certes on n'a point inventé à plaisir sur la mort de cet "^Cimme le récit que nous en fait un témoin oculaire et des c^ contemporains et que personne n'entendra sans compassion ^t: sans horreur. Voici ce que nous en apprend le témoin *^oulaire et son 'disciple alors: '* Calvinus in. desperatione Joa»* ï^»

Ce c • . , .. /» 1- • 1 apud Pet.^

liQiens vitam obiit turpissimo et taedissimo morbo, quem zemium. Deus Rebellibus et Maledictis comminatus est, priùs ex* v. Dict.de

ier,art.C«]

Ce

Tê SUR L*iGtI8E ANGUCAKP^

l't^v II. '^ crucintus et consumptas. Qaod ego verissimè attestari

Appendix II. ** audeo, qai funestum et tragicum illius exîtum et exitium

'' bit meis oculis praesent aspexi." Les Luthériens de TAUe-

Cànrad^chlut- magne témoignent : '' Deum etiam in hoc ssbcuIo jadicinoi

•emb. in Théo- -a^i* ^ r • • •Ar«

loç. Calvin, lib. suum in Calvinum patefecisse, quem in virga furoris visi« Fnm'co^ an ** tavit^ atque borribiliter punivit, ante mortis infelicis faoram. 1592. « Deus enim manu su& potenti adeà kunc bereticum per

^* cussit, ut desperatà salate, demonibus invocatis, jnrans, *' exécrant, et blasphemans miterrimè animam maligoam ** exbalarit; vermibut circa padenda in apotthemate teu ^^ ulcère fœtentitsimo crescentibuti ita ut nullut atsistentium ** faetorem amplius ferre potset."

iSur Théodore de Bèze.

Passons au célèbre Biographe de Calvin; les Luthériens vont

nous apprendre l'estime et le cas qu'il en. faut faire. ** Qui

TraductdeFlo- u ^e s'étonnera, dit Hesbusius, de rincroyable impudence

nni. p. 1048» .

** de ce monstre, la vie duquel orde et infâme est connue de '* toute la France par ses ' épigrammes plus que cyniqiitsf ** Et néanmoins vous diriez, à Touïr parler, que c'est quelque ** saint homme, un autre Job, ou l'un de ces autres Anacho- " rètes du désert, voir plus grand que St. Paul ou St. Jean, '' tant it trompette partout son exil, ses labeurs, sa pureté et ** l'admirable sainteté de sa vie."

Si nous voulons nous en rapporter à un homme constitué

Schlussember^ en dignité parmi les Luthériens; *' Bèze, nous dit-il, retrace

^n, Ub.Tpas- '^ ^^ ^>f> ^^"^ ^> écrits l'image de ces gens ignares et

'^' ^ grossiers qui, au défaut de raisons et d'arguments, se

** prennent aux injures; Ou de ces hérétiques dont la der-

** nière ressource est de recourir aux insultes ;••• c'est ainsi

'^ que pareil à un démon incarné, cet homme obscène, tout

** paitri d'artifices et d'impiétés, vomit ses blasphèmes siaty-

'^ riques." Le même Luthérien témoigne : ** Qu'a|H:ès avoir

^' passé 23 ans de sa vie, à lire plus de 220 productiont

ET LA RifORMÀTlOM EN GENERAL. 79'

'* CalTinienoeSy il n'en avoit rencontré aucune oà les injures^ Utuvll '' les blasphèmes fussent aussi accumulés que dans les écrits Appôîiui *^ de cette bête farouche.... que si quelqu'un en pouvoit ^' douter, ajoute-t-il, qu'il parcoure ses fameux dialogues ^' contre le Dr. Heshusiu^. On ne les croiroitjamais écrits ** par un homme, mais par Beelzebuth en personne. J'aurois horreur de répéter les obscènes blasphèmes que cet être impur et Athée vomit, dans le plus grave sujet, avec un mélauge dégoûtant d'impiétés et de bouffonneries: sans doute il avoit trempé sa plume dan% une encre infernale."

Bèzci qui fut François, dit Florimond, et grand arc-bou- p^^^ tant de l'opinion de Calvin, attaqua la version de Luther comme méchante, nouvelle et inouïe." — ^* Vraiment^ reprirent les Luthériens, il sied bien à un bateleur François, qui n'entend pas un mot de notre langue, d'apprendre les Germaiiks à parler Allemand 1"

Sur Mdanchton.

