‹ Discussion amicale sur l'éstablissement et la doctrine de l'église anglicane: et en général surChapitre 11 sur 37 · LETTRE III · texte numérisé non relu

LETTRE III

Nous venons de voir que Tunité dans la foi et le Lettn lU gouvernement est un dogme absolument essentiel enseigné par Jésus-Christ^ par les Apôtres et leurs successeurs d*âge en âge^ reconnu, célébré dans toutes les Eglises, dans toutes les communions du monde chrétien. Dès que nous nous réunissons tous sans exception pour admettre le principe, il faut aussi que nous nous réunissions pour admettre sa conséquence immédiate et nécessaire ; et la voici : Jésus-Chriat nous a donc fourni un moyen quelconque de conserver et de maintenir cette unité. Car de nous obliger tous, sous menace de damnation, à n'avoir qu*un baptême, qu'une foi, à ne former entre nous qu*un seul corpsj une seule Eglise, et nous laisser sans moyen, sans pos- / sibilité d*y parvenir, oii seroit sa providence? sa jus^ tice ? Or nous savons tous et nous le professons hautement que sa providence et sa justice n'ont jamais manque et ne manqueront jamais aux hommes. Noua sommes donc tous assurés que Jésus-Christ ne nous a pas laissé sans moyen (je pouvoir remplir son grand commandement. Il ne s*agit plus que d'examiner quel est ce moyen institué par lui, afin que, suivant son ordre et sa volonté, nous nous y portions tous de concert, que nous Tadoptions avec sincérité, et que nou| nous y attachions exclusivement

è8 SUR L EGLiSK AKOUCÀHB,

LKitttlU. Si chacun de nous étoit dirigé par une révélatiofi immédiate^ une inspiration individuelle, il n'est pas douteux que nous ne pourrions jamais sortir de Tunité. Mais que ce moyen ne soit pas celui que la Providence nous accorde, il n'est personne, s'il n'est enthousiaste ou fanatique, qui en puisse douter raisonnablement» Chacun de nous sent assez en lui même qu'il n'est point doué de cette assistance miraculeuse.

Mais peut-être Jésus-Christ auroit-il laissé sa doctrine à nos interprétations particulières : peut-être auroit-il voulu que pour expliquer ses dogmes, entendre sa loi, nous n^eussions d'autre guide à suivre que nous-mêmes, d'autre juge à écouter que notre sens privé? S'il étoit venu établir sur la terre diversité dans la croyance, pluralité dans le gouvernement de 'son Eglise, à la bonne heure. Car nous avons déjà Vu, et bientôt nous le verrons mieux encore que la liberté d'interpréter tout à notre gré, de préférer et de suivre nos propres conceptions, est le moyen immanquable d'amener les. disputes, lès querelles, les discordes, de multiplier les sectes à l'infini : il est donc diamétralement opposé à l'unité: il est donc proscrit. Il nous en faut chercher un autre, et nous ne le trouverons jamais que dans une autorité suprême, qui parle en maître^ qui pèse également sur tous, qui ait droit de déclarer ce qui est révélé» ce qui ne l'est pas, ce qu'il faut croire, ce qu'il faut rejeter ; et qui conséquemment à l'abri elle-même de l'erreur, nous en {garantisse en nous soumettant à ses décisions. Voilà le moyen puissant, efficace, le seul que nous concevions, d&ps rét^t où nous sommes, pour nous tenir toujours

«T tA RiTORMATIOK EN GEMSRAL.

fjiïÀs. Sans lui, il est impossible que nous le soyons jamais; avec lui, imposssible que nous ne le soyons pas toujours* II a donc été établi : nous n'en saurions douter. Il tient nécessairement au précepte de Tunité comme un effet tient à sa cause, une conséquence à son principe. N*y eût- il point d*écriture au monde, n*y eût-it aucun monument de la tradition primitive, BOUS n'en serions pas moins certains de l'institution de Ciette éminente et infaillible autorité, dès que la nécessité de ne faire qu'uN dans la croyance et dans lacommunion nous est démontrée.

Mais, grâces à Dieu, nous avons TEcriture sainte, nous

avons la tradition suivie de tous lea siècles depuis la

prédication de TEvangile, d*âge en âge, jusqu'à nos

jours. L'une et Tautre attestent de la manière la plus

autentique Tinstitution positive de cette autorité.

l^ Jésus*Christ après sa résurrection reparut à différentes reprises pendant 40 jours au milieu de ses Apâtres et de st-s Disciples pour les consoler, leur donner ses dernières instructions leur parlant du Royaume de Dieu : qu'est-ce à dire r De son Eglise indubitablement, de ses progrès et de ses obstacles, de ses combats et de ses triomphes, des fonnes essentielles dans sa hiérarchie et dans son goorernement, et de ses rapports nécessaires avec les puissances du monde. Ce fut dans les dernières apparitions que, annonçant à ses Apôtres que sa mission étant finie la leur alloit commencer, il leur adressa solennellement ces grandes .paroles: '* Tout pouvoir '' m'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez ^^ donc, enseignez toutes les nations. • • . leur appre-

XcUfvlU.

L'Ecriture Saiule.

Sf. Mitthîeii cb.C8,v. Jg.

Beaus. i>nf.

Lettrt m. ^^ nant à lobserver toutes les choses que je vous t ^^ commandées : leoici, je jïuîs toujours aveé isoiis ju; *^ qu*à la £n du rmonde/' -Quelle autonté poor in traire ! jamais pareille ne fut 43on{ërée sur terre. JBS arrive aux Apôtres de la toute puissance même ^i& soumet fe genre (humain entieer. Quelle sûreté, quel confiance ne donne point à leur enseignement œ acii mot : Je suis Mvec vous I Allez, ne oraignez ricaa que les hommes, que les démons se soulèvent conti vous : leurs efforts^ leurs prestiges xi*y prévaudroi point, je les tiens sôus ma main ; toute puiasance ^ à moi dans le ciel et sur la terre : et parla verta ^ cette puissance, dès ce moment je suis à vos côté sans cesse avec vous, sans la moindre interruption, p< même d*un seul jour et jusqu'au dernier de tous les joue Qu'un Potentat assemble ses ministres et leur dia< Allez, portez mes volontés à tout mon empire, itistni sez-en mes peuples." Il y a droit, il le peut: maise est-il qui pût dire : iostruisezen tous les peuples? U tel ordre ne sauroit partir que de celui-là «eul à qui ] race humaine entière seroit soumise. Et ce PotenU encore, eût-il fait la conquête de l'univers, oseroitbien ajouter: Je suis avec vous jusqtCà lajin à monde, lui foible et mortel comme nous, lui dont ] pouvoir expire avec la vie et va s'ensevelir dans J même tombeau? Cette promesse ne convient qu' Jéus-Christ seul, et montre bien ce qu'il est. Il 1 fait en maître et la tient, en Dieu. i?ar cette parok garantît son Eglise contre toute erreurdans l'enseigna ment et lui assure la perpétuité de son existence/ so indéfectibilité pendant la durée du monde. Déj cette parole a^ soutenu son Eglise contre la terre <

ET liâOtiFORMATlON JBN €aS!f£RAL. M

Teofer pendant près de deux mille ans : c'est assez ^*^ '"• -sans doute pour nous convaincre qu'elle la soutiendra jusqalt la consommation, à quelque distance que nous «n soyons encore.

Ilavoitdit anciennement au chef de ses Apôtre«, lorsqu'il lui dta le nom qu'il avoit portéjusque-là pour loi en donner un symbolique et mystérieux : ^' Tu st. Matthieu, ** es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, ^' et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre ^^ elle.^ Et à tous les Apôtres en commun : ^^ De st. Jean, mon cdté je prierai mon Père et il vous donnera un autre consolateur, savoir l'esprit de vérité. . . . .Qa^nd ibid. ch. i6«

** celui-là sera venu, savoir l'esprit de vérité, il vous *^ enseignera toute vérité." Certes,, lOes passages sont si clairs qu'on y saisit du premier coup et la stabilité de l'édifice qu'il s!étoit proposé d'élever dès que toQt l'eflbrt de l'enfer ne le renversera jamais, et la imreté inamissible de l'enaeignement dans son Eglise dèsqû^vec elle l'Esprit de toute vérité réside éternellencùU

Je ne m'étonne pas que, destinant les Apôtres aie représenter un jour, et leur «réservant d*en haut cette mistanœ tutélaire et continuelle, il leur eût dit dans le cours de sa prédication, comme aussi aux 72 Dis^ ciples: " Qui vous écoute m'écoute; qui vous mé- st. l«c,

pnse, me méprise. Expression simple et pourtant d'âne énergie à faire ressortir d'un seul trait et au plus haaty.df une part l'autorité de l'enseignement, de Tautre le devoir de l'obéissance. Après ce / mot -frappant et péremptoire: *^ Qui wms mépri^y me méprise^* comment concevoir l'aveuglement ou ii'impiété de ces dirétiens^ qui dans la suite eurent le fi*ont de n\é^