Bomons^noos au jugement qu'en ont porté ceux de sa ^^ommunion. Les Luthériens déclarent en plein Synode,

** qu'il avoit si souvent changé d'opinions sur la primauté Colloq^Alix

** du Pape, sur la justification par la foi seule, sur la Cène, j^^^*^^

'^ sur le libre arbitre, que toutes ses incertitudes avoient fait

^ chanceler les foibles dans ces questions fondamentales,

*^ empêché un grand nombre d'embrasser la Confession

^ d'Augsbourg: qu'en changeant et rechangeant ses écrits,

^' il n'avoit donné que trop de sujet aux Pontificaux' àe

^^ relever ses variations et aux fidèles de ne savoir plus à

^^ quoi s'en tenir sur la véritable doctrine." Ils ajoutent :

^* que son fameux ouvrage sur les lieux théolog^ques pour*

^* roit, plus convenablement, s'appeler Traité sur les Jeux

Schlussemberg va même jusqu'à déclarer : '* que frappé Theol. Cali ^ d'en himt, par un esprit d'aveuglement et de vertige, Me- *'*^* ^ ^' •

»JL

80 SUR L EGLISE ANGUCAKE^

lettre II. ^ lancbton ne fit plus ensuite que tomber d'erreur en erreur, AppendixII. '' et 6nit par ne plus savoir ce qu*il falioit croire lui-même/' Ibid.p.93. ^' ^^^ encore: '^ que, manifestement, Melanchton avoit con-

^^ tredit la vérité divine, à sa propre honte et à rigoominie

** perpétuelle de son nom." • " .

Sur Œcolampade.

Les Luthériens ont écrit dans l'Apologie de leur Cène,

qu'ŒcoIampade, fauteur de l'opinion sacramentaire, parlant

Vegr. Florim. un jour au Landgraf, lui dit: ^^ J'aimerois mieux qu'on

'' * " m'eût coupé la main, que non pas qu'elle eût rien écrit

" contre l'opinion de Luther en ce qui regarde la Cène."

. Ces paroles rapportées à Luther par un homme qui les avoit entendues, parurent adoucir un instant la haine du Patriarche de la Réforme; ^il s'écria en apprennant sa mort: "Ah! *' misérable et infortuné Œcolampade, tu as été le prophète '^ de ton malheur, quand tu appelas Dieu à prendre ven- " geance de toi si tu enseignois une mauvaise doctrine. ** Dieu te pardonne, si tu es en tel état qu'il te puisse par* « donner !"

Pendant que les habitants de Bâle plaçoient dans leur cathédrale cette épitaphe sur son tombeau : ** Jean CEco- '* lampade. Théologien, ... premier auteur de la doctrine '* évangélique dans cette ville, et véritable Evêque de ce *' temple." Luther écrivoit de sou côté que : " Le diable

' " duquel Œcolampade se servoit l'étrangla de nuit dans son *^ lit. — C'est ce bon maître, dit-il encore, qui lui avoit appris " qu'en l'Ecriture il y avoit des contradictions. Voyez â *^ quoi satan réduit les hommes savants T

Sur Ochin,

Ce Religieux, Supérieur des Capucins, quittant l'Italie et fon ordre où il s'stoit fait la plus grande réputation pat l'austérité de sa vie et un talent distingué pour la parole, se leodit avec Pierre Martyr en Suisse, d'où, après avoir coftniï

ET LA k£kO&MATIOK EN OJ&NÀRAL*

Lattre II;

les Sacramentaires et s'en être fait connoîtrç, il alla plus loioi AppfaéfaLfL prêcher rArianisme» " Il est devenu, écrivoit Bèze à Didot» Fi»j|irp m '^ cias, un scéléré paillard, faatear des Ariens, moqiiear de " Christ et de son Eglise^" >

Il est vrai que de son côté Ocbin n'avoit pas mietix traité ceux de Genève et de Zurich ; car, dans son dialogue contre la secte des dieux terrestres» il s'exprimoit ainsi sur leui; compte : '* Ces gens veulent qu'on tienne pour article de foi ^' tout ce qui sort de leur cervelle: qui ne les veut suivre jsst ^' hérétique. Ce qu'ils songent de nuit (allusion à Zwingle) '' est mis par écrit, imprimé, tenq pour oracle, ^e pense ^' pas qu'ils démordent jamais. Tant s'en, faut qu'ils veulent ^* obéir à l'Eglise, qu'au contraire l'Eglise leur doit obéir. ** N'est-ce pas être papes, être dieux en terre et>yranniser ^ les consciences des hommes ?"