93 SUR L'hShlKB ANGLIGAKB^

Lettre iii. priser cet enseignement ? Nous apprenons encore de i eh. 10, r. 14. Matthieu que le Sauveur détachoit quelquefois les Ap très pour anWncer dans les villes et les maisons de Judée que le règne des cieux étoît proche : '* Lorsqu'c '' ne vous recevra points leur disoit-il alors^ et qu'on o* '* coûtera pomt vos instructions, en sortant de cet *^ maison ou de cette ville, secouez la poussière de vu souliers.** Et quel sera le châtiment de ceux qui auroi refusé les instructions des Apôtres ? Apprenons-le d Jésus-Christ: *' Je vous dis en vérité qu*aujourd jugement Sodome et Gomorrhe seront traitées tve moins de rigueur que cette ville-là.** Cet omd parti de r Homme-Dieu a bien de quoi effrayer. Qo ceux-là le méditent et s*ei| fassent Tapplicatioui qc persistent avec leurs pères à fermer Foreille aux instroc tions et à repousser Tautorité qui a droit de leur parlei Je sais que^ pour leur défense ils ont dit que^ ce menacées contre les réfractaires d*ime part, cette auto rite absolue, infaillible de Tautre dévoient se boVner la personne des Apôtres et à 1 époque de leur minis 1ère, sans s*étendre à leurs successeurs et aux âiècles venir. Mais afin qu*on ne cherche plus à vous le per suader, remarquez bien, je vous prie, les paroles oh 1 transmission de ces mêmes prérogatives, de ces méint pouvoirs et leur perpétuité dans TEgli^e sont fortemen prononcées. En effet, Jésus-Christ n*a*t-il pas dit : jesu avec vous ju8qu*à la consommation du monde ? N*a-tpas dit : les portes de Tenfer ne prévaudront jamt: •contre elle ? N*a-t-il pas dit.: Tesprit de vérité demei rera éternellement avec vous ? C'est donc et les Apôtre en premier lieu; et pour la suite des siècles, ceuxqi dévoient leur succéder dans la plénitude du sacerdoo

JET LA RBFOEMATION EN oisiliAL. gS

qu'il institue ses ministres, ses ambassadeurs, ses repré- ^*** ^^* tentants pour continuer et consommer son œuvrç.

Ne craignons pas de nous répéter : il est beau, il est utile de contempler à son origine le ministère qu'il plût à notre Sauveur de créer et de laisser après lui : car il y paroit véritablement en souverain, en Dieu. II envoie les ministres dé sa parole, comme il a été envoyé, lui à qui toi/te puissance avoit été donnée dans le ciel et sur la terre. Où les envoie-t-il ? A toutes les nations: ils porteront à toute créature sa parole^ c'est-à-dire, comme il Texplique lui-même, tous ses commandemens ; tous, sans aucune restriction : mais enseront-ils écoutés ? Il y a ordre à toute la terre de les recevoir et défense à qui que ce soit, sous des peines éternelles et les plus rigoureuses de les mépriser. Du reste avec une obligation si étroite pour nous de nous rendre à leur autorité, il étoit de toute justice qu'il ne pût y avoir nulle erreur, nul mensonge à craindre de leur part : aussi jamais ne sera-t-il donné à Tenfer de prévaloir contre leurs instructions et contre TEglise qu'ils ont à fonder : Tesprit divin reste éternellement sur elle pour lui apprendre toutes les vérités: et d'âge en âge l'enseignement, toujours incorruptible, l'y perpétuera sans autres limites que celles de Tunivers, sans autres bornes que celles du tems. Tel est Tordre et Tarrêt de notre Législateur, à qui seul il ap« partenoit d'en commander l'exécution. (1)

(1) Jamais ordre ne fut si fidèlement rempli, jamais instructions M hrent suivies avec un zèle aussi infatigable. D'abord les Ap6tm prètheut à Jérusalem et dans la Judée. Ils parlent avec une . satorilé qui en impose, et qui étonne. Quoique pauvres, simples, .

94 SUR l'ÉGLISS ANGMCilNS^

l^itot MI. Il est impossible, ce me semblé,, pour qui ne s'i

. tine point à s'aveugler^ de ne pas reconnoitre dans k

■— ^ m _____ I III I, 1 I L^ I il n

modestes, rien ne !es intimide. L'esprit qui les anime, les élève audessus des considérations humaines. Aux petits, aux grands, devaot le peuple, devant les magistrats, dans les Synagogues, le Sanedfyii ils s'énoncent ^vec 1» même fermeté, le même ton de confiance» de •opériorité et d'empine. Assemblés en concile^ ils ne craignent point de prononcer eu leur nom, et en celui de Dieu : *' Il a para *' bon au St. Esprit et à nous.*' Ainsi écrivent-ils en tète de leur décret. De la Judée ils se répandent dans l'univers, les uns marchent droit an centre de Tempire et s*y fixent : d'autres dans se» villes principales, d'autres pénètrent à se» extrémités, quelqnet* uns Blême au-delà, et jusques dans les Iodes.

Partout ils annoncent le Royaume de Dieu, partout ils établisr sent le gouvernement que Jésus-Christ leur avoit tracé, et qu'à leitf tour ils retracent à leur disciples avec ordre de le transmettre ^ leurs successeurs. Le Divin Maître leur avoit dit: *' £nseigii<0 *' les nations à observer tous les préceptes que je vous aï donné»-:'* Act. cb. 80. Et St. f^ul dit à ceux de Milet etd'Epfaèse, '• Je proterte ai^cn- *' d'hui que je vous ai annoncé toute la volonté de Dieu, sans

" en cacher quoi que ce soit."

11 leur avoit dit qu'il seroit avec eux jnsqu*à la fin des siècles, ce qui suppose nécessairement une chaîne perpétuelle de successea Y^* et dans tous les lieux, où la parole fructifie, ih instituent de» 'K'vt-

lbid.v«S8. ques: ** VeiHez sur tout le troupeau dont le St. Espnt voa^ a " établis Evèques,. pour paître l'Eglise de Dieu." Ils leur coaAi«0Bt les pouvoirs dont ils sont eux-mêmes revêtus avec ordre de les tr&*)^

Ep. àTite, mettre à leur tour : ** Je vous ai laissé en Crète afin que, suiv^iot

* ' * ' '< Tordre que je VOUS ai donné, vous établissiez des Evèques d^aJ^

*< chaque ville, choisissant des personnes sans reproche."

, Jésus^Christ lenr avoit dit, comme mon Père m'a envoyé, je vtf^'

1. aux Cor. envoie, et ils se portent pour ses ministres: ** Que chacun nous ch. 4 V I » —

1- .. * 1« ** recarde comme les ministres de Dieu." Et encore : " Nous #**' en. o^ Y* 80. °. . •

** sous donc la charge d'ambassadeurs de Jésus-Christ, comme **

** Dieu exhortoit par nous." Sans doute que les ambassadea*^

d'un tel maître sentoient bien la dignité de leur caractère et savoir

^. àTîte, en prendre le ton: ** Enseignez ces choses, exhortez, repre fil. S> V. 15.

ET LA RBroftBTAtlON' BN GÉNÉRAL. 9S

Testament die notre Sauveur, d'une part Tétabliasement Laitrem. (Tune autorité spirituelle, toujours- guidée par i'esprit dé vérité dans les choses de la Révélation, incapable

'* avec empire et uue pleine autorité» ne souffrez pas que Ton vous '* méprise.''

Et parce qjie Tautorité tombe où cesse Tobéissance, les ApAtres ivoieiit été avertis qu'ils eussent, en cas de refus et d'opposition» à secouer la poussière de leurs souliers, et que les réfractaîres seroieat tnités phis-sévèrement que Sodome et Gomorrbe, Les Ap6tres aver* tirent aussi lesfidèhss de la soumission qu'ils dévoient à leurs Ëvèques. ** Souvenez-vous de vos conducteurs, qui vous ont prêché la parole ^* de Dieu, et imitez leur foi.*^ Et vous. Monsieur, souvenez-vous Am Heb. iddé votit suprême gouveniante, chassant les Evêques qui lui prê- - ^^T*^* cboS^ot la parole de Dieu, et au lieu de Timiter, rejetant leur foi. ''Obébsez à vos conducteurs» et leur soyez soumis." Rapelez- Ibid.v.J7« vous encore et vos ancêtres de 1558, et tous ceux qui se disoieat ailleurs Réformateurs et Réformés.

JésQS-Christ avoit dit à 9es Apôtres : " Qui. vous écoute, m'é- V coûte: qui vous méprise, me méprise:^ Et les Apôtres, sanctionnant par le mène motif la déférence qu'ils exîgeoîent des fidèles •tt instructfons de leurs Evêques : " Celui qui viole ces pré- ^^^4'^''*^ *' eeptés, disoient-ils, ne méprise pas un ^omme, mais Dieu ; ce '* mène Dieu qui nous a donné son Saint-Esprit.*^ Quel contraste entre la soumission, le respect commandés par l'Ecriture pour les Kv^ue8, et l'insubordination, le mépris des Réformateurs vis-à-vis ^enx! N'en retraçons pas ici le pénible récit: nous ne l'avons vous et moi que trop souvent entendu* Mais apprenons du moins de lïcriture la conduite qu'ils auroient dû tenir. C'étoit aux successeurs de Pierre, aux successeurs des Apôtres qu'il leur falloit recourir ^leur adresser les paroles, qu'autrefois Corneille, sa famille et ses ^nis adressèrent à Pierre: " Nous voici donc maiutenaut tous Act. ch. 10, " en votre présence et devant le Seigneur, prêts à écouter, tout * oe vous aurez à nous dire de sa part." Voilà ce que 4e respect Kttcrit par i'Ecritnre leur ordonnoit de faire ; vous savez ce qu'ils MUfiiit.