Tels furent les principaux auteurs des soulèvements reli^ gieux et politiques qui désolèrent l'Eglise et le monde au XV le. siècle. Ils se connpissoient parfaitement entre eux; ils s'étoient vus, s'étoient abouchés dans différentes confé-^ rences ; ils travailloient à l'envi^ sinon de concert, à l'œuvre de ce qu'ils appeloieni la Réforme. Il est impossible de se former aujourd'hui sur leur doctrine, leurs caractères et leurs >

personnes des notions plus exactes que pelles qu'ils en avoient eux-mêmes et qu'ils nous ont transmises. Il seroit donc peu raisonnable de ue point npus en rapporter aux témoignages réciproques qu'ils nous ont laissés les uns. des autres. Il n'est pas moins vrai aussi, qu'à nous en tenir à leurs propres jugements, nous ne saurions nous défendre de les regarder tous comme des êtres odieux, d'indignes ministres, soit qu'ils se soient rendus mutuellement justice ou qu'ils se soient calomniés entre eux»

Vous donc qui venez de les entendre eux-mêmes révéler «u inonde leurs propres turpitudes, continueriez-vous encore « les prendre pour vos guides, yos' maîtres, vos pères dans la foi î Jusqu'ici vous n'aviei appris à les regarder que

tOMÊ I. C .

89 mm i.*iiçLréB Avoucânm',

SMti% IL 60mïût des êlres extraordinaires, doués èe sainteté, de vertus,

È^î^Êt Wé ^® ^"^ '^ ^^^ ^^ ^'^' 9 ^^ ^^°* cette persuasion vous tous boDoriea de vous en dire les disciples et les enfans. Vous voyez maintenant votre erreur; vous voyez ce qu'ils furent; ils vous l'ont dit eux-mêmes. Croyez-les^sur ce point: c'en est assez pour les abandonner sur les autres, et pour abjurer, puisque vous le pouvez, une descendance désormais flétris* santé, ignominieuse à vos yeux.

Que pouvoit la Religion attendre de pareils- hommes f

Que pouvoit l'univers espérer de leurs prédications? Quels

fruits s'en promettre, et quels furent efiectivement ceux qu'il

en recueillit? Eux-mêmes encore vont nous l'apprendre:

Luther m pos- *^ Le moode empire tous les jours et devient plus méchant.

Dom. Advent '^ I^s homoies sont aujourd'hui pli^s acharnés à la vengeance,

** plus avares^ dénués de toute miséricorde, moins modestes

^ et plus incorrigibles; enfin plus mauvais qu'en la papauté."

Luther in '^ Une chose aussi étonnante que scandaleuse est de voir

^Sêr^J*^' " ^^^9 depuis que la pure doctrine de l'Evangile vient d'être

&k 55. u remise en lumière, le monde s'en aille journellement de

*^ mal en pis.*'

M.»urlaière. '*' ^^^ nobles et les paysans en sont venus à se vanter, sans

ekj£"™^" façon, qu'ils n'ont que faire d'être prêches ; qu'ils aiment

*' mieux qu'on les débarrasse tout-à-fait de la parole de

^ Dieu ; et qu'ils ne donneroient pas une obole de tous nos

** sermons ensemble. Eh ! comment leur en faire un crnne,

'' dès qu'ils ne tiennent nui compte de la vie future î Us

^^ vivent comme ils croient ; ils sont et restent des pour-

'^ ceaux, croient en pourceaux, et meurent en vrais poui^

" ceaux."

Calvin, après avoir déclamé contre l'Athéisme, qui régnoit surtout dans les palais des princes, dans les tribunaux et les

premiefb rangs de sa communion : ** Il est encore^ ajoute-t-il,

RjXTt sur les "

Scandales^ ^' une plaie plus déplorable. Lfs Pasteurs, oui,- les Pa»-

^* ^ '' teurs eux-mêmes qui montent en chaire....sont aujourd'hui

'*^ les jpllus tfoAtectx exemples de la perversité et des autres

^' vices. De là vient que leurs sermons n'obtienntal ni

ET LA, KàronMAXiom m GlméftAU 8Si^

^ plas de crédit ni plus dJaoiorité que les fabks déibitées LfliW;I|4 sur ia scène par un histrion. £t ces Messieurs pourtâmt ^rr^>fiy. U osent bien encore se plaindre qu'on les) méprise et les montre au doigt pour les tourner en ridicule. Quanta moi, je m'étonne plutôt de la patience du peuple; je m'étonne que les femmes et les enfants ne lesicouvrentpasde '* boue et d'ordures/'

" Ceux que j'avois connus purs, pleins de candpur et de Frftnpf Epap: " simplicité, dit un témoin non suspect, je les a* vus depuis, ^J^^**V^ une fois passés à la secte (des Evangéliques), commencer à parler de filles, courir les jeux de hasard, mettre de côté la prière, s*adonner tout entiers à leurs intérêts, devenus ^ les plus impatients, vindicatifs et frivoles, changés d'hommes '• * *

*^ en vipères. Je sais bien ce que j'en dis."

*' Je vois plusieurs Luthériens, mais peu d'Evangéliques. id. Ep.a, '* Regarde un peu ces gens et considère si le luxe, l'avarice, ** **^' ** la paillardise ne régnent davantage entre eux que parmi '' ceux qu'ils détestent. Montre-moi quelqu'un qui, par te ^ moyen* de son Evangile, soit fait meilleur» Je t'en mon- " trerai bien, plusieurs devenus pires. . Peut-être a-ce été ^ mon malheur, mais' je n'^n ai point m qui ne soient em- •' pire» par leur Evangile.'*

Luther souloit dire, " qu'après la révélation de son Evau- Aarifaber, fd •* gile, la vertu avoit été éteinte, la justice opprimée, la^^^]'™^ tempérance g-arottée, la vérité déchirée par les chiens, la foi devenue chancelante, la dévotion perdue." Cétoit alor» un proverbe en Allemagne, pour annoncer qu'on alloit paseer joyeusement la journée en débauche :Bèned.MoMi„ " hodiè Lutheranicè vivemus; nous nous en donnerons «o^rESÎ!!^^ " jourd'hui à la Luthérienne."

•* Que si les souverains évangélisants n'interposent leur âturm. rstio *' autorité pour' apaiser toutes ces contestations, nul doute ^*""*** ^^**"*que les Eglises de Christ ne soient bientôt infestées d'hé- ^^79. résies, qui les entraîneront ensuite à leur ruine.... Par tant de paradoxes, les fondements de notre religion sont ébran- '< lés, les principaux articles mis en doute, les hérésies en*" i

U ai

'11. '^ trent en foule, dans les Eglises de Cbristi et le cheiniit j|/. " s'ouvre à Tathéisme." Svir. Cxecand- '' Vit«QD jamais dans aucun sièole les gens de tout sexe et j^^decomipt. fi ^ ^^y^ ^gg ^g jj^j.^^ comme dans le nôtre, à la fougue, an

^^ feu de leurs passions, drsoit un des premiers témioins de la '^ Réforme f-.* Il est passé aujourd'hui en oracle divin, ce ^' mot de Lulher, qu'il n'est pas plus possible de retenir son . ^' envie que sa salive; ni plus facile à i^homme et à la femme ** de se passer l'un de l'autre, qu'à l'un ou à l'autre de se ** passer de boire et de manger. Impossible, entendez-vous ** chanter de tout côté et sur tous les tons, de ne pas sacrifier '' à Venus dès qu'on en est d'âge." Wiguidus de : ^^ Ne voyons-nous pas aujourd'hui, s'écrie un autre témoin, ■ç^na^ *" *" les adolescents même donner dans la débauche, et si Ton '/ parvient à les en retirer, demander à grands cris qu'on les *' marie. Les filles aussi, soit déjà tombées, soit encore '^ simplement laacives, vous jelent sans cesse au nez cette *' impertinente sentence de Luther; que la continence est ** impraticable, attendu que Venua n'est pas moins nécessaire ^ que le manger. Suivant la mode nouvelle, les enfans s'é^ ^ pousent et de là sans doute vont provenir les valeureux '' champions qui doivent repousser le Turc au-delà du Caii-> . f< case." MAaBoBt. tur ^ Nous en sommes venus à un tel degré de barbarie, que Mi^hf' ^* ^^ plusieurs sont persuadés que s'ils jeûnoient un seul jour, on

les trouveroit morts là nuit suivante."

b Andr«s. * ** ^^ est certain que Dieu veut et exige denses serviteurs

aurlecb. sideuQe discipline grave et chrétienne. Mais elle passe c^ez

IMS. : * nous pour une nouvelle Papauté, un nouveau^ monachisme."