96 9UR L*£GL18£ AMGLICANB^

Lctirt III. par consëquént de nous égarer dans renseignement qu lut est attribué^ et de Tautre le devoir de la soucnissior et de l'obéissance aux instructions propres à cette autorité. Nous sommes assurés (car il y auroitdu blas phème à douter que THomme-Dieu remplisse ses promesses) nous sommes assurés que cet enseignesmen. infaillible, quelque bouleversement qu*il arrive dans le= affaires du monde, ne sortira jamais de son Eglise Quant à Tobéissance et à la soumission, elles ne cesses ront jamais d*étre un devoir. Mais son observation ainsi que celle de tous les autres devoirs, tient à la vci Ion té, à la liberté des hommes. Ce qu*il y a de certai— et d'aussi clair que la lumière du soleil, c'est que toi— ceux qui remplissent ce devoir d'obéissance aux ' ins tractions de rautbrité spirituelle, ne sauroient jami^ être divisés, une fois que cette autorité à parlé. Ce qu" y a de certain et d'aussi clair que le soleil, c'est que, p-a leur soumission à sa parole, il faut nécessairement qu*M restent unis entre eux et dans une même Eglise, * dans une même foi. L'autorité donnée par Jésis. : Christ à ses Apôtres et à leurs successeurs est donc moyen quMI a établi et que nous cherchions, pour am«^ ner à lui, pour cimenter dans un seul corps et dans u^ même croyance les hommes de toutes les nations, cf tous les pays, de tous les siècles.

Et en effet j* que telle ait été réellement Tintenticr de notre divin Législateur, nous l'apprenons positive ment et en propres termes de l'Apôtre St. Paul. Lpassage que je vais citer de son Epître aux Ephésien

Ch. 4 V. 12 mérite singulièrement votre attention. •^ C'est dor3

'3,14, a Jésus^Christ, dit il, qui a établi les uns Apôtre -

^* les autres. Prophètes, les autres Ëvangélistes, 1^

** autres Pasteurs et Docteurs pour l'œuvre du mi

ce

BT LA. RBFORMATION £N g£nKRAL. 97

*' nistère, pour Tassemblage des saints, pour la con- Uttrtiir. ^^ structioii du corps de Jésus-Christ, jusqu'à ce que ^^ tous les hommes se rencontrent dans Tunité de la ^^ foi • • • . afin que nous ne flottions point comme des enfants et que nous ne soyons point emportés çà et là par tout vent de doctrine et par la tromperie des *^ hommes et leur adresse à séduire." St, Paul, comme vous voyez, nous révèle ici la pensée intérieure de Jésus- . Christ, sa volonté, son intention positive en nous don* nant ses Apôtres et après eux les Ëvêques souvent désignés par St. Paul sous le noni de Pasteurs, de Docteurs et de Prêtres. Par quel motif a- t-il établi leur ministère? Pour assembler ses saints de toutes les parties du monde et par leur réunion élever Tédifice de son Eglise ou de son corps mystique. Et le ministère des Pasteurs, combien doit-il durer? jusqu'à ce que tous les fidèles, attirés par leur enseignement, deviennent membres de ce grand corps, et s'y rencontrent successivement dans l'unité de la foi jusqu'à la fin du monde. Ainsi le concours vers la même Eglise, l'ad* hérence au même corps, l'accord dans la même foi^ sont l'effet, le but, et l'objet du ministère établi par Jésus-Christ.

La suite du passage le confirme d'une manière encore plus forte. Car, suivant deux métaphores de St. Paul, Jésus-Christ nous a donné le ministère des Pasteurs, afin qu'aflfermis par leurs instructions, nous ne flottions jamais dans l'incertitude, semblables à des ^nfans qui, abandonnés à eux-mêmes, .vont à l'aventure à^ droite et degauche sans savoir où diriger leurs pas : *^ et afin encore que nous ne soyons jamais emportés " çà et là, à tout vent de doctrine." L'enseignement

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