Nous avons appris depuis peu, disent les nôtres, que l'on se

. «auvoil uniquement par la foi dans Jésus-Christ. Eh bien!

permettez donc que nous laissions là les œuvres, dès que nous

pouvoDs nous sauver par lé Christ^ sans autre appui que ses

mérites, et la grâce de Dieu. ** Et là-dessus, a6u que le

monde sache qu'ils ne sont, point Papistes, et qu'ils n'ont

nulle confiance aux bonnes œuvres^^Uf n'en pratiquent aucune^

BT LA R&rOlIBiATION SN" GÈvilLAL. M

An liea de jeûner^ ils boivent et mangent nuit et jour^ Letin.ff. changent les prières en jurementSi et voilà ce qu'ils appellent Affwàa. l'Evangile rétabli, ou la Réformation de TËvangile, dit Smideiin."

** Il n*f a nullement à s*étonner, qu'en Pologne, en Tran- Le même, pré iiilvaniey en Hongrie et autres lieux plusieurs passent à TA- ^?del>aii»u jrianisme, quelques-uns à Mahomet; ia doctrine de Calvin ' mène à ces impiétés."

^f Certes pour dire vrai, il y a bien plus de conscience ei Stubbet'inothr^ <I*honnêteté chez la plupart des Papistes que dans plusieurs p;43^ an 1596 Protestants. Et si nous examinons les siècles passée, nous y trouverons plus de sainteté, de dévotion, de zèle quoique -aveugle, plus de charité, de fidélité les uns pour les autres, -^ue l'on en voit aujourd'hui parmi nous."

" Que les Protestants regardent les Catholiques d*un œil f *' i^^"! 4IUSS1 charitable que sévère; et ils verront chez eux certaines reUc.Secti.4i règles excellentes, certains secours particuliers pour augjSnenter en dévotion, en sainteté, pour vaincre le péché et -avancer dans la vertu : qu'ils se regardent ensuite eux-mêmes ^'un œil moins partial, moins complaisant, et ils verront que ieur doctrine et leur Réforme sont bien loin de renfermer autant de perfection."

C'tfn est assez, sans ajouter à ces témoignages ceux de Capiton, de Bucer, de Melanchton, qui pourront trouver leur place dans la lettre suivante et sans transcrire ici sur l'Angleterre ce que rapportent Strype, Camden, Dugdale, et même ijenri VIII dans une déclaration à son parlemeol:(l). Voilà donc les premiers fruits de la Réforme et nous les connoissons par ses auteurs même, ses partisans et ses premiers témoins. Leurs aveux, leurs gémissements arrachés par l'étendue, la notoriété du scandale proclameront éternelletnent à l'univers qu'avec la Réforme, se sont propagés les vices et les désordres; que chez les nations oà elle a été adoptée, et à mesure qu'elle a gagné du terrein, on a vu la dévotion s'afToiblir, la

(*) Voyez Lettres dAtticus, p. 04, 65, 3e édit« Lond. 1311.

e6 SUR VàoLun angliganb»

Lattw'IL piété s'éteiadre, les mœurs se détériorer, la foi se perdre >PPtnittc^II- gradaelleinetit dans la multitude, et jusques dans les ministres eux-mêmes; à tel point qu'aujourd'hui dans le berceau et le foyer du Calvinisme, à Genève où ils abondent, vous en trouveriez à peine quatre ou cinq, je le 8ais,.qui consentissent à prêcher la divinité de notre Rédempteur, à l'enseigner dans les Catéchismes. £t on a osé nous donner les progrès d'une telle Réforme en preuve de la protection divine, comme ai le ciel pouvoit avouer pour ses Apôtres des hommes tels que ceux-ci se sont réciproquement dépeints eux-mêmes, comme s'il pouvoit s'associer aux désordres, sourire à la pro- ^pagation du vice, favoriser le dépérissement de la foi et dq Christianisme !

ET LA «éJOIILMAXIQN jEN ^^RAL. «f

Page 1